Alaska, the last frontier (6)

6. Denali National Park.

On retrouve les superbes couleurs de la toundra dans le Parc National du Denali, autrement dit du Mont McKinley à mi-chemin entre Fairbanks et Anchorage.

Baptisé Denali (« Celui qui est haut ») par les Indiens, ce colosse de 6194 mètres d’altitude écrase les montagnes voisines, dont la plupart n’atteignent pas la moitié de sa taille et forment la chaîne incurvée de l’ Alaska Range, barrière naturelle de 930 km à travers le sud de l’Alaska.

Le découvreur moderne de la montagne fut un nommé William Dickey, l’un des premiers prospecteurs qui, de 1896 à 1899 participèrent à la ruée vers l’or locale.

Pendant la saison touristique (de juin à mi-septembre), les véhicules privés ne sont pas autorisés à dépasser les 24 premiers kilomètres de l’unique route du parc qui s’étire en réalité sur 140 km de long. Une telle mesure est destinée à préserver l’extraordinaire faune de l’endroit.

Parmi les 37 espèces de mammifères et les 130 sortes d’oiseaux présents dans le parc, on rencontre principalement les caribous qui, délaissant leurs pâturages hivernaux du Nord, traversent la toundra à la recherche de lichens dont ils sont friands.

Avec un peu de chance, on aperçoit parfois des loups rôdant à la lisière du territoire des caribous.

Plus haut, sur les pentes rocheuses qui bordent la route, vivent les moutons de Dall tandis qu’en contrebas les élans broutent dans les buissons touffus à l’orée des forêts.

Les derniers 2000 mètres du mont McKinley sont enveloppés de neiges et de glaces éternelles. L’ascension en est ardue; aussi la grande majorité des touristes se contentent-ils d’admirer de loin ce sommet que l’on peut apercevoir, par matin clair, depuis Anchorage, à 385 km au sud.

A noter que de vastes secteurs du parc sont le domaine du permafrost avec un sol gelé depuis des milliers d’années. Là aussi, le réchauffement climatique pourrait avoir des effets dévastateurs. L’explorateur Nicolas Vannier indiquait récemment avoir vu des forêts sibériennes « s’écrouler » littéralement car les racines des arbres n’étaient plus maintenues par le sol en train de dégeler.  

Quelques photos dans l’album…

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Alaska, the last frontier (5)

5. Les couleurs de l’automne nordique.

Comme je l’écrivais dans l’une de mes notes, la route qui conduit de Valdez à Fairbanks est une symphonie en jaune majeur en cette période de l’année. Les bouleaux et les trembles ont revêtu leurs plus belles parures, vêtements éphémères qui disparaissent beaucoup plus vite que chez nous dès les premières intempéries. Des averses de neige étaient d’ailleurs prévues à Anchorage et surtout à Fairbanks pendant la semaine qui a suivi notre retour en France.

En général, les grands axes routiers qui parcourent l’Alaska sont en très bon état, malgré quelques nids de poules qui requièrent la vigilance du conducteur, en particulier sur la route au nord de Fairbanks, en direction de Prudhoe Bay.

Au fur et à mesure que les kilomètres s’égrènent au nord de Fairbanks, les zones boisées de la taïga font place à la toundra où le rouge devient la couleur dominante.

Quelques images supplémentaires dans l’album…

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Alaska, the last frontier (4)

4. Valdez : Pétrole, saumons et glaciers.

Au retour du Katmai, l’atterrissage à Anchorage m’a permis d’assister à une scène insolite montrant à quel point l’avion fait partie de la vie des Alaskiens. En se rendant vers son port d’attache, notre appareil a tout simplement traversé l’une des avenues de la ville, avec les véhicules arrêtés devant un feu rouge et une barrière de passage à niveau, comme nous le faisons en Limousin au moment du passage d’un Train Express Régional !

Les 480 km entre Anchorage et Valdez font traverser une région de collines et de montagnes qui deviennent de plus en plus présentes en approchant du Golfe d’Alaska. La couleur d’ocre des bouleaux tranche avec le vert intense des conifères. C’est aussi la rencontre avec les premiers glaciers dont celui de Worthington  dont la langue vient mourir à quelques centaines de mètres de la route. Il n’y a pas si longtemps, il suffisait de descendre de son véhicule pour marcher sur la glace, mais en Alaska aussi le réchauffement climatique fait remonter les glaciers dans les montagnes.

Comme je l’écrivais plus haut, le petit port de Valdez a été totalement détruit par le séisme de 1964 et la ville actuelle a été reconstruite sur un site différent. L’ « original Valdez townsite » se trouve à 6 km du centre-ville et une plaque rappelle à ceux qui passent que la population a été durement touchée par le cataclysme.

