Karthala (Archipel des Comores)

medium_drapeaufrancais.249.jpgLes secousses provoquées par le Karthala se sont intensifiées au cours des dernières heures, avec des durées de cinq secondes et une magnitude de 5 sur l’échelle de Richter. Beaucoup d’habitants ont préféré dormir dehors, de peur que leurs habitations s’effondrent pendant leur sommeil. La population a commencé à faire ses bagages et se tient prête à évacuer.
Ces événements font penser que la cheminée du volcan est obstruée et on craint des sorties de lave et de gaz sur les pentes du volcan. En 1903, 17 personnes avaient été asphyxiées par des gaz toxiques et en 2005 des milliers d’habitants avaient fui devant le danger occasionné par les gaz et la lave.

medium_drapeau_anglais.242.jpgThe tremors caused by Mount Karthala increased in the last hours, lasting up to 5 seconds and reaching 5 on the Richter scale. Many people preferred to sleep outside their homes for fear they might collapse during their sleep. The population has started to pack their things in case of a possible evacuation.
Judging from these events, it is possible that the volcano’s chimney is blocked so that lava or gases might escape from the flanks of the mountain. In 1903, 17 people died from noxious fumes whereas in 2005 thousands fled in fear of poisonous gases and lava.

Cycle éruptif?

Rien de très nouveau concernant le Karthala (Grande Comore) et Soufriere Hills (Ile de Montserrat). Par manque d’équipement, d’hélicoptère en particulier, il est très difficile de savoir ce qui se passe sur le premier nommé. Un survol par un petit avion civil n’a rien relevé de particulier, ce qui semble plus qu’étrange. On se sait pas trop si l’éruption a (eu) lieu dans l’ancien cratère ou ailleurs. La population a senti la terre trembler, mais c’est trop vague pour en tirer des conclusions.
Avec l’éruption du Karthala, certains organes de presse reprennent la notion de « cycle éruptif ». En effet, certains scientifiques ont affirmé que le Karthala entrait régulièrement en éruption tous les onze ans et que, depuis l’éruption phréatique de 1991, le comportement du volcan a changé.
Personnellement, je n’adhère pas le moins du monde à cette idée de « cycle éruptif ». S’il est vrai que l’on note, à certains moments, une espèce de régularité dans la répétition des éruptions, on ne peut parler de « cycle » qui repose sur une régularité absolue sur une très longue période. J’ai entendu certains parler d’un cycle éruptif décennal du Stromboli, mais qui ne s’appuie sur rien de concret. Il y a quelques mois, au moment de la diffusion du film-catastrophe Supervolcano, on a parlé d’un cycle éruptif de 200 millions d’années à Yellowstone, ce qui est tout à fait incohérent !
Si des cycles éruptifs existaient, on pourrait prévoir les éruptions, ce qui est loin d’être le cas !
Les cycles naturels sont souvent associés à la lune ou au soleil. Les études dans ce domaine en volcanologie n’ont rien révélé de particulier ; entre autres, il ne semble pas exister de relation entre les marées et l’activité éruptive.
Il faut se faire à l’idée que chaque volcan a un comportement qui lui est propre. A nous de l’observer avec nos petits moyens, afin d’essayer de le comprendre de notre mieux.

Karthala (Archipel des Comores)

medium_drapeaufrancais.248.jpgSelon le Sunday Mail, le Karthala, qui domine Moroni, la capitale des Comores et n’en est distant que d’une quinzaine de kilomètres, est entré en éruption tôt ce matin, laissant apparaître une lueur rouge au-dessus de son cratère.
L’éruption est donc semblable à celle de mai 2006, quand le volcan avait émis des fontaines de lave dans le cratère principal.
Le gouvernement a mis en place une cellule de crise afin de contrôler la situation.
En novembre 2005, le Karthala avait émis d’importants nuages de cendres qui avaient recouvert l’île, privant momentanément les 250 000 habitants d’eau potable.
Le dernières coulées de lave importantes remontent à 1977 avec la destruction du village de Singani, à 20 km au sud de Moroni. Le volcan avait également émis des gaz toxiques sans toutefois causer de victimes.

medium_drapeau_anglais.241.jpgAccording to The Sunday mail, Mount Karthala, which overlooks Moroni the capital of the Comoros islands (15 miles away), began erupting early today, producing a red glow over the top of the volcano.
The eruption was similar to last one in May 2006 which saw fiery jets of lava shoot into the main crater.
The government set up a crisis team to monitor the situation.
In November 2005, Karthala spewed huge plumes of ash that blanketed the island and temporarily deprived its 250,000 inhabitants of drinkable water.
Mount Karthala last had an overflow magma eruption in 1977, when lava destroyed the village of Singani, some 20 kilometres south of Moroni, and toxic gas was released into the air but did not cause any deaths.

