El Hierro (Iles Canaries / Espagne)

drapeau francais   Les derniers tracés sismiques montrent que la crise ne prend pas le chemin de la fin. On remarque en particulier que les événements supérieurs à M 3, avec une secousse de M 4,7 hier soir, sont de plus en plus nombreux ces derniers jours. Une série impressionnante a été enregistrée dans la soirée du 29 mars (voir ci-dessous) On dénombrait 15 événements supérieurs à M 3 le 26 mars, 32 le 27, 62 le 28 et 82 le 29 de ce mois. Il faut remarquer, car c’est important, que les hypocentres sont profonds, à une vingtaine de kilomètres. Comme je l’écrivais précédemment, leur éloignement des côtes d’El Hierro (environ 10 km) réduit leur impact sur l’île proprement dite.

Aucun pronostic n’est bien sûr possible quant à la suite des événements. Les sismologues espagnols doivent aujourd’hui regretter leurs déclarations au tout début de la crise actuelle. Ils prétendaient que « cette crise ne durerait pas longtemps car sa source ne dispose pas de suffisamment d’énergie ». No comment.

Il faut par ailleurs garder à l’esprit qu’une intrusion magmatique et la crise sismique qui l’accompagnent ne sont pas forcément suivies d’une éruption. J’ai connu une situation analogue en Islande en juillet 1990 dans le secteur du volcan Krafla. Le sol s’était soulevé considérablement et, la nuit, je ressentais des secousses sismiques au camping de Reykjalid. Pourtant, le magma n’a jamais réussi à arriver en surface. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’indiquait que l’éruption avait avorté.

 

drapeau anglais   The latest seismograms show that the current crisis is far from being over. One can notice that the events above M 3, even M 4.7 last night, are getting more numerous these days. An impressive series was recorded on March 29th in the evening (see below). There were 15 events above M 3 on March 26th, 32 on March 27th, 62 on March 28th and 82 on March 29th. It is important to notice that the hypocentres are very deep (20 km or so). As I put it before, they are far from the coast of El Hierro (10 km or so), which reduces their impact on the island.

No prediction is possible about the days to come. Spanish seismologists certainly do regert what they affirmed at the beginning of the current crisis. Indeed, they pretended that “this crisis will not last long as the feeding source does not have enough energy”. No Comment.

We must also keep in mind that a magmatic intrusion and the accompanying seismic crisis are not necessarily followed by an eruption. I experienced a similar situation in Iceland in July 1990 in the Krafla volcano area. The floor had uplifted considerably, and at night, I could feel the quakes at the Reykjalid campsite. However, the magma never managed to reach the surface. A few weeks later, the late Maurice Krafft told me that the eruption had aborted

El-Hierro

Avec l’aimable autorisation de l’IGN.

Séismes à Auckland (Nouvelle Zélande) // Earthquakes in Auckland (New Zealand)

drapeau francais   Deux séismes ont été ressentis ce dimanche par la population d’Auckland à quelques minutes d’intervalle. Le plus fort (M 3,9) a été localisé à 16h05 à 15 km au NE de la ville, à une profondeur de 6 km. Plus de 9000 habitants ont ressenti la secousse.

Le séisme faisait suite à un événement de moindre ampleur (M 3,1) enregistré à 16 heures à 4 km de profondeur. Il a été ressenti par plus de 1000 personnes.

Les sismologues de GNS Science ont fait remarquer que les séismes étaient très proches les uns des autres, aussi bien géographiquement que dans le temps. Il pourrait donc s’agir d’un essaim sismique, comme cela se produit assez souvent dans l’Ile du Nord.

Les séismes se sont produits sur Montutamu Island qui se trouve près de Rangitoto Island, siège de la dernière éruption des volcans d’Auckland il y a 600 ans. Toutefois, les scientifiques de GNS Science indiquent que les derniers séismes n’avaient pas une origine volcanique. « Ils sont plus liés à des fractures qu’à une circulation du magma et, au moins pour le moment, il ne sont pas le signe d’une prochaine éruption ».

Dans une note intitulée « Auckland, une ville menacée ? » publiée le 26 août 2012, j’avais attiré l’attention sur la situation un peu particulière de la ville qui se trouve en grande partie sur un champ volcanique de 360 km2. La dernière éruption de Rangitoto a déversé 2,3 km3 de lave.

Source: New Zealand Herald.

 

drapeau anglais   Two earthquakes shook Auckland within five minutes of each other on Sunday. The strongest (M 3.9) was located 15 kilometres northeast of the city at 4:05 pm at a depth of 6 km. More than 9000 people reported they had felt the event.

The quake followed a lighter one measuring 3.1 on the Richter scale at 4:00pm, which was 4 km deep and reportedly felt by more than 1000 people.

