« Fire of Love » bientôt sur les écrans français !

Dans une note publiée le 6 juillet 2022, j’annonçais la sortie sur les écrans d’un documentaire intitulé « Fire of Love » consacré à Katia et Maurice Krafft, deux volcanologues français disparus le 3 juin 1991 sous une nuée ardente du Mont Unzen au Japon.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/07/06/fire-of-love-lamour-des-krafft/

Le documentaire de 93 minutes a été réalisé à partir des vidéos que le couple a tournées sur les cratères du monde entier. Sorti cette semaine aux États-Unis, il a séduit la critique et certains lui prédisent déjà des prix cinématographiques.

La sortie du film en France est prévue le 14 septembre 2022.

En cliquant sur ce lien, vous verrez la bande-annonce :

https://youtu.be/uUA-YltS68s

Source: Wikipedia

Ça décoiffe !

Mon ami André Laurenti, spécialiste des séismes (https://www.azurseisme.com/) vient de m’envoyer une vidéo montrant un effondrement glaciaire au Kirghizistan, assez semblable a celui qui a tué 11 personnes sur le glacier italien de la Marmolada. Une masse de glace s’est détachée du front du glacier, à proximité des gorges de Juuku. Des touristes ont commencé à filmer la scène avant d’être atteints par l’avalanche de glace et de débris rocheux. Selon les médias, 2 personnes auraient été hospitalisées pour des blessures et des ecchymoses.

Cette vidéo appelle plusieurs remarques. S’agissant de l’effondrement, les volcanologues observeront beaucoup de similitudes avec une avalanche incandescente sur un volcan et le comportement du nuage de glace pulvérisée en fonction du relief.

L’autre remarque concerne les témoins de la scène. Ils ont eu beaucoup de chance car leur comportement est quasiment suicidaire. Au lieu de vouloir filmer à tout prix l’événement, le premier réflexe aurait dû être de courir se réfugier sur un point haut dès le moment de son déclenchement. Les dernières secondes de la vidéo confirment que la personne qui filmait aurait pu se faire tuer par les blocs qui se précipitaient à grande vitesse.

https://twitter.com/i/status/1546154939080183808

Exemple d’effondrement glaciaire (Wikipedia)

« Fire of Love », l’amour des Krafft

Bientôt sur les écrans : FIRE OF LOVE, un documentaire de 93 minutes illustrant la vie de Katia et Maurice Krafft, intrépides scientifiques français, qui s’aimaient autant qu’ils aimaient les volcans. Composé d’images spectaculaires capturées par le couple pour tenter de comprendre le mystère des volcans, et narré en off par la cinéaste et artiste américaine Miranda July, Fire of Love est un film d’aventure sur le temps, l’inconnu et le sens de l’existence humaine.

Vous accéderez à la bande-annonce en cliquant sur ce lien:

https://www.cineserie.com/movies/4842988/video/5149935/

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Voici comment est née l’idée du film :
La cinéaste Sara Dosa a rencontré les Krafft alors qu’elle tournait un film sur l’Islande. Les Krafft, qui se sont connus sur l’Etna et Stromboli, se sont mariés en 1970 et ont été témoins de quelque 140 éruptions sur tous les continents sauf l’Antarctique. Ils ont remporté un Emmy pour leur documentaire National Geographic « Mountains of Fire ».
Lorsque la pandémie a fait échouer les plans d’un autre projet, Sara Dosa s’est souvenue de ce couple fascinant et des centaines d’heures de séquences d’une beauté désarmante tournées sur des volcans actifs. C’est ainsi qu’elle a entrepris de réaliser quelque chose sur les Krafft dans l’esprit des Krafft. « Fire of Love » est projeté dans les salles de New York et de Los Angeles le 6 juillet 2022 et dans d’autres villes dans les prochaines semaines. [NDLR: la sortie en France n’est pas précisée]
Avec l’aide d’Image’Est, une maison d’archives basée à Nancy, et du frère de Maurice Krafft, Bertrand Krafft, Dosa et ses collaborateurs ont pu accéder à distance à plus de 180 heures de séquences tournées en 16 mm par les Krafft. Une ligne écrite par Maurice Krafft dans l’un de ses livres n’a fait que confirmer ce que Sara Dosa savait déjà : que c’était une histoire d’amour.
Source : The Independent.

Photo: Wikipedia

Photos : C. Grandpey

Planète Volcan : une bonne émission de vulgarisation

La chaîne de télévision France 5 avait programmé le 17 mars 2022 une émission consacrée aux volcans. Rien de très nouveau par rapport aux émissions précédentes sur ce sujet. Les explications fournies par les intervenants sont intéressantes (mes amitiés à Jacques-Marie Bardintzeff) et le risque volcanique est présent tout au long de ce documentaire, illustré par de belles aminations et simulations. Le problème, c’est que ces dernières font partie d’une science exacte alors que le comportement des volcans est le plus souvent imprévisible, mais leur intérêt pédagogique ne saurait être négligé.

On se rend compte que les drones font de plus en plus souvent partie de la panoplie d’instruments utilisés par les volcanologues. Il faut toutefois remarquer que des mesures ponctuelles comme celles effectuées par de jeunes scientifiques sur le Villarrica (Chili) n’apportent rien ou pas grand-chose en matière de prévision volcanique. Il faudrait effectuer de telles mesures de gaz fréquemment, voire en continu, et sur le long terme. C’est d’ailleurs pour cela que Haroun Tazieff disait que les guides de l’Etna, présents en permanence sur le terrain, étaient les meilleurs volcanologues.

S’agissant de l’Amérique Centrale, il est dommage que le documentaire ait beaucoup insisté sur le Santiaguito (Guatemala) et ne se soit pas attardé sur le Fuego dont l’éruption de 2028 a été particulièrement meurtrière avec plusieurs centaines de victimes. L’événement a montré les lacunes de la prévision éruptive et la situation est même devenue conflictuelle entre l’INSIVUMEH – qui contrôle l’activité volcanique – et la CONRED – qui gère les catastrophes, les deux organismes se rejetant mutuellement la responsabilité de la catastrophe.

S’agissant du Taal (Philippines), on se rend compte de la nécessité de mettre en place le principe de précaution. Il valait mieux mettre la population en sécurité, même si les coulées pyroclastiques tant redoutées ne se sont pas produites. Ce fut la même situation sur l’Agung (Bali / Indonésie) en 2017: évacuations de plusieurs milliers de personnes par crainte d’une violente éruption qui, au final, n’a pas eu lieu.

Le dernier chapitre de l’émission consacré aux super volcans montre bien la menace qui pèse sur la Campanie avec les Champs Phlégréens et, à plus grande échelle, sur tout un continent avec le volcan de Yellowstone.

A côté de cela, je pense que la déclaration de la voix off à propos de l’Antarctique demande des explications: « multiplication des éruptions à cause du réchauffement climatique »!! Allusion au rebond isostatique? Une telle affirmation me semble déplacée dans cette émission. A ce jour, aucune relation n’a été établie entre le réchauffement climatique et une possible accélération du phénomène éruptif.

Vous pourrez revoir l’émission en cliquant sur ce lien :

https://www.france.tv/france-5/science-grand-format/1987567-planete-volcan.html

Le super volcan de Yellowstone (Photo : C. Grandpey)