Koko Crater (Oahu / Hawaii)

drapeau-francaisAu cours de ses dernières vacances d’hiver à Hawaii, le Président Obama s’est rendu sur la côte sud-est de l’île d’Oahu où il a escaladé le Koko Crater, un ancien cône de tuf volcanique qui dresse ses 368 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur une avancée de terre baptisée Koko Head. Pour l’escalader, il y a deux solutions : une facile et une autre plus sportive et aussi plus originale. Comme Obama a effectué l’ascension en famille, je suppose qu’il a emprunté le sentier qui prend l’édifice en écharpe avec une pente modérée. L’autre sentier est beaucoup plus raide. C’est la solution que j’ai adoptée lors de mon dernier séjour à Hawaii. Pour accéder au sommet, on emprunte un escalier de 1048 marches façonnées à l’aide des traverses d’une ancienne voie de chemin de fer qui, au cours de la seconde guerre mondiale, permettait d’acheminer du ravitaillement dans un bunker militaire construit dans le cratère qui abrite de nos jours un jardin de cactées. Prévoir de quoi boire pour l’ascension car il n’y a pas d’ombre et pas de buvette au sommet ! Du point culminant, la vue est superbe sur l’île d’Oahu et sur le Pacifique. En contrebas, on peut admirer Hanauma Bay, spot de snorkeling très populaire à Hawaii et également fréquenté par le Président des Etats-Unis. Personnellement, je préfère certains autres sites sur les côtes ouest et sud-est de Big Island qui, de surcroît, sont gratuits, alors qu’il faut débourser quelques dollars pour admirer les coraux et les poissons tropicaux de Hanauma Bay.
Koko Crater, également connu sous le nom de Kohelepelepe (« petites lèvres » en hawaiien) tire son nom d’une légende hawaiienne. Kapo, l’une des sœurs de Pele, la déesse des volcans, avait un « vagin volant » magique dont elle pouvait disposer à volonté. Un jour, Kamapua’a, le féroce dieu-porc essaya de violer Pélé. Kapo vint à son secours. Elle détourna l’attention de Kamapua’a en envoyant son vagin volant vers Koko Head où il se transforma en cratère…

——————————————-

drapeau-anglaisDuring his last winter vacation in Hawaii, President Obama went to the southeast coast of Oahu, where he climbed Koko Crater, an ancient volcanic tuff cone which rises 368 meters above sea level, on a cape called Koko Head. To climb it, there are two solutions: an easy one and another more sporty and also more original. As Obama made the ascent with his family, I suppose he chose the path that goes around the edifice, with a moderate slope. The other trail is much steeper. This is the solution I adopted during my last trip to Hawaii. To reach the summit, you walk up a staircase of 1048 steps made up with the sleepers of an old railway track that, during the Second World War, allowed to transport supplies to a military bunker built in crater that now houses a cactus garden. Don’t forget to bring water for the ascent as there is no shade and no refreshment at the top! From the summit, the view is great on the island of Oahu and the Pacific Ocean. Below, you can see Hanauma Bay, a very popular snorkeling spot in Hawaii, often visited by the President of the United States. Personally, I prefer some other sites on the western and southeast coast of Big Island, which are free, unlike Hanauma Bay where you have to pay a few dollars to admire corals and tropical fish.
Koko Crater, also known as the Kohelepelepe (« labia minor » in Hawaiian) takes its name from an Hawaiian legend. Kapo, one of the sisters of the volcano goddess Pele, had a magical « flying vagina » which she could send anywhere. One day, Kamapua’a, the fierce pig god, tried to rape Pele. Kapo came to her rescue. She distracted Kamapua’a by sending her flying vagina to Koko Head where it made the crater …

Koko 02

Koko 03

Koko 04

Koko 05

Pele-Volcano-House-2

Photos: C. Grandpey

Hawaii, paradis des touristes, des volcanologues…et des sans-abri ! // Hawaii, a paradise for tourism, volcanism…and homelessness !

