Le film « San Andreas »: De la science à la fiction // From science to fiction

drapeau francaisLorsque je l’ai vu la bande-annonce de San Andreas, un film sur les écrans en ce moment, j’ai compris d’emblée qu’il ne me plairait pas! D’accord, ce n’est pas un documentaire, mais les effets spéciaux sont tout de même trop poussés pour que le film devienne crédible. Il faut oublier la géologie de la faille de San Andreas si on ne veut pas quitter la salle de cinéma avant la fin.
https://www.youtube.com/watch?v=Bz9e0PGSDeU&feature=player_detailpage

Les cinéastes d’Hollywood ont pour habitude d’exagérer les effets pour attirer le public et San Andreas n’échappe pas à la règle. La puissance du séisme et les dégâts qu’il cause vont au-delà de la réalité. Comme l’a fait remarquer un sismologue américain, la première chose à garder à l’esprit est que les séismes de magnitude M 9 ne se produisent que le long des zones de subduction, là où les plaques tectoniques entrent en collision et où une plaque glisse sous une autre. Il y a des millions d’années, il y a eu une zone de subduction active sous Los Angeles ou San Francisco, mais ce n’est plus le cas. La faille de San Andreas se trouve à la limite entre la plaque Pacifique et la plaque nord-américaine. C’est une faille géologique dite en décrochement qui marque la rencontre et le coulissement de deux plaques tectoniques. Un séisme le long de cette faille pourrait en théorie atteindre M 8,3 mais, comme il se produirait principalement à l’intérieur des terres, il ne générerait pas un puissant tsunami comme celui que l’on peut voir dans le film.
Le niveau de destruction dépeint dans San Andreas est exagéré. Le gouffre béant qui s’est ouvert dans la région de San Andreas en Californie centrale est une chose totalement impossible. Si la faille pouvait s’ouvrir de cette manière, cela voudrait dire qu’il n’y aurait pas de frottement, et sans frottement n’y aurait pas de séisme.
San Andreas montre un sismologue capable de prédire la catastrophe à venir. C’est le rêve de tout sismologue! Malheureusement, les scientifiques n’ont pas encore trouvé le moyen de prévoir le moment où va se déclencher un séisme. Des signaux magnétiques et électriques sont utilisés ; on étudie même le comportement des animaux, mais sans grand succès. La seule chose que l’on sait, c’est que certaines régions du globe – comme la Californie – sont plus exposées aux séismes que d’autres. De plus, on sait qu’il y a une forte probabilité de déclenchement d’un nouveau séisme juste après une forte secousse. C’est un aspect de la sismologie qui apparaît bien dans San Andreas. Dans le film, un événement de M 7.1 dans le Nevada déclenche un autre de M 9.1 à Los Angeles, qui lui-même déclenche une secousse de M 9.6 à San Francisco. Si l’on reporte ces magnitudes en les mettant en relation avec la véritable possibilité d’un séisme sur la faille de San Andreas, le scénario devient plausible. Dans la journée qui a suivi le tremblement de terre de San Francisco en 1906, des séismes de M 5 à M 6 ont été enregistrés dans l’Imperial Valley, à Santa Monica Bay, dans l’Oregon et le Nevada. A ces distances, on les qualifie de « triggered earthquakes » (en français « séismes déclenchés ») plutôt que de « répliques », mais ils se produisent fréquemment. Les répliques qui continuent à secouer les personnages du film correspondent bien à celles qui font suite à un véritable séisme.
La partie la plus plausible de San Andreas est sa description des émotions ressenties par les personnes qui se trouvent au coeur d’une catastrophe majeure : L’absence de communications provoque un mouvement de panique au sein des familles ; savoir se protéger et protéger ceux qui vous entourent réduit la peur et augmente les chances de survie. Le film montre aussi fidèlement qu’il est très utile de connaître les principes de base des premiers secours, que les tsunamis peuvent être précédés par une phase de retrait de l’océan, que les lignes fixes continuent de fonctionner quand les téléphones cellulaires sont hors service et que le fait d’avoir un « plan B » peut rendre la vie plus facile et plus sûre après un puissant séisme. Pour le reste, vous aurez tout intérêt à faire abstraction de vos connaissances en géologie!

