Climat : multiplication des événements extrêmes // Climate : multiplication of extreme events

Si vous lisez la seule presse française, vous ne vous en rendrez pas compte. Nos journalistes sont trop occupés à s’attarder sur des sujets futiles en oubliant le reste de l’actualité. En revanche, si vous lisez la presse internationale, vous vous rendrez vite compte à quel point la situation climatique est alarmante et à quelle vitesse les événements extrêmes se multiplient. Quand l’un d’entre eux survient en France, c’est toujours le même refrain : « On n’avait jamais vu ça ! ». Malheureusement le « jamais vu ça » aura tendance à se répéter dans les prochaines années si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pourtant, la planète nous aura prévenus. Cela fait plusieurs années que des régions du monde souffrent car elles connaissent des événements extrêmes. Ainsi, entre décembre 2019 et janvier 2020, l’Australie était dévastée par les flammes. On parlait alors d’un événement exceptionnel, mais l’exceptionnel a tendance à se répéter ! La vague de chaleur qui a frappé les Etats Unis et le Canada au cours des dernières semaines est, selon les experts, « la plus extrême que la Terre ait connue depuis longtemps ». Elle a fait tomber un record de température de près de 5°C !

En France, ce sont les pluies qui ont plongé dans l’angoisse la population de certaines régions, mais c’est peu de chose à côté des crues dévastatrices qui viennent d’affecter la Belgique et surtout l’Allemagne où Angela Merkel a parlé d’« inondations qui dépassent l’imagination. »

En Chine, sur la ville de Zhengzhou, il est tombé, en 72 heures 787,9 millimètres de pluie. C’est l’équivalent de ce qui tombe habituellement dans la région en .un mois ! Le phénomène a entraîné des inondations monstres…

Des vagues et des records de chaleur sont enregistrés dans de nombreux pays. La Finlande vient ainsi de connaître 31 jours consécutifs à plus de 25°C. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, la chaleur a déclenché de gigantesques incendies en Sibérie où les scientifiques ont enregistré en juillet 2021 des niveaux de particules fines dans l’atmosphère supérieurs à 1.000 microgrammes par mètre cube. C’est plus de 40 fois le niveau de sécurité recommandé par l’OMS.

Aucun continent n’est épargné. En Afrique, le Botswana a enregistré le 22 juillet 2021 une température de -9,7 °C et le Groenland pourrait voir ses températures monter à quelque 20°C au-dessus des normales dans les prochains jours.

Aujourd’hui, contrairement au passé, tous les scientifiques sont d’accord pour dire que le responsable de ces événements extrêmes est le changement (ou réchauffement) climatique . Certes, il y a toujours eu des inondations en Chine et des feux de forêts en Australie, mais leur fréquence et leur ampleur sont devenues exceptionnelles. Le réchauffement climatique a clairement un effet amplificateur sur tous ces événements météorologiques extrêmes.

Des études ont montré que le réchauffement climatique allait rendre les vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses. De la même façon, on va assister à une multiplication des épisodes de pluies extrêmement abondantes, ou encore des sécheresses prononcées, avec toutes les conséquences que cela suppose.

Il est facile de comprendre ce qui provoque les précipitations extrêmes et leur cortège d’inondations. Lorsque l’air se réchauffe, il retient plus d’humidité. Un excès d’humidité de 7 % entraîne une hausse de 1°C des températures. De plus, lorsque l’air se réchauffe, l’évaporation devient plus rapide, que ce soit au-dessus de l’eau ou au-dessus des terres. On débouche donc sur des précipitations particulièrement intenses.

Des chercheurs anglais de l’université de Newcastle attirent l’attention sur un différentiel de température qui diminue entre les pôles et les tropiques en raison du réchauffement climatique. Cela a pour conséquence de ralentir le déplacement des tempêtes et entraîner de fortes précipitations sur une région donnée, avec le risque de crues soudaines. A cela, il faut ajouter la destruction de plus en plus de barrières végétales et un développement urbain qui empêche les précipitations de se dissiper.

On a parfois – voire souvent – reproché aux climatologues d’être trop pessimistes dans leurs prévisions, mais la situation actuelle démontre qu’ils ont probablement été trop optimistes. Aujourd’hui, quelques-uns expliquent qu’ils pourraient avoir sous-estimé les conséquences du réchauffement climatique. Un scientifique du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA a même déclaré : «  C’est déjà pire que ce que j’imaginais.»,

Adapté d’un article paru dans Futura Sciences.

