Santorin (Grèce) // Santorini (Greece)

drapeau-francaisLa NASA a publié une belle photo de Santorin, réalisée le 3 septembre 2016 depuis la Station Spatiale Internationale.Voici le texte qui accompagne la photo:
«La plus grande île – connue sous le nom de Thira – est la Mecque du tourisme à Santorin. Les autres îles ont pour noms Thirasia et Aspronisi. Les trois îles sont les restes d’un volcan après une énorme éruption. L’eau de la mer Égée s’est précipitée pour combler le vide laissé par l’éruption, ce qui a donné naissance à la lagune centrale de 12 kilomètres de long.
Cette ancienne caldeira est entourée de hautes falaises escarpées sur trois côtés. Plusieurs villes occupent le sommet de ces falaises impressionnantes, presque verticales, d’environ 300 mètres de hauteur.
Santorin est l’une des îles touristiques les plus célèbres du monde. Les navires font escale au bas des falaises (au port d’Athinios). près de la ville de Fira. Les touristes empruntent ensuite une route aux innombrables virages pour atteindre le haut de la falaise où se trouve Thira, un village grec classique qui domine la lagune.
L’explosion qui a donné naissance à cette caldeira est bien connue des géologues. On estime que 100 kilomètres cubes de matériaux ont été projetés hors du volcan, soit quatre fois plus que l’éruption du Krakatoa en 1883.
On pense que l’éruption de Santorin a eu lieu entre 1600 et 1627 avant J.C.. Les fouilles archéologiques d’Akrotiri ont révélé les vestiges d’une ville minoenne avec des rues, des maisons de trois étages et des fresques bien conservées sous des couches de cendre, semblables à celles de Pompéi.
Le volcan est toujours actif et plusieurs éruptions ont contribué à la croissance du cône central. Nea Kameni, apparue en 1707, est la partie émergée du volcan sous-marin. Il y a eu trois éruptions au cours du 20ème siècle. Les dernières coulées de lave sur Nea Kameni sont sombres, comparées aux roches plus claires et plus anciennes des îles extérieures. »

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On verra, dans la prochaine note à paraître demain, que tous les scientifiques ne sont pas d’accord sur la cause des tsunamis qui ont anéanti la civilisation minoenne.

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drapeau-anglaisNASA has released a nice photo of Santorini, acquired on September 3rd 2016 from the International Space Station. Here is the text that accompanies the photo:

« The largest island in the ring is the tourist mecca of Santorini (also known as Thira), while the other islands are Thirasia and Aspronisi. The three pieces are what remains after an enormous eruption destroyed most of a volcanic island. Water from the Aegean Sea rushed in to fill the void, forming the central, 12 kilometer-long lagoon.

The lagoon is surrounded by high, steep cliffs on three sides. Several towns occupy the top of these impressive, near-vertical cliffs, roughly 300 meters high.

Santorini is one of the most famous tourist islands on Earth. Ships arrive at the bottom of the cliffs near the town of Fira. Tourists then climb a switchback road up the cliffs to a classic Greek village on a cliff face looking out into the great lagoon.

The caldera explosion that made this lagoon is one of the largest known to geologists. An estimated 100 cubic kilometers of material blew out of the volcano, four times as much as the eruption of Krakatoa in 1883.

The Santorini explosion is now known to have taken place between 1600 and 1627 BCE. Archaeological excavations at the town of Akrotiri are revealing exciting remains of a Minoan-age town with streets, three-story houses, and frescoes well preserved under ash layers, much like those preserved at Pompeii.

Since the volcano is still active, the central peak has grown and then erupted repeatedly. Nea Kameni is the most recent peak of the underwater volcano to appear above water (popping up in 1707). There have been three eruptions in the twentieth century alone. Recent lava flows appear as dark-toned areas, compared with the lighter-toned surfaces of the older outer islands. »

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We will see in the next note to be released tomorrow that all scientists do not agree about the cause of the tsunamis that totally destroyed the Minoan civilisation.

santorin

Crédit photo: NASA.