drapeau-francaisHawaï n’est pas seulement le paradis décrit par les affiches des agences de voyage. Certes, il y a le soleil, les plages de sable blanc, les vagues pour le surf, des volcans extraordinaires, mais il y a autre chose que les touristes refusent souvent de voir de peur que cela vienne un peu gâcher leurs vacances.
Les dernières statistiques fédérales révèlent que le nombre de sans-abri à Hawaï a augmenté ces dernières années, avec 487 sans-abri pour 100 000 habitants, ce qui représente le taux le plus élevé par habitant dans tout le pays, devant les Etats de New York et du Nevada.
La hausse est constante depuis 2010, alors même que le taux national a chuté du fait de la reprise économique. L’augmentation, conditionnée par des années de hausse des prix à Hawaï, les bas salaires et le peu de terres disponibles, a répandu l’image de gens qui dorment sur les plages et les trottoirs à côté de celle d’un paradis sous les tropiques.
Les autorités ont essayé de résoudre le problème qui concerne essentiellement Oahu, l’île la plus peuplée. Ils ont offert des services aux sans-abri, leur ont interdit de s’asseoir ou de se coucher sur les trottoirs de Waikiki et leur ont proposé d’utiliser des conteneurs en guise de logements temporaires. La déclaration d’état d’urgence par le Gouverneur de l’Etat montre bien la gravité de la crise. Par exemple, alors qu’il y a des abris et des programmes pour aider les sans-abri, on recense trop peu de lits disponibles (environ 550 pour une nuit à Oahu où vivent environ 4900 des 7620 personnes sans-abri de l’Etat d’Hawaii). La population de familles sans-abri a augmenté de 46% entre 2014 et 2015. Les données sur les hébergements pour sans-abri montrent que 30% sont d’origine purement ou partiellement hawaïenne; 27% viennent de Micronésie, des îles du Pacifique, des îles Marshall ou d’autres; et 26% sont des blancs.
En 2006 à Waikiki, les autorités locales ont tenté de créer une zone de sécurité temporaire où les sans-abri pourraient camper légalement, mais il y a eu de nombreuses plaintes et la zone a été finalement fermée tous les soirs, ce qui n’a fait que déplacer le problème. Beaucoup de sans-abri ont élu domicile dans les garages d’hôtels et des passages près de la plage de Waikiki. La ville a alors décidé d’interdire aux sans-abri de s’asseoir ou de se coucher sur les trottoirs, décision soutenue par les hôtels de luxe et autres grandes infrastructures touristiques qui génèrent une grande partie des 6,8 milliard de dollars de recettes touristiques annuelles.
Les services sociaux indiquent que 40% des sans-abri à Hawaï travaillent au moins à temps partiel, 30% ont besoin d’aide au logement et 30% ont des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie qui les empêchent d’avoir un logement décent.
Source: Presse hawaienne.

—————————————-

drapeau-anglaisHawaii is not only the paradise depicted by the posters in travel agencies. OK, there are sunny days, white sand beaches, great waves for going surfing, incredible volcanoes, but there is something else the tourists often refuse to see as it might a little spoil their holidays.
The latest federal statistics reveal that homelessness in Hawaii has grown in recent years, leaving the state with 487 homeless per 100,000 people, the nation’s highest rate per capita, ahead of New York and Nevada.
The rise has been constant since 2010, even as the national rate has fallen during the economic recovery. The increase, driven by years of rising costs in Hawaii, low wages and limited land, promoted the image of people sleeping on beaches and sidewalks alongside the state’s one of a relaxing tropical paradise.
Officials have tried to solve the problem, which is centered on Oahu, the most populated island. They’ve offered homeless services, banned sitting and lying on Waikiki’s sidewalks and proposed using shipping containers as temporary housing. The Governor’s declaration of a state of emergency on homelessness has underscored the depth of the crisis. For instance, while there are shelters and programs to help the homeless, there are far fewer empty beds than are needed (about 550 on any given night in Oahu, where an estimated 4,900 of the 7,620 homeless people live). The state’s population of unsheltered families ballooned 46% from 2014 to 2015. Data on homeless shelter use show that 30% were Hawaiian or part-Hawaiian; 27% Micronesian, Marshallese or other Pacific Islanders; and 26% white.
In Waikiki, local authorities tried to create a temporary safe zone in 2006 where the homeless could camp legally, but more complaints ensued, so it ended up closing the park every night. Many of the homeless moved into hotel garages and walkways near Waikiki Beach. Then the city banned sitting and lying down on sidewalks, a move backed by the luxury hotels and other major resorts which generate much of Waikiki’s $6.8 billion in annual tourism revenue.
Service providers say 40% of Hawaii’s homeless people are working at least part-time, 30% need some housing assistance and 30% have mental health or substance abuse problems that prevent them from maintaining a home.
Source: Presse hawaiienne.

Hanauma-Bay

Hanauma Bay, paradis des plongeurs. Hawaii, ce n’est pas seulement cela!