En dehors de la pêche, Valdez est avant tout le terminus de l’oléoduc trans-Alaska qui achemine sur 1287 km le pétrole depuis Prudhoe Bay, tout au nord de l’Etat. Bien que longeant souvent la route, le gigantesque tube d’acier se fait relativement discret. Seules quelques ouvertures permettent aux visiteurs de s’en approcher. Des panneaux explicatifs indiquent, entre autres, que l’oléoduc a une trajectoire en zigzag pour faire face aux séismes  et qu’il ne touche pas le sol pour permettre aux animaux de circuler. L’hiver, un circuit thermique empêche le pétrole de geler dans les conduits. Au dégel, un système réfrigérant évite la corrosion des tuyaux. L’hiver étant très rigoureux, des « radiateurs » évacuent le réchauffement du sol que produit le passage de la canalisation. Cela évite un dégel qui rendrait localement le support instable.

Le port de Valdez permet d’aller rendre visite à plusieurs glaciers qui viennent vêler dans la mer. J’avais opté pour le Columbia Glacier qui n’est pas sans rappeler, à une plus grande échelle, le Jokulsarlon en Islande. Cette mini-croisière permet aussi de côtoyer des loutres et lions de mer, des orques ainsi que pas mal d’oiseaux.

La pêche au saumon est largement pratiquée à Valdez. Nombreux sont les touristes qui se livrent à ce passe-temps autour de la baie et dans le port, avec des résultats assez surprenants. La pêche à la cuiller n’est pas ma préférée en Limousin où je taquine la truite à la mouche, mais il faut reconnaître que les « lanceurs de médailles » qui s’y adonnent à Valdez réalisent de très belles prises. En une quinzaine de minutes, j’ai assisté au même endroit à la capture de trois saumons de 7 ou 8 kilos. Un emplacement spécial est d’ailleurs prévu dans le port proprement dit pour la préparation des poissons, avec des boutiques pratiquant la congélation ultra-rapide. Les saumons sont ensuite logés dans les congélateurs des camping-cars et seront consommés pendant l’hiver à travers toute l’Amérique ! Plusieurs pêcheurs m’ont très gentiment proposé des filets de saumon, mais ma petite Chevrolet ne me permettait pas leur transport et surtout conservation…

Quelques images supplémentaires dans l’album photos.

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Alaska, the last frontier (3)

3. Le Katmai : des ours et des volcans.

Anchorage nous a servi de point de départ pour nous rendre dans la région du Katmai, là où commence l’arc volcanique des Aléoutiennes, dans le sud-ouest du pays. Seule la voie aérienne permet d’accéder à ce coin perdu de l’Alaska. Un premier avion effectue le trajet entre Anchorage et King Salmon et c’est en hydravion que l’on arrive sur Brooks Lake où les ours sont les premières créatures vivantes que l’on aperçoit sur les bords du lac ! Il est vrai que les saumons sont particulièrement abondants et les plantigrades se régalent de poissons ainsi que de baies qu’ils dégustent à pleine gueule dans les forêts environnantes. Il faut être particulièrement prudent pour randonner dans le secteur car une rencontre avec les grizzlis est toujours possible. La première mission des rangers est d’ailleurs d’indiquer la marche à suivre dans un tel cas. Comme sur un volcan qui projette des bombes, il ne faut surtout pas s’enfuir en courant car on devient alors une proie potentielle pour l’animal.

Le Katmai est l’un des 80 volcans de l’arc des Aléoutiennes. Cette chaîne qui mesure 2400 km de long présente de nombreux volcans actifs dont le dynamisme éruptif et la nature des matériaux émis témoignent de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine.

La phase paroxysmale de l’éruption du Katmai s’est déroulée les 6, 7 et 8 juin 1912. Elle a duré une soixantaine d’heures avec une émission de 28 à 30 km3 de coulées de ponce et de cendre. Ces coulées, d’une épaisseur de plus de 100 mètres par endroits, ont rempli la vallée glaciaire d’Utak, large de 4 à 5 km, sur une longueur de 20 km. Robert Griggs, qui fut le premier à explorer cette vallée en 1916, l’a appelée Vallée des 10 000 Fumées à cause de ses innombrables fumerolles, aujourd’hui disparues.

L’éruption de 1912 n’a fait aucune victime car les peuplades présentes, peu nombreuses il est vrai, furent prévenues par les tremblements de terre qui avaient précédé l’éruption et avaient fui la région. Depuis cette éruption, l’érosion – comme au Pinatubo aux Philippines – a entaillé des canyons étroits, profonds de plusieurs dizaines de mètres, où nous sommes allés randonner et que l’on peut voir sur les images de l’album photos dans la colonne de droite de ce blog.

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