Alaska Volcano Observatory

drapeau francaisTrès souvent, quand je donne des nouvelles des volcans de l’Alaska, je me réfère à l’Alaska Volcano Observatory (AVO) qui les supervise, en particulier ceux des îles Aléoutiennes. Il y a quelques jours, le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) a consacré un article à l’AVO qui a célébré son 25ème anniversaire en Avril 2013.
L’AVO a eu beaucoup de travail au cours de ce quart de siècle car plus de 70 épisodes d’éruption ou de simple activité ont agité près de 30 volcans de l’Alaska.
L’événement le plus spectaculaire fut sans aucun doute l’éruption du Mont Redoubt en 1989-1990. En effet, un nuage de cendre a presque fait s’écraser un Boeing 747 transportant 244 personnes qui se dirigeait vers Anchorage. Les quatre moteurs ont vu leur puissance diminuer rapidement. Après une descente vertigineuse jusqu’à 1.200 mètres seulement du sol, les pilotes ont réussi à redémarrer les moteurs et atterrir sans encombre.
Cet événement a eu pour conséquence l’intensification de la surveillance des volcans historiquement et potentiellement actifs de l’Alaska avec l’augmentation du nombre d’instruments au sol et l’utilisation des ressources satellitaires. Ainsi, le nombre de sismographes est passé de 4 en 1995 à 29 en début de 2013, un exploit remarquable compte tenu de la grande longueur de la chaîne volcanique qui s’étend de Cook Inlet jusqu’aux îles Aléoutiennes sur plus de 2.500 km.
L’utilisation des ressources satellitaires a été intensifiée dans un triple but : (1) détecter les signes de réveil des volcans, (2) identifier et suivre le déplacement des nuages ​​de cendre d’un volcan en éruption et ( 3 ) développer des modèles informatiques pour prévoir la trajectoire de la cendre.
Au cours de l’éruption du Redoubt en 1989-90, l’AVO a mis en place un nouveau schéma de couleurs avec 4 niveaux (vert, jaune, orange, rouge) pour communiquer la situation immédiate ou le niveau de risque d’un volcan de manière simple et cohérente. Cet ensemble de couleurs a finalement été approuvé par l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile et est désormais utilisé par les observatoires volcanologiques du monde entier.
Le système d’alerte standardisé a permis la création du Service de Notification Volcanique (VNS) qui envoie des e-mails aux abonnés sur l’activité des volcans américains. Pour vous abonner, il suffit d’aller sur le site volcanoes.usgs.gov/vns/. Il y a maintenant près de 4500 abonnés depuis qu’il a été mis en place pour le public en 2012. Je suis l’un d’entre eux !
Cette année, l’AVO a lancé un nouvel outil informatique afin d’améliorer la collecte en temps réel d’informations concernant les retombées de cendre. Le service permet aux gens d’envoyer des rapports sur la date et le lieu des chutes de cendre, ainsi que l’épaisseur du dépôt. Ces témoignages aident les scientifiques à mieux identifier la trajectoire et l’évolution des nuages ​​de cendre, quantifier les dépôts de cendre, et améliorer les messages d’alerte. Ils viennent en complément de l’imagerie satellite et des modèles informatiques utilisés pour prévoir quand et où la cendre ira et donc quelle région sera concernée par les retombées.

 

drapeau anglaisVery often, when giving news about Alaskan volcanoes, I refer to the Alaska Volcano Observatory (AVO) that supervises the volcanoes of the region, especially the Aleutians. A few days ago, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) dedicated an article to AVO that celebrated its 25th anniversary in April 2013.

These years kept AVO quite busy as more than 70 episodes of eruption of unrest from nearly 30 different Alaskan volcanoes were recorded during that quarter century.

The most dramatic event was undoubtedly the 1989-90 eruption of Mount Redoubt. Indeed, an ash cloud nearly brought down a Boeing-747 jetliner carrying 244 people as it descended into Anchorage. The plane quickly lost power to all four engines. After a steep and terrifying descent to within 1,200 metres of the ground, the pilots were able to restart the engines and land safely at Anchorage airport.

This event led to an aggressive effort to scale-up the monitoring of Alaska’s historically active and potentially active volcanoes by increasing the number of ground-based instruments and the use of satellite resources. Thus, the number of seismic instruments increased from 4 in 1995 to 29 in early 2013, a remarkable feat, given the great length of the volcanic chain that stretches from Cook Inlet to the Aleutian Islands over more than 2,500 km.

