Face au volcan tueur (suite)

Le docu-fiction « Face au volcan tueur » a été diffusé à quelques jours du 22ème anniversaire de la disparition de Katia et Maurice Krafft. J’ai eu l’occasion de voir le film en avant-première en 2011 lors de l’Assemblée Générale de L’Association Volcanologique Européenne qui avait eu l’autorisation de projeter ce document à cette occasion.

A l’issue de cette première projection, des voix se sont élevées au sein de l’association pour protester contre la présentation des faits. Selon ces personnes, le film donne une image négative des Krafft et vient ternir l’opinion que la population se faisait des deux volcanologues français.

Ayant examiné à plusieurs reprises les documents relatifs à ce drame – rappelons qu’il a coûté la vie à 43 personnes – je me suis rendu compte que les volcanologues ont commis une grave erreur en s’obstinant à rester sur le site où ils ont péri et le docu-fiction reflète assez bien la réalité. Les autorités japonaises n’ont rien à se reprocher car, à plusieurs reprises, elles ont donné l’ordre d’évacuer la zone menacée par les nuées ardentes. Cela est confirmé par le rapport n°1540-08 relatif à l’éruption de l’Unzen tel qu’il a été présenté à l’Assemblée Nationale française. Voici un extrait du témoignage du  Professeur Kazuya Ohta, Directeur de l’Observatoire Sismologique et Volcanologique de Shimabara (SEVO) :

« Le 30 mai, une coulée pyroclastique dépassant 2,8 km de long s’est arrêtée à 200 m des habitations de Kamikoba. Bien que les habitants aient reçu le conseil, dès ce moment, d’évacuer cette zone, certains sont revenus pour récupérer leurs affaires et leurs animaux domestiques. Plusieurs journalistes et scientifiques sont aussi rentrés dans cette zone pour photographier et filmer ces coulées pyroclastiques spectaculaires. Des pompiers étaient stationnés dans un secteur désigné pour surveiller les maisons vides des évacués utilisées par les journalistes. Ces journalistes étaient stationnés à 4 km de là, au front de la coulée. Je les ai avertis par radio, par des policiers et par le Quartier Général pour les Mesures Contre les Désastres de Shimabara. Mais les gens qui se trouvaient sur la  » Zone Recommandée  » n’ont pas pris au sérieux mes avertissements.

Le 3 juin, à 15 heures, les coulées pyroclastiques sont devenues plus fréquentes. Un membre de la Station Météorologique de Unzen, branche locale du JMA, a appelé le Quartier Général de la ville en lui demandant d’informer les gens installés sur la  » Zone Recommandée  » car la situation devenait très dangereuse. L’avertissement a été transmis à deux policiers stationnés à l’entrée de cette zone. Les deux policiers sont entrés immédiatement dans la  » Zone Recommandée  » pour dire aux journalistes, aux pompiers et aux autres d’évacuer la zone. Mais, très vite, à 16 h 8 min, une énorme coulée pyroclastique a atteint la  » Zone Recommandée  » touchant gravement 52 personnes. Quarante personnes ont été tuées, 3 n’ont toujours pas été retrouvées et 179 maisons ont été brûlées. La coulée s’est arrêtée dans cette zone.»

 

On peut comprendre l’obstination de Maurice Krafft a rester sur place pour filmer des coulées pyroclastiques dont il s’était fait le spécialiste (il avait en particulier réalisé une séquence spectaculaire sur l’Augustine en Alaska). Sur L’Unzen, la situation était beaucoup plus dangereuse, d’autant que la météo et la visibilité n’étaient pas optimales.

Malgré toute l’admiration que l’on peut avoir pour Katia et Maurice Krafft, force est de constater que, s’ils sont morts, c’est qu’ils ont commis une erreur. De plus, on peut raisonnablement penser que s’ils avaient vidé les lieux, d’autres personnes présentes autour d’eux les auraient suivis.