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If you only read the French press, you won’t realize it. Our journalists are too busy dwelling on trivial matters while forgetting the rest of the news. On the other hand, if you read the international press, you will quickly realize how alarming the climate situation is and how quickly extreme events are multiplying. When one of them occurs in France, it’s always the same refrain: “We had never seen that before! Unfortunately, the “never seen before” will tend to repeat itself in the coming years if nothing is done to reduce greenhouse gas emissions.
However, the planet will have warned us. Regions of the world have been suffering for several years because they are experiencing extreme events. Thus, between December 2019 and January 2020, Australia was devastated by the flames. Expetrts said it was an exceptional event, but the exceptional tends to be repeated! The heat wave that has hit the United States and Canada in recent weeks is, according to experts, « the most extreme that the Earth has known in a long time ». It brought down a temperature record by nearly 5°C!
In France, the rain plunged the population of certain regions into anxiety, but this is little compared to the devastating floods which have just affected Belgium and above all Germany where Angela Merkel spoke of  » Floods that are beyond imagination.  »
In China, in the city of Zhengzhou, 787.9 millimeters of rain fell in 72 hours. This is the equivalent of what usually falls in one month in the region! The phenomenon led to monster floods …

Heat waves and heat records are being recorded in many countries. Finland has just experienced 31 consecutive days at over 25°C. As I put it in a previous post, the heat started gigantic fires in Siberia where scientists in July 2021 recorded levels of fine particles in the atmosphere above 1,000 micrograms per cubic meter. This is more than 40 times the level of safety recommended by the WHO.

No continent is spared. In Africa, Botswana recorded on July 22nd, 2021 a temperature of -9.7°C and Greenland could see its temperatures rise to some 20°C above normal in the coming days.

Today, unlike in the past, all scientists agree that the culprit behind these extreme events is climate change (or global warming). Of course, there have always been floods in China and forest fires in Australia, but their frequency and magnitude have become exceptional. Global warming clearly has an amplifying effect on all of these extreme weather events.
Studies have shown that global warming will make heat waves more frequent, longer and more intense. Likewise, we will witness an increase in episodes of extremely abundant rains, or even severe droughts, with all the consequences that this implies.
It’s easy to understand what causes extreme precipitation and its attendant flooding. As the air heats up, it retains more moisture. An excess of humidity of 7% causes a rise of 1°C in temperatures. In addition, as the air warms up, evaporation becomes faster, whether over water or over land. The situation therefore ends up with particularly intense precipitation.

English researchers at Newcastle University draw attention to a temperature differential that is shrinking between the poles and the tropics due to global warming. This has the effect of slowing the movement of storms and causing heavy rainfall over a given region, with the risk of flash floods. To this must be added the destruction of more and more plant barriers and urban development that prevents precipitation from dissipating.
Climate scientists have sometimes – indeed often – been criticized for being too pessimistic in their forecasts, but the current situation shows that they have probably been too optimistic. Today, some explain that they could have underestimated the consequences of global warming. A scientist from NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL) even said: « It’s already worse than I imagined. »,
Adapted from an article in Futura Sciences.

Inondations en Allemagne (Source: Chaîne Météo)

2 réflexions au sujet de « Climat : multiplication des événements extrêmes // Climate : multiplication of extreme events »

  1. « 787,9 millimètres de pluie ». C’est ce qui tombe par chez moi en 1 an. Quant au Botswana, c’est plus de 30°C sous les normales saisonnières (25°C en saison sèche). Ca fait vraiment froid dans le dos. Et il est vrai qu’on n’en parle quasiment pas. Entre J.O. et COVID, il semble qu’il n’y ait pas de place pour les problèmes de fond.

    Merci pour vos articles toujours intéressants.

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    1. J’aime beaucoup votre remarque entre JO et Covid, il semble qu’il n’y ait pas de place pour les problèmes de fond. Vous allez voir: le rapport du GIEC avec ses alertes climatiques sera abordé par les médias pendant 24 heures et, très vite, ce sera le transfert de Messi au PSG qui fera la une des infos. Il y a des priorités dans la vie!!

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