Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

1475806114.3.jpgBusiness is business! Les touristes sont à nouveau autorisés à venir visiter, à pied ou en voiture, le Jagger Museum au sommet du Kilauea. Les autorités ont estimé que, tant que les alizés emportent le dioxyde de soufre loin du site éruptif, le musée, le point de vue et la librairie peuvent rester ouverts au public. Le niveau de pollution est contrôlé par les rangers du parc des volcans.
Cette décision me semble un peu surprenante. En effet, s’il est vrai que les émissions de SO2 sont moins importantes que pendant les semaines passées, elles sont encore bien supérieures au niveau acceptable pour la santé humaine. En revanche, comme les alizés emportent régulièrement le panache de gaz vers le sud-ouest, le Jagger Museum n’a jamais été vraiment menacé. Pourquoi l’avoir fermé ? Tantôt c’est la sécurité qui gère la situation, tantôt c’est l’argent !

993348610.jpgBusiness is business! Visitors to Kilauea volcano are now being allowed to drive and hike to Jagger Museum. Officials say as long as the trade winds continue to blow sulphur dioxide away from the erupting volcano, the museum, overlook and bookstore will remain open.
Rangers at Hawaii Volcanoes National Park are monitoring pollution levels. Any change in the weather could reverse this decision which is a bit surprising. Indeed, even though sulphur dioxide emissions are lower than during the previous weeks, they are still much higher than the acceptable levels for people’s health. On the other hand, as trade winds are constantly blowing the plume released by Halema’uma’u towards the south-west, this noxious cloud has never been a real threat to the Jagger Museum. Why was it closed? Safety first, or money first?

Suggestion de lecture

L’activité volcanique est globalement calme dans le monde en ce moment. J’en profite pour conseiller un ouvrage que je suis en train de lire en ce moment. Je l’ai récupéré tout à fait par hasard à la bibliothèque municipale de Limoges. C’est un pavé de quelque 450 pages écrit par Léo Ursulet, enseignant et chercheur, sur l’éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en 1902. Il est intitulé Le désastre de 1902 à la Martinique. En fait, c’est le texte d’une thèse de doctorat publié en 1997. L’auteur, tout en accordant une part importante à l’aspect volcanique, met surtout en relief le côté humain de la catastrophe. On trouve en particulier de nombreux documents, des lettres, des souvenirs qui évoquent l’angoisse des habitants à la veille du cataclysme. Pour reprendre une phrase de la préface du livre, « Léo Ursulet souligne aussi que la Martinique s’est retrouvée à peu près seule en face de la catastrophe et qu’elle avait souffert de l’égoïsme de la métropole… »

Je vais aller respirer le bon air de l’océan au cours des deux ou trois prochains jours. L’actualisation de mon blog dépendra donc du bon vouloir des connections wi-fi avec mon ordinateur portable.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

1475806114.3.jpgAlors que la lave continue à s’écouler régulièrement dans le Pacifique, un panache de gaz s’échappe toujours de la bouche qui perce le cratère de l’Halema’uma’u. Au fil des jours, la concentration en SO2 et en cendre est en baisse. Par contre, selon l’Observatoire, il semblerait de la lave se trouve à faible profondeur à l’intérieur de la bouche et serait en train de monter dans le conduit éruptif. Les échantillons de produits émis par la bouche se composent essentiellement de verre volcanique, alors que l’on relevait des matériaux plus anciens les jours précédents. On observe toujours de l’incandescence qui se reflète la nuit sur la base du panache (voir iage de la webcam ci-dessous). .
Je suis un peu surpris par la façon de procéder des scientifiques américains qui se contentent de mettre un simple réceptacle en bois sur la lèvre de l’Halema’uma’u pour recueillir les matériaux expulsés par la bouche. Nous sommes loin des aspirateurs à poussières placés à l’extrémité d’une perche directement au-dessus des évents éruptifs par l’équipe de Tazieff ! De plus, j’ai l’impression que les volcanologues locaux hésitent à descendre faire des prélèvements de gaz directement dans la bouche, ce qui permettrait de connaître la composition exacte du panache à sa source et de connaître l’évolution des gaz (SO2, Co2, He en particulier) avec le temps.
L’été dernier, les rangers étaient très surpris de me voir faire des mesures de température dans le champ fumerollien qui jouxte l’Halema’uma’u sans masque à gaz. Je l’avais bien sûr dans mon sac à dos, mais les fumerolles étant essentiellement composées de vapeur d’eau et de H2S, j’avais jugé inutile de me protéger. Plus je vais aux Etats Unis, plus je me rends compte que le niveau minimal de sécurité chez les Américains est vraiment très, très bas!

