L’Antarctique sera-t-il victime du réchauffement climatique ? // Will Antarctica be a victim of global warming ?

drapeau-francaisIl s’est écoulé plus d’un siècle depuis que les explorateurs ont fièrement planté pour la première fois leurs drapeaux nationaux sur l’Antarctique. Pendant les décennies qui ont suivi, ce continent était censé être un sanctuaire scientifique, à l’abri des activités militaires et de l’exploitation minière. Aujourd’hui, de nombreux pays essayent d’affirmer leur emprise sur ce territoire. Ils attendent avec impatience le jour où les traités de protection expireront, tout en étant conscients des opportunités stratégiques et commerciales qui existent déjà à l’heure actuelle.
Certains des projets sont axés sur les ressources offertes par l’Antarctique, comme la vie marine abondante. Ainsi, la Chine et la Corée du Sud, qui possèdent des bases de haute technologie, développent la pêche du krill, tandis que la Russie a récemment contrecarré les efforts visant à créer l’un des plus grands sanctuaires océaniques du monde en Antarctique.
Certains scientifiques étudient le potentiel représenté par les icebergs qui contiennent les plus grandes réserves d’eau douce de la planète.
La Russie travaille sur des projets de recherche dans le domaine du GPS. Elle est en train d’étendre ses stations de surveillance Glonass, version russe du Global Positioning System américain. Au moins trois stations russes sont déjà opérationnelles en Antarctique, avec pour but de contester la suprématie des Américains dans ce domaine.
On connaît depuis longtemps la richesse minérale de l’Antarctique, que ce soit en pétrole ou en gaz naturel, et ceci sur le long terme. Le traité d’interdiction d’exploitation minière qui vise à protéger les réserves tant convoitées de minerai de fer, de charbon et de chrome, expire en 2048. Les chercheurs ont récemment découvert des gisements de kimberlite, ce qui laisse supposer l’existence de diamants. Les géologues estiment que l’Antarctique détient au moins 36 milliards de barils de pétrole et de gaz naturel.
Au-delà des traités de l’Antarctique, d’énormes obstacles empêchent actuellement l’exploitation de ces ressources, comme les icebergs qui dérivent et qui pourraient mettre en péril les plates-formes offshore. Ensuite, il y a l’éloignement de l’Antarctique et la rudesse de son climat, avec des températures hivernales qui oscillent autour de -50°C.
Cependant, les progrès technologiques pourraient rendre l’Antarctique beaucoup plus accessible dans les trois prochaines décennies. Avant même cette échéance, les scientifiques cherchent déjà à savoir dans quelle mesure le changement climatique pourrait modifier l’accès à certaines régions de l’Antarctique, avec le rétrécissement de la calotte glaciaire ou l’appauvrissement des populations de krill dans l’océan Austral. La demande en énergie, toujours très forte sur notre planète, pourrait faire naître des pressions pour renégocier les traités de l’Antarctique, ce qui autoriserait des exploitations à des fins commerciales bien avant l’expiration des interdictions.
La Chine est, de toute évidence, le pays avec les plus grandes prétentions en Antarctique. Elle a ouvert sa quatrième base l’année dernière et projette d’en construire une cinquième. Les autorités chinoises affirment officiellement que leur expansion dans l’Antarctique est axée sur la recherche scientifique, mais elles reconnaissent aussi que « la sécurité des ressources » (NDRL : autrement dit leur exploitation potentielle dans les prochaines années) joue un rôle important dans leur politique en Antarctique.
L’époque où la gestion de l’Antarctique était dominée par les souhaits et la volonté de sa protection par « les hommes blancs d’Europe, d’Australasie et les États d’Amérique du Nord » est bel et bien révolue.
Adapté d’un article dans l’Alaska Dispatch News.
http://www.adn.com/article/20151229/countries-rush-upper-hand-antarctica-0