Ce film me rappelle un peu Le Pic de Dante dans lequel beaucoup de scènes étaient de la pure fiction. Le réalisateur avait  rassemblé dans un seul film tous les aspects des éruptions volcaniques. Chaque aspect pris séparément était plausible, mais mettre tous les aspects dans le même panier devenait carrément comique!

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drapeau anglaisWhen I saw the trailer of San Andreas, a film that is on the screens at the moment, I knew I would not like it! Ok, it is not a documentary but it’s going a bit too far in the special effects to become credible. You need to forget the science around the San Andreas Fault if you do not want to leave the film before the end.

https://www.youtube.com/watch?v=Bz9e0PGSDeU&feature=player_detailpage

Hollywood filmmakers usually exaggerate for effect, and this film is no exception. Both the magnitude of the earthquake and the damage it causes are beyond reality. The first thing to know is that M 9 earthquakes only occur along subduction zones, places where tectonic plates collide and where one plate slips under another. Millions of years ago, there used to be an active subduction zone under Los Angeles or San Francisco, but this is no longer the case. The San Andreas Fault forms the tectonic boundary between the Pacific Plate and the North American Plate, and its motion is right-lateral strike-slip. Besides, an earthquake along the fault would reach a maximum of M 8.3. Being mostly on land, it would never produce a big tsunami like the one in the movie.

The level of destruction portrayed in the film is exaggerated. The gaping chasm we see rupturing the San Andreas area in central California is completely impossible. If the fault could open up like that, there would be no friction, and without friction there would be no earthquake.

San Andreas shows a seismologist predicting the coming disaster. This is a seismologist’s dream! Unfortunately, we have yet to find any way to foresee the time of a particular earthquake. Magnetic and electric signals, even animal behaviour have been studied without much success. The only thing we know is that some areas of the globe – like California – are more prone to earthquakes than others. The only time we know an earthquake becomes more likely is right after another one because of earthquake triggering. This is an important piece of seismology the film gets right. In San Andreas, a M 7.1 event in Nevada triggers a M 9.1 in Los Angeles that triggers a M 9.6 in San Francisco. If you adjust the magnitudes to what’s possible on the real San Andreas Fault, the triggering pattern is actually plausible. In the day after the 1906 earthquake that devastated San Francisco, M 5 to 6 earthquakes ruptured through Imperial Valley, Santa Monica Bay, Oregon and Nevada. At those distances, we call them “triggered earthquakes” instead of “aftershocks,” but they are common. The aftershocks that continue to rattle the characters in the movie are representative of what indeed could follow a real event.

The most plausible part of San Andreas is its depiction of the emotions people experience during a major disaster. The loss of communication brings fear to families, while the knowledge of how to protect yourself and those around you reduces that fear and boosts the chances of survival. The film also aptly shows that knowing the fundamentals of first aid, that tsunamis can be preceded by a draw-down of the ocean, that landlines work when cell phones are out and that having a “plan B” all can make life easier and safer after a big earthquake. For the rest, just forget geology!

This film reminds me of Dante’s Peak in which many scenes were pure fiction. The director had brought together in a single film all the aspects of volcanic eruptions. Each aspect was plausible, but putting all aspects in one basket was downright comical!

Voici quelques vues de la plaine de Carrizo et de la faille de San Andreas:

Here are some views of the Carrizo Plain and the San Andreas Fault:

SA 01

Vue de la Tremblor Range qui borde la plaine de Carrizo au nord-est

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De profondes fractures déchirent la plaine de Carrizo

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Soda Lake, au centre de la plaine de Carrizo

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Faille de San Andreas à Wallace Creek

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Dans la faille de San Andreas…

(Photos:  C.  Grandpey)

Le Parc de Yellowstone sur Azur TV

Cette semaine l’émission de télévision l’Oeil du Voyageur sur Azur TV est consacrée au Parc National de Yellowstone, avec un film de Claude Grandpey.

