Alaska, the last frontier (2)

2. Quand la terre tremble.

En Alaska, tout commence à Anchorage, ville sans charme particulier avec son quadrillage de rues et d’avenues entrecoupées de nombreux espaces verts fréquemment visités par les élans et les ours quand la nourriture se fait rare dans les forêts aux alentours.

Il ne subsiste plus aucune trace physique du terrible séisme de 9,2 qui a secoué le sud de l’Alaska le jour du Vendredi Saint 1964. Toutefois, au nord de la ville, là où s’est produit un glissement de terrain particulièrement meurtrier, on peut visiter un parc parsemé de panneaux pédagogiques qui rappellent ce douloureux événement (voir photos dans l’album). Au cœur de la ville, l’Alaska Experience Theater présente un film avec des images d’archives et de nombreux témoignages. Comme cela se fait de plus en plus aujourd’hui, les sièges des spectateurs vibrent, donnant ainsi un aperçu des secousses qui ont ébranlé Anchorage pendant plusieurs minutes. Le séisme s’est accompagné d’un tsunami qui a dévasté Valdez et Seward, petits ports sur les bords du Golfe d’Alaska (voir panneau ci-dessous). Que ce soit à Anchorage, à Homer ou à Valdez, on trouve des panneaux indiquant les lieux de rassemblement et les parcours d’évacuation en cas de tsunami. Eu égard au laps de temps très bref dont on dispose dans le cas d’un raz-de-marée, il n’est pas certain que ces précautions soient suffisantes. Les personnes avec lesquelles j’ai pu discuter à Valdez sont très sceptiques car aucun exercice n’a – paraît-il – été effectué pour préparer la population à une telle éventualité.

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Alaska, the last frontier (1)

Comme promis, voici un petit récit du voyage que je viens d’effectuer en Alaska. Les différents chapitres correspondent aux principaux moments de ce périple. Au fur et à mesure que nous avancerons, l’album photos de la colonne de droite se garnira peu à peu…. Bonne lecture !

 

1. L’Alaska, un Etat à part.

L’Alaska est un Etat à part, dans tous les sens du terme. Comme Hawaii, il est séparé du bloc géographique principal formé par les États-Unis et se situe au nord-ouest du Canada. Il est d’ailleurs amusant de voir que les bulletins météo à la télévision ne mentionnent jamais ces deux Etats, sauf quand il s’y passe des événements extraordinaires, comme les cyclones à Hawaii ou les blizzards en Alaska.

L’Alaska (« continent » en inuit) est l’État des États-Unis le plus étendu, avec une superficie totale de 1 717 854 km², soit trois fois celle de la France métropolitaine. Il est peuplé de 683 478 habitants. C’est le troisième État le moins peuplé des États-Unis, derrière le Vermont et le Dakota du Nord. La densité est la plus faible du pays, avec 0,46 habitant par km².

En 2009, l’Alaska fête le cinquantenaire de son entrée dans l’Union comme 49ème Etat, de la même façon qu’Hawaii fête son cinquantenaire comme 50ème et dernière étoile du drapeau américain.

L’Alaska est donc un Etat particulièrement jeune. C’est la dernière frontière, celle qui a donné naissance à tant d’histoires de chercheurs d’or et autres trappeurs. Les Alaskiens que j’ai rencontrés étaient charmants, des gens ouverts et disponibles, pas stressés. On sent un peuple qui en a vu d’autres et habitué à affronter les rigueurs de l’hiver. Les axes de communication terrestres sont peu nombreux et la plupart des déplacements se font par avion ou hydravion. Il suffit de se rendre sur les bords du Lac Hood, au cœur d’Anchorage, et d’assister au ballet incessant de ces floatplanes pour se rendre compte de leur importance dans la vie des Alaskiens. La plupart des hommes possèdent un brevet de pilote et la plupart des familles disposent en outre de pick ups  4×4 qui permettent de se déplacer plus facilement sur les pistes en terre battue en été ou sur les routes enneigées en hiver. En effet, l’Alaska ne connaît guère que ces deux saisons car le printemps et l’automne sont beaucoup plus courts que chez nous.