993348610.2.jpgWhile lava is still regularly flowing into the Pacific Ocean, a gas plume is still released by the vent in Halema’uma’u crater. With the days, the ash and SO2 concentration is decreasing. However, according to the Observatory, it looks as if lava resides at shallow depth inside the eruptive conduit. The collected ash now consists mostly of volcanic glass in contrast to earlier last week when it contained mostly older rock fragments. Incandescence is still visible at night in the lower part of the plume (see webcam image here below).
I’m a bit surprised at the way American scientists proceed to collect the materials released by the vent, with a simple wooden box on a tripod! We are far from the aspirators at the end of a pole directly above the vents, used by Tazieff and his team! Besides, I have the feeling tha US volcanologists are reluctant to go down close to the vent so as to take gas samples. This would help to know the exact chemical composition of the plume at its source and the evolution of the gas content (CO2, SO2, He, etc).
Last summer, rangers were very surprised to see me make temperature measurements on the fumarollic field near Halema’uma’u without a gas mask (it was in by rucksack). As the fumaroles mainly included water vapour and H2S, I had judged it useless to wear it. The more I travel to the U.S., the more I realise that their minimum security level is really very low!

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Avec l’aimable autorisation du HVO.

Des volcans sur Vénus?

1475806114.3.jpgLa sonde spatiale Venus Express lancée par l’Agence Spatiale Européenne a mesuré une quantité très fluctuante de dioxyde de soufre dans l’atmosphère de Vénus, ce qui relance l’hypothèse de volcans actifs sur cette planète.
Sur Terre, les composée soufrés ne restent pas longtemps dans l’atmosphère car ils réagissent au contact de la surface de notre planète. On imagine que c’est la même chose sur Vénus, mais la réaction est beaucoup plus longue.
De tels faits incitent les scientifiques à penser que les quantités importantes de SO2 détectées par des missions antérieures pourraient être le signe d’éruptions volcaniques. Cependant, d’autres chercheurs prétendent que les éruptions ont pu avoir eu lieu il y a une dizaine de millions d’années et que le dioxyde de soufre est resté dans l’atmosphère vénusienne à cause de sa très lente réaction avec les roches de surface. Les récentes observations effectuées par Venus Express révélant de rapides fluctuations du SO2 dans la haute atmosphère ont relancé le débat.
Le VIRTIS (Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer), un spectromètre imageur visible et infrarouge à bord de Venus Express, est capable de voir sous les nuages qui entourent la planète et de détecter le SO2 en mesurant la quantité de rayonnement infrarouge absorbé par la molécule ; plus la signature est marquée, plus la molécule est abondante. Cette variation semble plus faible en basse atmosphère.
Avec VIRTIS, les scientifiques contrôlent le dioxyde de soufre à une altitude de 35-40 km. Au cours des deux dernières années, ils n’ont pas détecté de fluctuation globale supérieure à 40%.
La seule façon d’être certain qu’il existe du volcanisme actif sur Vénus est d’assister à une éruption. Ce n’est pas facile, à cause de la couche nuageuse d’une centaine de kilomètres d’épaisseur qui enveloppe la planète. Deux solutions existent pour y parvenir : 1) le repérage d’une augmentation ponctuelle de SO2 susceptible de révéler un panache de gaz émis par un volcan ; 2) rechercher des points chauds à la surface, susceptibles de révéler des coulées de lave récentes.
Source : Agence Spatiale Européenne.

993348610.6.jpgEuropean Space Agency’s Venus Express has measured a highly variable quantity of sulphur dioxide in the atmosphere of Venus, giving a new impetus to the search for active volcanoes on the planet.
On Earth, sulphur compounds do not stay in the atmosphere for long. Instead, they react with the surface of the planet. The same is thought to be true at Venus, although the reactions are much slower.
Such facts have led scientists to speculate that the large proportion of sulphur dioxide found by previous space missions at Venus might be the sign of recent volcanic eruptions. However, other scientists maintain that the eruptions could have happened around 10 million years ago and that the sulphur dioxide remains in the atmosphere because it takes such a long time to react with the surface rocks. New observations from Venus Express showing rapid variations of sulphur dioxide in the upper atmosphere have revived this debate.
An instrument on Venus Express, VIRTIS (Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer), can see below the clouds and detect the signature of sulphur dioxide by the amount of infrared radiation that the molecule absorbs; the stronger the signature, the more abundant the molecule. The variation appears to be smaller in the lower atmosphere.
With VIRTIS, scientists monitor sulphur dioxide at an altitude of 35-40 km. They have seen no change yet larger than 40% on a global scale over the last two years.
The only way to be absolutely certain that active volcanism is taking place on Venus is to see a volcano in action. This is not easy because of the 100- km-thick cloudy atmosphere that shrouds the planet. The Venus Express team are working on two ways of doing this. The first is to look for localised increases in sulphur dioxide that would indicate a large plume of the gas issuing from a volcano. The other way is to look for hot spots on the surface that can be shown to be fresh lava flows.
Source: European Space Agency.