Les voitures électriques sont-elles écologiques? (2) // Are electric cars environment-friendly? (2)

Dans ma note du 21 novembre, je mettais l’accent sur les problèmes environnementaux posés par l’extraction du lithium, l’un des composants essentiels des batteries de véhicules électriques.

Au vu des problèmes environnementaux qu’elle occasionne, on peut se demander si  la voiture électrique est réellement le moyen idéal de faire la transition vers un transport écologique. Est-elle toujours plus écologique qu’une voiture thermique essence ou diesel ?

On reproche souvent au diesel d’émettre des particules fines. Comme elle n’utilise pas d’énergie fossile, on pourrait penser que la voiture électrique n’en produit pas. Ce type de raisonnement est en partie erroné. En effet, une bonne partie des particules fines émises par les voitures ne l’est pas par le moteur, mais par l’abrasion des pneus, de la route et des plaquettes de frein. Donc, même avec un véhicule électrique, il y aura toujours la présence de particules fines à cause du roulage, des frottements sur la route et du freinage.

Une autre idée fausse concerne l’électricité utilisée pour faire fonctionner ces voitures. En effet, pour produire de l’électricité on utilise différentes sources d’énergie qui diffèrent d’un pays à l’autre. Par exemple, en France, l’énergie nucléaire est majoritaire. 69% de l’électricité est produite par les centrales, mais elle est également générée par le gaz (8%), le charbon (2%) et le fioul (1%). La France importe aussi une partie de son électricité de pays voisins comme l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, et une partie de cette électricité importée est produite à partir d’énergies fossiles. Par exemple, l’électricité achetée en Allemagne est largement produite à partir du charbon. On consomme donc de l’électricité provenant indirectement des énergies fossiles. Aux Etats-Unis, où 40% de l’électricité est produite à partir du charbon, l’utilisation des voitures électriques reste donc polluante. En résumé, dans tous les pays qui n’ont pas mis en place une vraie transition énergétique vers des énergies non-fossiles, rouler en voiture électrique revient à rouler au charbon au lieu de rouler au pétrole. En France, rouler avec un véhicule électrique permet de réduire nos émissions de CO2. En revanche, comme notre électricité est produite à partir du nucléaire, nous produisons des déchets radioactifs.

L’autre gros problème des voitures électriques est qu’elles sont plus complexes à produire que les voitures à moteurs à combustion. Ainsi, lorsqu’une voiture électrique sort de l’usine, elle a beaucoup plus contribué à la pollution globale qu’une voiture conventionnelle. C’est notamment dû à la production de la batterie et au développement de composés électroniques complexes du moteur.

Je ne reviendrai pas sur les problèmes liés à l’extraction du lithium à laquelle il faudrait ajouter la question des réserves de lithium disponibles. Sommes-nous certains d’avoir suffisamment de lithium sur notre planète pour assurer la transition énergétique ? Le recyclage des batteries pose également problème car il est relativement coûteux en énergie et en termes d’impacts environnementaux.

Au final, on estime que la fabrication d’un véhicule électrique serait en moyenne 5 fois plus polluante que la fabrication d’un véhicule conventionnel. Il faut toutefois noter qu’en théorie cet écart se réduit au fur et à mesure que l’on utilise le véhicule. En effet, puisque l’utilisation d’un véhicule électrique est moins polluante, plus on l’utilise, plus on rentabilise la pollution initiale. Des chercheurs ont calculé qu’avec une utilisation longue, sur au moins 200 000 km, le véhicule électrique aura un impact 27 à 29% plus positif sur le réchauffement climatique par rapport aux véhicules essence. Si le véhicule est utilisé sur 100 000 km, cet impact tombera à 9 à 14%.  .

En résumé, la problématique de l’impact écologique des véhicules électriques est extrêmement complexe. Elle dépend des pays et de leur production énergétique, ainsi que de l’utilisation des véhicules. Elle dépend donc aussi des choix énergétiques et des évolutions technologiques qui auront lieu dans le futur. Ainsi, les technologies des batteries évoluent rapidement et leur production deviendra de plus en plus facile, ce qui pourrait améliorer l’impact des véhicules électriques dans le futur.

Source : Différents articles dans la presse nationale et internationale.

