L’ « acqua alta » à Venise, dans la logique du réchauffement climatique

Une marée haute d’une ampleur sans précédent a noyé Venise le 12 novembre 2019. L’« acqua alta » est un événement qui se produit régulièrement dans la Cité des Doges à cette époque de l’année, mais elle a atteint cette fois-ci des proportions extraordinaires, favorisée par un puissant sirocco qui a fait déferler les vagues sur la Place Saint-Marc, jusqu’à l’intérieur de la basilique.

Cette marée haute exceptionnelle a atteint une hauteur de 1,87 m, le plus haut niveau enregistré depuis 53 ans. C’est la deuxième plus haute marée à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle de 1,94 m le 4 novembre 1966. Ce qui est le plus préoccupant, c’est qu’une inondation comme celle du 12 novembre 2019 s’est seulement produite cinq fois dans l’histoire de la basilique San Marco érigée en 828 et reconstruite après un incendie en 1063. Sur les 5 épisodes précédents, trois ont eu lieu au cours des 20 dernières années, la dernière fois l’an dernier, en 2018. Les événements sont donc en train de s’accélérer, ce qui n’est guère une surprise au vu du contexte climatique actuel. A noter que dans le même temps, des pluies torrentielles accompagnées de très fortes rafales de vent se sont abattues sur tout le Veneto.

L’eau montante a submergé les terrasses des cafés, emportant les tables et les chaises. Les passerelles des hôtels situés le long du Grand Canal ayant été emportées par les flots, les clients des vaporetti ont été contraints d’entrer dans les établissements par les fenêtres.

La hauteur de l’eau (1,87 mètre) indiquée précédemment ne signifie pas que toute la ville ait été recouverte de cette façon. Il faut retrancher de cette hauteur le niveau moyen de la ville, qui se trouve entre 1 mètre et 1,30 mètre.

Pour protéger la ville de cette « acqua alta » qui endommage le patrimoine artistique, il existe le projet Mose (acronyme de MOdulo Sperimentale Elettromeccanico). Il s’agit d’un ouvrage en cours de réalisation qui prévoit un système de protection formé de rangées de vannes mobiles escamotables permettant d’isoler la lagune de Venise de la Mer Adriatique durant les phénomènes de hautes marées dépassant un niveau établi (110 cm) et jusqu’à un niveau maximum de 3 mètres. Le système est en cours de construction depuis 2003, mais le surcoût et les malfaçons ont entraîné de nombreux retards. La livraison du MOSE est à l’heure actuelle prévue pour une inauguration en 2020

Ce qui se passe actuellement à Venise devrait nous faire réfléchir. C’est l’exemple même du phénomène qui menacera les côtes françaises à très court terme. Chez nous, les dernières grandes marées ont eu lieu par beau temps et sans vent. Si la houle s’était manifestée, les côtes auraient inévitablement subi les assauts des vagues. Les prévisions concernant l’élévation du niveau des océans pour les prochaines décennies sont particulièrement alarmistes mais, hormis des enrochements ici et là, aucune politique d’envergure n’a été mise en place dans notre pays. On connaît la suite : le jour où les événements vont se déchaîner, on commencera par pleurer devant le nombre de victimes et devant les dégâts subis par les habitations. Ensuite on cherchera les responsables, en se gardant bien d’accuser le réchauffement climatique qui, lui, ne saurait être mis en examen…

lmage d’archive montrant le Palazzo Ducale au cours de l' »acqua alta  » record du 4 novembre 1966

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