Episode explosif sur le Merapi (Indonésie) // Explosive episode at Mount Merapi (Indonesia)

drapeau francaisSelon la presse asiatique, le Merapi a connu un épisode éruptif explosif entre 4 heures et 5 heures ce matin (heure locale). Le volcan a émis des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 1000 mètres de hauteur, obligeant des centaines de personnes à fuir leurs villages sur ses pentes. L’événement a eu lieu au cours d’une période de fortes pluies de sorte que les nuages ​​cachaient la zone sommitale. Le volcan est d’ailleurs invisible sur les webcams. Le bruit de l’explosion a été entendu à 30 kilomètres, mais aucun autre événement éruptif n’a été observé et le niveau d’alerte du volcan n’a pas été relevé.
La dernière grande éruption du Merapi en 2010 a tué plus de 300 personnes. Elle est décrite en détail dans mon livre « Killer volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglaisAccording to the Asian press, Mount Merapi went through an explosive eruptive episode between 4 and 5 o’clock this morning (local time). The volcano spewed gas and ash up to 1,000 metres high, forcing hundreds of people to flee their villages along its slopes. The event took place during a period of heavy rain so that the clouds concealed the summit area. By the way, the volcano can’t be seen on the webcams. The sound was heard 30 kilometres away, but no other eruptive event was observed and the volcano’s alert level was not raised.

Mount Merapi’s last major eruption in 2010 killed more than 300 people. It is fully described in my book “Killer volcanoes” (see left-hand column of this blog)..

Les évacués du Merapi (Ile de Java / Indonésie)

Souvenez –vous. En octobre 2010, le volcan Merapi, au coeur de l’île de Java, entrait en éruption et déversait pendant plusieurs semaines des avalanches de cendre à haute température. Au final, le bilan faisait état de 320-350 morts. Plusieurs villages étaient détruits et leurs habitants relogés dans des zones éloignées du volcan et donc censées être plus sures.

Aujourd’hui, un rapport de l’INRI (Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) rend compte de la situation autour du Merapi plus de deux ans après la catastrophe.

On peut lire que les habitants se sentent plus en sécurité qu’auparavant car ils ont pris conscience du danger que représente le volcan. Les autorités leur ont distribué des radios réglées sur une fréquence qui permet d’obtenir et d’échanger des informations sur la situation volcanique.

Un système d’information à trois niveaux a été mis en place en 2011 grâce auquel les autorités gouvernementales sont en relation avec les responsables locaux qui peuvent ensuite diffuser les informations auprès de la population. Avant l’éruption de 2010, le système d’alerte fonctionnait mal et, par manque de coordination, transmettait souvent des informations contradictoires.

Les infrastructures routières et les ponts conduisant au Merapi ont été renforcés afin de rendre les évacuations plus rapides. Des exercices d’évacuation ont même été organisés dans certaines communautés qui seront ainsi mieux préparées en cas d’urgence.

Une mesure importante et nécessaire a été d’interdire la réimplantation de la population sur les hautes pentes du Merapi, autrement dit les plus exposées aux coulées pyroclastiques. C’est ainsi que 2500 familles ont été relogées sur des sites où le gouvernement a édifié des logements à leur attention. Les autorités indiquent que 668 autres familles seront prochainement relogées elles aussi.

Comme ce fut le cas pendant l’éruption de 2010, des centaines de familles refusent toutefois de partir, en dépit du danger. Elles affirment que la zone où elles habitent n’a pas été affectée par la dernière éruption et pensent donc qu’elles ne sont pas menacées. C’est pourtant en croyant, à tort, que les coulées pyroclastiques suivaient toujours la même trajectoire que des centaines de personnes ont perdu la vie en 2010.

Au début, beaucoup de familles ont quitté à contrecoeur les pentes du volcan. Comme je l’ai indiqué à l’époque dans une note intitulée « Merapi mon amour », il existe un très fort attachement ancestral à la terre chez ces habitants qui sont habitués à cultiver un petit lopin et à élever quelques animaux à la ferme. Ceux qui ont tout perdu pendant l’éruption n’avaient pourtant pas d’autre choix que d’accepter la proposition gouvernementale de les reloger.

Parmi les familles relogées, 81 habitent désormais à Karang Kendal, plusieurs kilomètres plus en aval sur le versant de la montagne. Les maisons sont neuves et les rues sont goudronnées. Malgré tout, ces familles éprouvent de grosses difficultés à s’adapter à ce nouvel environnement, en particulier les personnes les plus âgées qui se sentent perdues dans cet univers dépourvu de champs et de cours de fermes.

De nombreux fermiers qui ont perdu récoltes et bétail en 2010 doivent maintenant trouver du travail. Ils possèdent toujours leur lopin de terre plus en amont sur le volcan mais ne disposent pas de suffisamment d’argent pour le remettre en valeur. De plus, leur faible niveau d’enseignement limite fortement la possibilité de trouver un emploi non agricole.

