Mont St Helens & Glacier Peak (Chaîne des Cascades / Etats Unis)

drapeau francaisAujourd’hui lundi 18 mai 2015 marque le 35ème anniversaire de l’éruption du Mont St. Helens et ses 57 victimes.
Pas très loin du St Helens, le Mont Rainier est considéré comme l’un des volcans les plus dangereux au monde en raison de sa taille et de sa proximité de villes comme Tacoma et Seattle. On a tendance a oublier un autre volcan susceptible de représenter une sérieuse menace pour le nord des Etats-Unis. Il s’agit de Glacier Peak qui dresse ses 3213 mètres dans la partie septentrionale de la Chaîne des Cascades.

Contrairement à la plupart des autres volcans des Cascades qui sont visibles depuis l’autoroute I-5, ou même depuis Seattle, Glacier Peak est une montagne qui n’attire pas l’attention. Pourtant son histoire révèle de violentes voire très violentes, éruptions. Certaines d’entre elles furent tellement puissantes que des traces de cendre ont été découvertes dans les tourbières irlandaises.
Glacier Peak est beaucoup plus haut que le Mont St Helens et ses 2549 mètres. Le volcan demande à être étudié et surveillé. En effet, si les glaciers sur ses flancs venaient à fondre lors d’une éruption, l’histoire montre que les lahars pourraient atteindre Mt. Vernon, Burlington, Stanwood et le Puget Sound en suivant les vallées des rivières Skagit et Stillaguamish.
Alors que les volcans comme le St. Helens et le Rainier sont dotés d’un grand nombre de capteurs, il n’y a qu’un seul sismomètre sur le flanc ouest de Glacier Peak, mais cela va bientôt changer. L’année prochaine, quatre kits de mesures avec sismomètres, antennes GPS et d’autres capteurs seront installés sur Glacier Peak.
En outre, dans la région de Mount Vernon, les scientifiques étudieront la sédimentation, autrement dit les zones qui ont été inondées par les éruptions du passé. Darrington est la localité la plus proche de Glacier Peak et serait donc fortement exposée en cas d’éruption du volcan.
Source: Les journaux locaux.

 —————————————————

drapeau anglaisToday Monday marks the 35th anniversary of the eruption of Mount St. Helens that killed 57 people.

Not very far from Mt St Helens, Mount Rainier is considered as one of the world’s most dangerous volcanoes because of its size and how close it is to the population centres of Tacoma and Seattle.

But there’s another volcano that may pose serious risks to the northern part of the U.S. Glacier Peak stands within the northern Cascade Mountains. Unlike most of the other Cascade volcanoes that can be seen from I-5 or even Seattle, this is the mountain no one notices. Yet Glacier Peak has a record of violent, even extreme eruptions. Some of them were so large that ash has been found in Irish peat bogs.

With 3,213 metres, Glacier Peak is much higher than Mount St Helens. The volcano needs to be studied and monitored. If its glaciers happened to melt during an eruption, history shows lahars might reach  as far away as Mt. Vernon, Burlington, Stanwood and Puget Sound by following the Skagit and Stillaguamish rivers.

While volcanoes like Mt St. Helens and Rainier are heavily wired with sensors, there is but one lone seismometer on the west flank of Glacier Peak. That’s about to change. Next year, four boxes packed with a sensitive seismometer, GPS antennas and other sensors will be installed on Glacier Peak.

Besides, in Mt Vernon area, scientists will study the sedimentation, in other words the flooding the eruptions caused in the past. The greatest worry is for the town of Darrington, which is much closer to the mountain.

Source: Local newspapers.

Glacier-Peak-blog

Glacier Peak: Une bombe à retardement? (Photo:  C.  Grandpey)

Quand les médias se déchaînent… // When the media go wild…

drapeau francaisAprès l’« état critique » du Mont Fuji, le site The Free Republic nous indique qu’« Il se pourrait que le Mont Rainier soit sur le point de connaître une éruption monstrueuse », tandis que l’on peut lire sur le site The Epoch Times qu’ « Une éruption du super volcan de Yellowstone pourrait recouvrir la moitié de l’Amérique du Nord de  six pieds (1,80 mètres) de cendre et autres débris ».

Heureusement, dans ces deux derniers cas, les auteurs utilisent le mot « could », autrement dit « pourrait », dont le sens conditionnel modère largement le reste du titre des articles.

