La Cité du Volcan (Ile de la Réunion)

drapeau francaisOn en a peu parlé, mais c’est un événement qui mérite d’être souligné. Le 5 août 2014 s’est ouverte sur l’Ile de la Réunion la Cité du Volcan. Je vous invite à cliquer sur ce lien pour avoir toutes les informations utiles :

http://www.fournaise.info/cite_volcan.php

On apprend que la Cité du Volcan est la réhabilitation de la Maison du Volcan qui avait été imaginée avec le soutien du Ministère de la Recherche, et l’appui scientifique de Katia et Maurice Krafft. En 2010, la Région Réunion a décidé de donner un nouvel élan à cette structure dont la rénovation a duré 2 ans et demi, pour un coût de 11 millions d’euros.

Les nouveaux espaces muséographiques, thématiques et immersifs attendent plus de 200 000 visiteurs par an.
La présentation du site affirme qu’il est plus attractif et accessible à tout public : scolaires, personnes à mobilité réduite, seniors… Il est destiné à être le lieu de référence par excellence relatif à l’activité volcanologique à La Réunion et dans la zone océan Indien.

Une petite vidéo donne un aperçu de la visite :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=PyK61b2ofWM

Informations pratiques :

La Cité du volcan

RN3 Bourg Murat,
97418 Plaine des Cafres.
www.muséesreunion.re

Tél. : 0262 59 00 26.
Ouvert de 10h à 17h30, 7/7 jours, tous les jours sauf le 25 décembre et le 1er janvier.
Tarifs : 9 euros (6 euros en tarif réduit) et gratuit pour les enfants de moins de 4 ans.

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drapeau anglaisLittle has been said about it, but it is an event that deserves to be highlighted. The Cité du Volcan opened on August 5th, 2014 on Reunion Island. I invite you to click on this link for an overview of the new site:

http://www.fournaise.info/cite_volcan.php

We learn that the Cité du Volcan is the rehabilitation of the Maison du Volcan (Volcano House) which was imagined with the support of the Ministry of Research and the scientific support of Katia and Maurice Krafft. In 2010, the Reunion Region decided to give a new impetus to this structure whose renovation took two and a half years at a cost of 11 million euros.
The new museum spaces, whether thematic or immersive, expect over 200,000 visitors a year.
The Cité du Volcan is said to be more attractive and accessible to all audiences: pupils, disabled, seniors … It is designed to be the ultimate reference of volcanic activity in Reunion and the Indian Ocean area.
A short video provides an overview of the visit:
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=PyK61b2ofWM

Practical information:
La Cité du Volcan
NR3 Bourg Murat,
97418 Plaine des Cafres.
www.muséesreunion.re

Tel. : 0262 59 00 26.
Open from 10 am to 17:30, 7 days a week, except December 25th and January 1st.
Rate: 9 euros (6 euros for discounts) and free for children under 4 years of age.

Face au volcan tueur (suite)

Le docu-fiction « Face au volcan tueur » a été diffusé à quelques jours du 22ème anniversaire de la disparition de Katia et Maurice Krafft. J’ai eu l’occasion de voir le film en avant-première en 2011 lors de l’Assemblée Générale de L’Association Volcanologique Européenne qui avait eu l’autorisation de projeter ce document à cette occasion.

A l’issue de cette première projection, des voix se sont élevées au sein de l’association pour protester contre la présentation des faits. Selon ces personnes, le film donne une image négative des Krafft et vient ternir l’opinion que la population se faisait des deux volcanologues français.

Ayant examiné à plusieurs reprises les documents relatifs à ce drame – rappelons qu’il a coûté la vie à 43 personnes – je me suis rendu compte que les volcanologues ont commis une grave erreur en s’obstinant à rester sur le site où ils ont péri et le docu-fiction reflète assez bien la réalité. Les autorités japonaises n’ont rien à se reprocher car, à plusieurs reprises, elles ont donné l’ordre d’évacuer la zone menacée par les nuées ardentes. Cela est confirmé par le rapport n°1540-08 relatif à l’éruption de l’Unzen tel qu’il a été présenté à l’Assemblée Nationale française. Voici un extrait du témoignage du  Professeur Kazuya Ohta, Directeur de l’Observatoire Sismologique et Volcanologique de Shimabara (SEVO) :

« Le 30 mai, une coulée pyroclastique dépassant 2,8 km de long s’est arrêtée à 200 m des habitations de Kamikoba. Bien que les habitants aient reçu le conseil, dès ce moment, d’évacuer cette zone, certains sont revenus pour récupérer leurs affaires et leurs animaux domestiques. Plusieurs journalistes et scientifiques sont aussi rentrés dans cette zone pour photographier et filmer ces coulées pyroclastiques spectaculaires. Des pompiers étaient stationnés dans un secteur désigné pour surveiller les maisons vides des évacués utilisées par les journalistes. Ces journalistes étaient stationnés à 4 km de là, au front de la coulée. Je les ai avertis par radio, par des policiers et par le Quartier Général pour les Mesures Contre les Désastres de Shimabara. Mais les gens qui se trouvaient sur la  » Zone Recommandée  » n’ont pas pris au sérieux mes avertissements.

