La vie au fond de l’Antarctique // Life at the bottom of Antarctica

Des scientifiques du British Antarctic Survey (BAS) ont découvert des êtres vivants sous 900 mètres de glace en Antarctique, ce qui va à l’encontre de l’idée généralement admise qu’il n’existe aucune vie dans un environnement aussi extrême où il n’y a pas de nourriture, où règnent des températures glaciales et une obscurité totale.

Les créatures ont été découvertes attachées à un rocher dans les eaux froides sous la banquise Filchner-Ronne. Les scientifiques du British Antarctic Survey ont foré 860 mètres de glace puis ont avancé dans 465 mètres d’eau avant de faire la découverte.

La zone située sous ces plates-formes glaciaires est probablement l’un des habitats les moins connus de la planète. [NDLR : Nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les profondeurs de nos propres océans !] Les scientifiques ne pensaient pas que des animaux comme les éponges pourraient être observés. La plate-forme  Filchner-Ronne est une immense zone de glace qui s’étend sur plus de 1 500 000 kilomètres carrés, mais la zone sous la glace n’a pratiquement jamais été explorée.

D’énormes icebergs se détachent parfois des plates-formes glaciaires et dérivent ensuite dans l’océan, comme l’A68a en décembre 2020 (voir mes notes précédentes).

Les chercheurs ne s’étaient pas rendus dans la région pour y chercher la vie. Leur mission était de forer la calotte glaciaire pour prélever des échantillons du plancher océanique lorsque leur caméra a heurté un rocher. C’est quand ils ont examiné les images de la caméra qu’ils ont découvert les signes de vie.

La vidéo du BAS montre deux types d’animaux non encore identifiés (voir capture d’écran ci-dessous). Ceux en rouge semblent posséder de longues tiges, alors qu’un autre type d’animal, surligné en blanc, ressemble plus à une espèce d’éponge.

Des études précédentes avaient déjà examiné la vie sous les calottes glaciaires. Quelques animaux tels que des poissons, des vers, des méduses ou du krill étaient visibles dans cet habitat, mais les scientifiques pensaient que plus l’habitat se trouve éloigné d’une source de lumière, moins il y avait de chances que la vie y soit présente.

La découverte du BAS soulève bon nombre de questions : comment les animaux sont-ils arrivés dans ces lieux ?  Comment se nourrissent-ils ? Depuis combien de temps sont-ils sont là ?

Source: Business Insider.

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British Antarctic Survey (BAS) ccientists have found life under 900 metres of ice in Antarctica, challenging their assumption that nothing could live in such conditions. The previous theory was that life could not exist in such extreme environment where there is no food, freezing temperatures, and complete darkness.

The creatures were found attached to a boulder in the cold waters under the Filchner-Ronne ice shelf. Experts from the British Antarctic Survey drilled through 860 metres of ice and then another 465 metres of water before making the discovery.

The area underneath these ice shelves is probably one of the least-known habitats on Earth. The scientists did not think that these kinds of animals, like sponges, would be found there.

The Filchner-Ronne ice shelf is a massive ice sheet that stretches over more than 1 500 000 square kilometres, but little has been explored under the ice.

Enormous icebergs occasionally break off ice shelves and drift away, like A68a in December 2020 (see my previous posts).

The researchers had t visited the region in order to look for life. They were drilling through the ice sheet to collect samples from the sea floor when their camera hit a boulder. When they reviewed the camera’s footage, it revealed this discovery.

The video reveals two types of unidentified animals, shown here in a video from the British Antarctic Survey. The animals in red seem to have long stalks, whereas another type of animal, highlighted in white, looks more like a round sponge-like animal.

Other studies had looked at life under ice sheets. A few mobile animals, such as fish, worms, jellyfish, or krill, could be found in that habitat. But it was thought that the deeper and farther away from a light source the habitat stretched, the less likely that life could be found.

The discovery raises so many more questions, such as how the animals got there, what they are eating and how long they have been there.  .

Source : Business Insider.

Capture d’écran annotée de la vidéo du British Antarctic Survey

Iceberg A68A (suite / continued)

Dans ma dernière note sur l’iceberg A68a, j’expliquais que les scientifiques britanniques s’apprêtaient à quitter les îles Malouines pour aller étudier les restes de l’iceberg, en espérant qu’il resterait encore quelque chose du géant. En effet; A68A est maintenant l’ombre de lui-même. Il s’est fragmenté en plusieurs icebergs plus petits (le dernier morceau – le 16ème – a été baptisé A68P) et les scientifiques veulent étudier leur impact sur l’environnement.

Les chercheurs à bord du James Cook se sont approchés du plus gros segment issu de l’A68A et ont largué un planeur sous-marin qui mesurera la salinité, la température et le niveau de chlorophylle de l’eau de mer auprès de la glace. Ces informations indiqueront aux scientifiques dans quelle mesure les fragments de l’A68A  peuvent affecter la vie marine dans la région.

