Eyjafjallajökull…

drapeau francaisPlus de trois ans après la paralysie du transport aérien en Europe, le volcan islandais Eyjafjallajökull continue de faire la une des journaux. Même si la plupart des gens ne peuvent pas prononcer son nom, Eyjafjallajökull est le titre du dernier film de Dany Boon.
En fait, cette comédie n’a pas pour cadre l’éruption volcanique, mais ses conséquences. Alain et Valérie, un couple divorcé, se retrouvent par hasard après 20 ans. Ils ne peuvent pas se supporter mais sont forcés, en raison du nuage de cendre de l’éruption, de voyager par voie terrestre jusqu’en Grèce pour assister au mariage de leur fille … Un ch’ti film, bien sûr, dont voici la bande-annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19535520&cfilm=205956.html

 

drapeau anglaisMore than three years after shutting down air travel across Europe, Iceland’s Eyjafjallajökull volcano continues to make the headlines. Even though most people cannot pronounce its name, Eyjafjallajökull has become the title of dany Boon’s latest film.

Actually, the comedy is not about the volcanic eruption but its consequences. Alain and Valérie, a divorced couple, meet again by chance after 20 years. They can’t stand each other but are forced, due to the ash cloud from the eruption, to travel by land to Greece to their daughter’s wedding… Here is the trailer:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19535520&cfilm=205956.html

Face au volcan tueur (suite)

Le docu-fiction « Face au volcan tueur » a été diffusé à quelques jours du 22ème anniversaire de la disparition de Katia et Maurice Krafft. J’ai eu l’occasion de voir le film en avant-première en 2011 lors de l’Assemblée Générale de L’Association Volcanologique Européenne qui avait eu l’autorisation de projeter ce document à cette occasion.

A l’issue de cette première projection, des voix se sont élevées au sein de l’association pour protester contre la présentation des faits. Selon ces personnes, le film donne une image négative des Krafft et vient ternir l’opinion que la population se faisait des deux volcanologues français.

Ayant examiné à plusieurs reprises les documents relatifs à ce drame – rappelons qu’il a coûté la vie à 43 personnes – je me suis rendu compte que les volcanologues ont commis une grave erreur en s’obstinant à rester sur le site où ils ont péri et le docu-fiction reflète assez bien la réalité. Les autorités japonaises n’ont rien à se reprocher car, à plusieurs reprises, elles ont donné l’ordre d’évacuer la zone menacée par les nuées ardentes. Cela est confirmé par le rapport n°1540-08 relatif à l’éruption de l’Unzen tel qu’il a été présenté à l’Assemblée Nationale française. Voici un extrait du témoignage du  Professeur Kazuya Ohta, Directeur de l’Observatoire Sismologique et Volcanologique de Shimabara (SEVO) :

« Le 30 mai, une coulée pyroclastique dépassant 2,8 km de long s’est arrêtée à 200 m des habitations de Kamikoba. Bien que les habitants aient reçu le conseil, dès ce moment, d’évacuer cette zone, certains sont revenus pour récupérer leurs affaires et leurs animaux domestiques. Plusieurs journalistes et scientifiques sont aussi rentrés dans cette zone pour photographier et filmer ces coulées pyroclastiques spectaculaires. Des pompiers étaient stationnés dans un secteur désigné pour surveiller les maisons vides des évacués utilisées par les journalistes. Ces journalistes étaient stationnés à 4 km de là, au front de la coulée. Je les ai avertis par radio, par des policiers et par le Quartier Général pour les Mesures Contre les Désastres de Shimabara. Mais les gens qui se trouvaient sur la  » Zone Recommandée  » n’ont pas pris au sérieux mes avertissements.

Le 3 juin, à 15 heures, les coulées pyroclastiques sont devenues plus fréquentes. Un membre de la Station Météorologique de Unzen, branche locale du JMA, a appelé le Quartier Général de la ville en lui demandant d’informer les gens installés sur la  » Zone Recommandée  » car la situation devenait très dangereuse. L’avertissement a été transmis à deux policiers stationnés à l’entrée de cette zone. Les deux policiers sont entrés immédiatement dans la  » Zone Recommandée  » pour dire aux journalistes, aux pompiers et aux autres d’évacuer la zone. Mais, très vite, à 16 h 8 min, une énorme coulée pyroclastique a atteint la  » Zone Recommandée  » touchant gravement 52 personnes. Quarante personnes ont été tuées, 3 n’ont toujours pas été retrouvées et 179 maisons ont été brûlées. La coulée s’est arrêtée dans cette zone.»

