Les glaciers andins en voie de disparition

medium_drapeaufrancais.282.jpgLes glaciers qui recouvrent si élégamment les sommets des volcans andins n’échappent pas, eu non plus au réchauffement climatique. Dans un récent article, la presse sud-américaine faisait un état des lieux :
Au Pérou, les montagnes ont perdu au moins 22% de leur surface glaciaire depuis 1970 et, selon une agence gouvernementale, la fonte est en train de s’accélérer.
En Bolivie, la fonte des glaciers s’est accélérée considérablement depuis 1980. Les scientifiques prévoient la disparition totale des glaciers dans 30 ou 40 ans. Un récent reportage de la nouvelle chaîne de télévision France 24 mettait l’accent sur les problèmes d’alimentation en eau que la disparition des glaciers boliviens allait poser.
En Equateur, la fonte rapide de la glace au sommet du volcan Cotopaxi est nettement visible depuis Quito, la capitale, située à 70 km au nord-ouest.
En Colombie, les calottes de glace reculent à raison de 240 mètres par an, soit 15 mètres de plus qu’il y a seulement quelques années.
Au Venezuela, plusieurs glaciers ont disparu des pics de la Sierra Nevada de Merida au cours des dernières décennies, tandis que d’autres ont vu leur surface se réduire considérablement.

medium_drapeau_anglais.275.jpgThe glaciers that cover so elegantly the tops of the Andean volcanoes are the victims of global warming too. In a recent article, the South-American press made a summary of the situation:
Peru: Andean mountains have lost at least 22 percent of their glacier area since 1970 and the meltdown is speeding up, according to a government agency.
Bolivia: Glacier melt has accelerated significantly since 1980. Scientists predict the country’s glaciers will disappear in 30 to 40 years. A recent report by the new TV channel France 24 emphasized the problems of water supply the disappearance of the glaciers would pose for Bolivia.
Ecuador: The rapid melting of the ice melting atop Cotopaxi can be seen from the capital, Quito, 40 miles to the northwest.
Colombia: Snowcaps are receding at an average rate of 80 feet a year, an increase from about 50 feet just a few years earlier.
Venezuela: The high peaks of the Sierra Nevada of Merida range show some glaciers have entirely disappeared over the past several decades, while others have shrunk significantly.

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Les tunnels de la mort (Ténériffe / Iles Canaries)

medium_drapeaufrancais.281.jpgUn groupe de 30 scientifiques et naturalistes s’est perdu hier dans le réseau de tunnels de Piedra de los Cochinos sur l’île de Ténériffe, aux Canaries. Six membres du groupe sont morts, probablement asphyxiés par des émanations de gaz carbonique. Les explorateurs avaient parcouru près de deux kilomètres sous terre quand le drame s’est produit. Il a fallu 17 heures aux sauveteurs pour ramener les 6 corps (5 hommes et une femme) à la surface. Six autres personnes ont été transférées à l’hôpital par hélicoptère. L’opération de sauvetage a été rendue particulièrement difficile par la morphologie des tunnels, parfois très étroits. De plus, l’air est souvent saturé en humidité et la température peut être très élevée. Les cadavres gisaient dans un passage d’à peine un mètre de diamètre.
Les autorités déconseillent l’accès à ces tunnels qui ont été creusés pour extraire de l’eau, mais il est difficile de les contrôler. Ce sont plus particulièrement les chutes d’eau souterraines qui attirent les spéléologues. Des grilles de protection existent, mais beaucoup d’entre elles ont été éventrées.
L’exploration des tunnels de lave présente toujours un risque, même sur les volcans inactifs depuis très longtemps. En Auvergne, des émanations de gaz carbonique se produisent dans le Creux de Souci près du lac Pavin. Son accès est d’ailleurs interdit au public.
Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’explorer d’anciens tunnels de lave sur l’Etna ou se séjourner dans la cave de la Torre del Filisofo. Dans de telles situations, je testais régulièrement l’air avec des ampoules contenant un réactif qui me permettait de savoir si j’étais en sécurité.