GNS Science seismologists said the pattern of the quakes happening very close geographically and within five minutes of each other was such that it could be a swarm, which was common in the North Island.

The earthquakes were centred on Motutapu Island, which is next to Rangitoto Island, the last of Auckland volcanoes to erupt 600 years ago. However, GNS Scientists said the quakes were not volcanic. « They related to fault lines rather than any magma flowing, so at the moment there’s no link with any eruption. »

Source: New Zealand Herald.

NZ-quake

Les deux séismes sur les sismographes  GNS Science

Outils pédagogiques / Séismes & volcans

Je profite de la nouvelle version de ce blog pour rappeler aux collégiens et surtout aux lycéens qu’ils disposent (dans la colonne de gauche) d’outils pédagogiques sur les séismes et les volcans. Ces documents peuvent les aider dans leur travail, en particulier les travaux personnels encadrés, les fameux TPE…
Les élèves ne doivent pas oublier de consulter les moteurs de recherche en utilisant les mots-clés adéquats. Wikipédia peut donner des informations intéressantes mais qui doivent être vérifiées. Il y a parfois des erreurs dans les textes proposés.

Séismes & tsunamis / Earthquakes and tsunamis

drapeau francais.jpgLe Japon a encore été frappé par un violent séisme de M 7,3 le 7 décembre à 8h18 (TU). Il ne semble pas y avoir de dégâts majeurs, ni de victimes. Suite à ce tremblement de terre, une alerte tsunami a été lancée. La vague produite pas l’événement a été de taille relativement modeste (1 mètre de hauteur), sans comparaison avec celle qui a ravagé le secteur de Sendai et Fukushima suite au séisme de M 9 du 11 mars 2011.

Suite à ce dernier séisme, l’USGS a donné quelques éléments permettant d’apprécier les conséquences des séismes en fonction de leur magnitude et leur aptitude à déclencher des tsunamis :

Magnitudes inférieure à 6,5 : Ces séismes ne déclencheront probablement pas de tsunamis.

Magnitudes comprises entre 6,5 et 7,5 : Les séismes de ce type ne produisent en général pas de tsunamis destructeurs. Toutefois, de petites variations du niveau de la mer peuvent être observées à proximité de l’épicentre. Quand des dégâts ou des victimes sont recensés, c’est à cause des effets secondaires comme les glissements de terrain ou des effondrements sous-marins.

Magnitudes comprises entre 7,6 et 7,8 : Ces séismes peuvent déclencher des tsunamis destructeurs, en particulier près de leur épicentre. A des distances plus grandes, on peut observer des variations du niveau de la mer. Les tsunamis susceptibles de produire des dégâts à de grandes distances sont rares lors de séismes de cette magnitude.

Magnitudes de 7,9 et plus : Des tsunamis destructeurs sont possibles dans les régions proches de l’épicentre. Des variations significatives du niveau de la mer, accompagnées de dégâts, peuvent se produire sur des zones plus grandes.

Lors d’un séisme de magnitude M 9, il ne faudrait pas négliger l’apparition d’une réplique supérieure à M 7,5. A ce jour, la réplique la plus forte jamais enregistrée avait une magnitude de M 7,1 ; elle n’a pas entraîné de tsunami destructeur.

drapeau anglais.jpgOnce again, Japan was struck by a powerful earthquake (M 7.3) on December 7th at 8 :18 (UTC). No major damage and no casualties have been reported. Due to this earthquake, a tsunami warning was launched. The tidal wave was only one metre high, much less impressive than the one that destroyed the Sendai and Fukushima area on March 11th 2011.

USGS has taken advantage of this opportunity to give some elements that allow to value the effects of earthquakes according to their magnitude and their ability to trigger tsunamis:

Magnitudes below 6.5
Earthquakes of this magnitude are very unlikely to trigger a tsunami.

Magnitudes between 6.5 and 7.5
Earthquakes of this size do not usually produce destructive tsunamis. However, small sea level changes may be observed in the vicinity of the epicenter. However, damage or casualties may occur due to secondary effects such as landslides or submarine slumps.

Magnitudes between 7.6 and 7.8
Earthquakes of this size may produce destructive tsunamis especially near the epicenter; at greater distances small sea level changes may be observed. Tsunamis capable of producing damage at great distances are rare in the magnitude range.

Magnitude 7.9 and greater
Destructive local tsunamis are possible near the epicenter, and significant sea level changes and damage may occur in a broader region.

Note that with a magnitude 9.0 earthquake, the probability of an aftershock with a magnitude exceeding 7.5 is not negligible. To date, the largest aftershock recorded has been magnitude 7.1 that did not produce a damaging tsunami.

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Zones à risque sismique à l’échelle de la planète.

(Avec l’aimable autorisation de l’USGS)