La Sicile meurtrie par le cyclone Harry (suite)

Obnubilés par le forum de Davos et les déclarations de Donald Trump, les médias français n’ont vraiment pas compris la gravité de la situation en Calabre, Sardaigne et surtout Sicile où le cyclone Harry a causé d’énormes dégâts. On s’en apercevra sûrement au moment de la saison touristique car tout ne pourra pas être remis en état d’ici là. Comme je l’ai expliqué précédemment, des routes littorales ont disparu dans la mer et des structures balnéaires ont été carrément anéanties.

À côté des dégâts très importants sur le littoral, les pluies torrentielles qui ont accompagné et suivi le cyclone Harry ont causé un impressionnant glissement de terrain à Niscemi, petite ville de 25 000 habitants dans le district de Caltanissetta. Par mesure de précaution, 1 500 habitants ont été évacués le 25 janvier 2026 car le glissement de terrain a emporté une partie d’une falaise. Par mesure de précaution, la zone tampon a été étendue de 100 à 150 mètres, tandis que la ligne de glissement de terrain atteint maintenant quatre kilomètres, isolant des quartiers entiers et menaçant des infrastructures vitales telles que les routes départementales et le réseau d’eau potable.

Crédit photo : CNR

La Protection civile explique que le glissement de terrain s’est produit tard dans la soirée du 25 janvier, lorsqu’une pluie torrentielle a déversé plus de 200 millimètres de précipitations en quelques heures seulement sur les collines de Niscemi. Le mouvement de terrain, qui a débuté sur un versant instable, s’est poursuivi et a englouti des terres agricoles, des habitations éparses et des portions de la route nationale SS 192.

Les techniciens du génie civil surveillent les mouvements de terrain à l’aide de drones et de capteurs géologiques, et confirment que toute la zone présente une grande instabilité. Les autorités ont immédiatement relevé le niveau d’alerte à son maximum.

Des familles entières, notamment les personnes âgées et les enfants, ont été relogées dans des hôtels et des gymnases municipaux à Niscemi et Gela, avec le soutien de la Croix-Rouge italienne et d’associations de bénévoles locales. Aucun décès n’a été signalé, mais le bilan provisoire fait état de 20 maisons endommagées, 15 véhicules emportés par la boue et des dégâts agricoles se chiffrant en millions d’euros, avec des vignes et des oliveraies ensevelies sous plusieurs mètres de débris.

Niscemi est régulièrement touchée par les glissements de terrain et la zone où la ville a été construite souffre d’une instabilité géologique chronique, aggravée par des constructions illégales dans les années 1970 et 1980 et par le réchauffement climatique. Selon l’Osservatorio per la Difesa del Suolo della Regione Sicilia (Observatoire régional de la protection des sols en Sicile), plus de 40 % de la zone présente un risque moyen à élevé de glissements de terrain. Des événements similaires ont été enregistrés en 2018 et 2021.

Parallèlement, la Protection civile surveille d’autres zones à haut risque en Sicile, d’Agrigente à Messine, où les prévisions météorologiques annoncent de nouvelles pluies.

Là encore, la Première ministre Giorgia Meloni a réaffirmé l’engagement du gouvernement. Le Conseil des ministres de lundi a annoncé un financement du Fonds européen de solidarité et des dérogations aux contraintes budgétaires pour la reconstruction.
Source : presse italienne.

Voici une vidéo qui montre la situation a Niscemi. La résolution des images n’est pas très bonne, mais elle permet de se rendre compte de la situation très précaire de certaines habitations.

https://twitter.com/i/status/2015733813272305940

Température de l’air et température ressentie

Avec le réchauffement climatique, les hivers sont devenus beaucoup moins froids en France et nous n’enregistrons plus des températures autour de -20°C en plaine. Le froid est donc beaucoup moins spectaculaire et ne fait plus guère la Une des médias. Afin de combler ce vide et donner l’impression qu’il fait tout de même froid, une nouvelle mode est en train d’apparaître, en particulier sur les réseaux sociaux, avec le « ressenti », ce que les Anglo-saxons appellent le windchill, autrement dit le refroidissement éolien.

Comme pour les sentiments où tous les individus ne ressentent pas la même chose devant un événement, ces mêmes individus n’auront pas la même perception du froid ou de la chaleur quand le mercure chute ou grimpe dans le thermomètre. Un Inuit ou un Alaskien ne réagiront pas de la même façon qu’un Méditerranéen..

Sur son site web, Météo-France nous explique que la ‘température ressentie’ ne doit pas être confondue avec la ‘température de l’air‘ indiquée par un thermomètre. Cette dernière est la seule valable d’un point de vue scientifique.

La ‘température ressentie‘ correspond à la sensation de froid ou de chaleur ressentie par une personne. Cet indice appelé « Indice de confort thermique » dépend des conditions météorologiques, mais aussi d’autres facteurs tels que les vêtements portés, le type d’activité pratiquée et l’acclimatation à un certain milieu.

En météorologie, la ‘température de l’air‘ est mesurée avec un thermomètre ou une sonde placé à 1,50 m. du sol, dans un abri permettant la circulation de l’air et protégeant le capteur des précipitations et des rayonnements du soleil et de la terre.

Comme je l’indiquais plus haut, la perception physiologique de la température varie fortement d’un individu à l’autre. Elle n’est pas directement mesurable avec un instrument et dépend d’autres facteurs météorologiques comme le vent, l’humidité, l’exposition au rayonnement du soleil ou de l’environnement. Ces facteurs combinés déterminent le ‘confort thermique’, c’est-à-dire la sensation plus ou moins intense de froid ou de chaud. On utilise couramment le terme générique « indice de confort thermique » pour y faire référence.

L’avantage de l »indice de confort thermique’ est qu’il permet de mieux estimer l’inconfort procuré à l’organisme et le risque associé à une activité spécifique. En cas de fortes chaleurs, il permettra de mieux protéger des ouvriers travaillant sur des chantiers en plein air ou des couvreurs sur des toitures.

Si la ‘température ressentie’ est exprimée par un nombre ressemblant à une température, il s’agit d’un indice sans unité, pas d’une température réelle. Elle n’a donc rien d’officiel. L’indice Windchill utilisé représente une sensation de froid sur la peau. De son côté, l’indice Humidex représente un inconfort dû à la chaleur et l’humidité.

Pour le froid, le calcul du Windchill (ou indice de refroidissement éolien) dépend du vent et de la température de l’air. Plus le vent est fort, plus le Windchill est bas. À Météo-France, le Windchill est indiqué à partir du moment où les températures sont inférieures à 10°C.

Inversement, dans des conditions chaudes, le calcul de l’Humidex dépend de la température et de l’humidité de l’air. Plus l’humidité est importante, plus la température ressentie est élevée. À Météo-France, l’Humidex est indiqué à partir du moment où les températures sont supérieures à 15°C.

Source : Météo-France.

Certains sites comme Météociel permettent de calculer la température ressentie en introduisant certains facteurs comme la température de l’air et la vitesse du vent.