L’Irlande et la cendre volcanique // Ireland and volcanic ash

   Depuis l’éruption de l’Eyjafjallajökull – le volcan islandais qui a causé une panique monstre dans le transport aérien en 2010 – les compagnies aériennes affirment les unes après les autres qu’elles seront en mesure d’éviter pareil scénario catastrophe si un autre volcan vient à émettre un important panache de cendre.

Cette fois-ci, c’est la compagnie irlandaise Aer Lingus qui prétend que son nouveau système de détection et de prévision de cendre volcanique réduira les perturbations causées aux avions en europe. La nouvelle technologie vient d’être présentée aux responsables de la compagnie. Elle utilise des satellites et des modélisations pour détecter les nuages de cendre et prévoir leur trajectoire. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a investi 2,1 millions d’euros dans le projet qui est piloté par l’Institut Norvégien pour la Recherche aérienne. La société Entreprise Ireland – qui assure la coordination avec l’ESA en Irlande – a permis de sécuriser le financement du projet.

Il faut noter que tous ces projets ont été conçus pendant des périodes de calme volcanique et qu’ils s’appuient essentiellement sur des simulations informatiques. Reste à savoir ce qui se passera le jour où le Katla ou l’un de ses copains reprendra du service en émettant un volumineux nuage de cendre. Il y a un fossé énorme entre la théorie et la pratique, la simulation et la réalité !

Source: Presse irlandaise.

 

   Since the eruption of Eyjafjallajökull  – the Icelandic volcano that caused an incredible stampede in air transport in 2010 – most air companies pretend that they will be able to avoid such a scenario in the future if some other volcano happens to emit a voluminous ash plume.

This time, it is up to the Irish company Aer Lingus to affirm that a new ash cloud detection and forecasting system will reduce the disruption to aviation in the event of a volcanic eruption in Europe. The new technology, which has just been demonstrated at the company’s headquarters, uses satellites and forecast models to detect ash clouds and forecast their movements. The European Space Agency (ESA) has invested 2.1 million euros in the project, which is led by the Norwegian Institute for Air Research. The funding was secured with the aid of Enterprise Ireland, which is the coordinating body for ESA in Ireland.

One can notice that all these projects have been set up during periods of volcanic calm and mostly rely on computer models. The point is to know what will happen the day when Katla or some other volcano will start erupting and emit a voluminous ash cloud. There is a huge gap between theory and practise, between simulation and reality!

Source: Irish newspapers.

Eyjafjallajokull-blog

Eruption de l’Eyjafjallajökull en 2010  (Crédit photo:  Wikipedia)

Les éruptions volcaniques peuvent-elles masquer les effets du réchauffement climatique ? / Can volcanic eruptions mask global warming effects ?

   Bien que la décennie 2000-2010 ait été la plus chaude jamais enregistrée, elle n’a pas été aussi chaude que le prévoyaient les scientifiques. Une étude récente indique que les composés chimiques émis pendant les éruptions, même de taille modeste,  à travers le monde ont pu contribuer à cette situation.

Quand les émissions de dioxyde de soufre (SO2) en provenance des volcans atteignent la stratosphère, elles subissent des réactions chimiques et forment des particules qui renvoient la lumière du soleil vers l’espace au lieu de lui permettre d’atteindre la surface de notre planète. Ce phénomène entraîne un effet de refroidissement qui contrebalance peut-être l’impact des gaz à effet de serre.

Les scientifiques ont observé une augmentation de ces aérosols chargés de SO2 dans l’atmosphère entre 2000 et 2010. Jusqu’à présent, on pensait en général que les responsables étaient les émissions industrielles de pays comme l’Inde ou la Chine dont les émissions de SO2 ont augmenté de 60% au cours de la dernière décennie à cause de la combustion du charbon. Toutefois, d’autres études prétendent que les coupables sont aussi les volcans qui représentent une importante source de SO2.

Les auteurs de l’étude – publiée avec plus de détails dans la revue en ligne Geophysical Research Letters – ont utilisé des simulations informatiques pour faire la part des choses et se rendre compte quelle proportion des changements dans la stratosphère pouvait être attribuée à la combustion du charbon en Asie et quelle autre proportion pouvait être attribuée aux émissions volcaniques entre 2000 et 2010. Les résultats laissent entendre que des éruptions volcaniques modérées participent à l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère et ralentissent donc le réchauffement global de la planète. Toutefois, les chercheurs font remarquer qu’à long terme les volcans ne seront pas capables de contrebalancer ce réchauffement global. En effet, les émissions de gaz volcaniques sont irrégulières ; elles varient au gré des éruptions, alors que les émissions de gaz à effets de serre d’origine humaine ne cessent de s’accroître.