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drapeau-anglaisMore than a century has passed since explorers raced to plant their flags on Antarctica, and for decades to come this continent is supposed to be protected as a scientific preserve, shielded from intrusions like military activities and mining. However, many countries are rushing to assert greater influence there, with an eye not just toward the day those protective treaties expire, but also for the strategic and commercial opportunities that exist right now.
Some of the ventures focus on the Antarctic resources, like abundant sea life. China and South Korea, both of which operate state-of-the-art bases here, are ramping up their fishing of krill, while Russia recently thwarted efforts to create one of the world’s largest ocean sanctuaries here.
Some scientists are examining the potential for harvesting icebergs from Antarctica, which is estimated to have the biggest reserves of fresh water on the planet. Nations are also pressing ahead with space research and satellite projects to expand their global navigation abilities.
For instance, Russia is expanding its monitoring stations for Glonass, its version of the Global Positioning System. At least three Russian stations are already operating in Antarctica, part of its effort to challenge the dominance of the American GPS.
Antarctica’s mineral, oil and gas wealth are a longer-term prize. The treaty banning mining here, shielding coveted reserves of iron ore, coal and chromium, expires in 2048. Researchers recently found kimberlite deposits hinting at the existence of diamonds. Geologists estimate that Antarctica holds at least 36 billion barrels of oil and natural gas.
Beyond the Antarctic treaties, huge obstacles persist to tapping these resources, like drifting icebergs that could imperil offshore platforms. Then there is Antarctica’s remoteness and the harshness of the climate with winter temperatures hovering around -50°C.
However, advances in technology might make Antarctica a lot more accessible three decades from now. And even before then, scientists are seeking to determine how climate change could start to reshape the access to some Antarctic regions, potentially destabilizing the continent’s ice sheet or depleting krill populations in the Southern Ocean. The demand for resources in an energy-hungry world could raise pressure to renegotiate Antarctica’s treaties, possibly allowing more commercial endeavours well before the prohibitions against them expire.
China has arguably the fastest-growing operations in Antarctica. It opened its fourth station last year and is pressing ahead with plans to build a fifth. Chinese officials say the expansion in Antarctica prioritizes scientific research, but they also acknowledge that concerns about “resource security” influence their moves.
The old days of the Antarctic being dominated by the interests and wishes of white men from European, Australasian and North American states is over.
Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.
http://www.adn.com/article/20151229/countries-rush-upper-hand-antarctica-0

Antarctique-bases

Les bases scientifiques en Antarctique

Basaltes lunaires // Lunar basalts

drapeau-francaisVous n’avez probablement jamais entendu parler du Lapin Jade ! Son nom appartient à un ancien mythe chinois qui explique qu’un lapin vit sur la Lune et sert d’animal de compagnie à la déesse lunaire Chang’e. Lapin Jade est aussi le nom donné à un véhicule d’exploration lunaire chinois, le premier à se déplacer à la surface de notre satellite depuis les missions américaines des années 1970.
Lapin Jade pèse 120 kg et dispose de 6 roues qui lui permettent de gravir des pentes jusqu’à 30 degrés et d’avancer à 200 mètres à l’heure. Il a à son bord une charge utile de haute technologie, avec un radar à pénétration de sol qui a effectué des mesures du sol et de la croûte lunaires. Lapin Jade est actuellement immobile sur la Lune.
Le robot a examiné une surface volcanique qui, jusqu’à maintenant, n’avait jamais été analysée de façon détaillée. Bien que les mesures prises lors des missions lunaires précédentes aient révélé la présence d’une vaste gamme de roches volcaniques sur la Lune, il avait été jusqu’à maintenant impossible de les échantillonner sur le terrain. En 2013, Lapin Jade a parcouru la surface de la Lune autour du cratère Zi Wei dans le bassin Imbrium et a pu effectuer des mesures.
Les premiers résultats montrent que cette région relativement jeune de notre satellite, qui s’est formée il y a près de trois milliards d’années, possède des caractéristiques minéralogiques uniques. On y trouve en particulier un nouveau type de roche basaltique qui n’a pas été échantillonné par les missions précédentes et n’a jamais été observé dans les météorites lunaires. Cette roche a une teneur « intermédiaire » en titane, comparée aux échantillons prélevés lors des missions Apollo et Luna qui révélaient des teneurs très faibles ou très élevées.
Le site d’alunissage qui a été choisi pour le robot lunaire est une coulée de lave relativement jeune située près d’un cratère où l’impact a fait remonter des matériaux juvéniles vers la surface. Ce sont les premières observations d’une région lunaire jamais explorée. Elles permettront probablement de faire avancer nos connaissances sur l’un des plus jeunes volcanismes de la Lune.
Source: Le Quotidien du Peuple.

