Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’évolution brutale de l’activité du Piton de la Fournaise suscite depuis le week-end dernier la préoccupation de l’Observatoire. En effet, la situation actuelle n’a pas de précédent depuis sa création en 1979.
La sismicité, qui disparaît habituellement lorsque le magma est libéré, se poursuit actuellement, comme si le volcan n’avait pas dit son dernier mot. Elle s’est même accrue hier dans la matinée, sous le sommet, avec de nombreux événements de magnitude entre 2 et 3, un niveau jamais atteint en plus de 25 ans de fonctionnement de l’Observatoire. Ces séismes sont à chaque fois accompagnés d’une augmentation du tremor éruptif. Selon l’Observatoire, “ces séismes sont probablement les signes précurseurs d’un effondrement sous la zone sommitale”. En effet, les éruptions de ces dernières années ont largement puisé dans les chambres magmatiques, minant peu à peu tout le sommet sur lequel pèse de surcroît la lave accumulée au fil des éruptions à l’intérieur du cratère Dolomieu. Or, l’éruption en cours à basse altitude vient vidanger plus complètement l’édifice qui n’aspirerait plus qu’à s’effondrer sur lui-même. Un tel phénomène s’est déjà produit au Piton de la Fournaise, à l’issue de l’éruption du Tremblet, à basse altitude, en mars 1986 : un gouffre d’une centaine de mètres de profondeur pour presque autant de diamètre s’était formé brutalement dans le fond du cratère Dolomieu dans une explosion accompagné de projections de blocs. Le problème est que la sismicité est beaucoup plus élevée cette fois. Faut-il donc s’attendre cette fois à un effondrement de grande ampleur, affectant toute la zone sommitale de la Fournaise ? Personne ne le sait, mais la situation actuelle vient conforter cette hypothèse. Il ne faudrait pas oublier que la profondeur du cratère principal, le Dolomieu, a atteint jusqu’à 300 mètres, alors qu’il est en partie comblé aujourd’hui.
Autre source de préoccupation liée à la sismicité : l’éventualité de l’ouverture d’une nouvelle fissure éruptive se propageant à plus basse altitude encore, dans le même axe que les fissures de vendredi et de lundi. L’ouverture d’une fissure en limite du rempart de l’Enclos voire hors enclos ne peut être écartée. C’est pourquoi il n’est pas exclu, si la situation persiste, que le public ne puisse plus accéder aux points d’observation aménagés en surplomb de l’Enclos côté Saint-Philippe, afin de permettre des opérations d’évacuation en cas de nécessité. En raison de cette menace, l’Observatoire a installé une station sismique mobile à Saint-Philippe dès lundi après-midi pour mieux surveiller cette zone.
Source : Le Journal de l’Ile.

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