Fermeture du glacier de Tignes (Savoie)

Lu sur la page Facebook de Météo-Alpes : En raison des fortes chaleurs répétées depuis juin, le glacier de Tignes est fermé pour les skieurs depuis le 4 août 2017 à midi. Les pistes du glacier de la Grande Motte étant trop dégradées pour assurer la sécurité des skieurs, la station a décidé de mettre fin aux activités de glisse ce vendredi midi. À l’origine, elles devaient s’arrêter ce dimanche. Une température de plus de 10 degrés a été relevée au niveau du glacier aujourd’hui.

Le glacier reste ouvert aux piétons de 6 h 45 à 15 h 45 jusqu’à dimanche, puis de 9 h 30 à 15 h 45.

Il ne faut pas se faire d’illusions ; les glaciers de moyenne altitude (2500-300 mètres) comme celui de Tignes ou celui du Pissaillas à Val d’Isère sont en sursis. A cause du réchauffement climatique, leur fonte estivale n’est plus compensée par un apport de neige suffisant en hiver.

Glaciers alpins en juillet 2017: (4) Le Glacier d’Aletsch (Suisse)

Situé dans le sud de la Suisse dans le canton du Valais, le Glacier d’Aletsch est le plus grand glacier des Alpes. Il est entouré au nord par le massif de la Jungfrau et au sud par la vallée du Rhône. Il présente une longueur de 22,6 km  et une superficie de 81,7 km². Comme tous les grands glaciers actifs, sa vitesse de progression varie selon que l’on se trouve dans la partie centrale ou sur les bords où elle est freinée par les frottements. Ce phénomène explique, entre autre, la formation des crevasses. S’agissant de l’Aletsch, la vitesse de progression varie entre 80 et 200 mètres par an.

Selon les glaciologues, les Alpes pourraient perdre 80 % de leurs glaciers si aucun changement ne survient dans l’émission des gaz à effet de serre. Le Glacier d’Aletsch a reculé de 2 600 mètres depuis 1880. Comme pour ses homologues alpins, le recul s’est accéléré depuis 1980 et l’Aletsch a reculé de 800 mètres en 30 ans soit 30 % du recul total.

Selon ces mêmes glaciologues, les glaciers suisses continueront de fondre massivement, même si le réchauffement climatique cesse, ce qui est loin d’être gagné dans le contexte économique actuel. Celui d’Aletsch aura perdu au moins quatre kilomètres et un tiers de sa masse d’ici un siècle. En effet, les glaciers réagissent aux changements climatiques avec des dizaines d’années, voire un siècle, de retard. La fonte du Glacier d’Aletsch sera encore plus impressionnante et rapide si le réchauffement climatique se poursuit comme prévu.

Dans une note rédigée le 15 octobre 2016, j’évoquais un problème causé par la fonte du Glacier d’Aletsch. La glace d’amenuisant, les pans de montagne qui entourent le glacier sont fragilisés et des effondrements se produisent. Le phénomène est observé ailleurs dans le monde, en particulier en Nouvelle Zélande où les glaciers Fox et Franz Josef ont fondu si rapidement qu’il est devenu trop dangereux de les atteindre à partir du fond de la vallée. En raison de la fonte ultra rapide de ces glaciers, les parois de la vallée qui étaient autrefois maintenues en place par la glace sont désormais à l’air libre avec des risques évidents d’effondrements et autres chutes de pierres qui rendraient les randonnées trop dangereuses. Les tour-opérateurs ont donc cessé d’organiser de telles randonnées guidées sur le Franz Josef en 2012 et sur le Fox en 2014. Ces deux glaciers ont perdu chacun 3 kilomètres depuis les années 1800, ce qui correspond à environ 20 pour cent de leur longueur.

De la même façon, un pan de montagne menace de s’effondrer en aval du Glacier d’Aletsch. En conséquence, il est demandé à tous les randonneurs de respecter l’interdiction d’accès aux sentiers pédestres dans une zone de 2 km2.