(Photo: C. Grandpey)

Trois volcans boucliers sur l’île d’Oahu (Hawaii Etats Unis) // Three shield volcanoes on Oahu (Hawaii)

drapeau francaisDes chercheurs de l’ Université d’Hawaii à Manoa (UHM) ont récemment découvert que l’île d’O’ahu est en fait constituée de trois grands volcans boucliers, et non pas deux , comme on le pensait auparavant.
L’île d’O’ahu telle que nous la connaissons aujourd’hui, est composée de deux anciennes chaînes volcaniques, Wai’anae et Ko’olau (voir carte ci-dessous) dont le vestige le plus connu est le cratère Diamond Head. Pourtant, à l’ouest-nord-ouest, à près de 100 km Ka’ena Point, la pointe ouest de l’île d’O’ahu, s’étend une vaste région volcanique peu profonde, la dorsale sous-marine de Ka’ena (Ka’ena Ridge). Elle vient d’être reconnue comme ayant précédé la formation de l’île d’O’ahu. C’est sur ses flancs que se sont formés ultérieurement les volcans Wai’anae et Ko’olau.
Avant la découverte du volcan Ka’ena, on pensait que Wai’anae était un édifice exceptionnellement étendu qui s’était formé à une grande distance de l’île de Kauai. En réalité, Wai’anae n’est pas aussi grand qu’on le pensait et Ka’ena s’est formé dans la région située entre Kauai et Wai’anae.
Cette nouvelle théorie a mis du temps à être acceptée. Les dernières découvertes ont été réalisées grâce à l’acquisition de données bathymétriques haute qualité des fonds marins avec un navire équipé d’un système de cartographie haute résolution. Les nouvelles données ont montré que Ka’ena Ridge avait une morphologie inhabituelle, bien différente de celle des extensions, sous forme de rift sous-marin, des volcans sur terre. Les chercheurs ont recueilli des échantillons des dorsales sous-marines Ka’ena et Wai’alu. Les données géochimiques et de datation, ainsi que les observations géologiques et géophysiques, ont confirmé que Ka’ena ne faisait pas partie de Waianae et était un édifice volcanique antérieur. Wai’anae s’est probablement édifié sur les flancs de Ka’ena.
Une grande partie de nos connaissances sur les volcans d’Hawaï est basée sur ceux qui s’élèvent au-dessus de niveau de la mer et la quasi-totalité de ceux qui sont formés sur les flancs de volcans plus anciens. Ka’ena offre une belle opportunité d’étudier un volcan hawaïen qui s’est formé de manière indépendante sur le plancher océanique.
Source : Université d’Hawaii à Manoa.

 ——————————————-

drapeau anglaisResearchers from the University of Hawai‘i at Mānoa (UHM) recently discovered that O‘ahu actually consists of three major shield volcanoes, not two, as previously thought.

The island of O‘ahu, as we know it today, is composed of two ancient volcanic ridges, Wai‘anae and Ko‘olau (see map below) whose best-known remnant is Diamond Head Crater. But extending almost 100 km WNW from Ka‘ena Point, the western tip of the island of O‘ahu, is a large shallow region called the submarine Ka‘ena Ridge.  It is that region that has now been recognized to represent a precursor volcano to the island of O‘ahu, and on whose flanks the Wai‘anae and Ko‘olau Volcanoes later formed.

Prior to the recognition of Ka‘ena Volcano, Wai‘anae Volcano was assumed to have been exceptionally large and to have formed an unusually large distance from Kaua‘i. Both of these assumptions can now be revised: Wai‘anae is not as large as previously thought and Ka‘ena Volcano formed in the region between Kauai and Wai‘anae.

This new understanding has been a long time in the making. Among the most important developments was the acquisition of high-quality bathymetric data of the seafloor in the region with a research vessel equipped with a high-resolution mapping system. The new data showed that Ka‘ena Ridge had an unusual morphology, unlike that of submarine rift zone extensions of on-land volcanoes.  Researchers then began collecting samples from Ka‘ena and Wai‘alu submarine Ridges.  The geochemical and age data, along with geological observations and geophysical data confirmed that Ka‘ena was not part of Waianae, but rather was an earlier volcanic edifice; Wai‘anae must have been built on the flanks of Ka‘ena.
Much of our knowledge of Hawaiian volcanoes is based on those that rise high above sea level, and almost all of those formed on the flanks of earlier ones.  Ka‘ena represents a chance to study a Hawaiian volcano that formed in isolation on the deep ocean floor.

Source : University of Hawaii at Mānoa.

Oahu 02

Source:  Université d’Hawaii à Manoa.

