Kilauea (Hawaii): L’importance du travail sur le terrain // The importance of field work

drapeau francaisLe dernier article hebdomadaire de Volcano Watch, écrit par des scientifiques de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO), est dédié à Mike Poland, un scientifique qui a travaillé au HVO pendant les dix dernières années et est sur le point de retourner à l’Observatoire des Cascades, géré par l’USGS à Vancouver (Etat de Washington).
Mike Poland est l’un de ces scientifiques que je apprécie beaucoup parce qu’il ne passe pas son temps assis dans un laboratoire en face d’un ordinateur à faire des simulations. Il est l’un de ceux qui vont sur le terrain faire des observations quotidiennes sur le comportement du Kilauea.
Mike a accompli un énorme travail de recherche, mais il a aussi formé un grand nombre d’étudiants et de jeunes chercheurs, dont la plupart ont poursuivi des carrières dans le domaine des sciences de la Terre. Au HVO, il a concentré son travail sur les déformations d’un édifice volcanique provoquées par les mouvements du magma et les séismes. Il a aussi essayé de voir dans quelle mesure ces changements de morphologie peuvent être mesurés par interférométrie radar (InSAR). Il s’est alors vite rendu compte que la surveillance volcanique nécessite un travail d’équipe interdisciplinaire et de l’innovation.
Dans le cadre d’un travail d’équipe, Mike Poland a participé avec des collègues du HVO à une étude qui associe des mesures de déformation, les émissions de gaz, les quantités de lave émise, la chimie de la lave et la sismicité, des paramètres qui ont révélé une augmentation spectaculaire de l’alimentation magmatique du Kilauea. Cette étude – la première du genre – a montré comment des informations sur les variations d’alimentation sur une courte période de temps peuvent aider à prévoir le comportement éruptif d’un volcan. L’augmentation d’alimentation du Kilauea a commencé fin 2003 et a abouti à l’ouverture d’une nouvelle bouche sur l’East Rift Zone en 2007. Elle a probablement contribué également à l’ouverture de la bouche dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2008.
Grâce au travail de Mike, nous savons que l’ouverture de la bouche dans l’Halema’uma’u est en fait l’aboutissement d’un processus qui a commencé il y a plusieurs décennies. En analysant des mesures de microgravité sur le Kilauea, le scientifique a pu identifier une accumulation de magma dans la zone située sous la bouche et qui n’avait pas été détectée par d’autres techniques. Suite à ces observations, Mike a créé des instruments pour enregistrer en continu les moindres variations du champ de gravité sur le Kilauea. Il a alors constaté que la densité de la partie supérieure du lac de lave de l’Halema’uma’u est beaucoup plus faible que prévu. Elle est inférieure à la densité de l’eau, ce qui signifie que la lave est extrêmement riche en gaz, un peu comme la mousse à la surface de la bière.
Dans le cadre de la célébration du centenaire du HVO en 2012, Mike Poland a proposé de réunir des chercheurs du monde entier afin de faire le point sur ce que l’on sait du volcanisme basaltique, et de présenter les questions importantes qui restent sans réponse. Il a contribué à la rédaction de « Volcans d’Hawaï: De la source à la surface, » une publication qui a fait suite à cet événement.

Source: Hawaii 24/7.

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drapeau anglaisThe latest weekly article of Volcano Watch, written by scientists at the Hawaiian Volcano Observatory, is dedicated to Mike Poland, a scientist who has worked at HVO for the past ten years and is about to return to the USGS Cascades Volcano Observatory in Vancouver, Washington.

Mike Poland is one of those scientists I very much appreciate because he does not spend all his time sitting in a lab in front of a computer. He is one of those who go on the field, making daily observations on the behaviour of Kilauea volcano. 

Mike Poland has accomplished a tremendous amount of research, but also mentored a vast number of students and young researchers, most of whom have pursued geoscience careers. At HVO, he focussed his work on deformation changes in the shape of a volcano resulting from magma movement and earthquakes, particularly in how those changes can be measured with satellite radar (InSAR). He quickly realized, however, that volcano monitoring requires cross-disciplinary teamwork and innovation.

As an example of teamwork, Mike Poland collaborated with HVO colleagues on a study that combined deformation measurements with gas emissions, lava eruption rates, lava chemistry and seismicity to reveal a dramatic increase in magma supply rate to Kilauea. This study – the first of its kind – showed how information about supply rate changes on a short timescale can help forecast the eruptive behaviour of the volcano. The surge in supply started in late 2003 and led to the start of a new, long-lived volcanic vent on the East Rift Zone in 2007, and probably contributed to the opening of Kilauea’s summit vent in 2008.

