Le méthane du Lac Kivu (Rwanda / République Démocratique du Congo)

Il y a quelques mois, je faisais état d’un projet de la République du Congo et du Rwanda d’exploiter conjointement le méthane qui sommeille dangereusement au fond du Lac Kivu. C’est finalement le Rwanda qui vient de lancer l’exploitation de ce gaz. Elle présentera le double avantage d’alimenter en électricité l’ensemble du pays pendant des décennies tout en réduisant le risque d’asphyxie pour les populations qui vivent autour du lac. .

L’extraction du méthane se fait à partir d’une barge installée à proximité de la rive nord. L’eau chargée en gaz (méthane + CO2) est aspirée des profondeurs par un tuyau. Une fois parvenue à la barge, le liquide et les gaz sont tout d’abord séparés, puis un appareil – un « scrubber » – dissocie le méthane du CO2, ce dernier étant ensuite réinjecté dans le lac en même temps que l’eau qui a été pompée. Le méthane, quant à lui, alimente trois gros générateurs qui produisent actuellement 3,6 mégawatts d’électricité, soit plus de 4% des besoins du Rwanda.

Des investisseurs locaux et étrangers sont prêts à dépenser des centaines de millions de dollars dans de nouvelles installations d’extraction du méthane. En particulier, une société américaine a négocié un contrat de 325 millions de dollars avec le Rwanda pour produire 100 mégawatts à partir d’une centrale méthanière. Dans les deux années à venir, le gouvernement rwandais espère produire le tiers de son électricité avec le méthane du Lac Kivu et même exporter une partie de cette énergie vers les pays voisins.

Il ne faut pas oublier que la République Démocratique du Congo a le droit d’exploiter la moitié du méthane du Lac Kivu et une centrale de 200 mégawatts devrait prochainement y être implantée.  

Il ne fait aucun doute que le pompage du méthane et du CO2 va réduire le risque d’une catastrophe comme celle du Lac Nyos au Cameroun, mais il faut maintenant savoir quel impact le rejet du CO2 inutilisé peut avoir sur l’environnement et sur les populations.  

Source : The Guardian.

Séisme dans les Iles Eoliennes (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgHier à 14h54, un séisme de magnitude M 4,6 a secoué les Iles Eoliennes. L’épicentre a été localisé à 19 km de profondeur et à environ 13 km de l’île de Lipari. La secousse a provoqué quelques effondrements en bord de mer, dans des zones normalement interdites à la baignade, mais qui ont nécessité l’évacuation d’environ 70 baigneurs ! No comment !

Cette secousse superficielle – donc bien ressentie par la population – a pour origine un réseau de failles parallèles à la côte septentrionale la Sicile et qui génère périodiquement de tels séismes. Depuis le début du mois d’août, cinq autres secousses sismiques ont affecté les Iles Eoliennes : M 2,1 ; M 2,9 et M 3 le 1er août (avec une profondeur de 8,7 à 13,4 km), M 2,9 le 3 (13,4 km de profondeur), M 2,1 le 5 (9,5 km de profondeur) et M 2,5 le 14 ( 102 km de profondeur).

Mais que tout le monde se rassure : Guido Bertolaso, sous-secrétaire à la Protection Civile, a déclaré ce matin – selon une expression qui lui est chère – que la situation était « sous contrôle » et le maire de Lipari a affirmé que les touristes pouvaient venir sans crainte dans les Iles Eoliennes…

 

drapeau anglais.jpgYesterday at 14 :54, a M 4.6 earthquake shook the Aeolian Islands. The epicentre was located at a depth of 19 km and 13 km or so off the island of Lipari. The event caused a few collapses along the coast in places where bathing and swimming are supposed to be prohibited. However some 70 persons had to be evacuated! No Comment!

This shallow earthquake – which was felt by the local population – was caused by a network of faults that lies parallel to the northern coast of Sicily and periodically generates earthquakes. Five more quakes were recorded since the start of August in the Aeolian Islands but nobody should worry about that: Guido Bertolaso, subsecretary of Civil Defence, declared this morning that the situation was « under control » and the Mayor of Lipari affirmed that tourists should not be afraid of coming to the Aeolian Islands…

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Lipari  (Photo: C. Grandpey)

Le processus éruptif du Mont Hood (Oregon / Etats Unis)

Le Mont Hood (3426 m) est le point culminant de l’Oregon et arrive en 4ème position par la taille dans la Chaîne des Cascades. La dernière éruption a eu lieu à la fin du 18ème siècle et ses effets ont été observés en 1805 par des membres de l’Expédition Lewis & Clark. Bien qu’au repos actuellement, le volcan est considéré comme actif.