Oahu 01

Diamond Head  (Photo:  C. Grandpey)

Des éruptions à l’ouest d’Hawaii? // Eruptions to the west of Hawaii?

drapeau francais   Dans un de ses derniers numéros, le journal West Hawaii Today pose une question très intéressante: Des éruptions sont-elles susceptibles de se produire à l’ouest d’Hawaii dans les années à venir? Les dernières éruptions connues ont eu lieu sur la grande île d’Hawaï sans oublier que l’Haleakala sur l’île de Maui n’a probablement pas dit son dernier mot.
Beaucoup moins connues et médiatisées, des éruptions sous-marines à l’ouest de Maui ont été signalées à trois reprises au cours des 60 dernières années. La première a eu lieu en août et septembre 1955 près de Necker Island, à 650 km au NO de Honolulu. La plus récente a été observée début 2011, quand le capitaine d’un navire a fait état de « vapeur montant violemment à la surface de la mer » dans les environs de Milwaukee Bank, près de 3200 km au NO de Honolulu. Aucun échantillon n’a été prélevé et l’éruption n’a donc pas pu recevoir de confirmation.
L’éruption sous-marine qui a suscité le plus de questions a été observée beaucoup plus près d’Oahu. Le 22 mai 1956, alors qu’il volait à basse altitude au-dessus du Kauai Channel, le pilote d’un avion militaire a observé « un mile carré d’eau bouillante avec du soufre et de la cendre sur les vagues. » Son équipage a signalé des vapeurs et une odeur de soufre sur la zone. Les vols ultérieurs n’ont signalé que des stries jaunes à la surface de l’eau. Le 24 mai, tous les signes d’une éruption semblaient avoir disparu.
Cet événement est exceptionnel car des morceaux de ponce se sont échoués sur les plages d’Oahu le 28 mai. Des échantillons ont été envoyés au HVO pour identification. Les fragments ont été décrits comme « de la ponce basaltique brun foncé à noire » et des tests ont révélé qu’ils pouvaient flotter pendant quelques heures seulement.
Il y a de fortes chances pour que les événements du 22 mai aient eu lieu le long d’une dorsale sous-marine qui s’étend au nord-ouest de Kaena Point, au large d’Oahu. Cependant, ces dernières années, l’Université d’Hawaii et l’USGS ont exploré minutieusement cette région et n’ont trouvé aucune preuve d’éruptions récentes sur le plancher océanique. On a alors pensé que les fragments pouvaient provenir d’une éruption qui avait eu lieu en1952 sur l’Ile San Benedicto au large de la côte ouest du Mexique, mais les échantillons collectés à Oahu étaient différents. La ponce émise en 1952 à San Benedicto a été décrite comme « brun verdâtre » et n’avait pas de cristaux, tandis que les échantillons de 1956 avaient des cristaux d’olivine et de labradorite – minéraux communs dans les éruptions hawaïennes.

drapeau anglais   In one of its latest issues, the newspaper West Hawaii Today asks a very interesting question : Are future eruptions possible west of the Island of Hawaii? The last known eruptions occurred on Hawaii Big Island without forgetting that Maui’s Haleakala is probably not extinct.

Surprisingly, submarine eruptions west of Maui have been reported three times in the past 60 years. The first was in August and September 1955, near Necker Island, 650 km northwest of Honolulu. The most recent was in early 2011, when a sea captain reported “steam rising up violently from the sea surface” in the vicinity of Milwaukee Bank, almost 3,200 km northwest of Honolulu. No samples were obtained, so volcanic activity could not be confirmed.

The most intriguing possible submarine eruption was reported much closer to Oahu. On May 22nd, 1956, while flying low over the Kauai Channel, the pilot of a military transport reported “a square mile of boiling water with sulphur and ashes on the waves.” His crew reported smelling sulphur fumes hanging over the area; however, subsequent flights over the same area reported only yellow streaks in the water. By May 24th, all signs of an eruption seemed to be dissipating.

This event was exceptional because some pumice washed up on Oahu beaches on May 28th. A few samples were sent to the Hawaiian Volcano Observatory for identification. The fragments were described as “dark brown to black basaltic pumice”and tests revealed that they would float for only a few hours.

The events of May 22nd were most likely located along a submarine ridge extending northwest from Kaena Point, Oahu. However, in recent years, University of Hawaii and U.S. Geological Survey scientists have explored this region in detail and found no evidence of recent eruptions on the ocean floor. It was thought the fragments might have originated from a 1952 eruption in the San Benedicto Islands off the west coast of Mexico, but the Oahu samples were different. The 1952 San Benedicto pumice was described as “greenish brown” and had no crystals, while the 1956 samples had crystals of olivine and labradorite — minerals common in Hawaiian eruptions.

Haleakala blog

Haleakala: sa dernière éruption a probablement eu lieu dans la 2ème moitié du 18ème siècle.

(Photo:  C. Grandpey)