Le magma du Mont Hood (Chaîne des Cascades / Etats Unis)

drapeau francaisDans une note rédigée le 6 août 2010, j’avais mentionné une étude effectuée par des géologues des universités de l’Oregon et de Californie, qui montrait que les éruptions du Mont Hood étaient dues au mélange de deux types de magma – mafique et felsique, différenciés par leur teneur en silice – et qu’elles se produisaient peu de temps après que ce mélange ait eu lieu, sous l’effet d’une brutale montée en pression.

En février 2012, des chercheurs de l’Université d’Oregon apportaient un complément à cette étude. Ils confirmaient la présence de deux types de magma sous le Mont Hood en indiquant que leur température et donc leur consistance, sont différentes. Une forte température rend plus fluide un magma visqueux et les gaz potentiellement explosifs peuvent donc s’échapper plus facilement. C’est ce qui expliquerait pourquoi le Mont Hood a des éruptions moins violentes que les autres volcans de la Chaîne des Cascades, le Mont St Helens par exemple.

Une nouvelle étude parue récemment dans la revue Nature vient compléter ce qui précède.

En procédant à une datation radioactive, des chercheurs de l’Université d’Oregon ont conclu que la lave émise lors des dernières éruptions du Mont Hood, il y a 1500 ans et 220 ans, était restée stockée 100 000 ans sous le volcan. Les scientifiques ont également analysé les cristaux à l’intérieur de la lave afin de connaître la température du magma qui lui avait donné naissance. Il en ressort que le magma est resté à une température de 750°C, voire un peu moins. C’est donc au moment où le magma connaît une hausse de température que le volcan entre en éruption.

Comme les précédentes, cette étude pourrait permettre de mieux anticiper les colères du Mont Hood. Les chercheurs indiquent par ailleurs que l’on pourrait utiliser les ondes sismiques pour détecter la consistance du magma sous le volcan. Un magma plus liquide pourrait être le signe d’une éruption dans un proche avenir.

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drapeau anglaisIn a note written on August 6th 2010, I mentioned a study performed by geologists from the universities of Oregon and California which showed that the eruptions of Mount Hood were caused by the mixture of two types of magma – mafic and felsic, made different by their silica rate. The eruptions occurred a short time after the mixture took place and were triggered by an increase in pressure.

In February 2012, University of Oregon researchers brought a complement to this study. They confirmed the presence of two types of magma beneath Mount Hood and indicated that their temperatures and so their consistence were different. A higher temperature makes a viscous magma more fluid and potentially explosive gases are released more easily. This would explain why Mount Hood eruptions are less violent than those of other volcanoes of the Cascades, Mt St Helens for instance.

A new study in the journal Nature comes as a complement to the previous ones. By using radioactive dating, University of Oregon researchers could determine that the lava from Mt. Hood’s last two eruptions – 220 years ago and 1,500 years ago – had been stored for up to 100,000 years beneath the volcano. The scientists also analyzed crystals that formed in the lava to determine how hot the magma had been for most of that time. The results show that magma has remained at or below 750°C. So it is only when the magma gets warmer than this that Mt. Hood will erupt.

Like the two others, this study may help scientists predict Mt Hood future eruptions. The researchers said one could use seismic waves to detect the consistence of magma beneath the volcano. A more liquid magma might be the sign that an eruption is possible.

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Le Mont Hood  (Photo:  C. Grandpey)

Des jours difficiles pour les volcanologues américains // Hard days for U.S. volcanologists

drapeau francaisGlacier Peak est connu pour être le deuxième volcan le plus dangereux de la Chaîne des Cascades après le Mont St. Helens et pourtant il n’a qu’une seule station de surveillance sismique. En revanche, le Mont Rainier dispose de neuf stations ; le Mont Hood en a cinq ; le Mont Baker en a deux ; le Newberry dans l’Oregon dispose de neuf stations tandis que Crater Lake en a trois.
En raison des récentes coupes budgétaires imposées par le gouvernement fédéral, il faudra sans doute un certain temps avant que les scientifiques soient en mesure d’ajouter suffisamment de stations pour suivre correctement l’activité de Glacier Peak. Il était prévu de placer cinq capteurs sismiques sur ou à proximité du volcan dès la fin de cet été, mais ils sont mis de côté pour au moins un an
Selon les scientifiques, alors que Glacier Peak devrait être considéré comme un volcan très dangereux, il est à l’heure actuelle le moins contrôlé de tous les volcans des Cascades.
Glacier Peak a connu des éruptions majeures et d’énormes lahars ont dévalé les vallées Stillaguamish et Skagit. La ville de Darrington est construite sur les vestiges de plusieurs de ces coulées de boue. La dernière éruption du volcan a eu lieu il y a environ 240 ans et sa dernière grande colère il y a environ 1.800 ans. On pense que plusieurs autres événements se sont produits avant cette date. Cette histoire en fait la deuxième montagne la plus explosive de la Chaîne des Cascades en termes de puissance et de fréquence des éruptions.
A côté de la surveillance sismique, l’élaboration d’une carte géologique de Glacier Peak révélant les détails de son histoire éruptive, est retardée également à cause du manque d’argent.

Le système de cartographie laser, le lidar, qui fournit aux scientifiques des informations plus détaillées sur terrain, est une autre victime des coupes budgétaires.

Plus chanceux que Glacier Peak, d’autres volcans ont récemment reçu de nouveaux équipements de surveillance, soit parce qu’ils sont près de grandes villes telles que le Mont Hood et le Mont Rainier, ou parce qu’ils sont plus facilement accessibles, comme le Newberry dans l’Oregon.
Les chercheurs américains se sont souvent plaints du manque de moyens pour mener à bien leur travail mais, la plupart du temps, les autorités font souvent la sourde oreille à leurs demandes.

Source : The Herald.

 

drapeau anglaisGlacier Peak is said to be the second-most dangerous volcano in the Cascades, after Mount St. Helens, and yet it has only one seismic monitoring station. Mount Rainier, by contrast, has nine stations. Mount Hood has five. Mount Baker has two. Newberry volcano in Oregon has nine stations, Crater Lake three.

Because of the recent federal budget cuts, it will likely take quite a while before scientists are able to add enough stations to fully monitor Glacier Peak. There were plans to place five more monitors on or close to the volcano as early as the end of this summer but they have been shelved for at least another year

According to scientists, while Glacier Peak should be considered a very high threat volcano, it is at the present time the least well-monitored of all the Cascade volcanoes.

Glacier Peak has had some huge eruptions in its history, with huge lahars rushing down the Stillaguamish and Skagit valleys. Darrington is built on the remnants of several of these mudflows. The volcano last erupted about 240 years ago and its last major eruption was about 1,800 years ago. Several are believed to have occurred before then. That history makes it the second most explosive mountain in the Cascade Range in terms of both the power and frequency of its eruptions.

Beside seismic monitoring, work on completing a geological map of Glacier Peak, detailing its eruptive history, is being delayed as well because of the lack of money.

Luckier than Glacier Peak, other mountains got ahead of it for new monitoring equipment recently. This was either because they were near major cities, such as Mount Hood and Mount Rainier, or were more easily accessible for researchers, such as Newberry Volcano in Oregon.

Another victim of the budget cuts is a laser-mapping system called lidar that provides scientists with more detailed information about terrain.

US researchers are often complaining about the lack of means to carry on their work properly but authorities are mostly turning a deaf ear to their demands.

Source : The Herald.

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(Photos:  C. Grandpey)