Through Mike’s work, we also know that the opening of the summit vent was actually the result of a process that began decades ago. Analyzing data from microgravity measurements on Kilauea, he helped identify an accumulation of magma in the area beneath the current summit vent that had not been detected by any other means. As a result of these observations, he established instruments to continuously record subtle changes in the gravity field on Kilauea. He then realised that the density of the upper part of the summit lava lake is much lower than expected – less than the density of water – implying that the lava is extremely gas-rich, similar to the foam on beer.

As part of HVO’s centennial celebration in 2012, Mike Poland spearheaded an initiative to convene researchers from around the world to explore what is known about basaltic volcanism and the important questions still to be answered. He contributed to and edited “Hawaiian Volcanoes: From Source to Surface,” a publication resulting from that conference.

Source: Hawaii 24/7.

Halema'uma'u-blog

Vue de la bouche dans l’Halema’uma’u  (Photo:  C.  Grandpey)

Découverte d’une nouvelle zone hydrothermale au large de Panarea (Iles Eoliennes / Italie)

drapeau francaisUn article du Corriere del Mezzogiorno (http://corrieredelmezzogiorno.corriere.it/catania/) nous apprend qu’une nouvelle zone hydrothermale a été découverte au large de l’île éolienne de Panarea. Cette découverte a été réalisée par l’Institut Italien de Protection et de Recherche Environnementale (ISPRA), à une profondeur de plus de 200 mètres. Déjà au cours des trois dernières années, l’ISPRA avait identifié une zone hydrothermale profonde au large de Panarea dans le cadre d’une recherche visant à l’étude, dans l’archipel Eolien, de la biodiversité associée à des phénomènes volcaniques submergés.

Ces derniers jours, l’ISPRA a entamé une campagne de recherches avec le navire de l’Institut, en collaboration avec l’ISMAR de Bologne, l’IAMC de Messine et l’ INGV de Catane. Les cheminées qui ont été découvertes sont les plus nombreuses et les plus profondes jamais observées en Méditerranée centrale. Elles atteignent une hauteur d’environ 80 centimètres et se présentent sous différentes formes, avec des couleurs allant de l’orange à leur extrémité jusqu’au gris à la base.
Ces structures hydrothermales ont pu être observées sur le fond marin grâce à un robot télécommandé équipé de caméras. Avec cet instrument, les scientifiques ont pu collecter des échantillons qui seront analysés en laboratoire et donneront des informations importantes sur la composition minéralogique, les colonies de bactéries, ainsi que sur l’activité hydrothermale en cours​. Selon l’ISPRA, cette découverte et les analyses sur les cheminées hydrothermales permettront d’ « élargir nos connaissances sur la biodiversité des milieux volcaniques sous-marins et la production de l’énergie biologique hydrothermale ; elles contribueront à identifier et surveiller de nouveaux domaines d’activité géothermique sous-marine ».

 

drapeau anglaisAn article in the Corriere del Mezzogiorno (http://corrieredelmezzogiorno.corriere.it/catania/) informs us that a new hydrothermal field was discovered off the Aeolian island of Panarea . This discovery was made by the Italian Institute for Environmental Protection and Research (ISPRA), at a depth of over 200 meters. Already in the past three years, ISPRA had identified a deep hydrothermal area off Panarea through a research program whose aim was to study, in the Aeolian archipelago, the biodiversity associated with submerged volcanic phenomena.
In recent days, ISPRA started a campaign with the research vessel of the Institute, in collaboration with ISMAR of Bologna, IAMC of Messina and INGV of Catania. The hydrothermal vents that have been discovered are the most numerous and the deepest ever observed in central Mediterranean . They can be about 80centimeters high and come in different shapes, with colours ranging from orange to gray from the tip to the base.
These hydrothermal structures have been observed on the seabed by using a remote-controlled robot equipped with cameras. With this instrument , scientists were able to collect samples to be analyzed in the laboratory. They will provide important information on the mineralogical composition, the colonies of bacteria, as well as the hydrothermal activity in progress. According to ISPRA, the discovery and analysis of hydrothermal vents will help to « expand our knowledge on the biodiversity of submarine volcanic environments and the production of biological hydrothermal energy; they will help identify and monitor new areas of submarine geothermal activity. »

Panarea-blog

Les environs de Panarea et Basiluzzo sont connus pour leur activité tectonique,volcanique et hydrothermale.

(Photo:  C.  Grandpey)