medium_drapeau_anglais.274.jpgA group of 30 scientists and nature lovers got lost in a maze of narrow underground tunnels in Spain’s Canary Islands yesterday, and six of them died after apparently suffocating.
The explorers were more than a mile underground Saturday in area where gases, especially carbon dioxide, may have seeped in, cutting off their oxygen. It took 17 hours for the bodies of five men and a woman to be pulled from the underground complex. Six others were flown by helicopter to a hospital. Rescue efforts were complicated by the gases and because the tunnels are so cramped. The area where the dead were found may have been just three feet in diameter. Besides, humidity can reach 100% and the temperature can be very high
Officials discourage exploration of the tunnels, carved out to extract water, but there is almost no way of policing the tunnels, and adventurers are lured by their beauty, including underground waterfalls. Authorities have erected steel gates to keep people out of some of the tunnels, but some have been broken open.
The exploration of lava tubes is always risky, even on volcanoes that have been inactive for a long time. In Auvergne, carbon dioxide emissions may occur in the Creux de Souci, near the Pavin Lake. Its access has been forbidden to the public.
I had several times the opportunity to visit lava tubes on Mount Etna and to sleep in the basement of the Torre del Filosofo. In such situations, I regularly tested the air with vials that contained a reagent and thus allowed me to know if there was any danger.

Soufriere Hills (Ile de Montserrat / Antilles britanniques)

medium_drapeaufrancais.280.jpgLa situation sur le volcan reste relativement calme. Le dernier rapport en date signale cependant que trois coulées pyroclastiques ont été observées dans la vallée de la Tar River le 8 février dans l’après-midi ; la plus longue d’entre elles a couvert 2 kilomètres. Une autre a couvert 700 mètres dans Tyres Ghaut le matin du 9 février. Ces coulées sont provoquées par des effondrements périodiques du dôme sommital.

medium_drapeau_anglais.273.jpgVolcanic activity has remained low over the last few days. The latest report indicated that on February 8th, three pyroclastic flows were observed in the Tar River Valley with the largest reaching a couple of kilometres. Another flow covered 700 metres in Tyres Ghaut on February 9th in the morning. Such pyroclastic flows are caused by periodical collapses of the summit dome.

Vous avez dit volcanologue?

Quand je fais des diaporamas-conférences, il arrive fréquemment que de jeunes spectateurs me demandent ce qu’il faut faire pour devenir volcanologue.
Si l’on s’en tient à l’étymologie du mot, un volcanologue est une personne qui étudie les volcans. En se limitant à cette définition, il y a beaucoup de volcanologues dans nos universités, en particulier dans les sections de géologie ou de pétrographie par exemple où l’étude des roches volcaniques fait bien sûr partie du programme.
En revanche, si l’on entend par volcanologue celui qui, sur les traces d’Haroun Tazieff ou de Katia et Maurice Krafft, va étudier les volcans sur le terrain – ce qui est pour moi la vraie définition d’un volcanologue – le nombre d’heureux élus se réduit considérablement. Les postes de travail vacants dans les observatoires et les instituts scientifiques sont très peu nombreux, de sorte que beaucoup de jeunes qui ont étudié la volcanologie en couronnant leurs études par des maîtrises et autres doctorats se trouvent souvent réduits, pour gagner leur vie, à des fonctions d’enseignement, d’encadrement touristique, ou doivent se replier sur des métiers parfois fort éloignés de la volcanologie. A ce sujet, une visite du site web de l’Institut de Physique du Globe de Paris (rubrique « Institut / Quelques chiffres ») est très révélatrice.
Rêver de devenir Tazieff ou Krafft de nos jours est illusoire. Il est devenu très difficile, voire impossible, de vivre de ses images. Le contexte n’est plus le même que dans les années 60. Les vidéos de volcans en éruption ont envahi les écrans de télévision. Certaines agences de voyages proposent même de conduire leurs clients à Hawaii ou en Indonésie. Il est d’ailleurs à noter que beaucoup d’accompagnateurs de ces voyages sont des diplômés en sciences de la terre qui n’ont pas trouvé d’emplois sur le terrain.
Ce que je conseille aux jeunes épris de volcanologie, c’est de poursuivre leurs études en fonction de leurs résultats scolaires, sans trop penser à la volcanologie. Si l’occasion de travailler dans cette spécialité – ou dans un domaine touchant aux Sciences de la Terre – se présente un jour, qu’ils la saisissent, cela va de soi ! Pour la plupart, ce n’est que plus tard, lorsqu’ils auront trouvé un métier à leur convenance, qu’ils pourront donner libre cours à leur passion. C’est la solution que j’ai choisie. J’ai fait des études d’anglais. J’exerce un métier qui me plaît et qui me permet d’escalader les volcans actifs de la planète pour y faire des observations et prendre des photos, bref, assouvir ma passion des volcans. Je ne suis que « volcanophile », mais c’est très bien ainsi !