Le Vésuve à Périgueux (Dordogne) le 19 mars 2024 !

J’aurai le plaisir de présenter à PERIGUEUX (Dordogne) – dans le cadre de l’Université du Temps Libre – une conférence intitulée « Champs Phlégréens, Vésuve, Herculanum et Pompéi  »  le mardi 19 mars à 15h00 au complexe Cap Cinéma – Place Francheville .

Au départ de Pouzzoles, je conduirai le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladerons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulerons ensuite dans les rues de Herculanum et Pompéi, détruites par le volcan en l’an 79.

Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer le dernier livre « Histoires de Volcans » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq.

 

Photos: C. Grandpey

La nourriture à Pompéi en 79 apr. J.-C

Au cours de ma conférence sur la Campanie, j’explique que depuis l’instauration du Grand Projet Pompéi, avec l’aide d’un financement de l’Union Européenne, les fouilles se sont accélérées sur le site archéologique. La mafia a été évincée. Il ne se passe guère de mois sans qu’un nouveau trésor soit dégagé des matériaux vomis par le Vésuve en octobre 79. J’ai fait état de ces découvertes dans plusieurs notes de ce blog, comme le 12 avril 2023. Quelques mois auparavant, un thermopolium, ancêtre de nos établissements de restauration rapide, richement décoré, avait été présenté aux visiteurs.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/12/29/le-beau-thermopolium-de-pompei-pompeiis-nice-thermopolium/

 

Source : Parc archéologique de Pompéi

Pompéi comptait quelque 80 thermopolia où l’on servait des repas chauds, du vin et diverses victuailles. On y mangeait probablement avec les doigts car aucun ustensile n’a été découvert à Pompéi et à Herculanum. La population possédait toutefois de la vaisselle, comme des bols ornementés en terre cuite.

Source : Parc archéologique de Pompéi

S’agissant de la nourriture consommée par les Romains au premier siècle de notre ère, j’évoquais la possible présence de la pizza à Pompéi dans une note parue le 29 juin 2023.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/06/29/mangeait-on-la-pizza-a-pompei-did-people-eat-pizza-in-pompeii/

Une fresque représentant une nature morte, avec un plat ressemblant à une pizza, venait d’être découverte dans la zone Regio IX du Parc archéologique. « Ressemblant » est le mot important car le plat semble manquer de deux ingrédients essentiels de la pizza – la tomate et la mozzarella – et il inclut un élément qui ressemble étrangement à un ananas.

 

Source : Parc archéologique de Pompéi

Dans un article publié dans le numéro de février 2024 du National Geographic France, on peut lire un article très intéressant qui apporte un éclairage nouveau sur la nourriture consommée par les Romains.

L’article confirme que le plat figurant sur la fresque n’est pas une pizza car il manque l’ingrédient de base, la tomate, qui n’est apparue en Europe qu’au 16ème siècle. De plus, la pizza telle que nous la connaissons n’est pas arrivée à Naples avant la 18ème siècle.

Les aliments consommés par les Romains contenaient des condiments à la saveur de l’umami. Ce mot japonais fait référence à la cinquième saveur de base retrouvée à Pompéi dans un condiment confectionné à partir de poisson fermenté, le garum dont le goût est assez proche de la sauce de poisson vietnamienne. Son arôme était tellement fort qu’il est encore perceptible aujourd’hui dans des jarres prélevées dans un thermopolium.

 

Source : Parc archéologique de Pompéi

Les gens mangeaient aussi des loirs gris farcis et un lointain ancêtre des lasagnes. Ce dernier mets a été révélé par une recette écrite sur du papyrus et traduite par des moines au Moyen-Âge. Le loir gris farci, quant à lui, était consommé après engraissement des animaux dans des récipients garnis de noix. Ils étaient consommés farcis avec du porc, du poivre, des pignons de pin et le garum mentionné ci-dessus.

Les Pompéiens mangeaient aussi beaucoup de fruits (figues, prunes, raisins, dattes d’Afrique du Nord) dont ils se servaient aussi pour réaliser des desserts comme le savillum, proche du flan de pêches au miel et de jambon.

On buvait du vin dans les thermopolia. Les Pompéiens aimaient l’aromatiser et en changer la couleur en y introduisant des fèves dont certaines ont été retrouvées au fond d’amphores.

De manière globale, la nourriture était importante pour les Romains. Si les femmes se contentaient d’un dîner modeste, celui des hommes s’éternisait, souvent jusqu’à l’aube du lendemain. Une historienne explique qu’ « on mangeait encore et encore, une dizaine de plats, jusqu’à s’en rendre malade. On se faisait ensuite vomir, et on recommençait à manger. » Les orgies romaines décrites dans les albums d’ Astérix le Gaulois  ne sont pas une légende…

 

Scène d’orgie dans Astérix chez les Helvètes (1970), inspirée d’une scène du Satyricon de Fellini.

