Acidification de l’Océan Arctique sibérien // Acidification of the Siberian Arctic Ocean

drapeau francaisJ’ai souvent insisté dans ce blog sur le rôle joué par la fonte du pergélisol dans le réchauffement climatique en raison des énormes quantités de méthane envoyées dans l’atmosphère.
Selon une nouvelle étude effectuée par une équipe scientifique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, l’Académie des Sciences de Russie et d’autres organismes en Russie et en Suède, la fonte du permafrost en Sibérie, conjuguée à l’effritement des côtes russes et l’effet érosif de grandes rivières – comme la Léna – qui se jettent dans l’Arctique, déverse de vastes quantités de carbone organique dans les eaux océaniques, accélérant leur acidification et mettant en danger dans un avenir proche l’ensemble de l’Océan Arctique.
Les scientifiques ont étudié pendant des années le plateau arctique de Sibérie orientale, une zone maritime qui représente environ le quart des eaux de l’Océan Arctique. Les observations faites depuis 1999 montrent que, dans certains secteurs, l’acidité a atteint des niveaux que les chercheurs ne pensaient pas observer avant l’année 2100, en partie à cause d’une très forte sous-saturation en aragonite.
L’aragonite est une forme de carbonate de calcium qui est omniprésente dans les eaux océaniques et qui contribue à maintenir leur pH à son niveau de base. Le carbone présent dans l’eau acidifie cette dernière et fait donc baisser le pH. La mesure de la saturation en aragonite donne une indication sur la teneur générale en calcium et, par voie de conséquence, sur l’augmentation de carbone dans l’eau. Lorsqu’il y a plus d’aragonite que l’eau peut en absorber, ont dit qu’elle est sursaturée ; l’excès de calcium est alors utilisé par les organismes marins pourvus de coquilles. Inversement, quand il y a moins d’aragonite que l’eau pourrait normalement absorber, elle est considérée comme sous-saturée. Comme le plateau arctique de Sibérie orientale joue un rôle important pour l’ensemble des eaux de l’Océan Arctique, les modifications chimiques pourraient avoir des effets profonds sur les écosystèmes marins de toute la région.
Les eaux de la Mer de Beaufort, la Mer des Tchouktches et la Mer de Béring sont déjà connues pour être vulnérables à l’acidification en raison de leurs températures froides qui gardent le carbone et d’autres composants. Les dernières recherches effectuées sur le plateau arctique de Sibérie orientale confirment l’accélération de l’acidification de l’Océan Arctique.
À l’échelle mondiale, on considère généralement que l’acidification des océans est un sous-produit des émissions de carbone dans l’atmosphère. Comme environ un quart du carbone est absorbé par les océans, les émissions anthropiques de dioxyde de carbone sont considérées comme la principale source d’acidification des océans dans le monde entier. Cependant, sur le plateau arctique de Sibérie orientale, le carbone déversé dans la mer par l’érosion du pergélisol et par les rivières qui y débouchent dépasse largement le carbone en provenance de l’atmosphère et peut à lui seul provoquer l’acidification.
Source: Alaska Dispatch Nouvelles: http://www.adn.com/

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drapeau-anglaisI have often insisted on the contribution of the thawing of the Arctic permafrost to the current global warming because of the huge quantities of methane it sends into the atmosphere.

According to a new study by a team of scientists from the University of Alaska Fairbanks, the Russian Academy of Sciences and other institutions in Russia and Sweden, as Siberian permafrost thaws, crumbling Russian coastlines and big rivers flowing north along eroding banks are dumping vast loads of organic carbon into marine waters, accelerating their acidification and signalling future danger for the entire Arctic Ocean.

