Mesures de températures au sommet de l’Etna // Temperature measurements at the summit of Mount Etna

drapeau francaisOn peut lire sur le site Etna Walk les résultats d’une campagne d’observations et de mesures de températures effectuée les 17 et 18 juin 2013 sur la zone sommitale de l’Etna.

Le fond du Nouveau Cratère SE (NCSE) est rempli de matériaux émis lors du paroxysme du 27 avril. On observe un système de fractures sur lequel se trouve la bouche qui a donné naissance aux fontaines de lave du 27 avril. L’incandescence est encore présente au fond de certaines fractures ainsi que du soufre à l’état liquide. La température maximale du Nouveau Cratère SE atteint 552°C. On observe des fumerolles sur la dépression qui sépare le NCSE de son aîné. Une température variant entre 49 et 59°C a été relevée à 30 cm de profondeur sur le « Sudestino », à la base méridionale du cône occidental du Cratère SE.

La Bocca Nuova montre un dégazage intense qui en empêche l’accès. Une température de 85°C a été relevée dans la zone fumerollienne sur la lèvre SE. Une vaste partie du flanc sud est recouverte de matériaux émis pendant l’activité de janvier et février 2013 ainsi que ceux projetés par le Cratère SE.

La Voragine présente une activité fumerollienne sur ses parois internes et sur ce qui reste du « diaphragme » qui la sépare de la Bocca Nuova.

Le Cratère NE montre un dégazage intense. On perçoit des explosions au fond de la bouche.

Avec mes remerciements à Simone Genovese.

 

drapeau anglaisOne can read on the Etna Walk website the results of a campaign of observations and temperature measurements performed on June 17th and 18th 2013 on the summit area on Mount Etna.

The bottom of the New SE Crater (NSEC) is filled with materials issued during the paroxysm of April 27th.  One can observe a fracture system on which stands the vent that gave birth to lava fountains April 27th. Glow is still present at the bottom of some fractures as well as sulphur in the liquid state. The maximum temperature of the New SE Crater reached 552 ° C. Fumaroles can be seen on the depression between the NSEC and its elder. A temperature between 49 and 59 ° C was measured at a depth of 30 centimetres on the « Sudestino » at the southern base of the western SE Crater cone.
The Bocca Nuova shows intense degassing that prevents any access. A temperature of 85 ° C was measured in the fumarolic area on the SE rim. A large part of the southern side is covered with materials produced by the activity in January and February 2013 as well as those projected by the SE Crater.
The Voragine has fumarolic activity on its inner walls and the remains of the « diaphragm » that separates it from the Bocca Nuova.
The NE Crater shows an intense degassing. Explosions are perceived at the bottom of the vent

With many  thanks to Simone Genovese.

L’Etna au patrimoine mondial de l’UNESCO

drapeau francaisL’Etna, l’un des volcans le plus actifs de la planète, vient d’être inscrit le 21 juin 2013 sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO au cours d’une réunion annuelle qui avait lieu cette année au Cambodge.

L’Etna partage cet honneur avec les Montagnes du Pamir, El Pinacate, le Grand Désert de l’Altaret, depuis hier, le Mont Fuji au Japon.

Sont inscrits sur cette Liste les sites « d’une beauté exceptionnelle », ceux qui mettent en évidence les restes de cultures anciennes ou disparues ou, comme pour l’Etna, «  d’importants processus géologiques en cours ».

Cette accumulation de sites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO me laisse un peu perplexe. Comme me l’écrivait un ami: « Si ça continue comme ça, bientôt les points les plus intéressants seront ceux qui ne seront pas inscrits au patrimoine de l’UNESCO »…

 

drapeau anglaisSicily’s Mount Etna, one of the most active volcanoes on the planet, has been inscribed as a UNESCO World Heritage Site, the committee that makes the selections announced today (June 21st) from their annual meeting, taking place this year in Cambodia.

Mount Etna and the Mountains of Pamir inscribed on World Heritage List alongside El Pinacate, Gran Desierto de Altar and, since yesterday, Mount Fuji.

The criteria for inclusion on the list include a range of factors, such as being an area of « exceptional natural beauty, » a valuable relic of an ancient or still-existent culture, or, like Etna, an example of « significant on-going geological processes. »

This accumulation of sites at the UNESCO World Heritage leaves me a bit disconcerted. As a friend told me: « At this rate, very soon, the most interesting sites will be those that will not appear on the World Heritage List »….

