Coup de chaud sur le Mont Blanc !

La canicule qui affecte en ce moment la France n’épargne pas les Alpes et le toit de l’Europe transpire lui aussi. On a enregistré le 18 juin 2022 un nouveau record de température au Col Major (4750 m), à proximité du sommet du Mont Blanc où le thermomètre indiquait 10.4°C. Une température de 6.8°C avait été enregistrée en juin 2019.

Il est évident que les coups de chaud à répétition provoqués par le réchauffement climatique vont modifier la montagne, ne serait-ce qu’avec une accélération de la fonte des glaciers. Les alpinistes vont devoir se montrer extrêmement vigilants car les fortes températures entraînent le dégel du permafrost de roche qui assure la cohésion et la solidité des parois. Les « Cent plus belles courses » répertoriées dans les années 1970 par Gaston Rebuffat ont du plomb dans l’aile. L’inventaire réa lisé récemment par des ingénieurs savoyards a révélé que sur les 95 parcours étudiés, 93 sont affectés par les effets du changement climatique, dont 26 très affectés, et trois n’existent plus. ,

Le réchauffement climatique affecte également l’accès au sommet du Mont Blanc. Des crevasses de 16 mètres de profondeur sont apparues sur l’arête des Bosses, la dernière ligne droite avant l’ascension par la voie normale, la plus simple pour atteindre le sommet, et donc la plus fréquentée par les alpinistes.

Les guides de Saint-Gervais expliquent que le relief du mont Blanc s’est singulièrement modifié ces dernières semaines. Selon eux, la présence de la crevasse sur la voie d’accès au sommet est la conséquence du « réchauffement climatique qui fait que les masses de glace ont tendance à descendre plus vite de chaque côté. Cette arête s’est ouverte. »

L’ascension sera donc plus difficile cette année mais, comme le dit fort justement le maire de St Gervais, « c’est la montagne qui commande et c’est à nous de nous adapter. Et le jour où elle nous dira on ne peut plus passer, et bien on ne passera plus. »

Afin de ne pas dénaturer la montage, il a été décidé qu’aucun équipement de sécurité ne serait installé à proximité de cette crevasse. Tout restera en l’état, mais les guides de haute montagne seront encore plus pointilleux lors de la vérification des aptitudes physiques et techniques des alpinistes qui aspirent à vaincre le toit de l’Europe.

Source: Europe 1, ARPA Valle d’Aosta.

Photo: C. Grandpey