Le 3 juin, à 15 heures, les coulées pyroclastiques sont devenues plus fréquentes. Un membre de la Station Météorologique de Unzen, branche locale du JMA, a appelé le Quartier Général de la ville en lui demandant d’informer les gens installés sur la  » Zone Recommandée  » car la situation devenait très dangereuse. L’avertissement a été transmis à deux policiers stationnés à l’entrée de cette zone. Les deux policiers sont entrés immédiatement dans la  » Zone Recommandée  » pour dire aux journalistes, aux pompiers et aux autres d’évacuer la zone. Mais, très vite, à 16 h 8 min, une énorme coulée pyroclastique a atteint la  » Zone Recommandée  » touchant gravement 52 personnes. Quarante personnes ont été tuées, 3 n’ont toujours pas été retrouvées et 179 maisons ont été brûlées. La coulée s’est arrêtée dans cette zone.»

 

On peut comprendre l’obstination de Maurice Krafft a rester sur place pour filmer des coulées pyroclastiques dont il s’était fait le spécialiste (il avait en particulier réalisé une séquence spectaculaire sur l’Augustine en Alaska). Sur L’Unzen, la situation était beaucoup plus dangereuse, d’autant que la météo et la visibilité n’étaient pas optimales.

Malgré toute l’admiration que l’on peut avoir pour Katia et Maurice Krafft, force est de constater que, s’ils sont morts, c’est qu’ils ont commis une erreur. De plus, on peut raisonnablement penser que s’ils avaient vidé les lieux, d’autres personnes présentes autour d’eux les auraient suivis.

Pour conclure, je pense que si on avait donné à Maurice le choix de sa mort, c’est probablement l’option qu’il aurait choisie. Il avait vu tant d’éruptions que celles à venir étaient « du rab », comme il se plaisait à le dire. « If I die tomorrow, I don’t care ». C’est ce qu’il dit aussi dans cette petite vidéo tournée au pied de l’Unzen,  peu de temps avant sa disparition:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=vPRoTQYXwuY

Face au volcan tueur…

Le mardi 21 mai 2013 à 22h50, France 2 proposera un docu-fiction inédit,  « Face au volcan tueur ».

« 3 juin 1991, Mont Unzen, Japon. Ce matin là, tous les regards sont tournés vers le volcan : journalistes, photographes et cameramen enchaînent les directs et les reportages sur le terrain. À l’observatoire, les scientifiques écoutent chaque pulsation provenant du coeur de la terre. Ils analysent les données pour mesurer, comprendre et prévenir les autorités des mesures à prendre. Dans la ville de Shimabara, le maire vient d’ordonner l’évacuation d’un millier de personnes qui attendent impatiemment de pouvoir rentrer chez elles. Le volcan Unzen s’est réveillé. Ce matin là, Katia et Maurice Krafft, les célèbres volcanologues aventuriers s’attendent à être les témoins privilégiés d’une explosion magistrale, avec en point d’orgue des nuées ardentes colossales ! Un phénomène que Maurice ne veut manquer à aucun prix, pour le filmer et faire, il l’espère, un coup d’éclat dont il a le secret. Mais Katia hésite à s’élancer sur les pentes du volcan. Il leur manque des données, les risques sont importants, ils ne connaissent pas le terrain et l’ergonomie du volcan. Avec eux, leur jeune ami et confrère américain: Harry Glicken. En poste au Japon depuis deux ans, c’est lui qui a prévenu les époux Krafft dès les premiers signes d’activité de l’Unzen. Ils vont tous périr ».

 L’Unzen fait partie des volcans tueurs dont les éruptions sont décrites dans mon dernier livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes ». (voir colonne de gauche de ce blog)

A noter qu’une exposition est consacrée aux deux volcanologues à Vulcania. On découvre en particulier la montre Rolex de Maurice arrêtée le 3 juin 1991 à 15h18.

Vulcania-Krafft

Photo:  C. Grandpey