Le réchauffement climatique dans les Alpes: De Tignes à Annecy…

Le glacier de la Grande Motte à Tignes n’ouvrira pas comme prévu le 29 septembre. Les conditions ne sont pas réunies pour une ouverture avant au moins la mi-octobre. Il s’agit évidemment d’un nouveau signe inquiétant du réchauffement climatique. Ce retard entraîne des complications au niveau sportif car le glacier devait accueillir les skieurs des équipes de France qui organisent chaque année des stages pour terminer leur préparation pour l’ouverture de la Coupe du monde les 27 et 28 octobre à Sölden en Autriche.

Les responsables de la station de Tignes étudient attentivement les prévisions météorologiques pour établir un nouveau calendrier. Un anticyclone persiste sur les Alpes en ce moment, ce qui interdit l’arrivée de précipitations significatives.

Les équipes de France de ski ont pour habitude de venir s’entraîner chaque année à Tignes à cette époque de l’année. La situation sur le Glacier de la Grande Motte va entraîner des modifications. Le groupe technique hommes, après un stage en août et début septembre à Ushuaïa (Argentine) va terminer sa préparation à Saas Fee (Suisse). Les dames sont à Ushuaïa jusqu’au 3 octobre et profitent des conditions encore hivernales.

Au vu de l’évolution des glaciers en France et en Europe, on peut penser que les équipes de  France de ski vont décaler leur préparation dans l’hémisphère Sud et la prolonger en octobre au cours des prochaines années.

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Comme je l’ai écrit dans une note précédente rédigée à mon retour d’un voyage glaciaire dans les Alpes, le lac d’Annecy s’assèche dangereusement et son niveau d’eau n’en finit pas de baisser. Selon les dernières mesures effectuées le 24 septembre 2018, il a perdu 53 cm par rapport à sa cote légale de 80 cm. La situation devrait empirer au cours des prochains jours, faute de précipitations importantes. Une nouvelle baisse importante du niveau du lac (10 cm supplémentaires ?) est donc fortement prévisible.

Pas besoin d’être ingénieur pour comprendre la situation! Il suffit de s’approcher des berges du lac. Il faut s’éloigner de plusieurs dizaines de mètres de la plage pour avoir les chevilles mouillées, et il faut atteindre 200 à 300 mètres du rivage pour avoir de l’eau à mi-cuisse !

Comme je l’ai indiqué précédemment, les premières victimes de cet assèchement historique sont les loueurs de bateaux. Plusieurs se retrouvent au chômage technique ou quasiment, faute d’un tirant d’eau suffisant pour leurs embarcations. S’agissant des hors-bords sans permis, il faut les pousser, moteur relevé, jusqu’à 200 ou 300 mètres du rivage. Seules deux personnes sont autorisées à monter à bord, de manière à alléger le poids.

Un professionnel a été contraint d’arrêter la location des bateaux avec permis dès la fin du mois août, et il vient de prendre la même décision pour toutes les embarcations sans permis. Selon lui, la situation est pire que lors de la canicule de 2003, parce qu’en 2018 elle dure beaucoup plus longtemps.

Les navires de croisières qui conduisent des groupes de touristes français et étrangers sur le lac sont logés à la même enseigne. Selon l’une des responsables de la Compagnie des bateaux du lac d’Annecy, « le niveau du lac est vraiment critique depuis quinze jours, mais nous sommes impactés depuis trois semaines. Il a donc été décidé de réduire le nombre de croisières. La capacité des bateaux est également passée de 198 à 120 passagers, afin d’alléger un peu le poids et d’avoir un tirant d’eau suffisant. Cette situation n’a pas d’impact sur l’emploi des marins, mais l’arrière-saison est perturbée cette année. »

C’est évidemment le très beau temps – dont tout le monde se réjouit sans réfléchir – et les températures caniculaires de ces dernières semaines, avec le manque de pluie, qui sont à l’origine de l’assèchement historique du  lac d’Annecy. Les gens ont trop tendance à croire que le réchauffement climatique n’interviendra qu’en 2050, alors qu’il est là aujourd’hui. S’agissant du lac, c’est la 5ème alerte – et la plus forte – depuis 2003. Le lac est très sensible au réchauffement car il n’est alimenté que par deux petites rivières. Les jours de fortes chaleurs, on perd entre 1 et 2 cm d’eau par jour en raison de l’évaporation.

Pour tenter de prévenir ces épisodes d’assèchement du lac, appelés à se multiplier durant la saison estivale, l’idée est de faire fluctuer les niveaux de l’eau au gré des saisons, de manière à constituer des stocks en hiver et au printemps en prévision des fortes températures d’été. Le problème, c’est qu’il faudrait une autorisation de l’État car la cote stable de 80 cm toute l’année est imposée depuis la fin du 19ème siècle. Actuellement, pour parvenir à cette cote permanente, les agents du syndicat du lac d’Annecy jouent avec les vannes alimentant le canal voisin du Thiou. Cette façon de procéder est jugée archaïque et inadaptée aujourd’hui par les élus, et plus du tout en phase avec l’évolution du climat. La balle est maintenant dans le camp de l’Etat qui devra prendre une décision rapidement car le temps presse.

Source: Le Dauphiné Libéré.

Photo: C. Grandpey

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