Les chercheurs ajoutent que des éruptions plus importantes peuvent avoir des effets significatifs. Par exemple, quand le Pinatubo est entré en éruption en 1991, il a rejeté dans la stratosphère une telle quantité de SO2 que la température globale de la Terre s’est abaissée de 0,55°C et est restée inférieure à la normale pendant plus de deux ans.

Source : LiveScience.com.

 

   Although the period between 2000 and 2010 was the warmest decade on record, the Earth didn’t heat up as much as scientists expected it. A new study finds that chemical compounds spewed during modest eruptions around the globe could be behind the trend.

When sulphur dioxide (SO2) emissions by volcanoes reach the stratosphere, they undergo chemical reactions, forming particles that reflect sunlight back into space instead of letting it get to the surface of the planet. This has a cooling effect that could help mitigate the impacts of greenhouse gases.

Scientists observed an increase in these SO2-laden aerosols in the atmosphere from 2000 to 2010. It is usually thought that industrial emissions from countries like China or India are to blame as they have increased their SO2 output by about 60 % over the decade through coal burning. However, other studies point to volcanoes, which are also an important source of SO2.

The authors of the new study – detailed online in the journal Geophysical Research Letters – used computer simulations to see which changes in the stratosphere could be attributed to coal burning in Asia and worldwide volcanic emissions from 2000 to 2010. The results suggested that moderate volcanic eruptions were behind the increases of aerosols in the atmosphere and thus the slowdown of global warming. However, the researchers cautioned that in the long run, volcanoes won’t be able to counterbalance global warming. Emissions of volcanic gases go up and down according to the eruptions, helping to cool or heat the planet, while greenhouse gas emissions from human activity never stop going up.

The research adds that larger volcanoes can have a much bigger effect. For instance, when Mount Pinatubo erupted in 1991, it ejected so much SO2 into the stratosphere that the planet cooled by 0.55°C and stayed slightly cooler for more than two years.

Source: LiveScience .com.

Pinatubo-blog

Photographie prise depuis la navette spatiale au-dessus de l’Amérique du Sud en août 1991 et montrant la double couche du nuage d’aérosols (en gris foncé au-dessus des nuages) généré par l’éruption du Pinatubo. (Crédit photo : NASA)

Un microcontinent au fond de l’Océan Indien ? / A microcontinent at the bottom of the Indian Ocean ?

   En lisant la presse indienne (The Telegraph, édition de Calcutta du 24 février 2013), on apprend que des scientifiques ont découvert au fond de l’Océan Indien un micro-continent qui, il y a quelque 750 millions d’années, était rattaché à l’Inde et qui, aujourd’hui, se cache au fond de l’océan sous l’Ile Maurice. L’étude vient d’être publiée dans la revue Nature Geoscience.

L’étude explique que ce micro-continent – baptisé Mauritia par les scientifiques – est resté coincé entre le sud de l’Inde et Madagascar pendant plusieurs centaines de millions d’années avant qu’il s’en sépare sous l’effet des activités volcaniques et tectoniques et qu’un océan vienne l’engloutir.

Les géologues ont utilisé des grains de sable prélevés sur les plages de l’Ile Maurice ainsi que des mesures de gravité dans cette partie de l’Océan Indien pour reconstituer la tectonique des plaques et montrer que les Iles Lakshadweep – qui dépendaient de l’Inde – et l’Ile Maurice appartenaient toutes à ce micro-continent.

Les chercheurs ont découvert que les zircons (silicate de zirconium, de formule ZrSiO4) dans le sable prélevé sur l’Ile Maurice avaient un âge allant de 1970 millions d’années à 690 millions d’années, preuve que ces zircons appartenaient à une ancienne croûte continentale que des panaches de lave ont fait remonter vers la surface. De plus, les mesures de gravité laissent supposer que la vieille croûte continentale sous l’Ile Maurice, aujourd’hui entourée par une croûte océanique un peu plus jeune (5 à 10 millions d’années seulement), faisait partie du micro-continent Mauritia.

L’étude est importante car elle va à l’encontre des connaissances qui affirmaient jusqu’à présent que l’Inde et Madagascar étaient accolées l’une à l’autre. La présence d’un micro-continent entre les deux pourrait modifier notre perception de l’histoire géologique de l’Inde occidentale.

Vous trouverez l’article (en anglais) ainsi qu’une carte à cette adresse :

http://www.telegraphindia.com/1130225/jsp/nation/story_16602787.jsp#.USuEQvJD58E

 

   On reading the Indian press (The Telegraph, Calcutta, 24 February 2013), we learn that scientists have discovered at the bottom of the ocean a microcontinent which was connected to India 750 million years ago and which is hidden today beneath Mauritius. The study has just been published in the journal Nature Geoscience.