J’avais choisi le mois de septembre pour visiter l’Alaska car c’est le moment de l’année où les couleurs de la nature sont les plus belles ; les touristes sont partis et les moustiques aussi ! C’est l’époque où les ours sont les plus nombreux dans les cours d’eaux ; ils viennent dévorer les derniers saumons avant d’hiberner pendant les longs mois d’hiver.

Le pari était un peu risqué car les statistiques météorologiques montrent que septembre est aussi le mois le plus arrosé ! En fait, hormis quelques averses de courte durée, c’est un temps fort agréable qui a régné sur la région pendant tout le séjour.

Les volcans faisaient bien sûr partie du programme, mais ce serait vraiment une erreur d’en faire le seul but du voyage.

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Retour en Limousin

Hello everybody ! Me voici de retour en Limousin après cette escapade en Alaska, au cœur des couleurs de l’automne qui a déjà commencé dans le grand nord. La neige a fait elle aussi son apparition à des altitudes relativement modérées et la météo prévoit de la pluie et de la neige mêlées à Anchorage pour le milieu de cette semaine.

Il n’est donc pas surprenant que le Mont Redoubt (plus de 3100 mètres d’altitude) et tous les volcans qui se dressent le long de Cook Inlet aient été recouverts d’un épais manteau blanc ces derniers jours, au moment où il pleuvait lors de mon arrivée à Homer, à la pointe sud de la Péninsule du Kenai.

Le Redoubt est calme en ce moment. L’activité sismique est faible et le panache blanc qui s’échappe du sommet (voir photo rapprochée ci-dessous) est dû au contact de la neige avec le dôme encore chaud. Dans le même temps, l’activité pétrolière reprend peu à peu dans Cook Inlet. La compagnie Chevron indiquait dans la presse locale cette semaine que sa production était de 6000 barils par jour, soit 75% de ce qu’elle était avant l’éruption du Reboubt au printemps dernier.

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Hello from Alaska! (suite)

Après le parc du MacKinley (qui n’est pas un volcan), me voici dans la Péninsule du Kenai. En longeant la côte ouest sur l’une des rares routes qui parcourt cette partie de l’Alaska, on a une vue superbe sur la chaîne volcanique qui se prolonge vers le sud-ouest par l’arc des Aléoutiennes. Comme pour la Vallée des I0 000 Fumées, j’ai eu beaucoup de chance avec la météo. Hier soir, il pleuvait à Homer où je logeais. Le temps était bouché et il était impossible de voir la rive opposée de Cook Inlet. Ce matin, changement de décor: superbe lever de doleil au-dessus des glaciers et horizon complètement dégagé pemettant de voir les monts Spurr, Iliamma et surtout Redoubt dont le dôme de lave laisse toujours échapper un panache de vapeur (voir photo ci-dessous).

Un seul volcan manquait à l’appel: l’Augustine, invisible dans les nuages à l’horizon. J’avais pourtant l’intention de le survoler, voire de m’y poser. J’avais contacté un pilote qui avait accepté de me conduire vers ce volcan mythique. A 9 heures ce matin, réponse négative du pilote car l’Augustine était invisible sur la webcam. A 11 heures, même refus de décoller. A 12h30, je pouvais enfin apercevoir l’Augustine dans mes jumelles! Coup de fil au pilote qui accepta enfin de me faire découvrire la bête. Un seul bémol: l’atterrissage ne serait pas possible car la marée était haute et la mer recouvrait donc la plage qui sert de piste d’atterrissage.

Il aurait été dommage de ne pas pouvoir décoller car, vu du ciel, le volcan est impressionnant, avec les traces laissées par les coulées pyroclastiques des dernières éruptions. Le chapeau nuageux qui cachait le sommet du volcan lors de notre arrivée s’est dissipé quelques minutes plus tard, révélant le panache de vapeur qui indique que le volcan ne dort que d’un oeil. Du grand spectacle!

A mon retour en France prévu en début de semaine prochaine, je glisserai sur mon blog d’autres photos de ce périple aérien. TVB.

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Le Redoubt vu depuis la côte ouest de la Péninsule du Kenai
(Photo: C. Grandpey)
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Augustine volcano … at last!