Que ce soit pour le Mont Fuji, le Mont Rainier ou Yellowstone, aucun scientifique n’est en mesure de dire aujourd’hui quel sera le comportement de ces volcans, que ce soit dans un proche avenir ou dans un avenir plus lointain. La seule chose dont nous sommes certains, c’est que ces trois volcans sont susceptibles d’entrer en éruption. Leur histoire éruptive est là pour démontrer qu’ils ne dorment que d’un œil.

Je ne tiens pas les scientifiques pour responsables des propos exagérés tenus par les journalistes dont on connaît le côté nécrophage. Ils se régalent d’ailleurs en ce moment avec le nombre impressionnants de morts dans l’actualité, que ce soit à la suite de catastrophes aériennes ou de faits de guerre dans la bande de Gaza.

Faire du sensationnalisme a toujours été l’un des buts recherchés par la presse. Cela aide à vendre journaux et magazines. C’est pourquoi je recommande aux scientifiques d’être très vigilants quand ils livrent des informations aux médias. Ils doivent veiller à ce que ces informations ne soient pas déformées ou exagérées. Personnellement, au retour de mes campagnes d’observations ou lors de la publication de  mes ouvrages, j’ai toujours demandé aux journalistes de me communiquer la teneur de leurs articles avant leur diffusion.

————————————————-

drapeau anglaisAfter the « critical state » of Mount Fuji, we can read on the Free Republic website that “Mount Rainier could be on the Brink of a monstrous eruption” while The Epoch Times affirms that “A Yellowstone supervolcano eruption could cover half of North America in six feet of ash and debris”.

Fortunately, in the last two cases, the authors use the word « could » whose conditional meaning largely moderates the rest of the titles.
Whether it be for Mount Fuji, Mount Rainier or Yellowstone, no scientist is able today to say what the behaviour of these volcanoes will be, whether in the near future or in the more distant future. The only thing we know for certain is that these three volcanoes are likely to erupt. Their eruptive history proves that they are just slumbering.
I do not hold scientists responsible for the exaggerated articles written by journalists whose love for death is well known. By the way, they are currently feasting with the impressive number of deaths in the news, whether in plane crashes or acts of war in the Gaza Strip.
Sensationalism has always been one of the goals sought by the press. This helps to sell newspapers and magazines. This is why I recommend scientists to be very careful when they provide information to the media. They must ensure that such information is not distorted or exaggerated. Personally, when coming back from observation campaignes or when my books were published, I always asked reporters to give me the contents of their articles prior to release.

Mont-Fuji-blog

 Rainier-sommet

Norris-Geyser-Basin

Le Fuji, le Rainier et Yellowstone: des proies faciles pour la presse à sensation !

La surveillance du Mont Rainier (Etats de Washington / Etats Unis)

C’est bien connu : Le Mont Rainier (4392 m) se dresse à proximité de Seattle et des industries comme Boeing et Microsoft. Si une éruption se produit, la région autour du volcan sera très vite menacée par des lahars car la chaleur du volcan fera fondre les glaciers. Dans une note précédente, je signalais que des sirènes avaient été installées dans la vallée de la Puyallup qui est l’une des plus exposées aux coulées de boue.

Afin d’anticiper une colère du Mont Rainier, les scientifiques de l’USGS ont installé il y a cinq ans toute une batterie d’instruments de mesure sur les flancs de la montagne. Ils donnent en continu des informations sur le comportement du volcan. Les tiltmètres décèleront le moindre gonflement ; le réseau GPS permettra de détecter le moindre déplacement.

Afin d’assurer leur bon fonctionnement des équipes grimpent périodiquement sur le Mont Rainier pour assurer la maintenance. C’est ce que 14 scientifiques viennent de faire ce mois-ci sur 6 sites différents Ils ont été acheminés par hélicoptère pour remplacer éventuellement des batteries et autres antennes.

Pour le moment, les instruments montrent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dernière éruption du Mont Rainier a eu lieu en novembre-décembre 1894, quelques secondes à l’échelle géologique. Il est donc indispensable de se tenir prêt en cas de récidive.

Les premiers équipements ont été installés sur le Mont Rainier en 1969. Aujourd’hui, il y a des centaines de capteurs contrôlables à distance déployés sur tous les volcans de la Chaîne des Cascades. Quels progrès !

Source : The Seattle Times.

Rainier-blog-2.gif

Le Mont Rainier et ses glaciers

Rainier-blog-1.gif

Au Visitor Center, une maquette et une vidéo montrent les dangers du Mont Rainier

(Photos: C. Grandpey)