The study suggests that this microcentinent – named Mauritia by the scientists – remained sandwiched between southern India and Madagascar for several hundred millions years before tectonic and volcanic activities broke it apart, and an ocean emerged to submerge it.

The geologists have used sand grains from the beaches of Mauritius and gravity measurements in the Indian Ocean region to reconstruct plate tectonics and show that India’s Lakshadweep Islands and Mauritius were both once part of this microcontinent.

The scientists found that zircons (zirconium silicates, ZrSiO4) in the beach sand had ages between 1,970 million years and 690 million years, an indication that the zircons were part of ancient continental crust brought to the surface by plumes of lava. Their gravity measurements also suggest that the old continental crust beneath Mauritius, now surrounded by a relatively younger oceanic crust (only five to 10 million years) was part of the microcontinent Mauritia.

The study is important as it changes long-standing notions that India and Madagascar were fused together. A microcontinent between India and Madagascar might change the ancient geological history of western India.

The article and a map can be found at this address:

http://www.telegraphindia.com/1130225/jsp/nation/story_16602787.jsp#.USuEQvJD58E

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): une vidéo en accéléré de l’Halema’uma’u // Great timelapse video of Halema’uma’u

   Le HVO a mis en ligne une vidéo assez extraordinaire (voir lien ci-dessous) qui montre en accéléré deux années (11 février 2011 – 11 février 2013) d’activité du lac de lave dans le pit crater à l’intérieur de l’Halema’uma’u, au travers des images enregistrées par la caméra thermique. Le document dure une minute. Il faut patienter quelques dizaines de secondes le temps que le téléchargement s’effectue.

Au tout début de la vidéo, on assiste à la vidange brutale du lac le 5 mars 2011, suite à l’éruption de Kamoamoa sur l’East Rift Zone qui a créé une dépressurisation dans le système magmatique.

Au cours des 6 mois suivants, le niveau de la lave remonte progressivement dans le cratère pour retrouver son niveau initial, avec une interruption début août 2011. A cette époque, une nouvelle vidange de l’Halema’uma’u a lieu, provoquée par celle du Pu’uO’o le 3 août, ce qui a entraîné une nouvelle dépressurisation dans le système magmatique.

Au cours de son ascension pendant les mois suivants, la lave construit une petite terrasse à l’intérieur du cratère. Cette terrasse est souvent mise à mal par les brusques variations de niveau, ce qui entraîne des effondrements périodiques parfaitement visibles sur la vidéo.

En octobre 2012, le lac s’élève dans le cratère pendant plusieurs semaines successives pour atteindre son plus haut niveau le 22 octobre. La lave se trouve alors à seulement 22 mètres sous la lèvre du pit crater. La chaleur provoque des dilatations de la roche des parois avec des effondrements qui contribuent à élargir le cratère.

Le niveau de la lave se trouve actuellement à 30 – 35 mètres sous la lèvre. Les tiltmètres montrent une certaine stabilité du sommet du Kilauea et un débordement sur le plancher de l’Halema’uma’u ne semble pas à l’ordre du jour.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-480.mov

 

   HVO has released a stunning timelapse video (see link below) that shows two years (11 February 2011 – 11 February 2013) of activity of the lava lake within Halema’uma’u pit crater. The video was built with images from the thermal camera. The document lasts one minute. You’ll have to wait a few tens of seconds for the document to download.

Soon after the sequence begins, the lava lake drains abruptly due to the Kamoamoa eruption on the East Rift Zone on March 5th 2011, which depressurized the magmatic system.

Over the following six months, the lava lake slowly rises to its previous levels, interrupted by another draining event in early August 2011. It is caused by the August 3rd draining of Pu’uO’o crater that again depressurized the system.

As the lava lake rises during the following months, the fluctuating level builds a deep inner ledge. This ledge experiences unsteady growth through sporadic lake overflows and portions of the ledge also frequently collapse back into the lake, which can be seen very clearly on the video..

In October 2012 the lake rose over several weeks and achieved the highest level recorded for the current summit eruption on October 26th (about 22 metres below the rim of the crater). During periods of high lava level, the heating of the crater walls leads to more frequent crater wall collapses, which sometimes include the rim and enlarge the pit crater.

The level of lava currently lies 30 – 35 metres below the rim. Tiltmeters show that the summit of Kilauea is neither inflating nor deflating so that an overflow on the floor of the main crater seems to be unlikely, at least for the moment.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-480.mov

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Halema’uma’u  pit crater  ( Photo:  C. Grandpey)