Glaciers et sismicité (Islande)

1475806114.62.jpgSelon une étude récente menée par des scientifiques de l’Université d’Uppsala en Suède, les glaciers pourraient être la cause de certains séismes enregistrés en Islande. On sait depuis longtemps que, dans les régions volcaniques, les séismes de longue période (LP) sont susceptibles d’annoncer des éruptions à court terme. Récemment, cependant, on a découvert que de tels événements sismiques pouvaient être associés au mouvement de la glace plutôt qu’à l’activité volcanique.

Pour effectuer leur étude, les chercheurs ont analysé les données sismiques et climatiques du volcan Katla en Islande. Leur travail, qui repose sur plus de 13000 événements sismiques de longue période depuis l’an 2000, indique que les séismes se produisent de manière saisonnière et sont liés aux changements climatiques qui provoquent un déplacement plus rapide de la glace. Ils font par ailleurs remarquer qu’une telle activité sismique est observée depuis des années sans que, pour autant, il y ait eu une éruption volcanique. Ces observations les ont conduit à la conclusion que l’activité sismique enregistrée dans la région du Katla était causée par des mouvements de la glace et non par l’activité volcanique, comme on le pensait jusqu’alors. De plus, les chercheurs font remarquer que le réchauffement global de la planète pourrait – comme en Islande – entraîner un accroissement de l’activité sismique sur d’autres volcans recouverts par les glaciers.   

 

993348610.58.jpgAccording to a recent study carried out by scientists of Uppsala University in Sweden, glaciers might be the cause of some earthquakes recorded in Iceland. It has long been known that in volcanic regions, repeated long-period (LP) earthquakes are likely to be the signals of short-term eruptions. Recently, however, some of these seismic events have been found to be associated with ice movement rather than with volcanic activity.

For their study, the researchers analyzed climatic and seismic data from Katla volcano in Iceland. Their study, which includes more than 13,000 LP seismic events since 2000, indicates that earthquake activity is seasonal and correlated with climatic changes associated with increased ice movement. They also note that such seismic activity has been observed for years, with no sign of any volcanic eruption. This led them to conclude that the seismic activity recorded in the Katla region was caused by glacial movements, not volcanic activity, as previously thought. Besides, the researchers suggest that global warming could lead – like in Iceland – to higher seismic activity at other glacier-covered volcanoes.

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Langue glaciaire du Vatnajökull en Islande
(Photo: C. Grandpey)

Tom Simkin nous a quittés

1475806114.57.jpgTom Simkin, fondateur et directeur pendant de nombreuses années du Global Volcanism Program auquel je fais souvent référence, est décédé le 10 juin à l’âge de 75 ans.

Le rôle joué par Tom dans la volcanologie moderne est remarquable. Il suffit de citer quelques lignes de l’hommage que lui rend la Smithsonian Institution : « La carrière remarquable de Tom Simkin dans le département de volcanologie de la Smithsonian s’étend sur quatre décennies. Tom est l’un des premiers à avoir étudié la volcanologie dans sa globalité. En tant que tel, il a été le fondateur el le directeur du Global Volcanism Program (GVP) jusqu’en 1995 ».

Si vous désirez en savoir plus sur Tom, vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

http://www.volcano.si.edu/info/simkin/

Vous y découvrirez en particulier une photo qui fait ressortir la gentillesse de cet homme avec lequel j’ai eu plusieurs contacts extrêmement chaleureux.   

 

993348610.50.jpgTom Simkin, founder and director for many years of the Global Volcanism Program I’m often referring to, died on June 10th at the age of 75.

Tom’s role in modern volcanology is remarkable. It suffices to quote a few lines of the homage paid by the Smithsonian Institution:

“Tom Simkin’s distinguished career in volcanology at the Smithsonian spanned more than four decades. He was a pioneer in the investigation of volcanism on a global scale, and was the founder and director of the Smithsonian’s Global Volcanism Program (GVP) until 1995. »

If you’d like to know more about Tom, you van click on the following link:

http://www.volcano.si.edu/info/simkin/

You’ll see a photo showing perfectly the kindness of this man with whom I had several warm contacts.

Le Mont St Helens serait-il un « supervolcan »?

