Les volcans d’Auckland (Nouvelle Zélande) // Auckland volcanoes (New Zealand)

drapeau francais   Dans des notes précédentes (26 Août et 4 Décembre 2012), j’ai souligné les risques auxquels la ville d’Auckland serait exposée si la zone volcanique proche de l’agglomération redevenait active. Une étude récente par des chercheurs de l’Université d’Auckland montre que le danger est peut-être plus réel qu’on l’imaginait jusqu’à présent.
On pensait en général que la dernière éruption du volcan le plus proche d’Auckland, le Rangitoto, avait eu lieu il y a environ 550 ans et que le volcan ne s’était manifesté qu’une ou deux fois dans sa vie. Toutefois, de nouvelles recherches montrent que le volcan a produit des éruptions «intermittentes» ou «semi-continues » entre 1500 ans et 500 ans.
Cette découverte incite les scientifiques à repenser la façon dont les volcans d’Auckland se comporteront à l’avenir. Une activité prolongée ne saurait être exclue et la ville a besoin de se préparer à cette éventualité. Les chercheurs pensent que la planification des dangers et des risques doit être abordée de façon très différente. Les habitants devraient envisager de vivre avec un volcanisme actif pendant une longue période de temps.
La conclusion de l’article comprend des recommandations de la Protection Civile dans le cas d’une éruption: Tous les habitants devraient posséder des kits de survie, une trousse de premiers soins ainsi que de la nourriture et de l’eau pendant au moins trois jours. Les gens devraient également disposer d’éléments de première nécessité à leur travail et dans leur voiture. La liste comprend des articles tels que la radio avec des piles de rechange, les médicaments essentiels, des sacs de couchage, sans oublier les aliments pour animaux de compagnie, le papier hygiénique et les grands sacs poubelles pour les toilettes d’urgence ….
Une carte montre les effets possibles des éruptions des volcans potentiellement actifs autour d’Auckland.

http://www.nzherald.co.nz/volcanoes/news/article.cfm?c_id=357&objectid=10876897&ref=rss

 

drapeau anglais   In previous notes (August 26th and December 4th 2012), I underlined the risks Auckland would have to face if the volcanic field close to the city happened to become active again. A recent study by University of Auckland researchers shows that the danger is perhaps more real than ever thought before.

The most recent volcano to erupt in Auckland, Rangitoto was thought to be close to 550-years-old and to have erupted once or twice in its lifetime. However, new research shows that the volcano actually erupted « intermittently » or « semi-continuously » from about 1500 years to 500 years ago.

The findings are prompting scientists to re-think how Auckland’s volcanoes will behave in the future. Long-lived activity cannot be ruled out, and the city needs to prepare for that.

Researchers think hazard planning and risk should be thought in a very different way and people should consider living with active volcanism for a long period of time.

The article’s conclusion includes the Civil Defence’s recommendations in case of an eruption : All homes should have emergency survival items, a first aid kit, and food and water for at least three days. People should also have essential emergency items in their workplace and in their car. The list includes such items as radio with spare batteries, essential medicines, sleeping bags, without forgetting pet supplies and toilet paper and large rubbish bags for your emergency toilet….

A map shows the possible effects of eruptions of the volcanoes that are potentially active around Auckland.

http://www.nzherald.co.nz/volcanoes/news/article.cfm?c_id=357&objectid=10876897&ref=rss

Source: New Zealand Herald.

Auckland

Séismes à Auckland (Nouvelle Zélande) // Earthquakes in Auckland (New Zealand)

drapeau francais   Deux séismes ont été ressentis ce dimanche par la population d’Auckland à quelques minutes d’intervalle. Le plus fort (M 3,9) a été localisé à 16h05 à 15 km au NE de la ville, à une profondeur de 6 km. Plus de 9000 habitants ont ressenti la secousse.

Le séisme faisait suite à un événement de moindre ampleur (M 3,1) enregistré à 16 heures à 4 km de profondeur. Il a été ressenti par plus de 1000 personnes.

Les sismologues de GNS Science ont fait remarquer que les séismes étaient très proches les uns des autres, aussi bien géographiquement que dans le temps. Il pourrait donc s’agir d’un essaim sismique, comme cela se produit assez souvent dans l’Ile du Nord.

Les séismes se sont produits sur Montutamu Island qui se trouve près de Rangitoto Island, siège de la dernière éruption des volcans d’Auckland il y a 600 ans. Toutefois, les scientifiques de GNS Science indiquent que les derniers séismes n’avaient pas une origine volcanique. « Ils sont plus liés à des fractures qu’à une circulation du magma et, au moins pour le moment, il ne sont pas le signe d’une prochaine éruption ».

Dans une note intitulée « Auckland, une ville menacée ? » publiée le 26 août 2012, j’avais attiré l’attention sur la situation un peu particulière de la ville qui se trouve en grande partie sur un champ volcanique de 360 km2. La dernière éruption de Rangitoto a déversé 2,3 km3 de lave.

Source: New Zealand Herald.

 

drapeau anglais   Two earthquakes shook Auckland within five minutes of each other on Sunday. The strongest (M 3.9) was located 15 kilometres northeast of the city at 4:05 pm at a depth of 6 km. More than 9000 people reported they had felt the event.

