Alaska, the last frontier (7)

7. La Péninsule du Kenai et les volcans de Cook Inlet.

Après une nouvelle halte à Anchorage où nous avons pu une nouvelle fois apprécier le confort douillet des bed & breakfast alaskiens, le cap est mis vers le sud et la magnifique Péninsule du Kenai. Me concernant, l’intérêt de ce trajet résidait dans le fait que la route longe la Baie de Cook (Cook Inlet) avec, sur la rive opposée, les premiers volcans de l’arc aléoutien.

Après un temps ensoleillé au départ d’Anchorage, le ciel s’est vite couvert et la pluie nous a accompagnés pour arriver à Homer où j’avais réservé le B&B suivant. Temps complètement bouché. Aucun volcan à se mettre sous la dent ! Notre logement sur la colline qui domine Homer offrait une vue imprenable sur la mer, les fjords et les glaciers. Il manquait seulement un rayon de soleil pour pouvoir apprécier ce superbe paysage. Le seul point positif était que le baromètre de ma montre indiquait une hausse de la pression atmosphérique, ce qui laissait place à un certain optimisme pour le lendemain.

Ma grenouille personnelle avait raison car le petit déjeuner se prit avec en toile de fond un superbe lever de soleil sur les glaciers. Dans les heures qui suivirent, le ciel ne cessa de se dégager, avec une météo estivale en cours de matinée. Il ne fallait donc pas hésiter à reprendre la route en sens inverse pour longer à nouveau Cook Inlet vers le nord, en attendant que Dame Augustine veuille bien accepter de se dévoiler pour en permettre le survol.

La pluie à basse altitude s’était transformée en neige sur la chaîne volcanique dominée par la masse imposante du Mont Redoubt dont le sommet laissait échapper un panache de vapeur. Ses voisins Spurr et Illiamna étaient parfaitement dégagés eux aussi. Il fallait profiter rapidement de cette embellie. L’après-midi, lorsque nous avons repris la route vers l’est de la Péninsule du Kenai, les nuages avaient fait leur retour et dissimulaient à nouveau les montagnes.  

Comme je l’indiquais dans l’une de mes notes de voyage, il faut avoir un peu de chance pour pouvoir survoler l’Augustine qui disparaît souvent  sous une couverture nuageuse. C’est finalement à bord d’un petit Cesna que j’ai pu observer ce volcan qui est le plus jeune de l’Alaska. Sa première éruption remonte à 25 000 ans ; son activité est explosive, de type peléen et se résume à des émissions de nuées ardentes et de panaches de cendre. Périodiquement, des effondrements majeurs donnent un nouvel aspect au volcan. Le dernier de ces effondrements s’est produit en 1883 et a généré un tsunami de neuf mètres de haut.

Comme les autres volcans des Aléoutiennes, les nuages de cendre des éruptions peuvent perturber le trafic aérien entre les États-Unis et l’Asie passant dans la région.  

Des éruptions se sont produites en 1812, 1883, 1885, 1893, 1895, 1902, 1908, 1935, 1944, 1963, 1971, 1976, 1986, 1988, 1998 et la dernière en 2006. L’éruption de 1976 projeta un panache volcanique à dix kilomètres d’altitude et saupoudra de cendre la ville d’Anchorage.

L’éruption de 1986 émit des panaches de cendre jusqu’à douze kilomètres d’altitude et des nuées ardentes filmées par Maurice Krafft comme personne ne l’avait jamais fait auparavant.

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Epilogue.

Le survol de l’Augustine sera le dernier événement majeur de ce périple dans le Grand Nord. L’Alaska est un magnifique pays, avec des paysages somptueux en automne. Les gens sont très sympa et de contact facile. Nous avons toujours été accueillis avec une grande cordialité dans des maisons où l’on se rend compte de l’importance du confort intérieur en prévision d’un hiver rigoureux. La Nature est bien sûr omniprésente dans cette région du globe où la densité de population est très faible. Les zones volcaniques présentent un intérêt certain mais, comme dans beaucoup d’autres pays, ce serait une erreur de faire une fixation sur les volcans actifs et d’oublier ce qui se passe autour d’eux. Au final, cette expérience alaskienne fut très enrichissante et il n’est pas impossible que les ours du Katmai me voient revenir parmi eux un jour ou l’autre…

 

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce blog un album photos avec quelques clichés illustrant les moments forts de ce voyage.

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Alaska, the last frontier (6)

6. Denali National Park.

On retrouve les superbes couleurs de la toundra dans le Parc National du Denali, autrement dit du Mont McKinley à mi-chemin entre Fairbanks et Anchorage.

Baptisé Denali (« Celui qui est haut ») par les Indiens, ce colosse de 6194 mètres d’altitude écrase les montagnes voisines, dont la plupart n’atteignent pas la moitié de sa taille et forment la chaîne incurvée de l’ Alaska Range, barrière naturelle de 930 km à travers le sud de l’Alaska.

Le découvreur moderne de la montagne fut un nommé William Dickey, l’un des premiers prospecteurs qui, de 1896 à 1899 participèrent à la ruée vers l’or locale.

Pendant la saison touristique (de juin à mi-septembre), les véhicules privés ne sont pas autorisés à dépasser les 24 premiers kilomètres de l’unique route du parc qui s’étire en réalité sur 140 km de long. Une telle mesure est destinée à préserver l’extraordinaire faune de l’endroit.

Parmi les 37 espèces de mammifères et les 130 sortes d’oiseaux présents dans le parc, on rencontre principalement les caribous qui, délaissant leurs pâturages hivernaux du Nord, traversent la toundra à la recherche de lichens dont ils sont friands.

