Plateforme glaciaire Larsen C (Antarctique): Rupture imminente ? // Is the Larsen C ice shelf about to break off in Antarctica?

drapeau-francaisLa fracture qui tranche la plateforme glaciaire Larsen C est en train de s’allonger en Antarctique. Encore 10,2 km et un iceberg d’au moins 5 000 kilomètres carrés partira à la dérive dans l’océan. Alors qu’elle était encore longue de 18 km il y a deux semaines, la balafre progresse de jour en jour et les scientifiques pensent qu’elle peut finir de s’ouvrir à tout moment. Il est toutefois impossible de dire exactement quand l’événement aura lieu.
Les scientifiques craignent que le vêlage accélère la désintégration de la plate-forme proprement dite ainsi que la progression des glaciers qui se trouvent derrière elle. Une fois que l’iceberg aura quitté la plateforme Larsen C, cette dernière aura perdu plus de 10 pour cent de sa superficie et sa partie frontale aura la position la plus reculée jamais enregistrée.
La plateforme Larsen C semble suivre l’exemple de sa voisine Larsen B qui s’est désintégrée en 2002 à la suite d’un événement de vêlage induit par une fracturation. La plate-forme est la plus septentrionale de la Péninsule Antarctique. Cette partie du continent s’est réchauffée rapidement au cours des dernières années et la plateforme est minée à la fois par le bas par le réchauffement des eaux océaniques, et par le haut à cause de l’augmentation de la température de l’air.
Comme je l’ai écrit précédemment, les plateformes glaciaires flottantes ne font pas s’élever le niveau de la mer lorsqu’elles se désintègrent ou libèrent de gros icebergs. En effet, cette glace repose déjà à la surface de l’océan, comme un glaçon dans un verre d’eau. Cependant, comme ces plateformes retiennent les glaciers qui se trouvent derrière elles, quand elles cèdent, les glaciers accélèrent leur glissement dans la mer dans un processus irréversible qui ajoute de l’eau à l’océan et contribue à l’élévation de son niveau.
L’ensemble de l’Antarctique Ouest contient suffisamment de glace pour faire monter le niveau de nos océans de 3 à 4,5 mètres si cette glace devait fondre dans sa totalité. Ce processus prendrait probablement des siècles, même si l’élévation du niveau de la mer s’accélère déjà dans le monde avec la fonte des glaciers et la hausse des températures.
Source: Projet MIDAS (Université de Swansea)

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drapeau-anglaisJust 10.2 km of ice are holding an iceberg with an area of at least 5,000 square kilometres onto the floating Larsen C Ice Shelf in Antarctica. This means the crack in the ice is getting longer every day (it was 18 km long two weeks ago), and scientists warn it could break away at any time. However, it is impossible to say exactly when the event will take place.

Scientists are worried that the calving event could speed up the disintegration of the broader shelf and land-based glaciers that lie behind it. When it calves, the Larsen C Ice Shelf will lose more than 10 percent of its area and leave the ice front at its most retreated position ever recorded.

Larsen C will probably follow the example of its neighbour Larsen B, which disintegrated in 2002 following a similar rift-induced calving event. The shelf is the most northerly of the remaining major Antarctic Peninsula ice shelves. This part of Antarctica has been warming rapidly in recent years, and the shelf is being undermined from below by warming ocean waters, as well as from above by increasing air temperatures.

As I put it before, floating ice shelves don’t raise sea levels when they disintegrate or lose large icebergs. This is because their ice is already resting in the ocean, like an ice cube in a glass. However, because they act like doorstops to the land-based glaciers behind them, so that when the shelves give way, the glaciers can start accelerating their sliding into the sea in a process which is impossible to stop. This adds new water to the ocean and contributes to increasing sea levels.

The entire West Antarctic Ice Sheet contains enough ice to raise global sea levels by another 3 to 4.5 metres if it were all to melt. This process would likely take centuries though sea level rise is already accelerating worldwide as glaciers melt and ocean temperatures increase.

Source: Project MIDAS (Swansea University).

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Progression de la fracture dans la plateforme Larsen C.