The scientists have been studying for years the East Siberian Arctic Shelf, a marine area that accounts for about a quarter of the Arctic Ocean’s open waters. Observations made since 1999 showed signs that in some locations acidity has reached levels researchers didn’t expect to emerge until the year 2100, due in part to « extreme aragonite undersaturation. »

Aragonite is a form of calcium carbonate that is pervasive in the ocean and tilts the chemistry toward the base level of the pH scale. Carbon in the water tilts the pH scale toward the acid level. The degree to which the water is saturated with aragonite is a marker of overall calcium levels, and a marker of acidification caused by increasing loads of carbon in the water. When there is more aragonite than can be absorbed by the water, it is considered to be supersaturated, leaving excess amounts to be used by shell-bearing marine organisms. But when there is less aragonite than the water could normally absorb, it is considered undersaturated. Since the East Siberian Arctic Shelf is so important to the Arctic Ocean’s open water, the chemistry changes could have wide-ranging effects on marine ecosystems in the entire Arctic Ocean.

Marine waters in the far north – in areas like the Beaufort, Chukchi and Bering seas – are already known to be vulnerable to acidification because of their cold temperatures that hold carbon and other attributes. The research from the East Siberian Arctic Shelf now adds to evidence pointing to a faster-acidifying Arctic Ocean.

Globally, ocean acidification is generally considered a byproduct of carbon emissions into the atmosphere. Since about a quarter of that atmospheric carbon winds up absorbed by the ocean, human-caused carbon dioxide emissions are considered the major source of ocean acidification worldwide. However, on the East Siberian Arctic Shelf, the carbon washed into the sea by eroding permafrost and river outwash far outpaces the carbon coming from the atmosphere and is enough to cause acidification on its own.

Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

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Source: Climats et Voyages

Vous avez dit COP 21 ?

Deux mois et demi après la conférence mondiale sur le climat, la célèbre COP 21, organisée en France, François Hollande, chantre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique, vient de démontrer l’importance que revêtent à ses yeux les émissions de gaz à effet de serre. Il vient d’effectuer en un temps record plusieurs déplacements qui représentent une distance cumulée de 45 000 km et qui vont contribuer allègrement au réchauffement climatique que le Président veut combattre.

Les journalistes de Metronews ont utilisé l’un des nombreux simulateurs de bilan carbone disponibles pour calculer l’empreinte écologique de ce voyage présidentiel aux multiples destinations. Ils sont partis de l’hypothèse d’un avion de ligne, et pour une seule personne, en sachant que François Hollande ne voyage pas à bord de vols réguliers et qu’il était accompagné d’une délégation importante (une cinquantaine de personnes).

Voici les résultats :

– 21 février : Paris-Tahiti (Papeete) : 15 700 km / 9,7 tonnes de CO2.
– 22 février : Tahiti-Wallis-et-Futuna : 3 100 km / 1,7 tonne de CO2.

– 22 février : Wallis-et-Futuna-Tahiti (Papeete) : 3 100 km / 1,7 tonne de CO2.
– 22 février : Papeete-Raiatea : 400 km aller-retour / 0,6 tonne de CO2.
– 23 février : Tahiti-Pérou (Lima) : 7 800 km / 4,3 tonnes de CO2.

– 24 février : Pérou-Argentine (Buenos Aires) : 3 100 km / 1,8 tonne de CO2.
– 25 février : Argentine-Uruguay (Montevideo) : 200 km / 0,2 tonne de CO2.
– 25 février : Uruguay (Montevideo) – France (Paris) : 11 000 km / 6,3 tonnes de CO2.

Au total : près de 45 000 kilomètres et une émission de 26,3 tonnes de CO2. Cela représente près de 13 fois la consommation annuelle attendue de chaque Terrien (2 tonnes par an) pour parvenir à contenir le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici 2050.

Vous retrouverez ces statistiques sur le site de Metronews à cette adresse :

http://www.metronews.fr/info/supervoyage-de-hollande-en-polynesie-et-en-amerique-latine-nous-avons-calcule-son-lourd-bilan-carbone-video/mpbu!YF6Lu6cDU1xN2/