L’intelligence artificielle pour déchiffrer les papyrus d’Herculanum

Moins connue et moins visitée que Pompéi, la cité romaine d’Herculanum – elle aussi détruite par l’éruption du Vésuve en octobre 79 – abrite pourtant des trésors.

Photo: C. Grandpey

Une découverte majeure a été faite dans la Villa des Papyrus, une maison qui appartenait probablement au beau-père de Jules César.

Photo: C. Grandpey

A l’intérieur, la bibliothèque contenait 1 838 rouleaux de papyrus. Ils furent préservés car les boues brûlantes déferlant du volcan les ont instantanément enrobés.

 

Source : Bibliothèque nationale de Naples

De nombreux papyrus appartiennent au domaine de la philosophie grecque. Ils sont conservés à la Bibliothèque nationale de Naples et sont, bien sûr, inscrits au Patrimoine de l’Humanité. Carbonisés, les rouleaux sont particulièrement fragiles, mais certains ont pu être déroulés, avec des degrés variables de succès.

 

Source : Bibliothèque nationale de Naples

Une machine à dérouler les papyrus a été inventée au 18ème siècle par un spécialiste des miniatures du Vatican. Malheureusement, et encore récemment, divers essais d’écorçage ont fait ressortir des centaines de fragments de ces inestimables trésors, les mutilant ou les détruisant à jamais.

 

Source : Bibliothèque nationale de Naples

En 2015, en utilisant la tomographie par contraste de phase, déjà été utilisée pour examiner des fossiles sans les endommager, une équipe internationale avait réussi à déchiffrer quelques mots sur certains papyrus.

En 2016, les chercheurs ont utilisé la technologie du rayonnement synchrotron à l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble pour faire apparaître une forte concentration de plomb dans l’ancienne encre. Ils ont examiné deux fragments multicouches qui avaient été remis à Napoléon Bonaparte comme cadeau en 1802 et qui appartiennent aujourd’hui à la collection de l’Institut de France.

En 2023, un jeune étudiant en informatique à l’Université Lincoln du Nebraska (Etats-Unis) a réussi à déchiffrer un mot sur les papyrus carbonisés d’Herculanum. L’algorithme mis au point par le chercheur a permis de détecter des lettres grecques sur plusieurs lignes d’un des rouleaux et de lire pour la première fois un mot entier : πορϕυρας (porphyras), qui signifie « pourpre ». Le travail de déchiffrage du papyrus faisait partie du « Vesuvius Challenge » – le défi du Vésuve- une série de prix dont le principal, d’un montant de 700.000 dollars (651 000 euros), récompense la lecture d’au moins quatre passages d’un parchemin roulé.

 

Source : Vesuvius Challenge

J’ai consacré une note au travail de cet étudiant le 21 octobre 2023 : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/10/21/le-dechiffrage-des-papyrus-dherculanum/

Toujours dans le cadre du « Vesuvius Challenge », trois chercheurs ont été récompensés le 5 février 2024 pour avoir réussi à déchiffrer grâce à l’intelligence artificielle une petite partie des rouleaux de papyrus. Ils ont remporté le prix de 700 000 dollars

Les organisateurs du concours avaient réalisé au préalable des scans de quatre rouleaux et offraient une récompense à qui déchiffrerait au moins 85% de quatre passages de 140 caractères. Les gagnants sont un doctorant à Berlin, un stagiaire de SpaceX originaire du Nebraska, et un étudiant suisse en robotique.

Le trio a notamment utilisé l’intelligence artificielle pour distinguer l’encre du papyrus et a déterminé la nature des caractères grecs en détectant les répétitions. Ils ont déchiffré environ 5% d’un rouleau. Selon les organisateurs du concours, l’auteur du papyrus serait « probablement le philosophe épicurien Philodemus » qui a écrit « à propos de nourriture, de musique, et de comment profiter des plaisirs de la vie. »

Sur les 1785 rouleaux de papyrus découverts au cours des fouilles effectuées au 18ème siècle, seuls 585 ont été complètement déroulés en utilisant une méthode mécanique du 18ème siècle, tandis que 209 autres ont été partiellement déroulés. Environ 400 n’ont jamais été déroulés et 450 sont si difficiles à lire que leurs textes restent inconnus.

Source : presse internationale.

Le Vésuve à Montluçon le 1er février !

J’aurai le plaisir de présenter à MONTLUÇON (Allier) – dans le cadre de l’Université du Temps de Vivre – une conférence intitulée « Champs Phlégréens, Vésuve, Herculanum et Pompéi  »  le jeudi 1er février 2024 à 10h00  à la Ferme des Ilets (salle Boris Vian).

Au départ de Pouzzoles, je conduirai le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladerons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulerons ensuite dans les rues de Herculanum et Pompéi, détruites par le volcan en l’an 79.

Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans ». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer le dernier livre « Histoires de Volcans » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq.

Photos: C. Grandpey

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