The use of satellite resources was intensified as well in order to (1) detect signs of unrest; (2) identify and track ash clouds from an erupting volcano and (3) advance computer models used to forecast the path of ash.

During the 1989-90 Redoubt eruption, AVO implemented an innovative 4-level colour scheme (Green, Yellow, Orange, Red) for communicating the immediate status or hazard level of the volcano in a simple, consistent manner. This colour scheme was eventually endorsed by the International Civil Aviation Organization for use by volcano observatories worldwide.

The standardized alert system enabled the creation of the Volcano Notification Service (VNS) that sends emails to subscribers about volcanic activity at monitored U.S. volcanoes. To subscribe, visit volcanoes.usgs.gov/vns/. There are now nearly 4,500 subscribers since it was launched for the public in 2012. I am one of them!

This year, AVO launched a new Web tool called “Is Ash Falling?”to help improve the collection of ashfall information in near real-time. The service allows people to report on the timing and location of ashfall and the thickness of the deposit. These firsthand accounts of ashfall information help scientists better identify the path of developing ash clouds, quantify ash deposition, and improve warning messages about ash. They come as a complement to satellite imagery and computer models used to forecast when and where ash will go and what areas it will affect.

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L’Iliamna, le Redoubt et l’Augustine figurent parmi les principaux volcans surveillés par l’AVO.

(Photos:  C.  Grandpey)

Les coupes budgétaires affectent les observatoires américains // Budget cuts affect U.S. observatories

drapeau francais   La France n’est pas le seul pays où le gouvernement veut faire des économies. Des coupes budgétaires identiques affectent aujourd’hui les Etats-Unis et les observatoires scientifiques se plaignent de ce manque d’argent qui empêche leur bon fonctionnement.

Par exemple, les scientifiques en poste à l’Alaska Volcano Observatory* (AVO) indiquent que les coupes budgétaires fédérales ont empêché d’entretenir correctement un réseau sismique qui souffre déjà de vétusté. Plusieurs stations de mesure ont déjà dû être fermées. Sur près de 200 stations sismiques présentes en Alaska, seules 120 sont encore opérationnelles suite aux coupes budgétaires imposées au cours des dernières années.

L’AVO a annoncé la semaine dernière qu’il ne sera plus en mesure de contrôler en temps réel l’activité sismique sur les volcans Little Sitkin, Ukinrek Maars et Ugashik-Peulik. L’observatoire devra se rabattre sur les données fournies par les satellites, les systèmes infrasons et les rapports de pilotes d’avions.

Certes, la plupart des volcans des Aléoutiennes se trouvent dans des zones peu ou pas du tout peuplées mais il faut garder à l’esprit que les nuages de cendre émis pendant les éruptions peuvent affecter le trafic aérien particulièrement dense entre l’Amérique et l’Asie.

Source : Anchorage Daily News.

*L’Alaska Volcano Observatory a fêté le 1er avril son 25ème anniversaire. L’Observatoire a vu le jour en 1988, deux années après une importante éruption de l’Augustine qui a posé de sérieux problèmes à la région d’Anchorage et à l’aéroport.

 

drapeau anglais   France is not the only country where the government is trying to save money. Similar budget cuts are affecting the U.S. and scientific observatories are complaining about the lack of funding which deeply disturbs their activities.

For instance, scientists at the Alaska Volcano Observatory* say ongoing federal budget cuts have severely hampered the maintenance of an aging seismic network, including the shutdown of even more equipment. Only 120 seismic stations out of almost 200 in the state are in working condition after several years of budget cuts.

The observatory announced last week that it will no longer seismically monitor Little Sitkin, Ukinrek Maars and Ugashik-Peulik volcanoes with real-time equipment. The observatory will have to resort to satellite data, infrasound and reports from pilots and others to detect eruptions.

It is true that most volcanoes of the Aleutians are locates in areas with little or no population but we must keep in mind that the ash clouds produced by the eruptions may disrupt air traffic between America and Asia.
Source : Anchorage Daily News.

*The Alaska Volcano Observatory celebrated its 25th anniversary on April 1st.  It was created in 1988, two years after a large eruption of Augustine volcano  created problems for the Anchorage area and the airport.