Exploration d’un volcan sous-marin (Archipel des Mariannes / Océan Pacifique)

1475806114.33.jpgSitué à seulement une centaine de kilomètres au nord de l’île de Guam, un volcan sous-marin (seamount en anglais) baptisé NW Rota-1 est actuellement en éruption dans l’arc volcanique des Mariannes, l’une des chaînes volcaniques les plus actives de la planète. C’est l’occasion de ne pas oublier que 70% du volcanisme du globe se situe au fond des océans.
Une équipe scientifique américaine rassemble actuellement des données sur NW Rota-1 qui est en éruption quasi continue depuis cinq ans. Il a d’ailleurs grandi d’une quarantaine de mètres depuis la dernière visite des scientifiques en 2006. Ces derniers ont observé le volcan à plusieurs reprises depuis 2003, mais ce n’est qu’en 2004 qu’ils ont eu confirmation de l’éruption. Ils ont pu analyser des échantillons d’eau de mer autour du volcan, effectuer des mesures sur les roches et les dépôts et étudier les colonies de crevettes et de coquillages tels que les patelles qui survivent au sommet du NW Rota-1 grâce aux microbes qui recouvrent le volcan.
Le site de l’éruption se trouve à 500 mètres sous la surface de l’océan. Les chercheurs y ont observé « de volumineux nuages de fumée jaune et blanche » à base de soufre, des bulles de CO2, ainsi que des projections de cendre et de « roches de la taille de galets » qui s’échappaient en abondance de ces panaches.
En plus des sonars, des analyseurs de panache et des hydrophones, les scientifiques utilisent également un Jason ROV, véhicule télécommandé capable de collecter des données océaniques en milieu inaccessible aux êtres humains. Le Jason ROV a été capable de s’approcher à moins de trois mètres du site éruptif principal du NW Rota-1.
Des instruments seront laissés sur place pour permettre un contrôle continu du volcan pendant les mois à venir.
Source : The Pacific Daily News.

993348610.38.jpgJust 100 km north of Guam, NW Rota-1, an undersea volcano or seamount , is erupting in the Marianas Volcanic Arc, one of the most active volcanic chains on the planet. It is the opportunity not to forget that 70% of the world’s volcanic activity lies at the bottom of the oceans.
A team of U.S. scientists has been gathering data on NW Rota-1 which has been erupting almost continuously for five years. It has grown about 40 metres in height since scientists visited it in 2006. They had made several visits to this volcano since 2003, with the first confirmation of an active eruption during their 2004 visit. The scientists analyzed samples of seawater around the volcano, measured the rock and deposits, and studied shrimp and shellfish such as limpet that survive atop NW Rota-1 thanks to the microbes that blanket the volcano.
The site of the eruption is 500 metres below the ocean surface. The scientists observed « billowing clouds of yellow and white smoke » made of sulphur, carbon dioxide bubbles as well as “ash and pebble-sized rocks profusely coming out of the plume. »
Along with sonar systems, plume sensors, and hydrophones, the researchers are also using a Jason ROV, a remotely operated vehicle that can collect oceanic data in conditions inhospitable to humans. The Jason ROV approached within 3 metres of a major eruptive site on NW Rota-1.
Instruments will be left behind to monitor the area continuously over the next months.
Source : The Pacific Daily News.