Prévision volcanique??

La manière dont s’est terminée la dernière éruption du Piton de la Fournaise sur l’Ile de la Réunion confirme – si besoin est – que nous ne sommes toujours pas en mesure de prévoir une éruption volcanique, que ce soit son début, son évolution ou encore son terme. Alors que tout le monde était persuadé, au vu de l’intensité éruptive et du tremor qui accompagnait l’événement, que l’éruption allait largement continuer son spectacle en janvier 2007, tout s’est arrêté brusquement sans crier gare à 0h57 le 1er jour de ce mois !
Pourtant, le Piton est l’un des volcans les mieux surveillés au monde. Pourtant, il est truffé d’instruments gérés par une équipe scientifique sérieuse et performante. Un peu comme sur le Kilauea à Hawaii où l’on retrouve un volcanisme de point chaud. Là-bas aussi, le volcan est couvert de capteurs sismiques, inclinométriques et autres ; mais les Américains qui savent tout faire n’ont toujours pas dit comment allait évoluer l’éruption actuelle (le Pu’u O’o est actif depuis janvier 1983 !), ni quand elle allait se terminer !
Aux dires des scientifiques, les volcans de points chauds sont les plus faciles à surveiller. Dont acte ! Cette facilité est aussi due au fait qu’il n’y a pas vraiment de zone habitée à proximité, que l’on soit à la Réunion, à Hawaii ou en Ethiopie.
Il va de soi que lorsque l’on parle des volcans gris, ceux qui affirmeraient qu’ils sont capables de prévoir leur comportement seraient de sacrés menteurs. C’est d’ailleurs facile à comprendre. Je me souviens d’un jour de juillet 1996 où je me trouvais dans un observatoire sur les pentes du volcan Mérapi en Indonésie. Des avalanches incandescentes se déclenchaient de temps en temps au sommet. Les sismographes de l’observatoire annonçaient l’événement une trentaine de secondes avant de voir les nuages de cendres par la fenêtre. Cela n’est pas une prévision ; c’est une simple constatation.
En dépit de ce que disent certains, il faut bien constater que la volcanologie moderne marque le pas actuellement. Certes, de nouvelles approches ont été mises en place. Des instruments plus performants ont été fabriqués, mais nous piétinons. Les phénomènes qui nous intéressent se déroulent en profondeur et l’instrumentation actuelle ne nous donne pas les moyens d’en savoir suffisamment pour faire des pronostics. Je suis le premier à rêver d’un tomographe géant qui nous permettrait d’analyser le comportement du magma lors de son ascension. Malheureusement, cet appareil fait actuellement partie de la science-fiction.
J’ai tendance à comparer parfois la volcanologie à la météorologie. Les météorologues ont la chance de s’appuyer sur des phénomènes visibles et facilement analysables pour effectuer leurs prévisions qui sont fiables actuellement à 48, voire 72 heures dans le meilleur des cas. On connaît tout le côté aléatoire des prévisions à 5 jours et plus ! Rappelons-nous aussi que fin 1999, personne n’avait prévu que les vents allaient s’accélérer en entrant sur la France et provoquer la tempête que l’on sait. Il est bien évident que le volcanologue qui doit apprécier des phénomènes invisibles est confronté à des difficultés de prévisions autrement plus grandes.
Tant que la prévision concerne des volcans trônant dans des zones désertiques, elle est presque accessoire. Mais lorsqu’il s’agit d’un volcan comme le Vésuve qui menace la ville de Naples, c’est une autre paire de manches ! Le jour où le pétard campanien va montrer des signes de réveil, on verra exactement où en est la volcanologie actuelle. Il faudra faire vite, très vite, et ne pas se tromper !
Je rappellerai pour terminer qu’un volcan est aussi une leçon de modestie. Il y a quelques années, un volcanologue titrait dans le magazine Geo à propos du Piton de la Fournaise « Le volcan apprivoisé » ! Il se vantait d’être allé danser la sarabande auprès des sismographes et d’être allé à l’observatoire voir le résultats de ses cabrioles. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que quelques jours plus tard, le volcan allait lui donner une leçon et commencer une éruption qui n’était pas annoncée… !