Cinéma et réchauffement climatique // Cinema and global warming

Concentrations de CO2 : 429,14 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Dans la nuit du 15 au 16 mars 2026 se tenait à Hollywood (Californie) la 98ème cérémonie des Oscars, censée révéler au public les meilleurs films sur le marché. En marge de la cérémonie, certains se sont attardés sur l’intérêt porté par les réalisateurs cinématographiques au réchauffement climatique.

Sur 16 films en compétition dont l’intrigue se déroule sur Terre, dans un passé proche, au présent ou dans le futur, cinq ont pris en compte l’enjeu climatique. Ils vont du film d’animation intimiste à la franchise de blockbuster. Ils cumulent à eux seuls près d’un milliard de dollars (environ 870 millions d’euros) de recettes mondiales au box-office. Selon les analystes, « tous montrent que le climat peut se décliner sous d’innombrables formes cinématographiques, tout comme il se décline à travers d’innombrables expériences vécues. » Voici les cinq films en question :

Arco est un conte écologique enchanteur du Français Ugo Bienvenu, nommé pour l’Oscar du meilleur film d’animation. On nous explique qu’ « à travers une animation époustouflante et une galerie de personnes touchantes et variées, cette histoire nous rappelle qu’il faut tout un village pour élever des enfants, se protéger les uns les autres et prendre soin de la Terre. »

Autre film, Bugonia, de Yorgos Lanthimos, « nous invite à nous demander si nous saurons nous unir face à l’urgence environnementale. »

Jurassic World, de Gareth Edwards, « transmet un message clair : l’ego humain, la cupidité et la perturbation de l’équilibre fragile de la nature mènent à la ruine – en l’occurrence, dans les mâchoires des dinosaures ».

The Lost Bus, de Paul Greengrass, « traite de la nature et des incendies de forêt comme des personnages à part entière. »

Sirat, d’Oliver Laxe, « met en lumière la vérité selon laquelle nous sommes tous des migrants dans un monde marqué par le changement climatique ».

La présence croissante de la thématique du réchauffement climatique est jugée primordiale, alors que le phénomène touche tous les continents et que de plus en plus de populations sont vulnérables à ses impacts. Beaucoup pensent que les œuvres culturelles ont un rôle important à jouer, notamment celles qui touchent le plus grand nombre.

 Il reste tout de même beaucoup à faire. En 2025, l’Observatoire de la fiction établissait que 30% des films présentés au Festival de Cannes évoquaient l’écologie ou l’environnement, « mais le plus souvent sous une forme très ponctuelle ou anecdotique ». De son côté, le « Climate reality check » se fixe l’objectif, pour 2027, de « 50% des films nommés aux Oscars » qui aborderont le thème du réchauffement climatique. »

Source : France Info.

Il ne faudrait pas oublier, comme indiqué plus haut, que tous ces films permettent d’engranger des sommes considérables. Je ne suis donc pas certain que la plupart des réalisateurs s’intéressent au réchauffement climatique pour des motivations purement environnementales. L’intérêt pécuniaire occupe une place au moins aussi importante. Il faut juste espérer que le message que ces films sont censés porter trouvera un écho parmi les spectateurs.

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On the night of March 15-16, 2026, the 98th Academy Awards ceremony, intended to reveal the best films on the market, was held in Hollywood, California. On the sidelines of the ceremony, some focused on the interest shown by filmmakers in addressing global warming.
Of the 16 films in competition whose plots take place on Earth, in the recent past, present, or future, five addressed the climate issue. They range from intimate animated films to blockbuster franchises. Together, they have grossed nearly one billion dollars (approximately 870 million euros) worldwide. According to analysts, « all of them show that climate can be expressed in countless cinematic forms, just as it is expressed through countless lived experiences. » Here are the five films in question:
Arco is an enchanting ecological tale by Frenchman Ugo Bienvenu, nominated for the Academy Award for Best Animated Feature. We are told that « through stunning animation and a gallery of touching and diverse characters, this story reminds us that it takes a village to raise children, protect one another, and care for the Earth. »
Another film, Bugonia, by Yorgos Lanthimos, « invites us to consider whether we will be able to unite in the face of the environmental emergency. »
Jurassic World, by Gareth Edwards, « conveys a clear message: human ego, greed, and the disruption of nature’s fragile balance lead to ruin—in this case, in the jaws of dinosaurs. »
The Lost Bus, by Paul Greengrass, « treats nature and forest fires as characters in their own right. »
Oliver Laxe’s Sirat « highlights the truth that we are all migrants in a world marked by climate change. »
The growing presence of the theme of global warming is considered crucial, as the phenomenon affects every continent and more and more populations are vulnerable to its impacts. Many believe that cultural works have an important role to play, especially those that reach the widest possible audience.
There is still much to be done, however. In 2025, the Observatory of Fiction determined that 30% of the films presented at the Cannes Film Festival addressed ecology or the environment, « but most often in a very specific or anecdotal way. » For its part, the « Climate Reality Check » has set a goal of having « 50% of Oscar-nominated films address the theme of climate change » by 2027.
Source: France Info.

