L’orque et le manchot // The killer whale and the penguin

Voici une histoire comme je les aime. Elle a pour cadre l’Antarctique , et plus précisément le détroit de Gerlache, un étroit bras de mer qui sépare l’archipel de Palmer de la Péninsule antarctique. Plusieurs groupes de touristes naviguaient à bord de zodiacs pour observer les icebergs et la faune de la région. L’un des touristes filmait un groupe d’orques en train de chasser des manchots.

C’est alors qu’un manchot papou est apparu, essayant d’échapper à la poursuite acharnée des épaulards. Tout le monde dans les embarcations était persuadé que les orques gagneraient facilement la course et avaleraient le manchot, mais ce dernier avait plus d’un tour dans son sac. Il a échappé à une mort certaine en sautant à bord d’un zodiac! Heureusement, l’orque n’a pas eu la même idée! Sur la vidéo, on voit que le manchot a l’air remarquablement calme et pas perturbé par cette situation insolite. Au bout d’un certain temps, une fois que les bateaux se sont éloignés des orques, le passager clandestin a plongé dans l’eau et retrouvé son élément naturel. Voici une vidéo de la scène:

https://youtu.be/Ljx-czk4B80

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Here is one of the stories I am fond of. This one took place in Antarctica’s Gerlache Strait, a channel separating the Palmer Archipelago from the Antarctic Peninsula. Several groups of tourists were cruising onboard zodiacs, looking for icebergs and the fauna in the region. One of the tourists was filming a pod of killer whales chasing penguins through the water.

And then, a gentoo penguin appeared, swimming away from the orcas’ dogged pursuit. Everyone thought the orcas would easily win the race and eat the penguin, but the bird was a smart one. He saved its life by jumping on board a zodiac! Fortunately, the killer whale did not try to do the same! The penguin looked remarkably calm and undisturbed in the boat. After the boats cruised away from the orcas for a short time, the stowaway hopped back out into the water.

Here is a video of the scene:

https://youtu.be/Ljx-czk4B80

Crédit photo : Wikipedia

Les chutes du Niagara prises par la glace ! // Frozen Niagara Falls !

En raison du réchauffement stratosphérique soudain (SSW) que j’ai mentionné précédemment, un segment du vortex polaire a glissé vers le Canada et les États-Unis, apportant des températures glaciales. L’Europe occidentale a été épargnée par le phénomène et bénéficie de températures printanières très précoces.

Une conséquence spectaculaire de la descente du vortex polaire a été le gel partiel des chutes du Niagara le 22 février 2021. Après que les températures aient chuté à -18°C à Niagara la semaine dernière, les touristes se sont précipités pour assister au spectacle de la glace qui s’était formée dans la partie supérieure des célèbres chutes.

Bien que certaines images donnent l’impression que l’ensemble des chutes est gelé, l’eau n’a jamais cessé de couler malgré les conditions de gel.

La glace se forme sur les chutes du Niagara chaque année, mais un gel à grande échelle ne se produit qu’après une longue période de grand froid.

Des photos montrant de grandes zones de glace ont déjà été prises en 2014 et 2015 pendant de semblables événements de vortex polaire dans la région.

Source: médias d’information américains

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Because of the Sudden Stratospheric Warming (SSW) I mentioned previously, a segment of the polar vortex slid towards Canada and the US, bringing freezing temperatures. Western Europe was spared by the phenomenon and is enjoying early spring temperatures.

One dramatic consequence of the polar vortex was the partial freezing of Niagara Falls on February 22nd, 2021. After temperatures fell to -18°C in Niagara last week, tourists gathered to witness the ice which had formed at the top of the famous waterfall.

Although some images made it appear that the falls themselves were frozen solid, the water never stopped flowing despite the freezing conditions.

Ice forms on Niagara Falls every year, but widespread freezing only occurs after a sustained period of cold temperatures. Similar photos of large areas of ice on the waterfall were captured in 2014 and 2015 as polar vortex events hit the area.

Source : US news media

Source : agences de presse américaines

Les chutes du Niagara pendant l’été (Photo : C. Grandpey)

Une nouvelle histoire d’ours…

J’adore les histoires de l’Arctique profond, celles qui ne peuvent se dérouler que dans cette partie du monde où l’on se trouve très souvent loin de tout. Il y a bien sûr les anecdotes liées à la Ruée vers l’Or au 19ème siècle, mais aujourd’hui encore, certains habitants sont confrontés à des situations qui sortent de l’ordinaire. La presse alaskienne a raconté la mésaventure que vient de connaître une habitante du sud de l’Alaska.