A partir de jeudi 5 mars : 14h45, 17h20, 22h00
Rediffusions le vendredi 6 (16h25) ; dimanche 8 (07h30, 14h00, 23h35) ; lundi 9 (6h30, 10h20) ; mardi 10 (15h15) ; mercredi 11 (16h25).
Pas de podcasts. L’émission est à voir pendant sa diffusion sur la TNT locale (canal 31) et sur le site Internet de la chaîne : http://www.azur-tv.fr/

 Yellow-blog

Kodachrome Basin dans le Parc de Yellowstone  (Photo:  C.  Grandpey)

Montserrat, Jamy, etc.

Comme on a pu s’en rendre compte mercredi dernier au cours de l’émission « Des volcans et des hommes » avec Jamy Gourmaud, le volcan Soufriere Hills à Montserrat est calme en ce moment, ce qui est confirmé par les derniers rapports de l’Observatoire. Ces dernières semaines, on observait en moyenne un éboulement et un événement sismique volcano-tectonique par semaine, ce qui est vraiment peu. Les derniers relevés d’émissions de SO2 révélent une moyenne de 554 tonnes par jour avec un écart de 274 – 1198 tonnes.

Pour le reste, beaucoup on été déçus par ce premier épisode du Monde de Jamy consacré aux volcans d’Hawaii, des Antilles, de Campanie et d’Ethiopie.  Il est vrai que la qualité pédagogique était bien moins évidente que pendant la défunte émission « C’est pas soucier ». On reste certes dans le domaine de la vulgarisation, mais les pizzas napolitaines semblent superflues ! Il aurait été plus judicieux de montrer les colonnes du temple de Serapis à Pouzzoles (entrevu l’espace de quelques secondes) pour illustrer le bradyséisme mentionné par le scientifique de service.

S’agissant d’Hawaii, puisque de superbes images étaient annoncées par la presse, j’aurais aimé admirer une séquence consacrée au lac de lave de l’Halema’uma’u. Peut-être la météo était-elle trop pourrie pour réaliser de bonnes prises de vues ? Jamy n’a vraiment pas été gâté par le ciel! N’aurait-il pas pu différer de quelques heures le survol du Pu’uO’o ? A côté de cela, les images des coulées étaient très belles, de même que les vues de Dallol en Ethiopie.

Je m’attendais à une fin d’émission en apothéose avec le lac de lave de l’Erta Ale. Quelle déception ! Les vues de nuit étaient indignes d’une émission diffusée en première partie de soirée. Pourquoi avoir utilisé un caméscope amateur dont on sait que petit capteur est incapable de restituer les belles couleurs de la lave pendant la nuit ? Le blanc et le rouge framboise n’ont rien à voir avec la réalité !! On est loin des images de Ushuaia Nature (émission abandonnée elle aussi, car trop coûteuse) qui restent pour moi une référence dans ce domaine.

L’émission a le mérite d’exister mais je pense que le style doit être modifié si Le Monde de Jamy ne veut pas se retrouver aux oubliettes…

Temple-Serapis-2

Coquillages sur une colonne du Temple de Serapis à Pouzzoles, bel exemple de bradyséisme.

(Photo:  C.  Grandpey)

Pompéi, encore et toujours!

La chaîne Discovery Science présente le lundi 31 mars à 21 heures un document de 60 minutes intitulé «Pompei : Un tueur parmi nous».

En voici un extrait qui concerne l’éruption de 1944:

 http://www.youtube.com/watch?v=-fg7Ay8UfRI

Discovery Channel est distribué par CanalSat (canal 84) et Numericable (Canal 136).