Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

On peut se demander ce que mijote le volcan. Dans son bulletin du 11 mai, l’Observatoire écrivait : « Nous avons observé hier (le 10 mai) 28 séismes sommitaux, dont un de magnitude 2 ; 53 séismes profonds, dont un de 23 secondes de durée ; 4 séismes de longue période et 27 éboulements. Le léger tremor observé depuis 2h (heure locale) ce matin diminue actuellement. Il indique une montée de magma sous le sommet, mais qui n’est pas arrivée jusqu’à la surface. Lors d’un survol vers 11h, ni magma ni dégazage n’ont été observés, mais une évolution vers une éruption est possible dans les heures ou jours à venir. »
S’agissant de la journée du 11 mai, « ont été enregistrés 24 séismes sommitaux (le plus important d’une magnitude de 1.9), 9 séismes profonds, 7 séismes Longue Période (mouvements de magma en profondeur) et 66 éboulements. Le léger tremor observé au cours de la journée d’hier (11/05/2007) sur les stations sommitales a désormais complètement disparu. »

S’agit-il d’une phase de stabilisation de la chambre magmatique ou des signes d’une nouvelle montée de magma et d’une nouvelle éruption ? Nul ne le sait. La situation actuelle montre les limites de la volcanologie. Nous savons observer et analyser certains facteurs sans pouvoir aller plus loin dans la prévision et donc la prévention.
On arrive d’ailleurs à la même conclusion sur l’Etna. Ce matin, le tremor éruptif est au plus bas, mais rien ne dit que dans quelques heures il ne va pas s’accroître brutalement et annoncer un nouveau paroxysme du Cratère SE. On observera l’événement, on analysera les produits émis, mais on sera toujours incapable de prévoir la prochaine crise, ou pire, la prochaine éruption ! Cette remarque n’est pas un reproche adressé aux scientifiques. Ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens et instruments mis à leur disposition, mais c’est la Nature qui commande !

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

fbad8bec0c85e0f3c89b2f53ce34202c.jpgMême si l’éruption est officiellement terminée depuis un peu plus d’une semaine, le volcan ne semble pas pour autant être complètement rendormi. Le Journal de l’Ile indiquait dans son édition du 8 mai qu’ « une chaleur intense règne toujours dans le Grand Brûlé. Les hornitos situés à mi-chemin entre le cône éruptif (à 650 mètres d’altitude) et la route nationale continuent de rougeoyer… Le soufre tapisse les flancs de ces petits cônes encore surchauffés. Les fissures laissent échapper un souffle brûlant. Le volcan frémit toujours. »

bf95cd8e858dd6dad66b2668720f587d.jpgEven if the eruption has been officially over for more than a week, it doesn’t seem the volcano is fully asleep. The Journal de l’Ile indicated in its May 8th issue that a strong heat was still prevailing in the Grand Brûlé. The hornitos between the eruptive cone (650 m a.s.l.) and the national road are still incandescent. Sulphur deposits can be seen on their overheated flanks while the fractures are still emitting a scalding breath. The volcano is still alive…

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

6a49bdad6c34032e3acf26f5b6bea228.jpgDans sa dernière mise à jour, l’Observatoire apporte plusieurs informations intéressantes. Outre l’activité habituelle (incandescence dans plusieurs des bouches du Pu’u O’o et coulées sur le pali jusqu’à l’océan), les scientifiques font remarquer qu’au cours des derniers mois, la caldeira du Kilauea s’est élargie à une vitesse de 1,5 cm par mois, révélant un stockage minimum de magma. Dans le même temps, le cône du Pu’u O’o avait tendance à s’affaisser, comme le montrent les fractures sur son versant sud. Un affaissement au rythme de 1 cm par mois a également été observé sur le versant nord.

a0f3eb88e0c8501b374347bff0d97bd2.jpgIn its latest update, the Observatory delivers several interesting pieces of information. Beside the usual activity (incandescence in several vents of the Pu’u O’o and lava flows on the pali then into the ocean), scientists report that for the past several months, the Kilauea caldeira widened at a rate of 1.5 cm/month, revealing a minimal magma storage; meantime, the Pu’u ‘O’o cone was slowly collapsing, as indicated by new cracks on the S flank. Subsidence of the cone’s N flank at a rate of 1 cm/month was also measured.

Etna (Sicile / Italie)

Après la dernière crise éruptive qui a secoué le Cratère SE entre le 6 mai au soir et le 7 au matin (accès à une petite vidéo de l’événement en cliquant sur le lien : http://www.wibw.com/diversions/headlines/7376076.html), l’Etna est à nouveau très calme. Le tremor éruptif a très rapidement retrouvé son niveau le plus bas.
Si l’on regarde la fréquence des derniers événements, rien ne permet de prévoir quand se produira la prochaine colère du volcan. Treize jours se sont écoulés entre l’éruption du 29 mars et celle du 11 avril, 18 jours entre la crise du 11 avril et celle du 29, sept jours seulement entre celle du 19 avril et la dernière du 6 mai. A une certaine époque, le Cratère SE se manifestait avec une régularité remarquable, mais ce n’est pas le cas cette fois-ci.
Il est indéniable que l’édifice volcanique présente un point de faiblesse très net dans sa partie SE. (N’oublions pas que c’est au pied du Cratère SE qu’a commencé la très longue éruption de 1991). La fracture qui tranche depuis plusieurs années le Cratère SE [voir photo ci-dessous] représente une évacuation idéale pour la lave quand la pression des gaz est suffisante. Il ne faudrait pas oublier non plus que cette fracturation du versant SE ne se limite pas à la partie sommitale du volcan. Elle se poursuit bien en aval et vient même couper la route SP92. Il ne faudrait pas que, sous les coups de butoir du magma, cette longue fracture vienne à se fragiliser davantage. Les zones habitées, jusqu’à présent hors de danger, se trouveraient rapidement menacées. Au moment de l’éruption de 1991, Franco Barberi – alors responsable de la Protection Civile – avait demandé à l’Institut des Fluides de Palerme de contrôler cette zone. Je pense que son successeur serait bien inspiré de faire de même…

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