The quake followed a lighter one measuring 3.1 on the Richter scale at 4:00pm, which was 4 km deep and reportedly felt by more than 1000 people.

GNS Science seismologists said the pattern of the quakes happening very close geographically and within five minutes of each other was such that it could be a swarm, which was common in the North Island.

The earthquakes were centred on Motutapu Island, which is next to Rangitoto Island, the last of Auckland volcanoes to erupt 600 years ago. However, GNS Scientists said the quakes were not volcanic. « They related to fault lines rather than any magma flowing, so at the moment there’s no link with any eruption. »

Source: New Zealand Herald.

NZ-quake

Les deux séismes sur les sismographes  GNS Science

Si le volcan d’Auckland se réveille…

Dans une note publiée le 26 août dernier, je faisais état de la menace que représenterait une éruption volcanique pour la ville d’Auckland, dans l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande. Une étude réalisée par cinq chercheurs italiens et néo-zélandais, publiée dans le Volume 74 du Bulletin of Volcanology, dresse un état des lieux et analyse les risques qu’induirait inévitablement une éruption volcanique pour cette ville qui compte quelque 1 300 000 habitants.

Les scientifiques partent de l’hypothèse d’une éruption phréato-magmatiques et ses déferlantes basales observées dans le passé sur l’Auckland Volcano Field. La difficulté de la prévention repose sur l’incertitude de l’emplacement des bouches éruptives et la distance que parcourraient ces déferlantes. Pour trouver une solution, les chercheurs se sont appuyés sur les dépôts laissés par les éruptions néo-zélandaises et ceux laissés par des phénomènes analogues sur d’autres volcans. L’étape suivante en cas de menace d’éruption consisterait à trouver un point d’équilibre entre les volcanologues et les décideurs à propos de l’évacuation de la population qui, selon les chercheurs, devrait se faire dès les premiers signes d’agitation du volcan ; à ce sujet, ils prévoient une zone d’évacuation initiale plus vaste que celle prévue actuellement. Une fois l’éruption déclarée, la zone d’évacuation serait susceptible d’être modifiée en fonction de l’emplacement des bouches éruptives

On peut lire (en anglais, langue scientifique de référence) l’intégralité de cette étude fort intéressante à l’adresse suivante. Il suffit de cliquer sur l’image du Bulletin of Volcanology en haut, à droite de la page.

http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-011-0556-y#page-1

En lisant cette étude, je ne peux m’empêcher de penser à d’autres grandes métropoles qui, à travers le monde, se trouvent sous la menace de catastrophes naturelles : San Francisco (800 000 habitants) qui redoute en permanence le « Big One », séisme qui provoquerait des dégâts considérables. Même chose pour Istanbul et ses 13 millions d’habitants qui est livrée aux caprices de la faille nord-anatolienne. Naples, dont l’agglomération compte plus de 4 millions d’habitants, subira un jour ou l’autre la colère du Vésuve. Seattle (630 000 habitants) et ses pôles industriels se trouve à peu de distance du Mont Rainier où le feu couve sous la glace. Ce ne sont que quelques exemples auxquels il faudrait ajouter les villes côtières (la Nouvelle Orléans par exemple) de plus en plus à la merci des tempêtes et qui devront, dans un avenir très proche, faire face à la montée des eaux des océans.

Auckland: une ville menacée?

Alors que la situation est redevenue calme à White Island et sur le Tongariro (les deux sites restent en alerte globale de niveau 1), la presse nécrophage a averti les habitants d’Auckland que leur ville se trouvait en grande partie sur un champ volcanique de 360 km2 et n’était pas à l’abri d’une éruption destructrice. La dernière activité a été observée il y a seulement 600 ans et les Maoris racontent qu’elle a eu lieu à Rangitoto, une île en forme de volcan bouclier à l’est de la ville et qui a vomi 2,3 kilomètres cubes de lave.

La presse néo-zélandaise fait remarquer que si une éruption devait se produire à Auckland, les 1,4 millions d’habitants ne seraient prévenus qu’un ou deux jours avant l’événement. En effet, la vie est trop intense et trop bruyante pour permettre aux instruments de déceler ce qui se passe dans le sous-sol.

Le champ volcanique d’Auckland recèle une cinquantaine de volcans monogéniques, ce qui signifie qu’une éruption édifierait de nouveaux cônes avec des coulées de lave susceptibles de causer de gros dégâts. De plus, comme il n’existe pas de zones de fractures, il est quasiment impossible de deviner où la lave sortira.

Deux secteurs seraient particulièrement exposés : la partie sud de la ville qui se trouve sur un terrain plat ne présentant pas d’obstacles à la lave et la partie centrale davantage propice à un écoulement de la lave en rivières.

Source : Manawatu Evening Standard

 

Le problème est toujours le même : l’être humain oublie et se rend compte trop souvent – mais trop tard – que des catastrophes auraient pu être évitées en examinant le passé de la région. Dans l’île du sud, Christchurch a été construite dans une zone sismique et doit faire face à des tremblements de terre très sévères. S’agissant de l’Ile du Nord, Auckland est sous la menace des volcans et ressemble un peu à Clermont-Ferrand qui a été également construite sur un volcan dont personne ne sait s’il ne se réveillera pas un jour !     

auckland,volcans

(Photo: C. Grandpey)