 

On peut comprendre l’obstination de Maurice Krafft a rester sur place pour filmer des coulées pyroclastiques dont il s’était fait le spécialiste (il avait en particulier réalisé une séquence spectaculaire sur l’Augustine en Alaska). Sur L’Unzen, la situation était beaucoup plus dangereuse, d’autant que la météo et la visibilité n’étaient pas optimales.

Malgré toute l’admiration que l’on peut avoir pour Katia et Maurice Krafft, force est de constater que, s’ils sont morts, c’est qu’ils ont commis une erreur. De plus, on peut raisonnablement penser que s’ils avaient vidé les lieux, d’autres personnes présentes autour d’eux les auraient suivis.

Pour conclure, je pense que si on avait donné à Maurice le choix de sa mort, c’est probablement l’option qu’il aurait choisie. Il avait vu tant d’éruptions que celles à venir étaient « du rab », comme il se plaisait à le dire. « If I die tomorrow, I don’t care ». C’est ce qu’il dit aussi dans cette petite vidéo tournée au pied de l’Unzen,  peu de temps avant sa disparition:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=vPRoTQYXwuY

Face au volcan tueur…

Le mardi 21 mai 2013 à 22h50, France 2 proposera un docu-fiction inédit,  « Face au volcan tueur ».

« 3 juin 1991, Mont Unzen, Japon. Ce matin là, tous les regards sont tournés vers le volcan : journalistes, photographes et cameramen enchaînent les directs et les reportages sur le terrain. À l’observatoire, les scientifiques écoutent chaque pulsation provenant du coeur de la terre. Ils analysent les données pour mesurer, comprendre et prévenir les autorités des mesures à prendre. Dans la ville de Shimabara, le maire vient d’ordonner l’évacuation d’un millier de personnes qui attendent impatiemment de pouvoir rentrer chez elles. Le volcan Unzen s’est réveillé. Ce matin là, Katia et Maurice Krafft, les célèbres volcanologues aventuriers s’attendent à être les témoins privilégiés d’une explosion magistrale, avec en point d’orgue des nuées ardentes colossales ! Un phénomène que Maurice ne veut manquer à aucun prix, pour le filmer et faire, il l’espère, un coup d’éclat dont il a le secret. Mais Katia hésite à s’élancer sur les pentes du volcan. Il leur manque des données, les risques sont importants, ils ne connaissent pas le terrain et l’ergonomie du volcan. Avec eux, leur jeune ami et confrère américain: Harry Glicken. En poste au Japon depuis deux ans, c’est lui qui a prévenu les époux Krafft dès les premiers signes d’activité de l’Unzen. Ils vont tous périr ».

 L’Unzen fait partie des volcans tueurs dont les éruptions sont décrites dans mon dernier livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes ». (voir colonne de gauche de ce blog)

A noter qu’une exposition est consacrée aux deux volcanologues à Vulcania. On découvre en particulier la montre Rolex de Maurice arrêtée le 3 juin 1991 à 15h18.

Vulcania-Krafft

Photo:  C. Grandpey

Volcano: un mauvais film catastrophe!

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une émission de vulgarisation scientifique sur du cinéma catastrophe dans laquelle mon ami Jacques-Marie Bardintzeff commente le film Volcano où Tommy Lee Jones affronte un volcan en train de naître en plein Los Angeles.
http://www.risques.tv/video.php?id_DTvideo=275
Je connais bien Jacques-Marie et son analyse du film reflète toute sa gentillesse. J’ai déjà eu l’occasion de commenter le film et je me suis montré beaucoup plus critique. Pour moi, Volcano ne vaut pas grand-chose dans la mesure où il repose dès le départ sur une impossibilité, au moins à l’heure actuelle : la naissance d’un volcan au cœur de Los Angeles. Comme le fait remarquer Jacques-Marie, le véritable danger dans cette partie des Etats-Unis est avant tout sismique. La faille de San Andreas bouge en permanence et un tremblement de terre majeur (le célèbre Big One) causera un jour ou l’autre de très gros dégâts dans de grandes agglomérations comme Los Angeles, San Diego ou San Francisco. Si certains passages du film sont acceptables en mettant en évidence les risques volcaniques, il faut bien reconnaître que les coulées de lave nées des ordinateurs font sourire ceux qui les ont côtoyées dans la réalité !

Vous trouverez dans la colonne de droite de ce blog un petit album photo consacré à la faille de San Andreas.