Escapade en Campanie (4ème partie) : Pompéi

Au mois d’avril 2022, c’était la troisième fois que je visitais Pompéi. L’effet d’émerveillement de la découverte du site dans les années 1990 a disparu avec le temps, peut-être aussi parce que j’avais admiré la plus grande partie des fresques à l’intérieur du superbe Musée Archéologique National de Naples quelques jours auparavant. Au final, on se rend compte qu’il n’y a que peu de belles fresques sur le site de Pompéi. Pour couronner le tout, la fermeture de la Casa dei Vettii pour travaux laisse un très grand vide. A mes yeux, c’est de loin la plus intéressante de toutes les maisons sorties de la cendre. Si j’avais été informé de sa fermeture, pas sûr que j’aurais acheté un billet de visite du site.

Pourtant, grâce à la politique culturelle du gouvernement italien et aux fonds européens, les fouilles vont bon train à Pompéi et il ne se passe guère de mois sans que de nouvelles découvertes soient annoncées dans la presse italienne. En 2021, un superbe thermopolium à la façade abondamment décorée a été exhumé et un graffiti a permis de confirmer que l’éruption du Vésuve avait en lieu en octobre 79, et non en août comme on l’a longtemps pensé.

La technologie moderne a fait son apparition à Pompéi et beaucoup de guides vendus en librairie sont en retard à ce sujet. Il faut s’enregistrer par Internet (« online » est le mot très à la mode en Campanie!) pour avoir accès au thermopolium mentionné ci-dessus. C’est une très bonne idée pour réguler le flux de visiteurs. Encore faudrait-il préciser la démarche sur le site Internet de vente des billets d’entrée à Pompéi ! A ce niveau, la Campanie est un peu en retard. Il serait aussi souhaitable que, en plus de l’italien et de l’anglais, le français soit l’une des langues utilisables sur les sites de visites campaniens. Traditionnellement, les Français constituent une grande partie des visiteurs du Vésuve et de sa région. Les autorités italiennes semblent l’avoir oublié.

Au cours de mon périple, j’ai constaté que l’Italie du Sud avait fait des progrès en matière de discipline. Les motocyclistes portent le casque ; la ‘mascherina ‘ anti-Covid recouvre la plupart des visages ; il est vrai que cette partie de l’Italie a payé un lourd tribut et les gens ont compris qu’il fallait être prudent. A côté de cela, la conduite sur route reste instinctive ; les panneaux ‘Stop’ et la ligne médiane restent à la discrétion de chacun….

Photos : C. Grandpey

Escapade en Campanie (3ème partie) : Herculanum

Plus petite et moins populaire que Pompéi, Herculanum a, elle aussi, été détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère. Enfouie pendant des siècles dans une gangue volcanique, la cité romaine a été remise au jour à partir du 18ème siècle par les Bourbon-Deux-Siciles qui régnaient sur Naples.

 

Lorsque l’on pénètre à l’intérieur du site, on se rend vite compte de épaisseur de matériaux vomis par le Vésuve. C’est une véritable falaise qui domine les ruines.

 

Il faut s’imaginer qu’avant l’éruption, cette partie de la ville se trouvait sur le rivage et les hangars que l’on découvre à l’entrée servaient à ranger les bateaux. Lorsque les nuées ardentes se sont abattues sur Herculanum, la population a essayé de fuir par la mer mais n’en a pas eu le temps, comme on le pensait initialement. Les squelettes que l’on aperçoit à l’intérieur des hangars révèlent les souffrance subies par les habitants qui ont été figés sur place par les matériaux à très haute température.

Comme à Pompéi, les fouilles entreprises à Herculanum ont apporté une considérable connaissance de terrain sur la civilisation romaine au 1er siècle. Elles ont livré un matériel archéologique exceptionnel, en particulier en bois, et également des œuvres littéraires inconnues jusqu’alors, avec les papyrus de la bibliothèque de la vaste villa du même nom.