Avec un peu de chance, on aperçoit parfois des loups rôdant à la lisière du territoire des caribous.

Plus haut, sur les pentes rocheuses qui bordent la route, vivent les moutons de Dall tandis qu’en contrebas les élans broutent dans les buissons touffus à l’orée des forêts.

Les derniers 2000 mètres du mont McKinley sont enveloppés de neiges et de glaces éternelles. L’ascension en est ardue; aussi la grande majorité des touristes se contentent-ils d’admirer de loin ce sommet que l’on peut apercevoir, par matin clair, depuis Anchorage, à 385 km au sud.

A noter que de vastes secteurs du parc sont le domaine du permafrost avec un sol gelé depuis des milliers d’années. Là aussi, le réchauffement climatique pourrait avoir des effets dévastateurs. L’explorateur Nicolas Vannier indiquait récemment avoir vu des forêts sibériennes « s’écrouler » littéralement car les racines des arbres n’étaient plus maintenues par le sol en train de dégeler.  

Quelques photos dans l’album…

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Alaska, the last frontier (5)

5. Les couleurs de l’automne nordique.

Comme je l’écrivais dans l’une de mes notes, la route qui conduit de Valdez à Fairbanks est une symphonie en jaune majeur en cette période de l’année. Les bouleaux et les trembles ont revêtu leurs plus belles parures, vêtements éphémères qui disparaissent beaucoup plus vite que chez nous dès les premières intempéries. Des averses de neige étaient d’ailleurs prévues à Anchorage et surtout à Fairbanks pendant la semaine qui a suivi notre retour en France.

En général, les grands axes routiers qui parcourent l’Alaska sont en très bon état, malgré quelques nids de poules qui requièrent la vigilance du conducteur, en particulier sur la route au nord de Fairbanks, en direction de Prudhoe Bay.

Au fur et à mesure que les kilomètres s’égrènent au nord de Fairbanks, les zones boisées de la taïga font place à la toundra où le rouge devient la couleur dominante.

Quelques images supplémentaires dans l’album…

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Alaska, the last frontier (4)

4. Valdez : Pétrole, saumons et glaciers.

Au retour du Katmai, l’atterrissage à Anchorage m’a permis d’assister à une scène insolite montrant à quel point l’avion fait partie de la vie des Alaskiens. En se rendant vers son port d’attache, notre appareil a tout simplement traversé l’une des avenues de la ville, avec les véhicules arrêtés devant un feu rouge et une barrière de passage à niveau, comme nous le faisons en Limousin au moment du passage d’un Train Express Régional !

Les 480 km entre Anchorage et Valdez font traverser une région de collines et de montagnes qui deviennent de plus en plus présentes en approchant du Golfe d’Alaska. La couleur d’ocre des bouleaux tranche avec le vert intense des conifères. C’est aussi la rencontre avec les premiers glaciers dont celui de Worthington  dont la langue vient mourir à quelques centaines de mètres de la route. Il n’y a pas si longtemps, il suffisait de descendre de son véhicule pour marcher sur la glace, mais en Alaska aussi le réchauffement climatique fait remonter les glaciers dans les montagnes.

Comme je l’écrivais plus haut, le petit port de Valdez a été totalement détruit par le séisme de 1964 et la ville actuelle a été reconstruite sur un site différent. L’ « original Valdez townsite » se trouve à 6 km du centre-ville et une plaque rappelle à ceux qui passent que la population a été durement touchée par le cataclysme.

En dehors de la pêche, Valdez est avant tout le terminus de l’oléoduc trans-Alaska qui achemine sur 1287 km le pétrole depuis Prudhoe Bay, tout au nord de l’Etat. Bien que longeant souvent la route, le gigantesque tube d’acier se fait relativement discret. Seules quelques ouvertures permettent aux visiteurs de s’en approcher. Des panneaux explicatifs indiquent, entre autres, que l’oléoduc a une trajectoire en zigzag pour faire face aux séismes  et qu’il ne touche pas le sol pour permettre aux animaux de circuler. L’hiver, un circuit thermique empêche le pétrole de geler dans les conduits. Au dégel, un système réfrigérant évite la corrosion des tuyaux. L’hiver étant très rigoureux, des « radiateurs » évacuent le réchauffement du sol que produit le passage de la canalisation. Cela évite un dégel qui rendrait localement le support instable.

Le port de Valdez permet d’aller rendre visite à plusieurs glaciers qui viennent vêler dans la mer. J’avais opté pour le Columbia Glacier qui n’est pas sans rappeler, à une plus grande échelle, le Jokulsarlon en Islande. Cette mini-croisière permet aussi de côtoyer des loutres et lions de mer, des orques ainsi que pas mal d’oiseaux.

La pêche au saumon est largement pratiquée à Valdez. Nombreux sont les touristes qui se livrent à ce passe-temps autour de la baie et dans le port, avec des résultats assez surprenants. La pêche à la cuiller n’est pas ma préférée en Limousin où je taquine la truite à la mouche, mais il faut reconnaître que les « lanceurs de médailles » qui s’y adonnent à Valdez réalisent de très belles prises. En une quinzaine de minutes, j’ai assisté au même endroit à la capture de trois saumons de 7 ou 8 kilos. Un emplacement spécial est d’ailleurs prévu dans le port proprement dit pour la préparation des poissons, avec des boutiques pratiquant la congélation ultra-rapide. Les saumons sont ensuite logés dans les congélateurs des camping-cars et seront consommés pendant l’hiver à travers toute l’Amérique ! Plusieurs pêcheurs m’ont très gentiment proposé des filets de saumon, mais ma petite Chevrolet ne me permettait pas leur transport et surtout conservation…

Quelques images supplémentaires dans l’album photos.

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