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drapeau-anglaisYou’ve probably never heard of Jade Rabbit ! Its name derives from an ancient Chinese myth about a rabbit living on the Moon as the pet of the lunar goddess Chang’e. Jade Rabbit was also the name given to a Chinese lunar rover, the first wheeled vehicle to navigate the surface since the American missions of the 1970s.
The 120-kg and 6-wheel Jade Rabbit could climb slopes of up to 30 degrees and travel at 200 metres per hour. It carried a sophisticated payload, including ground-penetrating radar which gathered measurements of the lunar soil and crust. It is now immobile on the Moon.
The probe examined a volcanic surface that up to now had not been analysed in detail. Although measurements taken by previous lunar orbiters had suggested a range of volcanic rock types were present, until recently it had been impossible to sample them directly. In 2013, the Jade Rabbit was able to traverse the surface of the Moon around the Zi Wei crater in the Imbrium Basin and take measurements.
The first findings from the instruments show this relatively young region of the Moon, formed almost three billion years ago, has unique mineralogical characteristics. They suggest a new type of basaltic rock that has not been sampled by previous missions or observed in lunar meteorites. This rock has an « intermediate » amount of titanium versus the Apollo or Luna samples, which have either very high or very low amounts of the element
The site for the rover was specifically chosen to be on a relatively young lava flow and near a crater where the impact would have excavated fresh material onto the surface. These are pioneering observations of a region of the lunar landscape not previously explored, and help advance knowledge of some of the youngest volcanism on the Moon.
Source : People’s Daily.

Lunes 01

Lune 02

Echantillons recueillis par les Américains dans les années 1970 (Kennedy Space Center)

Photos: C. Grandpey

Mont Baekdu (Corée du Nord / Chine)

drapeau francaisLe 28 septembre 2010, j’écrivais une note à propos du Mont Baekdu, un volcan à la frontière entre la Corée du Nord et la Chine. Les scientifiques pensaient que son éruption pourrait causer de très gros dégâts jusqu’en Chine voisine. La Corée du Sud serait affectée indirectement avec, en particulier, des perturbations dans son trafic aérien.

Le volcan figure sur la liste de la Smithsonian Institution sous le nom de Changbaishan. Ce n’est que l’un de plusieurs synonymes selon le côté de la frontière où l’on se trouve.

Une étude réalisée pour le compte de la commission coréenne de prévention des risques a attribué au Mont Baekdu l’index de dangerosité 6.

Des articles de presse récents indiquent que le Mont Baekdu montre tous les signes d’une éruption dans le court terme. Les scientifiques locaux rappellent au public que le Baekdu est responsable de l’une des éruptions les plus puissantes des 2000 dernières années.
La caldeira du Baekdu, s’est soulevée d’un centimètre depuis le mois de juillet dernier. Elle avait déjà connu un soulèvement d’environ 10 centimètres entre 2002 et 2005. Elle s’est ensuite affaissée en 2009 avant de recommencer à se soulever.
En outre, la température d’un geyser situé près de la caldeira a augmenté de manière significative, passant de 70°C à 83°C.
S’agissant des gaz, la concentration en hélium est passée de 6,5 à 7 fois le niveau atmosphérique.
Tous ces signes indiquent que le magma est en train de monter à l’intérieur de l’édifice et que le volcan doit être étroitement surveillé.

Source : The Korean Times.

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drapeau anglaisOn September 28th 2010, I wrote a note about Mount Baekdu, a volcano on the border between North Korea and China. It is said that its eruption would cause massive damage not only in North Korea but also in neighbouring Chinese territory. South Korea would suffer indirect damage, including cancellations of flights.

The volcano is included in the list released by the Smithsonian Institution as Changbaishan. It is one of several names given too the volcano, depending on the side of the border between North Korea and China.

A study made on behalf of the National Institute for Disaster Prevention gave Mount Baekdu a Hazard Index of 6.

Recent press articles indicate that Mount Baekdu is set to explode. Local scientists remind the public that Baekdu is responsible for one of the worst eruptions in the last 2,000 years.