Polémique en Italie

Suite au violent séisme qui a détruit la ville d’Aquila dans les Abruzzes, une polémique est née après qu’un chercheur de l’Institut de physique nucléaire – Gioacchino Giuliani – ait déclaré qu’il avait prévu l’événement, en s’appuyant en particulier sur les émissions de radon.
Il prétend avoir mis au point un moyen de prévoir les séismes vingt-quatre heures à l’avance grâce à un système baptisé «précurseur sismique», qu’il aurait breveté. Guido Bertolaso, patron de la protection civile italienne, en a réfuté toute crédibilité scientifique, accusant l’inventeur de vouloir semer la panique dans la population.
Cette situation appelle plusieurs remarques. La première c’est que le plus urgent après une telle catastrophe, ce n’est pas de polémiquer mais de porter très rapidement secours aux personnes prises sous les décombres et qui peuvent être sauvées. Tout le monde sait que chaque minute est importante, voire vitale.
Je ne connais ni Gioacchino Giuliani, ni le système qu’il prétend avoir mis au point. Toutefois, pour que son invention soit crédible, il faudrait qu’elle ait fait ses preuves dans plusieurs circonstances et de manière irréfutable. Prévoir un seul tremblement de terre ne suffit pas. Il faut en avoir prévu plusieurs dans différents points du monde, ce qui ne semble pas avoir été le cas. A l’heure actuelle, la prévision des séismes est au niveau zéro. Comme le faisait remarquer un sismologue sur FR3, les scientifiques américains ont étudié les séismes qui se produisent très fréquemment le long de la faille de San Andreas en Californie, mais ils n’ont jamais pu tirer des conclusions permettant de prévoir ne serait-ce que l’un d’entre eux. Quand on connaît les moyens dont disposent les Américains, on comprend très vite que le problème n’est pas près d’être résolu.
Il en va d’ailleurs de même dans le domaine volcanique. Ce n’est pas parce que l’on a été capable de prévoir une éruption que l’on peut dire que l’on est capable de prévoir toutes les éruptions, comme le prétendent certains. Certes, la volcanologie a fait des progrès, mais il reste beaucoup à faire !
Pour terminer, il n’est pas surprenant de voir qu’un scientifique indépendant se heurte aux autorités scientifiques nationales qui n’admettent pas qu’un olibrius vienne marcher sur leurs plates-bandes. Haroun Tazieff en est le meilleur exemple. Ce comportement semble propre aux pays latins, que ce soit la France ou l’Italie, où prévalent sectarisme et jalousie entre les laboratoires. C’est très différent aux Etats Unis où les cachotteries ne sont pas de mise. Me concernant, j’ai toujours été bien accueilli en Amérique, que ce soit par l’USGS de Vancouver ou l’HVO à Hawaii où l’on m’a accordé un permis de travail sur le Kilauea en me demandant, en retour, de faire part du résultat de mes observations.

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Faille de San Andreas dans la plaine de Carrizzo en Californie (Photo: C. Grandpey)

Séisme en Italie

1475806114.45.jpgUn séisme de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter a frappe le centre de l’Italie ce matin à 95 km au nord de Rome. La ville de L’Aquilla dans les Abruzzes a été durement touchée. Des bâtiments se sont effondrés et il y a des victimes (la presse italienne fait état de 16 morts et de nombreux blessés). Les sismographes placés sur les volcans siciliens (comme Stromboli ci-dessous) ont parfaitement enregistré l’événement.

993348610.39.jpgAn earthquake measuring 6.3 on the Richter scale has struck in central Italy this morning, 95km north of Rome. Houses have collapsed and there will probably be many victims 5the Italian press indicates 16 victims and lots of injured).The town of L’Aquila has been badly hit. Seismographs on Sicilian volcanoes (see Stromboli here below) have recorded the event.

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Messine (Sicile / Italie)

Aujourd’hui 28 décembre, la Sicile se souvient…. Le journal La Sicilia titre : « Apocalypse dans le Détroit. Messine pleure ses enfants ». Le 28 décembre 1908 à 5h21 du matin, un terrible séisme secouait la région de Messine et la Calabre, atteignant le niveau maximum sur l’échelle de Mercalli. Un tsunami avec au moins trois grosses vagues de plus de 10 mètres de hauteur ne fit que ravager encore davantage cette partie de l’Italie. La ville de Messine se trouva pratiquement rayée de la carte. Au total, le nombre de morts a été estimé à 80 000 à Messine (dont le population était alors de 140 000 habitants) et 15 000 à Reggio de Calabre qui comptait alors 45 000 habitants. D’autres estimations font état de 120 000 victimes, 80 000 en Sicile et 40 0000 en Calabre. Des répliques du séisme ont été ressenties jusqu’en mars 1099.
Aujourd’hui, des séismes, certes moins violents, affectent encore la Sicile. L’homme a trop tendance à oublier les catastrophes. Je ne suis pas certain que toutes les nouvelles constructions siciliennes répondent aux normes parasismiques. Il est fort à parier que si un séisme de grande magnitude devait se reproduire, la Sicile pleurerait à nouveau ses enfants….