Dans ma campagne creusoise à l’époque où j’étais môme, les toilettes ne se trouvaient généralement pas à l’intérieur de la ferme. Un petit cabanon avait souvent été édifié à l’extérieur de la maison, au fond du jardin, et il fallait parfois affronter le froid et le mauvais temps pour atteindre ce lieu intime. C’est encore parfois le cas dans la toundra arctique et il faut donc en ce moment se déplacer dans la nuit polaire pour aller satisfaire un besoin naturel.

La protagoniste de l’histoire en question voyageait dans le sud-est de l’Alaska en compagnie de son frère et de la petite amie de ce dernier. Ils avaient trouvé un logement simple dans une yourte  en pleine nature, avec les toilettes à une cinquantaine de mètres. Au cours de la nuit, la femme se rendit dans l’édicule, mais à peine eut-elle posé son postérieur sur le siège qu’elle bondit en poussant  un cri car elle venait de ressentir une douleur violente à une fesse.

Dès qu’il entendit le cri, le frère de cette femme se précipita en s’éclairant à l’aide d’une lampe frontale. L’homme pensa d’abord que sa sœur avait été mordue par quelque rongeur comme un écureuil ou un vison qui abondent dans la région. Quand il souleva le couvercle du siège, quelle ne fut pas sa surprise de se trouver nez à nez avec un ours noir, aussi appelé baribal ! L’ours ne s’est pas enfui et ne s’est pas montré agressif. Selon l’homme, il avait plutôt l’air d’être en léthargie, ce qui est normal au mois de février car les ours sont censés être en hibernation.

La blessure subie par la femme ne présentait pas de gravité. Elle a pu être traitée d’abord sur place, puis à l’hôpital pour éviter toute complication. Il se pourrait que l’ours lui ait juste donné un coup de patte. L’animal avait déjà été vu en train de rôder dans le secteur. Il n’est pas le seul ours encore sur pied actuellement ? Cela s’explique par une saison automnale relativement pauvre en saumons, de sorte que les plantigrades n’ont pas forcément fait le plein de graisse et de protéines. De ce fit, leur hibernation est moins profonde. Il est probable que l’ours de l’histoire a découvert une ouverture sous le cabanon et s’y est introduit il y a plusieurs semaines pour en faire sa tanière.

La femme a déclaré qu’elle devait être la seule personne au monde à qui une telle mésaventure était arrivée !

Source : Anchorage Daily News.

Vous trouverez d’autres histoires d’ours dans un ouvrage intitulé  Dans les Pas de l’Ours que j’ai écrit avec Jacques Drouin. Il a été publié aux Editions Sequoia et est disponible en librairie ou sur Internet.

Photos : C. Grandpey

Le Stromboli jusqu’à 400 mètres ! // Stromboli up to 400 metres !

 A supposer que la pandémie de COVID permette de se rendre sans risque en Sicile (la situation était stable le 18 février 2021 avec 480 nouveaux cas et 26 décès), il sera désormais possible de gravir le Stromboli jusqu’à 400 mètres d’altitude. Après le feu vert donné en visioconférence par l’INGV et la Protection Civile, le maire vient de publier une ordonnance allant dans ce sens.

La montée peut s’effectuer à la fois depuis Stromboli et depuis Ginostra, mais les randonneurs doivent toujours être accompagnés de guides volcanologiques. Il est demandé aux participants avant chaque excursion de consulter les bulletins de l’INGV et de la Protection civile afin de connaître en temps réel la situation sur le volcan.

L’activité strombolienne actuelle a été jugée trop intense pour autoriser l’accès à la Cima, à 900 mètres d’altitude. 400 mètres, c’est mieux que rien, mais ceux qui – comme moi – ont eu la chance de bivouaquer des dizaines de fois au sommet préféreront se nourrir des souvenirs de ces nuits intenses.

Source: ANSA

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Assuming that the COVID pandemic makes it possible to travel without risk to Sicily (the situation was stable on February 18th, 2021 with 480 new cases and 26 deaths), it will now be possible to climb Stromboli up to 400 metres above sea level. After the green light given through videoconference by INGV and Civil Defence, the mayor has just issued an ordinance allowing the excursion.

The climb can be done both from Stromboli and from Ginostra, but hikers should always be accompanied by volcanological guides. Participants are asked before each climb to consult the INGV and Civil Protection bulletins in order to know in real time the situation on the volcano.

Current Strombolian activity was deemed too intense to allow access to La Cima, 900 metres above sea level. 400 meters is better than nothing, but those who – like me – have had the opportunity to bivouac dozens of times at the top will prefer to feed on the memories of those intense nights.

Source: ANSA.

Photo : C. Grandpey