Surveillance d’un volcan sous-marin (Caraïbes)

079603608dcfce8ca109f418328296d4.jpgA partir de cette semaine, des chercheurs vont commencer à contrôler en temps réel le volcan sous-marin Kick’em Jenny, au large de la côte nord de l’île de Grenade dans les Caraïbes. En effet, le 6 mai dernier, ils ont installé un nouveau système de capteurs sismiques au sommet de ce volcan, ce qui devrait contribuer à protéger la population de l’île contre les éruptions et les tsunamis.
Un élément essentiel du système est un sismomètre installé au sommet du volcan et capable de collecter des données en profondeur, en l’occurrence à 250 mètres sous la surface de l’océan. Ces informations atteignent le rivage en quelques millisecondes, ce qui permet une très bonne surveillance sismique.
La transmission des informations vers la surface se fait par le biais d’un tuyau qui relie le fond de l’océan à une balise à la surface. Le tuyau est conçu pour compenser les mouvements des vagues, des marées et des courants (très forts autour de Kick’em Jenny) et il peut s’étirer sur deux fois sa longueur initiale sans se rompre. Des conducteurs électriques sont enroulés en spirale dans les parois du tuyau, ce qui les empêche de se briser quand le tuyau se met en extension. La balise en surface utilise des panneaux solaires pour alimenter des émetteurs radio qui envoient les données à 7 km de distance sur la côte.
Ainsi, Kick’em Jenny fournit aux scientifiques une occasion unique de surveiller un volcan sous-marin peu profond susceptible d’émerger un jour ou l’autre. Il est entré en éruption au moins une douzaine de fois depuis 1939. Sa dernière colère remonte à 2001.
Source : Science Daily

74b2c9ba3f9f45434c90adf6826f7a25.jpgFrom this week, researchers will begin direct monitoring of the submarine Kick’em Jenny volcano, off the north coast of Grenada in the Carribean Sea. Indeed, on May 6th, a team of scientists installed a new underwater earthquake monitoring system on top of the volcano.
The new monitoring technology will significantly improve the ability to protect the island’s residents from volcanic eruptions and tsunamis.
A key element of the system is an ocean-bottom seismometer deployed directly on top of the volcano—250 meters beneath the sea surface—to collect real-time data. The data will reach the shore within milliseconds of being collected, which will significantly improve the ability of researchers to monitor seismic activity as it happens.
The transmission of the data is possible thanks to a flexible, stretchy hose that connects the seafloor anchor and instruments to the buoy on the sea surface. This hose is designed to compensate for the movement of waves, tides, and currents (which are notoriously rough around Kick‘em Jenny), and stretches to more than two times its original length without snapping. Electrical conductors are spiraled through the wall of the hose so that the wires straighten out, rather than break, when the hose stretches. A surface buoy uses solar panels to power the radio transmitters that send the data seven kilometres to the coast.
Kick’em Jenny provides scientists with a unique opportunity to study the activity at a shallow submarine volcano that will one day emerge from the ocean. It has erupted at least twelve times since 1939. The last major eruption occurred in 2001.
Source: Science Daily

Bulusan (Philippines)

ffc08b8e8d0b2567d248d7e96a9372f4.jpgSitué à 390 km au SE de Manille, le Bulusan vient d’entrer en éruption à 10h30 (heure locale) aujourd’hui. Il a émis des nuages de cendres et de vapeur jusqu’à 4 km de hauteur. Néanmoins, le volcan ne représente pas pour le moment un danger pour les populations. Il s’agit de la sixième crise éruptive cette année.
Suite aux retombées de cendres, la visibilité était nulle dans les villes de Juban et Irosin, avec un danger certain pour les automobilistes. Les pompiers ont dû arroser les rues et les routes pour éviter les accidents. Le niveau d’alerte est maintenu à 1. Un périmètre de sécurité permanent de 4 km de rayon est mis en place autour du volcan.
Source: La presse locale.

18c2fe7c4c386deecb66380edce87230.jpgLying 390 km to the SE of Manilla, Bulusan has just started a new eruption at 10:30 (local time) today, spewing clouds of steam and ash up to 4 km high. However, the volcano is not yet a threat to the residents. It is the sixth eruptive crisis this year.
The volcanic ash caused « zero visibility » over some parts of Juban and Irosin towns, making it hazardous for motorists. Fire trucks were needed to wash ash off the roads to avoid accidents. The alert level is kept at 1. A permanent 4 km-radius safety zone has been set up around the volcano.
Source: The local press

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

On peut se demander ce que mijote le volcan. Dans son bulletin du 11 mai, l’Observatoire écrivait : « Nous avons observé hier (le 10 mai) 28 séismes sommitaux, dont un de magnitude 2 ; 53 séismes profonds, dont un de 23 secondes de durée ; 4 séismes de longue période et 27 éboulements. Le léger tremor observé depuis 2h (heure locale) ce matin diminue actuellement. Il indique une montée de magma sous le sommet, mais qui n’est pas arrivée jusqu’à la surface. Lors d’un survol vers 11h, ni magma ni dégazage n’ont été observés, mais une évolution vers une éruption est possible dans les heures ou jours à venir. »
S’agissant de la journée du 11 mai, « ont été enregistrés 24 séismes sommitaux (le plus important d’une magnitude de 1.9), 9 séismes profonds, 7 séismes Longue Période (mouvements de magma en profondeur) et 66 éboulements. Le léger tremor observé au cours de la journée d’hier (11/05/2007) sur les stations sommitales a désormais complètement disparu. »

S’agit-il d’une phase de stabilisation de la chambre magmatique ou des signes d’une nouvelle montée de magma et d’une nouvelle éruption ? Nul ne le sait. La situation actuelle montre les limites de la volcanologie. Nous savons observer et analyser certains facteurs sans pouvoir aller plus loin dans la prévision et donc la prévention.
On arrive d’ailleurs à la même conclusion sur l’Etna. Ce matin, le tremor éruptif est au plus bas, mais rien ne dit que dans quelques heures il ne va pas s’accroître brutalement et annoncer un nouveau paroxysme du Cratère SE. On observera l’événement, on analysera les produits émis, mais on sera toujours incapable de prévoir la prochaine crise, ou pire, la prochaine éruption ! Cette remarque n’est pas un reproche adressé aux scientifiques. Ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens et instruments mis à leur disposition, mais c’est la Nature qui commande !

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

fbad8bec0c85e0f3c89b2f53ce34202c.jpgMême si l’éruption est officiellement terminée depuis un peu plus d’une semaine, le volcan ne semble pas pour autant être complètement rendormi. Le Journal de l’Ile indiquait dans son édition du 8 mai qu’ « une chaleur intense règne toujours dans le Grand Brûlé. Les hornitos situés à mi-chemin entre le cône éruptif (à 650 mètres d’altitude) et la route nationale continuent de rougeoyer… Le soufre tapisse les flancs de ces petits cônes encore surchauffés. Les fissures laissent échapper un souffle brûlant. Le volcan frémit toujours. »

bf95cd8e858dd6dad66b2668720f587d.jpgEven if the eruption has been officially over for more than a week, it doesn’t seem the volcano is fully asleep. The Journal de l’Ile indicated in its May 8th issue that a strong heat was still prevailing in the Grand Brûlé. The hornitos between the eruptive cone (650 m a.s.l.) and the national road are still incandescent. Sulphur deposits can be seen on their overheated flanks while the fractures are still emitting a scalding breath. The volcano is still alive…