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In my note of November 21st, I shed light on the environmental issues raised by the extraction of lithium, one of the essential components in the batteries of  electric vehicles.
In view of the environmental problems it causes, one may wonder if the electric car is the ideal solution to make the transition to an ecological transport. Is it really more environmentally friendly than a petrol or diesel fuel car?
Diesel is often criticized for emitting fine particles. Since it does not use fossil energy, one might think that the electric car does not produce them. This type of reasoning is partly wrong. Indeed, a good part of the fine particles emitted by cars is not by the engine, but by the abrasion of the tires, the road and the brake pads. So, even with an electric vehicle, there will always be fine particles because of rolling, friction on the road and braking.
Another misconception concerns the electricity used to run these cars. Indeed, to produce electricity we use different energy sources that differ from one country to another. For example, in France, priority has been given to nuclear energy. 69% of our electricity is generated by nukes, but it is also generated by gas (8%), coal (2%) and fuel oil (1%). France also imports some of its electricity from neighbouring countries such as Germany, Switzerland and Italy, and some of this imported electricity is produced from fossil fuels. For example, electricity purchased in Germany is largely produced from coal. We therefore consume electricity indirectly from fossil fuels. In the United States, where 40% of electricity is produced from coal, the use of electric cars is polluting. To put it in a nutshell, in all countries that have not implemented a real energy transition to non-fossil energies, driving an electric car is like driving with coal instead of driving with oil. In France, driving with an electric vehicle reduces our CO2 emissions. On the other hand, since our electricity is produced from nuclear power, we have to deal with radioactive waste.
The other big problem with electric cars is that they are more complex to produce than conventional cars. Thus, when an electric car leaves the factory, it has contributed much more to global pollution than a conventional car. This is due in particular to the production of the battery and the development of complex electronic compounds in the engine.
I will not come back to the problems of lithium extraction, to which should be added the question of the availability of lithium reserves. Are we sure we will have enough lithium on our planet to make the energy transition? Battery recycling is also a problem because it is relatively expensive in terms of energy and environmental impacts.
In the end, it has been estimated that the manufacture of an electric vehicle would be on average 5 times more polluting than the manufacture of a conventional vehicle. It should be noted however that in theory this difference is reduced as and when the vehicle is used. Indeed, since the use of an electric vehicle is less polluting, the more we use it, the more we reduce the initial pollution. Researchers have calculated that with long-term use – at least 200,000 km – the electric vehicle will have a 27 to 29% more positive impact on global warming compared to petrol vehicles. If the vehicle is used on 100,000 km, this impact will fall to 9 to 14%. .
In summary, the problem of the environmental impact of electric vehicles is extremely complex. It depends on the countries and their energy production, as well as the use of the vehicles. It also depends on energy choices and technological developments that will take place in the future. Thus, battery technologies are evolving rapidly and their production will become easier and easier, which could improve the impact of electric vehicles in the future.
Source: Various articles in the national and international press.

Les bornes de recharge pour voitures électriques remplaceront-elles un jour les pompes à essence? (Crédit photo : Wikipedia)

7 réflexions au sujet de « Les voitures électriques sont-elles écologiques? (2) // Are electric cars environment-friendly? (2) »

  1. La première voiture électrique date de 1884, les bornes électriques furent créer à l’époque, elle dépassa les 100Km/h et l’absence de gaz d’échappement était déjà un avantage à l’époque.
    Mais la voiture thermique c’est imposé, déjà pour son autonomie. La voiture électrique a toujours été une utopie, mais dans un avenir proche elle pourrait être une réalité.

    Une voiture totalement propre n’existera jamais, et si il faut noter les points les plus néfastes, comme l’industrie du Lithium, je suis mal à l’aise quand on parle d’empreinte CO2 des énergies renouvelables ou « propres ».

    Imaginons un monde où la voiture électrique se serait imposé et pour des raisons politico/écolo/économique fictionnelles, ce même monde déciderait de se jeter dans l’utilisation des énergies fossiles. Si on devait faire l’avocat du diable du pétrole/charbon/gaz, comme on le lit parfois pour la voiture électrique, quel serait la puissance des arguments : bouleverser les équilibres géopoliques du monde? créer une industrie où le transport et la transformation de la matière première consommerait déjà +50% de la production? modifier le climat? Modifier les océans et les écosystèmes sensibles à l’acidité et à l’augmentation de la t°? Élever le niveau des océans et mettre en péril les habitats de millions de gens? Détruire le permafrost et libérer peut-être des pathogènes oubliés? POlluer les villes avec les particules fines? ….

    Nous avons toléré que l’industrie de l’or noir grandisse et s’épanouisse en faisant des erreurs, mais en s »améliorant avec un siècle de progrès, qui continuent aujourd’hui. Mais nous somme peut-être à un seuil, qui peut permettre un bouleversement.

    D’ailleurs , je me demande pourquoi un véhicule thermique est moins polluant à construire qu’un moteur électrique, tous les paramètres sont-ils objectifs? Mais quand je promène mon enfant en poussette, je sais aujourd’hui reconnaitre les avantages d’un moteur électriques.

    J’ai hélas profité de la prime à la conversion pour acheter un véhicule diesel, pour des raisons économiques, je regrette de ne pas avoir acheté un véhicule électrique. J’ose espérer quand même que je pollue un peu moins qu’avant.