Etna-ecran

(Photo: C. Grandpey)

L’eau de l’Etna: un danger pour la santé? // Is Mount Etna’s water a health risk?

drapeau francais   Ce n’est pas une découverte. Plusieurs articles de presse ont attiré l’attention de la population sur les risques pour la santé que représenterait une vie sur les flancs de l’Etna. La cause du problème serait l’eau des puits qui alimente environ 1,5 millions d’habitants. Cela fait plusieurs années que cette situation sanitaire fait l’objet de débats mais la cause réelle du problème n’a jamais été formellement déterminée. En particulier, le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson est largement au-dessus de la moyenne nationale. La cause de cette maladie est mal connue mais on l’attribue souvent à des facteurs environnementaux tels que la pollution.

On a relevé un certain nombre d’éléments potentiellement toxiques dans l’eau de source collectée dans les puits autour de l’Etna. Ainsi, les échantillons prélevés en 2010 avaient des concentrations de manganèse atteignant 2600μg/l alors qu’officiellement cette concentration ne devrait pas dépasser 50μg/l.

Les scientifiques de l’Université de Catane ont essayé de déterminer l’origine de la pollution de l’eau souterraine. Pour ce faire, ils ont utilisé une technique appelée spectroscopie photoélectronique X (XPS) pour analyser la composition de surface des laves émises par l’Etna pendant son activité d’avril 2012. La technique XPS consiste à projeter des rayons X sur un matériau et à mesurer les électrons libérés ensuite par les couches superficielles, jusqu’à une profondeur de quelques nanomètres (1 nanomètre = 10-9 mètre). Les techniques utilisées précédemment pour étudier la lave étaient seulement capables d’étudier la composition de masse. La technique XPS permet de différencier les éléments de surface et les éléments de masse. L’analyse de la surface de la lave est importante car c’est elle qui va progressivement s’éroder et se dissiper dans l’environnement.

Les résultats obtenus en surface avec la technique XPS ont été comparés avec ceux obtenus dans la masse avec les rayons X seuls. Comparées à celles obtenues dans la masse, des quantités inférieures de silice, de fer, de calcium et de potassium et des quantités supérieures d’aluminium, de sodium et de phosphore ont été décelées en surface. Il est intéressant de noter que la valeur correspondant au manganèse décelé en surface est plus du double de celle trouvée dans la masse. Cela pourrait expliquer pourquoi la concentration de manganèse dans les puits autour de l’Etna est si élevée.

L’exposition chronique au manganèse peut entraîner le manganisme. Parmi les symptômes figurent une baisse de la motricité ainsi que des tremblements qui sont également typiques de la maladie de Parkinson. L’équipe scientifique déduit de ces analyses que certains cas de maladie de Parkinson décelés dans la partie orientale de la Sicile pourraient en fait être des cas de manganisme.

Source : Chemistry World.

 

drapeau anglais   This is nothing new : Some illnesses are more numerous on the flanks of Mount Etna than elsewhere in Sicily. Almost 1.5 million people are supplied with water from Etna’s wells. The origins of elevated occurrences of some health problems in the population around the volcano have been debated for many years. Reports have shown that levels of Parkinson’s disease in the area are well above average. The cause of the disease is not understood but it has been linked to environmental factors such as pollution.

Groundwater from Etna’s wells has been found to contain very high levels of some potentially toxic elements. Water samples collected in 2010 had manganese concentrations up to 2600μg/l while Italian legislation states it should be no higher than 50μg/l.

Scientists at the University of Catania have investigated a possible origin of the groundwater pollution. They used x-ray photoelectron spectroscopy (XPS) to characterise the surface composition of lava stones emitted from Mount Etna during activity in April 2012.

XPS involves firing x-rays at a material and measuring the electrons subsequently released from its surface layers, down to a depth of a few nanometres. Previous techniques used to study lava stones have only been capable of studying the bulk composition. XPS allowed the team to differentiate between elements in the surface and elements in the bulk. Analysing the surface of the stones is important as this is what will gradually erode and dissipate into the environment.

The XPS surface results were compared with results from x-ray analysis of the bulk. Significantly lower amounts of silicon, iron, calcium and potassium, and higher amounts of aluminium, sodium and phosphorus were found on the surface than in the bulk. Remarkably, the value of surface manganese was found to be more than twice that in the bulk. This may explain why the concentration of manganese in Etna’s wells is so high.

Chronic exposure to manganese can cause manganism. Symptoms include impaired motor skills and tremors, but these are also typical of Parkinson’s disease. The team suggests that their surface analysis provides evidence that some of the Parkinson’s cases in east Sicily may actually be misdiagnosed manganism.

Source: Chemistry World.

Etna-blog

(Photo:  C. Grandpey)