Le navire de recherche n’a pas besoin de rester sur place car la technologie intégrée aux planeurs sous-marins permet de les piloter à distance depuis le Royaume-Uni. Une application Web a été développée pour piloter et gérer les données des robots océaniques sur de longues portées. L’application utilise des données satellitaires permettant de piloter les planeurs n’importe où dans le monde. Il existe toute une gamme de types de planeurs qui peuvent être équipés de capteurs conçus spécialement, selon les besoins de différentes campagnes scientifiques. Un deuxième planeur doit être largué dans l’eau à proximité des icebergs restants.

Les chercheurs veulent comprendre comment ces grandes masses de glace peuvent affecter les eaux au large de la Géorgie du Sud. D’une part, les icebergs peuvent avoir un impact positif car ils dispersent les débris de roches grattés dans l’Antarctique et qui fertilisent ensuite l’océan. D’autre part, leur grande masse peut avoir un impact négatif en bloquant l’accès de la faune aux zones de nourrissage, ou en déversant tellement d’eau douce en fondant que cette eau perturbe certains processus habituels dans le réseau trophique marin.

Le James Cook doit être prudent. Ce n’est pas un brise-glace et les eaux autour des restes de l’A68A sont infestées de petits morceaux de glace, les fameux growlers tant redoutés par les navigateurs  en mer et qui pourraient endommager la coque du navire.

Source: La BBC.

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In my last post about the iceberg A68a, I explained that UK scientists were ready to leave the Falkland Islands to go and examine the remnants of the iceberg, hoping there would still be anything left of the original giant. Indeed; A68A is now a shadow of its former self. It has broken up in several smaller bergs (the last piece has been identified as A68P) and scientists want to investigate their impacts on the environment.

Researchers onboard the research ship James Cook approached the biggest remaining segment of A68A and deployed a robotic glider that will measure seawater salinity, temperature and chlorophyll close to the ice. This information will tell the scientists how the still significant blocks could be affecting local marine life.

The research ship does not need to stay in the vicinity because the technology built into the underwater robots means they can be piloted remotely back in the UK. A world leading web application has been developed to pilot and manage the data from long-range ocean robots. It uses satellite data to assist in piloting the gliders which can be deployed from anywhere in the world. There exists a variety of different glider types that can be fitted with a bespoke combination of sensors as required by different science campaigns. A second glider is due to be dropped in the water close to the remaining bergs.

Researchers want to understand how large ice masses could affect the productivity of the waters off South Georgia. One the one hand, icebergs can be a positive because they disperse rocky debris picked up in the Antarctic which then fertilises the ocean. On the other hand, their great bulk can also be a negative by blocking predators’ access to prey, or by dumping so much fresh meltwater they disrupt some of the normal processes in the marine food web.

The James Cook has to be cautious. It is not an ice-breaker and the waters around the berg remnants are infested with smaller ice chunks that could do damage to its hull.

Source: The BBC.

Exemple de planeur ou glider sous-marin (Source : Wikipedia)

La lente agonie de l’A68a // The slow death of A68a

L’iceberg A68a continue de se désintégrer et se dirige vers une mort certaine. Une nouvelle fracture vient de s’ouvrir dans l’immense bloc de glace antarctique qui mesurait à l’origine quelque 5 800 kilomètres carrés. Les images satellites montrent au moins deux nouveaux morceaux de glace à train de dériver côte à côte à environ 135 km au sud-est de la Géorgie du Sud. Ils vont probablement s’éloigner encore davantage l’un de l’autre dans les prochains jours. Un temps plus chaud et des mers plus agressives ont peu à peu eu raison de l’A68a alors qu’il s’éloignait de l’Antarctique vers le nord avant d’entrer dans l’Atlantique Sud.

Les icebergs sont nommés dans l’ordre de leur apparition. La première lettre (A dans le cas de l’A68a) désigne la portion du continent antarctique où ils sont nés. Figure ensuite le nombre enregistrant la position de l’iceberg dans la séquence d’apparition (68 pour l’A68a). Par la suite, chaque fragment qui se détache du bloc de glace d’origine reçoit un suffixe en lettres. Avant le 28 janvier 2021, ce processus de désignation était arrivé à A68f. Un nouveau petit iceberg se détachant de l’A68 aura dong l’appellation A68g.

La crainte de voir l’A68a se bloquer contre la côte de Géorgie du Sud et perturber le nourrissage des manchots et phoques semble avoir disparu.

La question qui se pose maintenant concerne l’expédition scientifique qui avait l’intention d’étudier l’A68a. Il n’est pas certain que les chercheurs auront grand-chose à observer quand ils arriveront sur place. Ils vont bientôt embarquer à bord du navire de recherche britannique James Cook dans les Îles Malouines avant de naviguer vers l’est en direction de la Géorgie du Sud. Les scientifiques espéraient disposer des véhicules autonomes autour de l’A68a pour étudier son impact sur l’environnement, mais leur sujet d’étude s’est considérablement réduit depuis l’annonce de l’expédition à la mi-décembre 2020…

Source: La BBC.