 

Le Merapi fait bien sûr partie des volcans tueurs dont les éruptions sont décrites dans mon livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

Merapi-NASA

Les coulées pyroclastiques du Merapi en 2010  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)

 

Mérapi (Ile de Java / Indonésie)

Le Mérapi est calme en ce moment et personne n’en parle. Les derniers rapports d’activité mis en ligne par la Smithsonian Institution remontent au mois de mai 2011. Il ne faudrait toutefois pas oublier une petite émission de cendre observée le 15 juillet 2012, provoquée par un effondrement du dôme.
Un ami qui vit à Java vient de me donner quelques informations sur le Mérapi où la dernière éruption a rendu les chemins d’accès au sommet très instables, ce qui rend la montée extrêmement pénible. Selon lui, la voie la plus facile est par le côté nord, entre Merbabu et Mérapi, depuis Selo (Boyolali), mais l’ascension reste difficile et il faut avoir une bonne condition physique. Il m’a dit être déçu une fois arrivé au sommet car « on ne voit rien de l’intérieur ». De plus, la lèvre du cratère est très instable. On ne peut plus en faire le tour. « Il faudrait le survoler avec un ULM pour voir vraiment l’intérieur ».
Il semblerait que la situation sociale à Java soit en train de devenir au moins aussi explosive que sur le volcan en 2010. « Il y a un mécontentement qui gronde. Il y a quelques jours, une bombe incendiaire a été lancée dans une banque, avec des revendications anticapitalistes. Ce n’est pas anodin. Même si peu de gens font le lien, il y a eu un attentat contre une église de Solo il y a environ 1 mois. Les islamistes risquent de surfer (ce n’est pas une surprise) sur la vague de mécontentement social. Du grabuge dans l’air. L’effet secondaire de tout cela, c’est que personne ne se préoccupe plus d’améliorer les préventions de séismes ».
« Le Lieutenant-colonel Philippe Besson (Pompiers de l’Urgence Internationale, avec lequel j’avais collaboré pour venir en aide aux victimes de l’éruption de 2010) voudrait installer un centre de prévention des risques en Indonésie. C’est sûr qu’il le faudrait, et c’est même urgent, mais la mentalité javanaise est très loin de ces sujets. Anticiper, prévoir, organiser … ce n’est pas dans leur dictionnaire. Ça va être dur ».
Pour terminer, mon ami écrit : « Beaucoup de gens pensent que Mérapi a changé. Que sa prochaine éruption sera différente est imprévisible. Sais-tu quelque chose ?
J’ai répondu qu’à mon avis la prochaine éruption du Mérapi serait un ‘copier/coller’ de la précédente. Pour éviter les quelque 300 pertes humaines en 2010, il aurait fallu dès le début de l’éruption mettre en place un périmètre de sécurité de 20 km. L’histoire du volcan rendait une telle mesure quasiment obligatoire. Le problème, comme le dit mon ami, c’est que la mentalité des Javanais n’est pas la même que celle des Japonais, voire des Occidentaux ! Rendre une évacuation obligatoire n’est pas évident en Indonésie. Il faut pour cela décréter la loi martiale. De plus, il est très difficile d’empêcher les paysans qui ont fui devant les nuées ardentes de retourner à leur ferme pour s’assurer que leur bétail – leur seule richesse – n’a pas été volé. A l’époque, j’avais rédigé une note intitulée « Mérapi mon amour » qui expliquait la situation. Il ne faut pas négliger non plus l’influence du gardien du volcan. Lors de la dernière éruption il a péri sous le feu du volcan, après avoir conseillé (heureusement !) aux habitants de suivre les conseils des autorités. Ce n’est pas toujours le cas. En novembre 2007, son homologue du Kelud avait donné des instructions qui allaient à l’encontre des conseils d’évacuation. Voilà pourquoi je ne suis pas très optimiste…

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une belle galerie de photos du Mérapi réalisée en mai 2012 par Oystein Lund Andersen :
http://www.oysteinlundandersen.com/Volcanoes/Merapi/Merapi-volcano-May-2012.html

Merapi (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais.jpgLe Merapi a connu une petite phase éruptive le dimanche 15 juillet à 18h06 (heure locale). Elle a été provoquée par une émission soudaine de gaz sous pression qui a fait s’effondrer une paroi du cratère, avec des pluies de cendre sur le versant occidental et un panache d’une hauteur d’un kilomètre. Comme l’événement n’a été suivi d’aucune autre activité significative, le niveau d’alerte n’a pas été modifié. Il est actuellement « Normal », à la couleur verte.

Selon le VSI, l’événement est dû à une accumulation de gaz magmatique. Le point de sortie étant trop étroit, les gaz se sont accumulés avant de sortir sous très haute pression, ce qui a fait s’effondrer tout un pan du cratère. D’autres effondrements avaient déjà eu lieu au cours du dernier mois. En effet, la structure du dôme n’est pas stabilisée et la sécheresse a accéléré le phénomène.

Il a été demandé à la population locale de ne pas s’inquiéter et aux randonneurs de ne pas s’approcher du sommet du Merapi.

Source : The Jakarta Post.

En cliquant sur le lien suivant, vous pourrez voir une image du panache émis le 15 juillet. Vous aurez aussi accès à des données montrant la sismicité et la déformation du volcan.

http://merapi.bgl.esdm.go.id/

drapeau anglais.jpgMount Merapi went through a small eruption on Sunday July 15th at 6:02 p.m. (local time). It was caused by an emission of high-pressure gas that caused the crater wall to collapse and volcanic ash to fall on its western slope, as smoke billowed up to 1 kilometre into the sky. As the event was not followed by any other dangerous volcanic activity, the alert status remained normal.
According to the VSI, the incident was due to the accumulation of gas produced by the volcano’s magma. As the gas’ exit fumarole was too narrow, the volcano eventually released all the buildup of very high pressure gas by erupting, which caused the crater wall to massively collapse. More collapses occurred during the past month. Indeed, the structure of the dome is not yet stable and the drought accelerated the phenomenon.
Local residents are asked not to worry and hikers are advised not to approach the summit.
Source: The Jakarta Post.

By clicking on this link, you’ll see an image of the ash cloud emitted on July 15th. You’ll also have access to data showing the seismicity and the deformation of the volcano.

http://merapi.bgl.esdm.go.id/