    J’ai croisé un garagiste à la retraite qui ne roule aujourd’hui qu’à l’électrique, j’ai supprimé mon chauffage central au fuel pour un poêle à granulé bois, je composte, j’ai des poules, j’essaie de bien consommer, même si je fais des écarts…j’ai envie de croire que la prochaine générations de batteries qui équiperont même nos maison, et que les éoliennes qui sont en train de construire en face de chez moi, serviront à rendre le futur de mes enfants meilleur.

    Au plaisir de vous lire
    Fred

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    1. Bonsoir Fabre.

      Il faut malheureusement arrêter de rêver.
      L’électricité est certes l’avenir mais il faudra pouvoir alimenter tout le monde.
      Et pour ça il n’existe pas de solutions renouvelables. Quand plus d’un milliard de personnes (à minima) souhaite se déplacer en autonomie dans un véhicule quelconque aucun moyen connu (biomasse, hydraulique, éolien, etc) je pourra couvrir ces besoins.

      Je parle pour ma paroisse, et parce que j’y crois, mais le futur sera nucléaire.
      Actuellement, des scientifiques de haut niveau travaille avec des moyens limités (hé oui !) au test et à la mise au point de la fusion.
      Les tokamaks fonctionnent, techniquement l’ignition a été atteinte, la fusion est maintenue pendant un certain temps.
      Les températures atteintes dépassent les 100 millions de degrés, le combustible est et sera pérenne dans l’avenir, le risque radioactif beaucoup plus limité que les réacteurs REP à fission.

      Avec les moyens financiers je reste persuadé que la fusion sera au point, garante d’une électricité abondante qui permettra de produire de l’hydrogène, autre combustible non polluant pour des véhicules.

      Voilà l’avenir tel que je le vois.

      Frédox

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  2. Bonjour
    J’entends votre propos. Mais vous êtes sur un projet qui se trouve peut-être dans 20 ans voire beaucoup plus.

    On parle sur des décessions à prendre rapidement, et déployable en masse en 10 ans. Je ne crois pas à une source unique d’énergie qui raye de la carte toutes les autres, l’illusion du tout nucléaire, ou d’une autre énergie qui fourni 100% des demandes c’est une autre utopie.

    L’avenir sera dans la multiplication des sources d’énergie et de leur stockage au plus prés de la demande.

    XX ressources produisant moins de 10% de la demande, c’est mon long terme, sans rêve.

    un 40% nucléaire et 6 fois 10% pour le reste, ce serait un beau projet.

    Je suis forestier, et je suis persuadé que l’énergie de nos forêts est encore sous utilisée par ex.

    Fred

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  3. Le projet ITER a débuté en 1985…
    L’argent qui aurait pu être investi à ce moment aurait fait gagner à la planète 30 ans d’avance sur une pollution à outrance.
    Le tout nucléaire (la fusion) n’est pas une illusion elle est une réalité d’avenir mais tant que les gazs de schistes et le pétrole seront tellement rentables pour certains, il sera encore LARGEMENT temps d’y réfléchir.
    Mais la Terre n’a plus le temps.

    Claude je me permet de joindre ce lien, à vous de voir si vous le laissez ou pas. Merci.
    https://www.iter.org/fr/accueil

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    1. Bonjour Frédox,
      Je ne vois pas pourquoi je retirerais le lien. C’est une information intéressante, même si elle ne plaira pas forcément à tout le monde. La retirer serait à mes yeux de la désinformation.
      Amitiés,
      Claude Grandpey

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    2. Frédox, toute cette belle énergie propre et inépuisable pour en faire quoi si ce n’est pas pour sortir de ce monde capitaliste débridé où prime la soif de pouvoir et d’hybris ?
      Une énergie non décentralisée sera en plus toujours une catastrophe en devenir et créateur d’inégalités si ce n’est de destruction planétaire (ça ne coûtera plus grand chose de pomper encore les quelques dernière goutte de pétrole vec une énergie surabondante et bon marché, on trouvera d’autre débouché tout autant salissant pour calmer les détecteurs de CO2 au bout des tuyaux). Si une lecture peut ouvrir les yeux, même par extraits, ce serait bien celle laissée par Ivan Illitch : « Energie et équité » et « L’énergie, un objet social ».
      Il n’y a rien à attendre de la fusion, il ya fort à parier que cela se transformera en une orgie consummériste sans nom.

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  4. Bonjour Pouet.
    Pour répondre simplement à votre post, je pose ce lien ci dessous.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3a/World_energy_consumption.svg

    Il faudra à un moment donné avoir une énergie de base accessible à tous pour remplacer les énergies fossiles.
    Capitalisme ou pas êtes vous disposés à ne plus utiliser des appareils consommant de l’énergie ??

    Et si cette énergie de base évite les GES (gazs à effet de serre) je suis preneur.
    Quant à la fusion, j’y crois, cette source d’énergie fonctionne depuis des milliards d’années déjà dans l’univers.

    Bien à vous.
    Frédox

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