Si la notoriété d’Herculanum est éclipsée par celle de Pompéi, le site mérite une visite pour apprécier l’architecture d’une cité romaine et la conception des habitations. De toutes les cités ensevelies par l’éruption du Vésuve, c’est la mieux préservée. Certes, les fresques sont plus rares qu’à Pompéi, mais on les retrouve dans le Musée Archéologique de Naples.

Moins d’un quart de la cité antique d’Herculanum a été exhumé. Les fouilles se sont arrêtées là où commence la commune actuelle d’Ercolano. La majorité des monuments publics et religieux sont toujours recouverts par la ville moderne. La photo ci-dessous montre clairement trois niveaux : 1) le site de la ville antique surmonté par 2) la ville moderne, et 3) le Vésuve qui semble attendre son heure pour entreprendre une nouvelle œuvre de destruction…

Photos: C. Grandpey

Escapade en Campanie (2ème partie) : le Musée Archéologique National de Naples

Cela faisait longtemps que j’avais envie d’aller à Naples visiter le Musée Archéologique National où sont exposées les fresques prélevées à Herculanum, Stabies et Pompéi. Après avoir visité Pompéi à deux reprises dans les années 1990, j’avais compris que la visite du musée de Naples serait indispensable pour avoir une idée complète de la vie dans ces cités recouvertes par la cendre du Vésuve en l’an 79 de notre ère.

Afin d’éviter les inévitables tracas de circulation et de stationnement à Naples, j’avais opté pour le train qui permet en 34 minutes et pour seulement 2,20 euros de relier la gare de Pozzuoli Solfatara à celle de Piazza Cavour qui se trouve à 200 mètres du musée où le nombre de visiteurs était étonnamment faible, peut-être à cause de la Covid-19.

Je suis sorti enchanté de ma visite du musée napolitain car la richesse des œuvres exposées est assez extraordinaire. Je ne suis pas fan des musées que je trouve souvent rébarbatifs, et certains (j’ai des noms!) me reprochent de les parcourir au pas de charge!

A Naples, c’était différent car je venais rechercher et observer des œuvres précises, à savoir les fresques prélevées à Herculanum et Pompéi. Protégées et restaurées dans l’enceinte du Musée, elles sont mieux conservées qu’en restant sur place. Certaines sont vraiment d’une grande finesse. Entre autres, le cabinet érotique secret présente les nombreuses fresques et objets découverts dans les lupanars de Pompéi et Herculanum, ainsi que dans les maisons privées. Il serait dommage de ne pas chausser les protections proposées gratuitement par le Musée pour admirer les mosaïques de la section Magna Grecia, issues de villas de Pompéi, Herculanum et Stabies.

Le revers de la médaille, c’est qu’après une telle visite et un tel enchantement, on trouve bien vides les murs des maisons d’Herculanum et Pompéi. Il faut faire travailler son cerveau pour y transposer les images du Musée archéologique de Naples.

Vous verrez ci-dessous quelques photos prises au cours de ma visite. Contrairement à certains autres musées qui espèrent vendre des images à la boutique, celui de Naples autorise la prise de photos. Un régal !

Il serait dommage de ne pas visiter les autres pièces du Musée, comme celles consacrées aux gladiateurs dans la superbe salle du Cadran Solaire, ou bien les sculptures monumentales de la collection Farnèse.

Photos : C. Grandpey

Une fois la visite du musée terminée, on peut se plonger dans l’ambiance de la ville de Naples où rôde à chaque coin de rue la mémoire du regretté Diego Maradona. On peut s’aventurer dans les ruelles étroites de Spaccanapoli, le quartier historique, où les volcans apparaissent sur les belles majoliques du cloître de Santa Chiara. On peut aussi parcourir les ruelles étroites des quartiers espagnols… Naples, c’est vraiment tout une ambiance, un monde plein de vie!