Une remontée mécanique permettant d’accéder aux abords du glacier d’Aletsch subit elle aussi les effets du mouvement du pan de montagne. Les pylônes d’arrivée de la télécabine d’Aletsch Arena, qui relie Riederalp à Moosfluh, bougent de 1 centimètre par jour. Toutefois, l’exploitant des remontées avait prévu le problème puisque  il a investi 23 millions de francs suisses dans un système qui permet de glisser les pylônes sur un rail pour les maintenir parfaitement droits et ainsi laisser l’installation ouverte. La surveillance est permanente, avec un système d’alarme en cas de gros déplacement.

De  mon côté, j’ai emprunté à Fiesch (Valais) le double téléphérique qui permet d’accéder à l’Eggishorn d’où l’on a une vue splendide sur le Glacier d’Aletsch.

Photos: C. Grandpey

Glaciers alpins en juillet 2017 : (3) Le Glacier d’Argentière

Le Glacier d’Argentière fait partie de ceux qui sont le plus facilement accessibles. Il suffit d’emprunter le téléphérique des Grands Montets, près du village d’Argentière et de descendre à la station du Lognan. De là, un bon chemin conduit à un premier point de vue sur le font du glacier. Les plus courageux pourront emprunter un second sentier plus raide qui conduit à un autre point de vue sur le glacier.

Comme les Bossons et la Mer de Glace, le Glacier d’Argentière est en sérieuse perte de vitesse.  Il suffit de voir les photos et gravures du début du 20ème siècle pour s’en rendre compte. Dans les années 1920, il arrivait jusqu’au temple d’Argentière, à 1 250 mètres d’altitude. Depuis quelques années, la langue terminale du glacier, qui s’étend encore jusque vers 1 600 mètres d’altitude, s’est séparée du reste du glacier vers l’altitude de 1 900 mètres. La aussi, les marques laissées sur la roche ne laissent pas le moindre doute sur le retrait rapide du glacier. Malgré tout, au vu des clichés que j’ai réalisés, le front du Glacier d’Argentière semble montrer une certaine stabilité entre 2015 et 2017. A noter que la cascade a disparu.

Voici quelques photos montrant le Glacier d’Argentière en septembre 2015, année où j’avais eu l’occasion de le survoler…

…et en juillet 2017:

Photos: C. Grandpey

Entrée payante sur un glacier // Entry fee to visit a glacier

Le glacier Matanuska est l’un de plus populaires en Alaska. S’étirant sur plus de 45 kilomètres, c’est l’un des rares sites glaciaires au monde où les visiteurs peuvent arriver en voiture et explorer à pied.
La route d’accès au glacier traverse une propriété privée appartenant au Matanuska Glacier Park. Pour visiter le glacier, il faut acheter des billets dans une boutique de souvenirs qui joue aussi le rôle de bureau d’information. L’accès au glacier coûte 25 dollars par personne pour les Alaskiens et 30 dollars pour les autres personnes. Une visite guidée coûte actuellement 100 dollars par personne.
Avant le mois de novembre, la visite avec un guide n’était qu’une option pour les personnes qui voulaient passer plusieurs heures sur le sentier qui longe les grottes, les tunnels et les canyons, et éviter les crevasses et autres pièges cachés dans la glace.
Les choses sont en train de changer. Dès cet hiver, les personnes qui visitent le glacier pour la première fois sont dans l’obligation de prendre un guide et il est probable que la mesure sera également appliquée cet été. .
Selon le propriétaire du site, le changement est motivé par le nombre croissant de visiteurs, en sachant que beaucoup sont totalement inexpérimentés car ils ne pratiquent aucune d’activité de plein air. Il y a quelques décennies, quand le Parc a ouvert, les rares visiteurs ne devaient débourser que 1,50 dollar pour accéder au glacier. Aujourd’hui, ce sont plus de 20 000 personnes qui viennent admirer chaque année le Matanuska. Beaucoup viennent de villes ou de lieux où il ne neige jamais et ne savent souvent pas se déplacer sur la glace. Certains refusent d’écouter les conseils quand on leur demande de rester sur le sentier ou de se tenir à l’écart des endroits dangereux. Selon les propriétaires du site, imposer un guide dans ce cas est une question de sécurité. Les gens qui viennent voir le glacier en voyage organisé sans s’aventurer sur la glace ne verront pas de différence, ni les alpinistes chevronnés habitués du site, ni les participants aux cours de sauvetage en montagne. Ils n’auront pas besoin d’être accompagnés de guides.
Le changement est accueilli avec des sentiments mitigés. Certaines personnes disent que c’est «juste pour gagner de l’argent» et que les visiteurs d’un site naturel ne devraient pas payer, même s’il se trouve sur une propriété privée. D’autres personnes estiment que la mesure est « excellente » et évitera aux touristes de se trouver en difficulté sur le glacier. Certains organisateurs de loisirs en plein air voudraient connaître les critères qui définissent un visiteur expérimenté. Les décisions concernant les personnes qui devront prendre un guide seront prises au cas par cas par le propriétaire ou le personnel compétent.
Source: Alaska Dispatch News.