 

Une étude récente par des géologues des universités de l’Oregon et de Californie a montré que les éruptions du Mont Hood sont dues au mélange de deux types de magma et qu’elles se produisent peu de temps après que ce mélange ait eu lieu. Ce comportement éruptif est assez différent de celui de ses voisins de la Chaîne des Cascades, y compris le Mont St Helens.

 

On sait que deux types de magma sont souvent impliqués dans le processus volcanique : un magma mafique – moins riche en silice et donc plus fluide – et un magma felsique, plus riche en silice, donc plus visqueux. Un troisième type de magma, l’andésite, est composé à la fois de magma mafique et de magma felsique. Il est particulièrement abondant dans les zones de subduction, comme la Cordillère des Andes qui lui a donné son nom.

 

Les roches autour du Mont Hood sont essentiellement composées de magma andésitique. On peut d’ailleurs en prélever de beaux échantillons dans une coulée le long de la route sur le versant sud.

Les chercheurs ont découvert que la montée de magma mafique et son mélange avec le magma felsique intervient très peu de temps avant le début d’une éruption. Ils pensent que cette dernière se déclenche sous l’effet d’une brutale montée en pression au moment du mélange entre les deux magmas.   

Le Mont Hood semble être le seul volcan de la Chaîne des Cascades où un tel phénomène se produit. Il se peut que cela soit dû à une constitution particulière de la croûte terrestre dans la région, avec des parties où le magma éprouve davantage de difficultés à se frayer un chemin au cours de son ascension. Il se produit donc une surpression au moment du mélange des magmas, d’où le déclenchement rapide des éruptions.

Une telle étude devrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre les éruptions passées et à venir du Mont Hood, ainsi que le comportement des autres volcans de la planète qui fonctionnent sur le même modèle.   

Source : Science Daily.

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Le Mont Hood vu depuis Timberline (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

Ouverture prochaine d’un Centre Pédagogique dans le Parc de Yellowstone (Wyoming / Etats Unis)

Yellowstone est connu pour ses sources chaudes et ses geysers, avec le Vieux Fidèle en tête de liste. « The Old Faithful » est surtout célèbre pour la régularité de ses éruptions qui sont prévues à 10 minutes près. Il suffit de se rendre dans le Lodge pour consulter l’heure de sa prochaine manifestation.

C’est dans ce contexte que le 25 août prochain va ouvrir dans le Parc de Yellowstone le Old Failthful Visitor Education Center, un immense bâtiment – toujours dans le style de ses voisins – où seront présentées des expositions sur les phénomènes hydrothermaux (geysers, sources chaudes, mares de boue, bouches de vapeur et autres fumerolles), la vie autour de ces environnements extrêmes, le volcan qui sommeille sous le Parc, ainsi que les recherches scientifiques qui sont effectuées dans l’un des plus grands laboratoires de la vie sur Terre.

Les enfants pourront profiter de la Young Scientist Exhibit Room qui présentera une maquette de geyser en taille réelle. On y trouvera aussi des ateliers et des espaces pour les scolaires et autres groupes de visiteurs.

Le but de cette nouvelle structure est avant tout de faire comprendre aux milliers de personnes qui viennent chaque année assister aux éruptions du Vieux Fidèle ce qui se passe sous leurs pieds quand le geyser se manifeste et pourquoi il y a une telle diversité de phénomènes hydrothermaux dans le Parc.

Espérons que les prédictions de ceux qui s’attendent à une prochaine éruption du super volcan de Yellowstone resteront fausses et que l’argent n’aura pas été investi inutilement dans cet effort pédagogique fort louable et dans l’esprit des grands parcs nationaux américains.

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Le Vieux Fidèle, sans lequel Yellowstone ne serait plus vraiment Yellowstone!
(Photo: C. Grandpey)