Pour conclure, je pense que si on avait donné à Maurice le choix de sa mort, c’est probablement l’option qu’il aurait choisie. Il avait vu tant d’éruptions que celles à venir étaient « du rab », comme il se plaisait à le dire. « If I die tomorrow, I don’t care ». C’est ce qu’il dit aussi dans cette petite vidéo tournée au pied de l’Unzen,  peu de temps avant sa disparition:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=vPRoTQYXwuY

L’éruption du Pavlof affecte les vols locaux // The eruption of Pavlof affects local flights

drapeau francais   Même si l’éruption du Pavlof n’affecte pas – pour le moment – les vols internationaux qui transitent à une altitude d’au moins 9000 mètres entre l’Asie et l’Amérique du Nord,  elle pose des problèmes aux compagnies aériennes locales qui relient les petits ports de pêche et les villages dont l’accès routier est impossible. Par exemple, la PenAir, une compagnie basée à Anchorage et qui assure les liaisons avec le SO de l’Alaska, a dû brièvement interrompre ses vols vers 4 destinations en attendant que les nuages de cendre du Pavlof se dissipent. Les avions le la PenAir volent entre 4500 et 6000 mètres d’altitude qui est celle de la cendre du volcan. En particulier, les vols avec Dutch Harbor à Unalaska ont été annulés.

drapeau anglais   Even though the eruption of Pavlof is not affecting international airliners flying at least 9,000 metres a.s.l. between Asia and North America, it is causing some problems to local carriers serving rural fishing towns and native villages that lack outside road access. For instance, PenAir, an Anchorage-based Alaska company specializing in travel in southwestern Alaska, briefly stopped flights to four destinations to wait for ash to dissipate. PenAir’s planes fly at altitudes between 4500 and 6000 metres, exactly where they could encounter ash. Among the cancellations were flights in and out of Unalaska/Dutch Harbor.

Sakura-jima (Japon)

drapeau francais   Le Sakura-jima reste bien actif avec des explosions qui propulsent des matériaux jusqu’à 2 km du cratère où l’incandescence est parfois visible la nuit. Le VAAC de Tokyo indique que la plupart du temps des explosions génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 2 – 4 km d’altitude. Cette information a été confirmée par plusieurs rapports de pilotes.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez un épisode éruptif du Sakura-jima en date du 14 mai 2013:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=I9O_6FhhRbQ

 

 

drapeau anglais   Sakura-jima remains quite active with explosions that eject materials as far as 2 km from the crater incandescence is occasionally detected at night. The Tokyo VAAC indicates that on most days explosions produce plumes that rise to altitudes of 2 – 4 km a.s.l.  This piece of information has been confirmed by several pilot reports.

By clicking on the link below, you will see an eruptive episode of Sakura-jima that occurred on may 14th 2013.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=I9O_6FhhRbQ

Pavlof (Alaska / Etats Unis): Situation stable

drapeau francais   L’éruption du Pavlof continue avec un panache de vapeur, de gaz et de cendre qui monte jusqu’à 6-6,5 km d’altitude et se dirige vers le SE du volcan et s’étire au-dessus du Pacifique nord. Les pilotes indiquent que les fontaines de lave sont toujours présentes au sommet. Toutefois, les communautés les plus proches du Pavlof n’ont jamais fait état de retombées de cendre importantes au cours des dernières 24 heures.

Comme je l’ai indiqué précédemment, principal danger de ces volcans qui, comme le Pavlof, se dressent loin des zones habitées concerne essentiellement le trafic aérien entre l’Amérique et l’Asie. Quand l’éruption du Pavlof a débuté lundi dernier, les panaches de cendre montaient jusqu’à 4500 mètres. Mercredi, la cendre atteignait une altitude de 6 km. En fait, il faudrait que les nuages de cendre montent jusqu’à 10-10,5 km pour provoquer des perturbations dans les vols internationaux qui utilisent l’espace aérien au-dessus de l’Alaska.

La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

Source : AVO.

 

drapeau anglais   The eruption of Pavlof volcano continues with a plume of steam, ash, and gas that rises up to 6-6.5 km a.s.l. and extends southeast from the volcano over the North Pacific Ocean. Pilot reports indicate that lava fountaining has not stopped. Nearby communities have not reported any major ashfall over the past 24 hours.

As I put it before, the main danger caused by remote volcanoes like Pavlof concerns air traffic between America and Asia.  When the eruption of Pavlof began on Monday, ash clouds reached 4,500 metres. By Wednesday, the ash had hit 6 km. However, the ash would have to reach about 10,5 km to disrupt international flights that use Alaskan airspace as a corridor.

The aviation colour code remains at Orange.

Source : AVO.

Pavlof-blog

Vue du Pavlof le 18 mai 2013  (Crédit photo:  Theo Chesley / AVO)