Des détecteurs de cendre bientôt sur les avions?

La compagnie bas-coût EasyJet a indiqué la semaine dernière qu’elle allait tester une technique  susceptible de détecter les nuages de cendre volcanique. Les testeurs seront placés sur la queue des appareils et seront capables de détecter les nuages de cendre à 100 km. Ils fonctionneront de la même façon que les radars météo déjà utilisés pour repérer les foyers orageux. Un système infrarouge fournira des images aux pilotes et aux centres de contrôle, ce qui leur permettra de voir les nuages de cendre à des altitudes entre 1500 mètres et 15000 mètres.   

La compagnie dépense 1,46 millions de dollars auprès d’Airbus pour que cette technologie baptisée AVOID (Airborne Volcanic Object Identifier and Detector) soit mise au point et espère qu’une douzaine d’avions équipés du système seront opérationnels à la fin de l’année. Il faudra néanmoins que la technologie soit approuvée par les commissions de contrôle européennes et par l’industrie aéronautique. Il semblerait que ce dernier point ne soit pas un problème et que la certification soit assez rapide.   

Le but recherché par la compagnie est bien sûr d’éviter que se reproduise la pagaille provoquée par le nuage de cendre islandais.

Source : CNN.

 

Géothermie en Mer Tyrrhénienne ?

C’est à y perdre son latin ! Il y a quelques semaines, Enzo Boschi – Président de l’INGV – mettait en garde sur le risque d’une éruption majeure du volcan sous-marin Marsili qui, selon lui, pourrait déclencher un tsunami dévastateur pour l’Italie du sud.

Aujourd’hui, on apprend par le site Geologi.info que ce même secteur de la Mer Tyrrhénienne pourrait servir de cadre à la première centrale géothermique offshore au monde. L’idée d’une centrale géothermique sous-marine n’est pas récente. Un premier projet a déjà été présenté au Congrès Mondial de Géothermie à Bali, avec une puissance de 1 Gw.

La partie sud-est de la Mer Tyrrhénienne pourrait devenir « la première source importante d’approvisionnement en énergique géothermique de l’histoire, ouvrant ainsi la route à une nouvelle source d’énergie propre et inépuisable ». En effet, on rencontre dans la zone du volcan Marsili d’« énormes flux de chaleur qui ont permis la création de gisements énormes de fluides géothermiques à haute température ».

Un permis de recherche de fluides géothermiques en mer dans le secteur du Marsili a été octroyé à la société italienne Eurobuilding. Ce programme de recherche « prévoit en premier lieu la réalisation d’une étude complète d’une telle structure, en utilisant les méthodologies et les techniques les plus innovatrices ».    

Affaire à suivre donc, mais on se rend compte que le monde scientifique n’est pas à une contradiction près !

Le magma de l’Eyjafjöll (Islande)

Sur son site web, le Laboratoire Magmas et Volcans explique l’évolution de la composition du magma durant la double éruption de l’Eyjafjöll.

1) Durant la première phase de l’éruption, entre le 30 mars et le 12 avril, on a assisté à l’émission d’un « magma avec composition de basalte primitif ». Le Laboratoire pense qu’il s’agit d’une arrivée de magma profond suggérée par les séismes profonds de 2009. On observe une grande similitude entre ce magma et celui émis par le Katla en 1918. On notera en particulier que tous deux contiennent environ 47% de SiO2.  

2) Les premiers tephra émis le 14 avril lors de la deuxième phase éruptive ont une composition intermédiaire entre celles de la dacite de l’éruption de l’Eyjafjöll en 1821 et les basaltes du Katla. Dès le 15 avril, cette composition se déplace vers le pôle des basaltes du Katla.

On peut donc imaginer que « le magma primitif émis en début d’éruption a, d’une part, évolué par cristallisation et, d’autre part, en migrant sous le volcan Eyjafjöll, il a remobilisé des intrusions dacitiques stagnant depuis l’éruption de 1821. Le 14 avril, les deux magmas étaient mélangés en proposition égale, puis le magma primitif est devenu prépondérant. »

On peut donc en conclure que « la forte explosivité actuelle est due à la fois à la contribution de la composante dacitique (plus forte teneur en gaz, donc plus forte explosivité) et au contact thermique entre le magma et le glacier. L’affaiblissement de la composante dacitique et la disparition du glacier au-dessus de l’éruption sont les deux paramètres qui pourront conduire à une disparition ou à la diminution du panache troposphérique. »  

Si cet aspect un peu technique de l’éruption vous intéresse, n’hésitez pas à visiter le site Internet du Laboratoire Magmas et Volcans :

http://wwwobs.univ-bpclermont.fr/lmv/index.php

Dans la nuit des abysses…

Des scientifiques britanniques ont découvert le 6 avril dernier la bouche hydrothermale la plus profonde jamais explorée. Pour ce faire, ils ont utilisé un submersible de forme cubique relié au bateau par un câble de 5 km de longueur. Ils pensent que les eaux hyper chaudes qui entourent l’évent contiennent des espèces marines inconnues et renferment peut-être des indications sur les origines de la vie sur Terre.

Cette bouche volcanique se trouve à plus de 5000 mètres de profondeur dans la Fosse de Cayman – d’une profondeur de 7500 mètres – dans la Mer des Caraîbes, un lieu qui a servi de scène de tournage à James Cameron pour son film Abyss. L’évent volcanique se situe à une profondeur qui est de 800 mètres supérieure à celle des bouches déjà explorées. Ces dernières se situent dans les secteurs où l’eau de mer s’infiltre dans de petites fractures qui s’enfoncent dans la croûte terrestre, parfois jusqu’à 2 km de profondeur. Leur température peut atteindre 400°C. Des fluides très chauds et riches en minéraux sont rejetés dans l’eau très froide des profondeurs, ce qui donne naissance aux célèbres « fumeurs noirs » qui ont déjà été filmés à plusieurs reprises par des expéditions scientifiques. Ces cheminées sont parfois très hautes et peuvent avoir la taille d’un immeuble de deux étages. La pression dans ces lieux peut atteindre 500 fois la pression atmosphérique sur Terre, ce qui empêche l’eau d’entrer en ébullition.

Malgré la température, la pression et un univers acide très hostile, la vie existe autour de ces évents. On y observe des colonies de crevettes, de crabes ou de vers tubulaires dont l’absence de tube digestif a décontenancé les scientifiques qui les ont découverts.

De telles découvertes contribuent à faire avancer la science. Il est toutefois intéressant de remarquer que l’homme a effectué des recherches très poussées sur la Lune et sur Mars et ignore encore beaucoup de choses sur les fonds océaniques de sa propre planète !