 

Santorin (Grèce) : Du CO2 comme dans un cocktail // Santorini (Greece) : CO2 like in a cocktail

drapeau francaisLe site de la deuxième plus grande éruption volcanique de l’histoire humaine, au large de Santorin en Grèce, recèle aujourd’hui de superbes poches d’eau opalescente qui ont été récemment découvertes à une profondeur de 250 mètres. Ces poches d’eau, reliées les unes aux autres, contiennent des concentrations élevées de dioxyde de carbone. Elles permettront peut-être un jour d’expliquer les phénomène liés à l’accumulation du carbone dans les profondeurs des océans et de mieux surveiller le volcan de Santorin qui reste potentiellement actif.
Les poches d’eau varient en taille de 1 à 5 mètres de diamètre. Les scientifiques européens qui les ont observées pensent qu’elles sont éphémères, apparaissant et disparaissant comme une mare d’eau de pluie dans le désert. Lors d’une mission dans la région en juillet 2012, ils ont utilisé des véhicules d’exploration sous-marine de dernière génération pour localiser et analyser ces Kallisti Limnes, « les plus beaux lacs » en grec ancien. La crise volcano-sismique de 2011 avait déjà conduit les chercheurs à lancer des investigations sur un site d’activité hydrothermale bien connu au sein de la caldeira de Santorin.

Au cours de la reconnaissance préliminaire d’une grande faille du plancher océanique, un véhicule sous-marin autonome (AUV) a identifié des couches d’eau avec des propriétés chimiques inhabituelles. Suite à cette reconnaissance, les chercheurs ont utilisé Thétis, un véhicule avec des hommes à son bord. L’équipage du submersible a utilisé des capteurs chimiques pour observer les poches d’eau opalescente situées dans les dépressions au pied de la paroi de la caldeira (voir la carte ci-dessous). Les chercheurs ont ensuite envoyé un petit véhicule télécommandé (ROV) afin d’échantillonner les fluides hydrothermaux à l’intérieur des poches d’eau.
Le plus souvent, de telles poches d’eau au sein de l’océan sont des concentrations de saumure où le sel dissous en provenance des formations géologiques sous le plancher océanique crée une densité supplémentaire qui sépare la poche d’eau salée de l’eau de mer environnante. Dans le cas de Santorin, la forte densité des poches d’eau n’est probablement pas provoquée par le sel, mais par le CO2.
Il y a de  fortes chances pour que ce CO2 soit généré par l’activité sismique dans la région, avec la subduction de la plaque africaine sous la plaque eurasienne. Au cours de la subduction, le CO2 peut être libéré lors du dégazage du magma, ou à partir de matières sédimentaires qui subissent des modifications en étant soumises à des pressions et des températures très élevées.
Les chercheurs ont observé que les poches d’eau de Santorin ont un pH très faible, ce qui les rend très acides, et donc dépourvues d’organismes de calcification. En revanche, ils pensent que des organismes riches en silice pourraient être la source de l’opale dans les fluides.
Jusqu’à la découverte de ces poches d’eau riches en CO2, on pensait que lorsque le CO2 est émis à l’intérieur de l’océan, il se disperse dans l’eau environnante. A l’inverse, dans cette partie de Santorin, les deux fluides restent séparés et celui qui a la plus forte densité en CO2 reste au fond, un peu comme dans un cocktail, et forme ces poches d’eau opalescente.
Les capteurs de température ont révélé que celle des Limnes Kallisti était de 5 ° C supérieure à celle des eaux environnantes. Cette chaleur est probablement le résultat de la circulation de fluides hydrothermaux dans la croûte et au-dessus d’une source de chaleur plus profonde, comme une chambre magmatique. Les fluides à l’intérieur des poches d’eau répondent également aux variations de pression, comme les marées, ce qui peut donner des informations sur la structure de perméabilité du sous-plancher océanique.