Tel le monstre du Loch Ness (que je n’ai pas vu lors de mon périple écossais), le mythe du « supervolcan » vient de refaire surface ! Il ne s’agit plus de celui de Yellowstone, mais c’est le Mont St Helens qui pourrait bien recevoir ce grade…

En effet, en utilisant la magnétotellurique, des scientifiques néo-zélandais ont détecté ce qu’ils pensent être une vaste zone de roche en fusion partielle, et qui pourrait alimenter une éruption de grande ampleur. La magnétotellurique consiste à mesurer les fluctuations des champs électriques et magnétiques en surface et créer une image de ce qui se passe en profondeur.  Ces champs se modifient en relation avec les courants électriques – induits par les orages et autres phénomènes – qui se déplacent sous la surface de la terre. Ces courants sont plus puissants quand ils entrent en contact avec le magma puisque ce dernier est meilleur conducteur que la roche solide.

Les mesures révélées par les capteurs magnétotelluriques installés par les chercheurs néo-zélandais autour du Mont St Helens ont révélé la présence d’une colonne de matériau conducteur à la verticale du volcan. A une quinzaine de kilomètres de profondeur, cette colonne semble se connecter à une zone conductrice beaucoup plus large, déjà identifiée dans les années 1980 par la même technique. A l’époque, les scientifiques avaient découvert qu’elle s’étendait jusque sous le Mont Rainier – qui se dresse à 70 km au nord – et le Mont Adams, à 50 km à l’est). On pensait alors qu’il s’agissait d’une zone de sédiments humides, donc bons conducteurs.  

Au vu des dernières mesures (effectuées alors que le St Helens émettait des matériaux en fusion partielle), les chercheurs néo-zélandais pensent que cette vaste zone n’est pas composée de matériaux sédimentaires, mais de matériaux en fusion partielle. Sa conductivité n’est pas suffisante pour que ce soit du magma à l’état pur. Il s’agit probablement d’un mélange de roches solides et en fusion.

L’opinion des scientifiques américains est plus réservée quant à la notion de « supervolcan » pour le St Helens. Ils pensent eux aussi qu’il existe des matériaux en fusion partielle, mais la conduction, selon eux, serait surtout due à la présence d’eau.

S’il y avait, effectivement, une immense poche de magma sous les trois volcans mentionnés dans cet article, elle ressemblerait beaucoup à celle qui sommeille sous le Parc de Yellowstone et qui, comme chacun sait, s’est réveillée il y a 640 000 ans et devrait bientôt causer de graves soucis au Président Obama puisqu’elle ne semble pas avoir entendu son réveil !! Toutefois, faisant preuve d’une certaine modestie, les chercheurs pensent que l’éruption du « supervolcan » de la région du St Helens n’est pas pour demain et que, de toute façon, ils ne sont pas en mesure de dire quand elle se produira…. !

Source : The New Scientist.

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Le Mont Rainier vu depuis le St Helens, avec Spirit Lake au premier plan (Photo: C. Grandpey)

Un nouveau télescope sur l’Haleakala (Ile de Maui / Hawaii)

Un débat très animé est actuellement en cours sur l’île de Maui à propos du projet de construction d’un télescope solaire au sommet de l’Haleakala. Ce télescope, d’une hauteur de 43 mètres, serait réalisé par la National Science Foundation.

Les personnes contre la construction du télescope sur la « Maison du Soleil » indiquent qu’il serait édifié sur un site spirituel – probablement le plus important sur l’île de Maui – sur lequel des souverains ont été enterrés. Construire sur un site sacré équivaut à une profanation. De plus, les militants hawaiiens font remarquer qu’il s’agit d’une terre qui leur a été cédée par le gouvernement américain quand l’état d’Hawaii a été créé.

Les personnes en faveur de la construction du télescope avancent plusieurs arguments. Ce serait un investissement bienvenu sur l’île qui en a bien besoin. Elle permettrait de créer 35 emplois et apporterait 18 millions de dollars à l’économie locale chaque année. D’un point de vue scientifique, le télescope permettrait d’améliorer notre connaissance du soleil et de mieux comprendre sa capacité à détruire les communications et les systèmes électriques.

Les services du parc de l’Haleakala devraient donner leur avis dans les prochains jours quant à l’impact sur l’environnement.

Le public a jusqu’au 22 juin pour donner son avis.

La National Science Foundation donnera son verdict en juillet. Son directeur reconnaît qu’il s’agit d’un projet d’envergure et coûteux, mais qu’il profitera à toute la communauté scientifique.  L’administration Obama a alloué une somme de 146 millions de dollars à la construction du télescope solaire de l’Haleakala. Toutefois, le fait que l’argent ait été alloué ne veut pas forcément dire qu’il sera dépensé sur ce projet…. Wait and see !

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Coucher de soleil sur l’Haleakala où plusieurs télescopes existent déjà. (Photo: C. Grandpey)