Cet article est intéressant car il concerne les lieux naturels situés sur une propriété privée. À Hawaii, il y a quelques années, les habitants de Kalapana avaient mis en place un droit d’entrée pour les touristes qui voulaient aller voir les coulées de lave sur leur propriété. Sur l’île française de la Réunion, les autorités locales sont en passe d’imposer des guides aux touristes qui veulent aller voir une éruption et, bien sûr, ce ne sera pas gratuit. Dans certaines régions, les propriétaires interdisent carrément tout accès à un site naturel. A vous de décider qui a raison et qui a tort!

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Matanuska Glacier is one of the most popular glaciers in Alaska. Sprawling over 45 kilometres, it is one of the rare sites in the world that visitors can drive to and explore on foot.

The only road-accessible route to the glacier is through private  property owned by Matanuska Glacier Park. Tours are sold out of a gift shop and information center. The company charges $25 per person for Alaskans and $30 for everybody else. A guided tour costs $100 per person.

Before November, a tour was just one option for glacier-goers who wanted to spend several hours with a guide on a trail that loops past frozen caves, tunnels and canyons and avoids hidden crevasses and other traps on the ice.

Things are going to change and as soon as this winter first-time visitors will have to pay for a guide. It is likely that the measure will also be enforced this summer. .

The change reflects rising numbers of visitors to the glacier, many of them inexperienced in any kind of outdoor activity. It only cost $1.50 to get to the glacier when the park opened decades ago. More than 20,000 people now visit the Matanuska every year. Many come from cities or places without and sometimes don’t understand how to move safely on the ice. Some refuse to listen to directions to stay on the trail or steer clear of hazards. According to the owners of the property, imposing a guide in these cases is a matter of security. People coming to the glacier on organized tours won’t see any changes. Neither will experienced ice climbers and participants in glacier travel and crevasse rescue courses. They will not need to be accompanied by guides.

The change is welcomed with mixed feelings. Some people say it is « just a money grab » and that visitors to a natural site should not pay, even if it is on private property. Other people call it « brilliant, » saying it is a good idea given how easily tourists could get into trouble on the glacier. Some in the outdoor recreation business would like to know what defines an experienced traveller. Decisions about who needs a tour and who doesn’t will be made on a case-by-case basis by the owner or trained staffers.

Source: Alaska Dispatch News.

This article is interesting because it concerns all natural places located on private property. In Hawaii, a few years ago, residents of Kalapana set up a fee for tourist who wanted to go and see lava flows o their property. On the French island of the Reunion, local authorities will impose guides on tourists who want to go and see an eruption and, of course, it will not be free. In some regions, the owners forbid all access to a natural site. It’s up to you to decide who is right and who is wrong!

Glacier Matanuska (Photos: C. Grandpey)