Les variations de température et les modifications chimiques de ces poches d’eau peuvent venir en complément d’autres techniques de surveillance de l’évolution de l’activité volcanique dans la région.
Adapté d’un article de la Woods Hole Oceanographic Institution.
http://www.whoi.edu/news-release/co2-pools

Voici une petite vidéo montrant ces poches d’eau de mer riches en CO2:

http://mex1.whoi.edu:8080/http2/WHOI_CMS/Media_Relations/114953_CO2Pools.webm

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drapeau anglaisThe location of the second largest volcanic eruption in human history, off Greece’s Santorini, are the site of newly discovered opalescent pools forming at a depth of 250 metres. The interconnected series of pools contain high concentrations of carbon dioxide (CO2) and may hold answers to questions related to deep sea carbon storage as well as provide a means of monitoring the Santorini volcano for future eruptions.

The pools range in size from 1 to 5 metres in diameter, and the European scientists who observed them believe they are ephemeral, appearing and disappearing like a rain pool in the desert. Working in the region in July 2012, they used a series of sophisticated underwater exploration vehicles to locate and characterize the pools, which they call the Kallisti Limnes, from ancient Greek for “most beautiful lakes.” A prior volcanic crisis in 2011 had led the researchers to initiate their investigation at a site of known hydrothermal activity within the Santorini caldera.

During a preliminary reconnaissance of a large seafloor fault, an autonomous underwater vehicle (AUV) identified subsea layers of water with unusual chemical properties.

Following the AUV survey, the researchers then deployed Thetis, a human occupied vehicle. The submersible’s crew used robotic onboard chemical sensors to observe the pools which are located within depressions of the caldera wall (see map below). Finally, the researchers sent a smaller remotely operated vehicle (ROV), to sample the pools’ hydrothermal fluids.

Usually, such pools within the ocean are brine pools where dissolved salt released from geologic formations below the seafloor creates the extra density and separates the brine pool from the surrounding seawater. In the case of Santorini, the pools’ increased density isn’t driven by salt, but probably by CO2 itself.

This CO2 is probably generated by the seismic activity in the region, caused by the subduction of the African tectonic plate underneath the Eurasian plate. During subduction, CO2 can be released by magma degassing, or from sedimentary materials which undergo alteration while being subjected to enormous pressure and temperature.

The researchers determined that the pools have a very low pH, making them quite acidic, and therefore, devoid of calcifying organisms. But they believe silica-based organisms could be the source of the opal in the pool fluids.

Until the discovery of these CO2-dense pools, the assumption has been that when CO2 is released into the ocean, it disperses into the surrounding water. But in that part of Santorini, the two fluids actually remain separate with the denser CO2 water sinking to form the pool.

Temperature sensors revealed that the Kallisti Limnes were 5°C above that of surrounding waters. This heat is likely the result of hydrothermal fluid circulation within the crust and above a deeper heat source, such as a magma chamber. The pool fluids also respond to variations in pressure, such as tides, and this may inform of the permeability structure of the sub-seafloor.  Changes in the pools’ temperature and chemical signals may thus complement other monitoring techniques as useful indicators of increased or decreased volcanism.

Adapted from an article of the Woods Hole Oceanographic Institution.

http://www.whoi.edu/news-release/co2-pools

Here is a short video showing these CO2-rich pools:

http://mex1.whoi.edu:8080/http2/WHOI_CMS/Media_Relations/114953_CO2Pools.webm

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Source:  WHOI.

Retour au calme à Santorin (Grèce) // Situation back to normal at Santorini (Greece)

drapeau francaisSelon les scientifiques de l’Institut grec de Géologie et d’Exploration Minière (IGME), trois ans après une période d’activité accrue, le volcan de Santorin s’est rendormi. L’activité sismique, ainsi que les paramètres physico-chimiques ont retrouvé des niveaux normaux. De plus, aucune déformation n’a été enregistrée sur la lèvre du volcan.

L’un des volcanologues a déclaré que « même s’il y avait eu une éruption en 2011, la situation aurait été parfaitement gérable, comme pendant la crise de 1925-1926. » Il a ajouté que « les volcans préviennent toujours [avant d’entrer en éruption]. Si un volcan est systématiquement contrôlé et si les autorités sont bien préparées, une éruption peut même attirer les touristes ; il ne faut donc pas se montrer alarmiste « .
Source: Ekathimerini.com.
Avec de telles affirmations, je pense que ce volcanologue est la personne idéale pour aller surveiller les volcans d’Indonésie et des Philippines. Grâce à lui, les habitants vivant près des volcans ne seront plus effrayés par les éruptions; il n’y aura plus de morts et beaucoup de touristes viendront voir de près les coulées pyroclastiques du Mayon et du Merapi!

