Histoire de cristaux (Ile de Santorin / Grèce)

La très sérieuse revue Science vient de publier un article abordant un sujet que j’avais déjà rencontré il y a quelques années et qui m’avait paru intéressant.
Des chercheurs des universités de Durham et de Leeds en Grande Bretagne ont étudié la formation des cristaux dans la lave du volcan Nea Kameni à Santorin (Grèce) afin de « calculer l’échelle de temps entre le déclenchement de l’activité volcanique et l’éruption proprement dite ». Selon eux, une telle technique pourrait s’appliquer à de nombreux autres volcans de la planète. Elle permettrait de mieux comprendre le comportement individuel des volcans et contribuerait à mieux prévoir les éruptions, domaine devant lequel la science est particulièrement démunie à l’heure actuelle.
En examinant les cristaux produits par le volcan Nea Kameni lors de sa dernière éruption (1925-1928), les scientifiques ont démontré que la bordure de ces cristaux réagissait avec le magma lors de son ascension dans la partie superficielle de la chambre magmatique avant l’éruption, processus qui semble pouvoir être associé à l’activité sismique à faible profondeur. En étudiant la zone des cristaux se situant entre leur bordure et leur noyau, les chercheurs ont pu calculer la durée de vie de la bordure, révélant ainsi le temps de séjour du magma dans la partie superficielle de la chambre magmatique avant l’éruption. Dans le cas du volcan Nea Kameni, l’éruption s’est produite entre 3 et 10 semaines après que le magma soit arrivé dans la partie haute de la chambre.
Dans la mesure où les mouvements de magma sont accompagnés d’une activité sismique, une réactivation des signaux sismiques ou un gonflement du volcan grec liés à une montée du magma indiqueraient la proximité d’une éruption que l’on pourrait prévoir en se référant à l’échelle de temps mentionnée ci-dessus.

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