Dans ses derniers bulletins, l’Observatoire du Piton de la Fournaise indique que « des tunnels de lave de courte longueur (moins de 500 mètres) ont été observés. C’est l’occasion de s’attarder sur la formation de ces tunnels que l’on rencontre dans de nombreuses régions volcaniques. Les plus longs se trouvent à Hawaii où le record de longueur appartient au tunnel de Kamuzura avec plus de 61 kilomètres !! Sa visite est absolument extraordinaire. On est frappé par la grandeur de cette galerie où se sont engouffrés d’énormes torrents de lave. Toujours aux Etats-Unis, le Lava Beds National Monument rassemble plusieurs centaines de tunnels dont l’accès est plus ou moins difficile. De tels tunnels peuvent aussi être visités en Europe, que ce soit aux Canaries ou aux Açores, sans oublier l’Etna avec les Grotta dei Lamponi, Grotta delle Palombe ou encore la Grotta del Gelo et son glacier intérieur !
La formation des tunnels est assez simple à comprendre et répond à deux schémas mais, dans les deux cas, il faut une lave de faible viscosité, de type pahoehoe, très fréquente sur les volcans de point chaud. La formation du tunnel se fait soit par l’apparition d’une croûte au-dessus d’un canal de lave, soit à partir d’une coulée où la lave s’étale et se déplace sous la surface.
Dans le premier cas, la lave sort du point d’émission par des canaux qui tendent à rester très chauds alors que leur bordure refroidit. Ils développent progressivement des murs de lave refroidie qui surélèvent le canal. Ces tunnels peuvent être profonds sous la croûte qui forme un tube thermiquement isolant qui conserve la lave en fusion et sert de conduit à la coulée. Le tunnel se ferme lorsqu’une croûte continue se forme au-dessus de la coulée.
Dans le deuxième cas de figure, la lave n’est pas canalisée ; elle s’étend en surface en formant une grande coulée. Au bout d’un certain temps, les bordures de la coulée se refroidissent et forment un barrage empêchant la progression de la lave qui reste chaude et liquide à l’intérieur. Sous la pression de la lave qui continue d’arriver, la croûte peut se fendre en aval et donner naissance à un nouveau point d’émission. La lave va alors s’écouler, tandis que le reste de la coulée reste immobile et se refroidit. Il se forme un canal qui peut donner naissance à un tunnel de lave. On rencontre un grand nombre de ces tunnels sur les champs de lave hawaiiens. Beaucoup d’entre eux s’effondrent sous les pieds, rendant la progression parfois très pénible.
Les tunnels actifs sont souvent trahis par la présence de lucarnes – skylights en anglais – qui se forment lorsqu’une partie de la voûte s’effondre. On peut s’approcher avec précaution d’une telle ouverture et apercevoir la rivière couleur d’or qui s’écoule à l’intérieur. La chaleur qui s’échappe de l’ouverture est suffocante car le tunnel joue le rôle d’isolant et la lave conserve en quasi-totalité sa chaleur initiale. Cette chaleur parvient souvent à faire fondre le plafond du tunnel qui s’orne de stalactites dites de refusion.
Lorsque la source se tarit, le niveau de la lave descend progressivement dans le tunnel, parfois par étapes, ce qui contribue à former des banquettes latérales.
J’ai eu la chance de pouvoir pénétrer dans un tunnel de lave actif sur l’Etna pendant l’éruption de 1991-1994 et approcher le flot de lave à quelques mètres. C’est l’un des épisodes de mon livre Volcanecdotes…


Suite à un survol effectué hier mardi, l’Observatoire indique que l’hornito le plus en amont est toujours éteint. Un hornito s’est formé dans le deuxième cône; des bouffées de gaz en sortent avec cependant peu de projections. Le troisième cône est quant à lui très actif, avec des projections entre 5 et 15mètres de hauteur. Le front de la coulée ne semble pas avoir dépassé le cratère Catherine à 1800 m d’altitude. Il se pourrait qu’il ne progresse plus. Dans la journée d’hier, on a observé une augmentation du tremor mais l’Observatoire fait remarquer que cela ne traduit pas nécessairement une augmentation de l’activité visible en surface.
During an overflight performed yesterday, the Observatory could see that the hornito which is the highest uphill does not show any more activity. A hornito has built up in the second cone; it emits puffs of gas but few ejections. The third hornito is quite active with ejections up to 5 – 15 metres high. The front of the lava flow is located next to Catherine Crater at 1800m a.s.l. It may have stopped. The tremor increased yesterday but this may not be a sign of an increase in surface activity.
La situation reste stable sur le Kilaueau. La bouche qui perce le plancher de l’Halema’uma’u renferme toujours un lac de lave dont la surface oscille entre 140 et 160 mètres de la lèvre, au gré des phases de gonflement et dégonflement du volcan.
The situation is quite stable on Kilauea. The vent in Halema’uma’u Crater still hosts a lava pond whose surface varies between 140 and 160 metres from the rim, according to the D/I events on the volcano.
Alors qu’un incendie continue à ravager le Maïdo, l’éruption se poursuit tranquillement sur le Piton de la Fournaise, avec de faibles projections et petites fontaines aux bouches éruptives principales, une diminution de l’activité explosive et du dégazage. Les coulées de lave se propagent lentement vers est-sud/est. Le tremor est stable (1/7 par rapport au début de l’éruption). La sismicité volcano-tectonique est faible. Aucune augmentation d’inflation de l’édifice n’a été enregistrée.
While a wildfire is still burning the Maïdo, the eruption is going on at a slow rate at the Piton de la Fournaise, with small ejections and lava fountains from the main active vents, a decrease in explosive activity and degassing. Lava flows are spreading slowly ESE. The eruptive tremor is stable (1/7 compared with the start of the eruption). Volcano-tectonic seismicity is at a low level. No inflation of the edifice has been recorded.