Le processus éruptif du Mont Hood (Oregon / Etats Unis)

Le Mont Hood (3426 m) est le point culminant de l’Oregon et arrive en 4ème position par la taille dans la Chaîne des Cascades. La dernière éruption a eu lieu à la fin du 18ème siècle et ses effets ont été observés en 1805 par des membres de l’Expédition Lewis & Clark. Bien qu’au repos actuellement, le volcan est considéré comme actif.

 

Une étude récente par des géologues des universités de l’Oregon et de Californie a montré que les éruptions du Mont Hood sont dues au mélange de deux types de magma et qu’elles se produisent peu de temps après que ce mélange ait eu lieu. Ce comportement éruptif est assez différent de celui de ses voisins de la Chaîne des Cascades, y compris le Mont St Helens.

 

On sait que deux types de magma sont souvent impliqués dans le processus volcanique : un magma mafique – moins riche en silice et donc plus fluide – et un magma felsique, plus riche en silice, donc plus visqueux. Un troisième type de magma, l’andésite, est composé à la fois de magma mafique et de magma felsique. Il est particulièrement abondant dans les zones de subduction, comme la Cordillère des Andes qui lui a donné son nom.

 

Les roches autour du Mont Hood sont essentiellement composées de magma andésitique. On peut d’ailleurs en prélever de beaux échantillons dans une coulée le long de la route sur le versant sud.

Les chercheurs ont découvert que la montée de magma mafique et son mélange avec le magma felsique intervient très peu de temps avant le début d’une éruption. Ils pensent que cette dernière se déclenche sous l’effet d’une brutale montée en pression au moment du mélange entre les deux magmas.   

Le Mont Hood semble être le seul volcan de la Chaîne des Cascades où un tel phénomène se produit. Il se peut que cela soit dû à une constitution particulière de la croûte terrestre dans la région, avec des parties où le magma éprouve davantage de difficultés à se frayer un chemin au cours de son ascension. Il se produit donc une surpression au moment du mélange des magmas, d’où le déclenchement rapide des éruptions.

Une telle étude devrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre les éruptions passées et à venir du Mont Hood, ainsi que le comportement des autres volcans de la planète qui fonctionnent sur le même modèle.   

Source : Science Daily.

Hood-blog.jpg
Le Mont Hood vu depuis Timberline (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

Ouverture prochaine d’un Centre Pédagogique dans le Parc de Yellowstone (Wyoming / Etats Unis)

Yellowstone est connu pour ses sources chaudes et ses geysers, avec le Vieux Fidèle en tête de liste. « The Old Faithful » est surtout célèbre pour la régularité de ses éruptions qui sont prévues à 10 minutes près. Il suffit de se rendre dans le Lodge pour consulter l’heure de sa prochaine manifestation.

C’est dans ce contexte que le 25 août prochain va ouvrir dans le Parc de Yellowstone le Old Failthful Visitor Education Center, un immense bâtiment – toujours dans le style de ses voisins – où seront présentées des expositions sur les phénomènes hydrothermaux (geysers, sources chaudes, mares de boue, bouches de vapeur et autres fumerolles), la vie autour de ces environnements extrêmes, le volcan qui sommeille sous le Parc, ainsi que les recherches scientifiques qui sont effectuées dans l’un des plus grands laboratoires de la vie sur Terre.

Les enfants pourront profiter de la Young Scientist Exhibit Room qui présentera une maquette de geyser en taille réelle. On y trouvera aussi des ateliers et des espaces pour les scolaires et autres groupes de visiteurs.

Le but de cette nouvelle structure est avant tout de faire comprendre aux milliers de personnes qui viennent chaque année assister aux éruptions du Vieux Fidèle ce qui se passe sous leurs pieds quand le geyser se manifeste et pourquoi il y a une telle diversité de phénomènes hydrothermaux dans le Parc.

Espérons que les prédictions de ceux qui s’attendent à une prochaine éruption du super volcan de Yellowstone resteront fausses et que l’argent n’aura pas été investi inutilement dans cet effort pédagogique fort louable et dans l’esprit des grands parcs nationaux américains.

Yellowsto 004.jpg
Le Vieux Fidèle, sans lequel Yellowstone ne serait plus vraiment Yellowstone!
(Photo: C. Grandpey)

Des détecteurs de cendre bientôt sur les avions?

La compagnie bas-coût EasyJet a indiqué la semaine dernière qu’elle allait tester une technique  susceptible de détecter les nuages de cendre volcanique. Les testeurs seront placés sur la queue des appareils et seront capables de détecter les nuages de cendre à 100 km. Ils fonctionneront de la même façon que les radars météo déjà utilisés pour repérer les foyers orageux. Un système infrarouge fournira des images aux pilotes et aux centres de contrôle, ce qui leur permettra de voir les nuages de cendre à des altitudes entre 1500 mètres et 15000 mètres.   

La compagnie dépense 1,46 millions de dollars auprès d’Airbus pour que cette technologie baptisée AVOID (Airborne Volcanic Object Identifier and Detector) soit mise au point et espère qu’une douzaine d’avions équipés du système seront opérationnels à la fin de l’année. Il faudra néanmoins que la technologie soit approuvée par les commissions de contrôle européennes et par l’industrie aéronautique. Il semblerait que ce dernier point ne soit pas un problème et que la certification soit assez rapide.   

Le but recherché par la compagnie est bien sûr d’éviter que se reproduise la pagaille provoquée par le nuage de cendre islandais.

Source : CNN.

 

Géothermie en Mer Tyrrhénienne ?

C’est à y perdre son latin ! Il y a quelques semaines, Enzo Boschi – Président de l’INGV – mettait en garde sur le risque d’une éruption majeure du volcan sous-marin Marsili qui, selon lui, pourrait déclencher un tsunami dévastateur pour l’Italie du sud.

Aujourd’hui, on apprend par le site Geologi.info que ce même secteur de la Mer Tyrrhénienne pourrait servir de cadre à la première centrale géothermique offshore au monde. L’idée d’une centrale géothermique sous-marine n’est pas récente. Un premier projet a déjà été présenté au Congrès Mondial de Géothermie à Bali, avec une puissance de 1 Gw.

La partie sud-est de la Mer Tyrrhénienne pourrait devenir « la première source importante d’approvisionnement en énergique géothermique de l’histoire, ouvrant ainsi la route à une nouvelle source d’énergie propre et inépuisable ». En effet, on rencontre dans la zone du volcan Marsili d’« énormes flux de chaleur qui ont permis la création de gisements énormes de fluides géothermiques à haute température ».

Un permis de recherche de fluides géothermiques en mer dans le secteur du Marsili a été octroyé à la société italienne Eurobuilding. Ce programme de recherche « prévoit en premier lieu la réalisation d’une étude complète d’une telle structure, en utilisant les méthodologies et les techniques les plus innovatrices ».    

Affaire à suivre donc, mais on se rend compte que le monde scientifique n’est pas à une contradiction près !