Photos : C. Grandpey

Escapade en Campanie (1ère partie) : Pouzzoles et les Champs Phlégréens

Il y a quelques jours, j’ai profité des premières belles journées de printemps pour me rendre dans le sud de l’Italie afin de revoir le Vésuve, Herculanum et Pompéi, et surtout visiter le Musée Archéologique de Naples qui me semblait être un complément indispensable à la visite des cités antiques victimes de la fureur du Vésuve. J’avais choisi Pouzzoles comme première étape de ce périple en Campanie.

La ville de Pouzzoles est particulièrement intéressante d’un point de vue géologique car la région connaît des épisodes bradysismiques qui font se soulever et s’abaisser le sol au gré des mouvements de la chambre magmatique qui se cache à quelques kilomètres de profondeur. Les incrustations de coquillages sur les colonnes du Temple de Sérapis sont les témoins d’une époque où la mer avait envahi cet édifice.

Aujourd’hui, la région de Pouzzoles est en phase d’inflation, avec une vitesse moyenne de soulèvement d’environ 13 ± 2 mm par mois. L’ascendance enregistrée à la station GPS de Rione Terra à partir de novembre 2005 est d’environ 93,5 cm, dont environ 60 cm depuis janvier 2016.

Le phénomène s’accompagne de séismes dont certains peuvent être ressentis par la population. Ainsi, au cours du mois de mars 2022, l’INGV a enregistré 339 secousses dans le région des Champs Phlégréens, avec une magnitude maximale de M 3,6 et une profondeur maximale d’environ 3,7 km.

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A proximité de la ville de Pouzzoles, la Solfatara constitue la zone la plus active des Champs Phlégréens. Elle est surveillée comme le lait sur le feu car un réveil de ce volcan causerait des problèmes majeurs. Sa situation au sein d’une zone densément peuplée rendrait l’évacuation de la population très délicate.

Le cratère est situé sur une colline à 190 m d’altitude. Le paysage est lunaire, avec de nombreuses fissures dans le sol d’où s’échappent des fumerolles constituées essentiellement de vapeur d’eau et de gaz comme le CO2. La fumerolle principale, la Bocca Grande, présentait une température de 130-140°C quand je l’ai mesurée dans des années 1990. Aujourd’hui, l’INGV relève environ 90°C. Vous trouverez tous les paramètres concernant la Solfatara en cliquant sur ce lien :

https://www.ov.ingv.it/index.php/monitoraggio-e-infrastrutture/bollettini-tutti/bollett-mensili-cf/anno-2022-2/1064-bollettino-mensile-campi-flegrei-2022-02/file

Attention : la Solfatara est actuellement fermée au public depuis le tragique accident survenu en septembre 2017. Un couple de touristes et leur fils de 11 ans ont trouvé la mort en chutant dans une marmite de boue. Le gosse, âgé de 11 ans, a franchi une barrière de sécurité et a chuté dans une marmite de boue. Les parents ont alors tenté de le secourir mais ont chuté à leur tour dans la cavité. Elle était peu profonde et il est probable que la mort a été causée par les émanations de gaz. Depuis cet accident tragique, les autorités italiennes ont mis en place le sacro-saint principe de précaution, ce qui explique la fermeture du site.

Pour avoir une très bonne vue sur la Solfatara, je conseille d’emprunter la Via Coste d’Agnano qui longe le site et propose un très bon panorama dans sa partie haute. S’y rendre de préférence de le matin quand l’air ambiant, plus humide, permet de distinguer les différents sites fumerolliens. L’air sec de l’après-midi ne permet plus de voir grand-chose.

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La région de Pouzzoles présente d’autres points d’intérêt comme le lac d’Averno, choisi par Virgile pour y situer l’entrée des Enfers…

 

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Le visiteur pourra aussi grimper au sommet du Monte Nuovo et jeter un œil à l’intérieur du cratère, façonné par l’éruption du 29 septembre au 6 octobre 1538 qui a détruit le village médiéval de Tripergole et mis en fuite la population locale…

Photos : C. Grandpey