It shouldn’t be forgotten, as mentioned above, that all these films generate considerable sums of money. Therefore, I’m not sure that most directors are interested in global warming for purely environmental reasons. Financial gain plays at least as important a role. We can only hope that the message these films are supposed to convey resonates with audiences.

« Navalny » Oscar du meilleur documentaire

Au cours de la cérémonie qui s’est tenue le 12 mars 2023 à Los Angeles, l’Oscar du meilleur documentaire a été décerné dimanche à Navalny, film relatant les événements liés à l’empoisonnement du célèbre opposant russe emprisonné. Dans le contexte médiatico-politique actuel, Katia et Maurice Krafft et le film Fire of Love avaient peu de chance de gagner. Il aurait fallu que se produise, quelques jours avant la cérémonie et de préférence aux Etats Unis, une éruption cataclysmale avec de nombreuses victimes. Le contexte aurait alors été fort différent.

Crédit photo: Wikipedia

« Fire of Love » en route vers la gloire !

Fire of Love, le film de l’Américaine Sara Dosa qui raconte la vie passionnée de Katia et Maurice Krafft est en train de gravir les marches de la gloire. Il est en lice dans la catégorie ‘Documentaire’ aux Baftas, les récompenses britanniques du cinéma qui seront décernées le 19 février prochain. Le film est également nominé à la cérémonie des Oscars qui aura lieu le 12 mars à Los Angeles. Le documentaire a déjà récolté plusieurs prix, notamment celui du montage au Sundance Film Festival, festival américain de cinéma indépendant qui se tient chaque année à Park City et Salt Lake City dans l’Utah.

Après avoir été conservées près de vingt ans par une association de Nancy, les images ô combien spectaculaires prises par le couple de volcanologues ressurgissent dans Fire of Love.

Après la disparition de Katia et Maurice sur le Mont Unzen au Japon le 3 juin 1991, le « fonds Krafft » ( 300 000 diapositives prises par Katia et 800 bobines de films en 16 mm tournés par Maurice), avait été confié en 2003 par Bertrand Krafft, frère du volcanologue, à Image’Est*, une association de conservation du patrimoine cinématographique et audiovisuel située à Nancy.

Jusqu’à ce qu’une productrice canadienne décide d’exploiter ce trésor. Mathieu Rousseau – que je salue ici – chef de projet au pôle patrimoine d’Image’Est*, a pu fournir 150 heures de rushs originaux après un long travail de numérisation et de restauration.

Katia, et surtout Maurice, étaient de remarquables vulgarisateurs. La voix tonitruante de Maurice lors d’une conférence présentée à Limoges – où je l’ai rencontré pour la première fois – résonne encore dans mes oreilles. Désireux de partager leurs connaissances et de sensibiliser les autorités aux risques, les Krafft ont conçu la Maison du Volcan sur l’île de la Réunion et sont à l’origine du parc Vulcania, en Auvergne.

* A noter que le fonds Krafft a quitté Image’Est, après avoir été racheté par le producteur Julien Dumont (Titan films) qui a pour projet de créer un musée des sciences de la terre à Lyon.

Voici la bande-annonce du film :

https://youtu.be/-_7XADmKVL0

Source: Wikipedia

Photo: C. Grandpey