The caldera of the Baekdu volcano has risen a centimetre since July and about 10 centimetres between 2002 and 2005. It then began to sink in 2009 and has again started to rise.

Additionally the temperature of a geyser near the caldera has also risen significantly, jumping from 70C to 83C.

As far as gases are concerned, helium concentration went from 6.5 times normal atmosphere levels to seven times.

All these signs indicate that magma is moving upward and that the volcano needs to be closely monitored.

Source : The Korean Times.

Un projet farfelu? // A crazy project?

drapeau francais   C’est bien connu: en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées! Il semblerait que les Chinois qui, pourtant, ont du pétrole, ne soient pas à court d’idées ! Cinq architectes de ce pays ont imaginé une structure géante baptisée « VolcanElectric Mask ». Elle serait susceptible d’exploiter l’énergie émise par les volcans afin de produire de l’électricité et réduirait en même temps le risque de destruction au moment des éruptions.

En prenant comme modèle le Popocatepetl (Mexique), les concepteurs (la traduction du mot ‘designer’ existe !) chinois ont imaginé un immense dôme qui recouvrirait le sommet du volcan et, tel un bouclier, ferait obstacle à la cendre et autres projections émises par le volcan.

Le dôme a été conçu en prenant comme modèle le corps humain, son système nerveux et la peau qui lui sert d’enveloppe. Partant de la voûte du dôme, des tentacules s’enfoncent dans le volcan pour mesurer sa température, prévoir les éruptions et absorber le CO2 qui sera ensuite utilisé pour produire de la glace sèche.

En période calme, les tentacules permettront de produire de l’électricité à partir de la vapeur obtenue par le contact de l’eau de pluie – qui aura été récupérée – avec la lave chaude du volcan. Au cours de la période calme, la structure pourra accueillir des touristes, des expositions et autres animations.

Quand une éruption est prévue, la structure mobile du dôme permet de le refermer pour empêcher les projections d’atteindre les zones habitées à proximité du volcan. De la glace sèche est fabriquée pour empêcher que l’éruption endommage les tentacules et aussi pour refroidir la lave.

Une fois l’éruption terminée, les téphra sont récupérés et transportés à des fins industrielles. Des laboratoires à l’intérieur du dôme permettent une bonne observation de l’éruption, améliorent la prévision éruptive ainsi que la production d’énergie géothermique.

Vous trouverez plus de détails ainsi que des illustrations à cette adresse :

http://inhabitat.com/volcano-mask-protects-cities-from-eruptions-and-generates-electricity-from-lava/volcano-skyscraper-2013-evolo-competition-5/?extend=1

Source : Inhabitat.com.

 

drapeau anglais   It is well known : in France, we do not have crude oil but we have ideas ! In China, they have oil, but it seems they have ideas too! Five designers of this country have imagined a gigantic structure called VolcanElectric Mask that could harness the untapped power of volcanoes to generate electricity and minimize damage and destruction from eruptions

With Popocatepetl (Mexico) as a model, the proposal calls for a giant dome to cover the volcano, which works as a shield to prevent ash or tephra from choking up the air.

The dome was inspired by the way the body works and takes specific design cues from the nervous system as well as skin. Hanging inside the dome are a series of tentacles burrow into the volcano to monitor temperatures, predict eruptions and absorb CO2, which is then used to create dry ice.

When the volcano is calm, the tentacles work to generate electricity from steam, which is created when collected rain water comes into contact with lava. During this period of calm, the area is open to tourists for hiking, sightseeing and other exhibitions.

When an eruption is expected, the dome closes down in order to contain the tephra and lava and keep it from affecting nearby towns. Dry ice is expelled to protect the tentacles from damage and cool the lava.

After the eruption is over the tephra is collected by the dome and shipped off for use in industrial processes. Research facilities within the dome provide a close up view of the volcano in action and help scientists improve prediction and geothermal energy generation.

You’ll find more details and illustrations about the project at this address:

http://inhabitat.com/volcano-mask-protects-cities-from-eruptions-and-generates-electricity-from-lava/volcano-skyscraper-2013-evolo-competition-5/?extend=1

Source : Inhabitat.com.

Chinese-dome