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drapeau anglaisAccording to experts from the Greek  Institute of Geology and Mineral Exploration (IGME), three years after a period of increased activity, the volcano of Santorini is back in a dormant state. Seismic activity, as well as physicochemical parameters, are back to normal levels, while changes to the surface of the volcano’s rim have stopped.

One of the experts said that “even if there had been an eruption in 2011, it would be a perfectly manageable situation, similar to that of 1925-1926.”  He added that “volcanoes always give you a warning. If the volcano is systematically monitored and the state is well-prepared, an eruption could even work as a magnet for tourists, so let’s not engage in scaremongering.”

Source: Ekathimerini.com.

With such assertions, I personally think this expert is ideally suited to go and monitor the volcanoes of Indonesia and the Philippines. Thanks to him, local residents will no longer be scared by the eruptions; there will be no more deaths and plenty of tourists to see at close range the pyroclastic flows of Mayon and Merapi volcanoes!

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Santorin vue depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)

L’éruption de Santorin (Grèce) a probablement eu lieu au début de l’été…

drapeau francaisCe n’est pas une information d’une importance primordiale, mais une nouvelle étude d’insectes nuisibles trouvés dans une jarre antique sur l’île grecque de Santorin laisse supposer que l’éruption volcanique majeure qui a détruit la civilisation minoenne environ 1600 ans avant notre ère s’est produite au début de l’été. L’étude a été publiée dans un numéro récent de la revue allemande Naturwissenschaften, puis relayée par le National Geographic.
Grâce à un nouveau procédé de datation au radiocarbone d’une protéine appelée chitine qui est un élément de base de la carapace des insectes, les chercheurs ont obtenu pour les fossiles une plage de dates (1744-1538 avant JC) qui correspond aux résultats d’autres études qui avaient conclu que l’éruption s’était produite entre 1627 et 1600 avant notre ère. Une question restait toutefois sans réponse : En quelle saison l’événement avait-il eu lieu?
Les auteurs de l’étude affirment que, sur la base de restes d’insectes trouvés dans une jarre contenant des graines de pois de senteur découverte sur le site d’Akrotiri, l’éruption s’est produite entre Juin et début Juillet. Selon les scientifiques, ce n’est qu’au cours de ces mois que l’insecte, une espèce de bruche du haricot, aurait eu l’occasion d’infester les cultures et donc de se retrouver dans la jarre.
Même si la jarre, son contenu de semences et les insectes qu’elle dissimulait ont été découverts il y a une cinquantaine d’années, ce n’est que récemment, grâce à de meilleures techniques de datation des insectes fossiles, que les scientifiques ont réalisé qu’elles pouvaient être utilisées pour dater avec encore plus de précision l’éruption qui a enseveli la ville.

 

drapeau anglaisIt is not of paramount importance, but a new study of insect pests found in an ancient storage jar on the Greek island of Santorini suggests the major volcanic eruption that destroyed the Minoan civilisation around 1600 B.C. happened in early summer. The study was published in a recent issue of the German journal Naturwissenschaften and then relayed by the National Geographic.

Using a new method to radiocarbon date a protein called chitin that makes up the insects’ shells, the researchers obtained a date range (1744 to 1538 B.C.) for the fossils that agreed with the findings from other studies which had concluded that the eruption happened sometime between 1627 to 1600 B.C. But there has been one important and unresolved question about the event: What season did it take place in?

The authors of the study say that based on insect remains found in a jar containing seeds of sweet peas discovered at the site of Akrotiri, they think the eruption occurred sometime between June to early July. It was only during these months, the scientists say, that the insect, a species of bean weevil, would have had an opportunity to infest the crops and end up in the storage area.

Even though the seed jar and its cache of insects was found about 50 years ago, it wasn’t until recently, following the development of better techniques to date fossil insect material, that scientists realized they could be used to help date even more accurately the eruption that buried the city.

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L’île de Santorin vue depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)