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The iceberg A68a keeps breaking into pieces and is moving toward a certain death. The block of Antarctic ice that originally measured some 5,800 square kilometres has suffered another major split. Satellite imagery shows at least two segments drifting close together about 135 km south-east of South Georgia. They are likely to move further apart in the next days. A warmer weather and more aggressive seas gradually pulled A68a apart as it moved northwards away from Antarctica into the South Atlantic.

Icebergs are named in sequence, with the prefix letter (A for A68a) denoting the quadrant of the white continent from where they calved, with the number (68 por A 68a)  recording their position in that sequence.

Each subsequent major fragment to come off the original block then gets a lettered suffix.

Before January 28th, 2021, this nomenclature process had got up to A68f. After this latest split, the larger portion will retain the name A68a with the smaller one getting the new name of A68g.

The previous concern that the presence of such a large iceberg might disrupt the foraging behaviour of South Georgia’s many penguins and seals seems to have passed.

A major question now is whether the scientific expedition that was aiming to study the iceberg will have anything left to observe by the time it arrives on site. Researchers will soon board the British Royal Research Ship James Cook in the Falkland Islands and sail east towards South Georgia. The scientists were hoping to place some autonomous vehicles around A68a to learn more about its impacts on the environment, but their study subject has got considerably smaller since the expedition was announced in mid-December 2020…

Source: The BBC.

La disparition de la glace // Ice disappearance

Une étude réalisée par des glaciologues de l’Université de Leeds en Grande-Bretagne et publiée le 25 janvier 2021 dans la revue The Cryosphere confirme la fonte rapide de la glace dans le monde. Les auteurs de l’étude expliquent que la glace terrestre fond plus rapidement aujourd’hui qu’au milieu des années 1990. Au final, on estime que la glace de mer, les calottes glaciaires et les glaciers dans le monde ont perdu dans leur ensemble 28 000 milliards de tonnes de glace depuis le milieu des années 1990. La vitesse de fonte annuelle de la glace est actuellement environ 57% plus rapide qu’il y a trois décennies.

La fonte de la glace terrestre sur les glaciers de l’Antarctique, du Groenland et des montagnes en général a ajouté suffisamment d’eau aux océans au cours des trois dernières décennies pour faire monter leur niveau moyen de 3,5 centimètres dans le monde. La perte de glace sur les glaciers des montagnes a représenté 22 pour cent de la perte totale annuelle de glace. Ce chiffre est remarquable quand on sait que cette fonte ne représente qu’environ 1 pour cent de toute la glace à la surface des terres.

Dans l’ensemble de l’Arctique, la surface occupée par la glace de mer rétrécit à une vitesse incroyable. 2020 a connu la deuxième plus faible étendue de glace de mer depuis l’apparition des données satellitaires il y  40 ans. En disparaissant, la glace de mer expose des zones présentant une eau sombre qui absorbe le rayonnement solaire au lieu de le renvoyer vers l’espace. Cette «amplification arctique» accélère la hausse des températures dans la région.

La température atmosphérique dans le monde a augmenté d’environ 1,1 degré Celsius depuis l’époque préindustrielle. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que dans l’Arctique, la vitesse de réchauffement a été plus du double de la moyenne mondiale au cours des 30 dernières années.

À l’aide de données satellitaires couvrant la période 1994 – 2017, des mesures sur sites et des simulations informatiques, les scientifiques britanniques qui ont rédigé l’étude ont calculé que le monde perdait en moyenne 0,8 billion de tonnes métriques de glace par an dans les années 1990. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 1,2 billion de tonnes métriques par an. [1 billion = 1012]

Source: Reuters, Yahoo News.

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 A study made by glaciologists at Leeds University in Britain and published on January 25th, 2021 in the journal The Cryosphere confirms tha fast melting of ice around the world. The authors of the study explain that Earth’s ice is melting faster today than in the mid-1990s. Altogether, an estimated 28 trillion metric tons of ice have melted away from the world’s sea ice, ice sheets and glaciers since the mid-1990s. Annually, the melt rate is now about 57 percent faster than it was three decades ago.

The melting of land ice on Antarctica, Greenland and mountain glaciers has added enough water to the ocean during the last three decades to raise the average global sea level by 3.5 centimetres. Ice loss from mountain glaciers accounted for 22 percent of the annual total ice loss, which is noteworthy considering it accounts for only about 1 percent of all land ice atop land.

Across the Arctic, sea ice is also shrinking at an incredible speed. 2020 was the second-lowest sea ice extent in more than 40 years of satellite monitoring. As sea ice vanishes, it exposes dark water which absorbs solar radiation, rather than reflecting it back out of the atmosphere. This ‘Arctic amplification’ boosts regional temperatures even further.

The global atmospheric temperature has risen by about 1.1 degrees Celsius since pre-industrial times. But in the Arctic, the warming rate has been more than twice the global average in the last 30 years.

Using 1994–2017 satellite data, site measurements and some computer simulations, the British scientists who wrote the study calculated that the world was losing an average of 0.8 trillion metric tons of ice per year in the 1990s, but about 1.2 trillion metric tons annually in recent years.

Source : Reuters, Yahoo News.

Photo : C. Grandpey