(Source: MIDAS – Swansea University)

Antarctique : La rupture de la plate-forme Larsen C s’accélère // Antarctica : The breaking away of the Larsen C ice shelf is accelerating

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente (le 6 décembre 2016), une énorme fracture est en train de s’ouvrir dans la plate-forme glaciaire Larsen C, l’une des plus étendues de l’Antarctique. Il semble que le processus soit en train d’accélérer et la rupture de cette énorme étendue de glace, presque aussi grande que l’Etat du Delaware, est probablement une question de mois et non de siècles, comme on le pensait auparavant.
Depuis le début du mois de décembre, la fracture s’est allongée d’environ 18 km, après avoir déjà progressé de 21 km en 2016. Elle a augmenté d’environ 80 km depuis 2011, pour atteindre une longueur totale de près de 160 km, et elle s’est élargie de plus de 300 mètres. Il ne reste actuellement plus que 19 km de glace pour relier cette vaste étendue au reste de la plate-forme. Lorsque la rupture se produira, ce seront près de 5 200 kilomètres carrés de glace qui iront voguer à la surface de l’océan.
Les conséquences de cette rupture seront forcément spectaculaires. En effet, la plate-forme Larsen C aura perdu plus de 10% de sa surface et le front de glace occupera la position la plus reculée jamais observée. Cet événement changera fondamentalement le paysage de la Péninsule Antarctique.
La plate-forme est alimentée par les glaciers qui reposent au-dessus du niveau de la mer sur la Péninsule Antarctique. Avec la réduction en taille de la plate-forme, ces glaciers vont probablement avancer plus rapidement, ce qui contribuera à l’élévation du niveau de la mer. La fonte de la plate-forme glaciaire proprement dite, aussi spectaculaire soit-elle, n’aura pas de graves conséquences car elle flotte déjà sur l’eau, comme le fait un glaçon dans un verre d’eau. La fonte de la plate-forme Larsen C se traduira par une élévation de quelques centimètres du niveau de la mer alors que l’on parlerait de dizaines de centimètres pour les plates-formes beaucoup plus épaisses de l’Antarctique Ouest et Est.

Deux petites plates-formes glaciaires à proximité de Larsen C – Larsen A et Larsen B – se sont déjà en grande partie désintégrées. Il reste une petite partie de Larsen B et les scientifiques pensent qu’elle va probablement disparaître, elle aussi, à brève échéance. Ils ont également remarqué qu’après la disparition d’une grande partie de la plate-forme Larsen B en 2002, les glaciers qui se trouvaient derrière elle ont accéléré leur progression vers la mer. Il est à craindre que le même processus se déclenche une fois que la plate-forme Larsen C aura pris le large.

Source: médias américains.

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drapeau-anglaisAs I put it in a previous note (December 6th 2016), an enormous rift is growing dramatically in Larsen C, one of Antarctica’s largest ice shelves. It seems the process is currently accelerating and the breaking away of this huge chunk of ice nearly the size of Delaware could be a matter of months instead of centuries, as thought before.

Since the beginning of December, the rift has grown about 18 km in length, after extending 21 km earlier in 2016. It has grown about 80 km since 2011, to a length of almost 160 km in total, and has widened to well over 300 metres. Now, only 19 km of ice continue to connect the chunk with the rest of the ice shelf. When it breaks away, the loss will be of nearly 5,200 square kilometres of ice.

The consequences of the break could be dramatic. When it calves, the Larsen C Ice Shelf will lose more than 10% of its area and will leave the ice front at its most retreated position ever recorded; this event will fundamentally change the landscape of the Antarctic Peninsula.

The floating ice shelf is fed by the flow of ice glaciers that sit above sea level on the Antarctic Peninsula. As the shelf shrinks, these glaciers could flow more quickly, which would contribute to rising sea levels. Losses from the ice shelf alone, however dramatic, would not have that effect, because the shelf is already floating on water, just like an ice cube in a glass of water. Fortunately, the Antarctic Peninsula does not contain nearly as much ice as other, thicker parts of Antarctica, such as the West and East Antarctic ice sheets. The potential sea level rise if Larsen C is lost would be measured in centimetres; the sea level from these ice sheets could be measured in tens of centimetres.

Two smaller ice shelves near Larsen C – Larsen A, and Larsen B – have already largely disintegrated. Larsen B has a remnant, but scientists have determined that this ice, too, could vanish before too long. They have also documented that following the collapse of much of the Larsen B ice shelf in 2002, the glaciers behind it sped up their flow toward the sea. Now, the fear is the same process could be unleashed on the larger Larsen C shelf.

Source : American news media.

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Vue de la fracture en novembre 2016 (Crédit photo : NASA)

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Elevation du niveau de la mer entre le 19ème et le 21ème siècles (Source : CSIRO Marine and Atmospheric Research)