Une équipe scientifique internationale vient de publier dans la revue Nature les résultats d’une expédition dans l’Océan Arctique. Les géologues ont eu l’occasion d’explorer sur une trentaine de km la dorsale de Gakkel qui parcourt cet océan entre le Groenland et la Sibérie sur 1800 km et qui a été récemment – en 1999 – le siège d’une activité sismique importante. Grâce à l’utilisation de sondes et autres équipements de haute technologie, les scientifiques ont pu observer une portion de cette dorsale qui se situe à environ 4 km de profondeur. Ils se sont alors rendus compte que l’activité sismique en question s’accompagnait d’une activité volcanique, ce qui va à l’encontre d’une théorie couramment admise selon laquelle aucune éruption ne peut avoir lieu à plus de 3000 m de profondeur, du fait de la pression exercée par l’eau. Il est probable que des fontaines de lave ont projeté des matériaux à un ou deux km de hauteur depuis le fond de l’océan. Selon les géologues, une telle éruption aurait été cataclysmale à la surface de la terre.
Les sondes ont pu survoler la dorsale parsemée de dizaines de volcans aux sommets aplatis dont les éruptions ont recouvert le plancher océanique d’une épaisse couche de verre volcanique. Les photos qui ont été publiées montrent également de beaux spécimens de pillow-lavas (laves en coussins). Selon un scientifique de l’équipe, spécialiste des dorsales, l’activité explosive qui s’est produite dans l’Arctique est beaucoup plus importante que celle qui a secoué les autres dorsales de la planète. Aucune éruption n’était en cours au moment de l’expédition, mais des signes évidents de sources chaudes ont été observés.
Au dire des scientifiques, la chaleur libérée pendant les éruptions ne contribue pas à la fonte de la glace dans l’Arctique. Toutefois, les importants volumes de CO2 émis par les volcans sous-marins s’ajoutent probablement à la concentration de gaz à effet de serre déjà présente dans l’atmosphère.
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Ol Doinyo Lengai (Tanzanie)
Le volcan est nettement moins actif que précédemment, ce qui a permis à Fred Belton d’effectuer l’ascension le 18 juin dernier. Les photos publiées sur son site Internet (http://www.mtsu.edu/~fbelton/latestnews.html) sont, comme d’habitude, excellentes et spectaculaires. La montée au cratère s’est faite par le versant ouest, moins abrupt et dangereux actuellement que le flanc NE. Aujourd’hui, le Lengai a une morphologie sommitale semblable à celle qui était la sienne après l’éruption de 1966-67. On observait alors un pit crater au nord et une dépression sous le sommet, du côté sud. A noter cependant que le pit crater actuel est plus grand que son homologue des années 60.
Durant le séjour d’une heure environ effectué par Fred Belton au sommet, le pit crater émettait un panache pauvre en cendre, avec peu de retombées. Un grondement était audible, ainsi que le bruit d’émissions de gaz sous pression. Parfois, on percevait un bruit ressemblant au bouillonnement de la lave qui caractérisait le volcan au cours des dernières années. Toutefois, aucune présence de lave n’a été décelée à l’intérieur du cratère pendant la visite.
The volcano is much less active than before, which allowed Fred Belton to climb to the summit on June 18th. The photos he published on his website (http://www.mtsu.edu/~fbelton/latestnews.html) are, as usual, excellent and spectacular. The ascent to the crater was performed along the western flank which is currently less steep and dangerous than the NE slope. Today, Lengai’s morphology is much like the morphology of the crater after the 1966-67 eruption when there was a similar pit crater to the north and a « southern depression » below the summit, although this pit crater appears larger than the one from the 60s.
During the one-hour visit, the pit crater frequently emitted an ash-poor plume with little ashfall. Loud rumbling was continuous and occasional sounds of gas jetting were heard. Occasionally, there was a sloshing/hissing noise resembling the sound often heard at Lengai in the past, but there was no evidence of any lava in the crater.
Etna (Sicile / Italie) et Kilauea (Hawaii / Etats Unis)
La situation est remarquablement stable sur les deux volcans.
Sur l’Etna, la lave continue à s’écouler dans la Valle del Bove où le front se maintient vers 1350 m d’altitude. La source se situe sur la fracture éruptive à 2800 m d’altitude où l’on observe une activité strombolienne à partir de deux bouches sur la partie basse de la fracture. Le tremor éruptif est resté très régulier au cours des derniers jours. Aucune variation des paramètres géochimiques n’a été observée.
A Hawaii, un panache de gaz continue à s’échapper de la bouche qui perce le plancher de l’Halema’uma’u. La lave continue à entrer de manière régulière dans le Pacifique. Les mêmes restrictions d’accès restent en place sur le Kilauea.
The situation is quite stable on both volcanoes.
On Mount Etna, lava is still flowing down in the Valle del Bove where the lava front lies about 1350 m a.s.l. The source is located at 2800 m a.s.l. on the eruptive fissure where strombolian activity can be observed from two vents on the lower part of the fissure. The eruptive tremor has been very regular over the past few days. No change in the geochemical parameters has been observed either.
At Hawaii, a gas plume is still coming out of the vent that pierces the floor of Halema’uma’u crater. Lava keeps flowing very regularly into the Pacific Ocean. The same access restrictions are still enforced on Kilauea.
Hawaii (Etats Unis)
Le petit avion Cessna qui avait disparu mardi dernier a finalement été localisé dimanche par une équipe de secouristes en hélicoptère. Comme je l’indiquais précédemment, les 3 corps (celui du pilote et ceux de deux passagers japonais) ont finalement été localisés sur le versant SE du Mauna Loa, dans la Ka’u Forest, à 1585 m d’altitude. L’avion était sur le dos, brisé en quatre ou cinq morceaux ; une de ses ailes avait été arrachée pendant le choc. Il n’y a aucune route dans le secteur et le site de l’accident n’était pas accessible par le sol. Les corps des victimes ont été évacués par hélicoptère et la carcasse de l’avion sera héliportée vers Hilo ou Kona pour y être examinée.
C’est l’occasion de rappeler que certaines parties de la Grande Ile sont très difficiles d’accès. Il est facile de se perdre dans la forêt ou sur les champs de lave. Personnellement, j’ai toujours avec moi du ruban de chantier que j’ai eu l’occasion d’utiliser dans la forêt de Glenwood pour accéder au Pu’u O’o. En effet, le GPS ne fonctionne pas en forêt à cause de l’épaisseur des feuillages. Par contre, il s’avère très utile sur les vastes étendues de lave de la plaine côtière, au pied du Pulama Pali, par exemple. La fonction ‘retour’ en particulier est très sécurisante.
Source: presse hawaiienne.
L’immensité du versant SE du Mauna Loa.

