Voici quelques réflexions supplémentaires que vient de m’envoyer Jeffe Castan qui me tient au courant de la situation dans sa région depuis plusieurs semaines.
« Merapi, en entrant si violemment en éruption, a provoqué une sorte d’électrochoc dans une large part de la population. Et le tremblement de terre « sociétal » va être beaucoup plus large, intense, profond, que celui qui a secoué Sumatra. De nombreuses voix (indonésiennes) s’élèvent contre la mauvaise gestion des opérations de secours, avec en toile de fond, cette immense tâche (et tache) qu’est la réduction nécessaire de la corruption. Soyons clair la dessus. Il n’y a pas qu’en Indonésie que cette gangrène affecte la société civile. Il n’y a qu’à ouvrir les journaux français pour s’en rendre compte. Mais aussi, de plus en plus de gens prennent soudain conscience qu’une société ne se construit pas au jour le jour, mais avec des projets sur du plus ou moins long terme. Or le Javanais ne sait pas (ou peu) planifier, anticiper, prévoir. Ce n’est pas dans sa culture, où les démons et les esprits sont les maîtres des lieux, et l’homme est bien peu de chose face à leurs humeurs. Dans la région où je vis, pourtant très industrialisée, avec télé, téléphone portable, bientôt Internet partout, pour chaque événement important d’une communauté – par exemple, un village qui va célébrer un mariage, ou une circoncision – les villageois organisent une sorte de cérémonie collective: Jathilan ; une danse où les danseurs miment la vie traditionnelle, mais aussi la lutte avec les démons. Ceci n’est pas un spectacle, mais bien un rituel. (Il y a beaucoup de cas où ce n’est que de la simulation quand même, mais pas toujours.) La musique aidant (et parfois un peu de feuille de datura), les danseurs entrent en transe. Flagellation, marche sur le feu, ingurgitation de verre brisé, etc… Les danseurs deviennent « possédés » par ces mauvais esprits qui hantent le village. Puis, à l’aide du « Pawang », les danseurs sont « exorcisés » un à un. Cela signifie que dans une société « moderne » il est encore confié la gestion des problèmes à une sorte de voodoo local. C’est fort passionnant pour un « touriste » comme moi, mais cela pose un ÉNORME problème au niveau de la construction d’un pays tel que l’Indonésie. Maintenant, certains esprits modernes s’élèvent, veulent construire sur du long terme, organiser un tissus social autour de principes modernes tels que des coopératives agricoles, des réseaux de solidarité active, veulent ouvrir cette société ancestrale sur le reste du monde. Si c’est bien géré, ce mouvement peut réussir à préserver cette tradition javanaise, notamment sa langue, tout en entrant dans l’ère moderne, en y incluant des notions telles que le développement durable, une réflexion profonde sur la pollution… etc. Je connais un de ces « groupes » ici, à Turi. Et je suis étonné de la lucidité de leur propos. C’est encourageant et à encourager. »
Dans son dernier bulletin, le GVN indique que des scientifiques britanniques et éthiopiens ont visité le lac de lave de l’Erta Ale entre le 21 et le 23 novembre. Ils ont observé une activité strombolienne au niveau du lac de lave qui se trouve dans le pit crater sud. Le lac de lave avait empli le pit crater et deux coulées s’en échappaient par une brèche dans la lèvre occidentale pour se déverser dans le cratère principal. Le lac de lave était entouré d’un anneau de scories d’environ 4 mètres de hauteur dans sa partie sud. Le 23 novembre, le lac se trouvait au-dessus du niveau de leurs yeux quand ils se trouvaient dans le cratère principal, à l’ouest du pit crater sud. La situation semble donc avoir considérablement évolué au cours des derniers mois.
In its latest update, the Global Volcanism Program indicates that British and Ethiopian scientists observed the lava lake at Erta Ale between November 21st and 23rd. They noted strombolian activity from the lava lake in the southern pit crater. The lava lake had filled the pit crater and breached the western rim, spilling two lava flows into the main crater. The lava lake was encompassed by a scoria ring that was about 4 metres high on the southern side. By November 23rd, the lake was above the scientist’s eye level when they stood west of the southern pit in the main crater. Thus, it seems the situation has changed considerably over the past months.
Plus de 5 semaines après le début de l’éruption du Merapi, le gouvernement vient d’abaisser le niveau d’alerte de 4 à 3 tout en maintenant une zone de sécurité de 2,5 km de rayon autour du volcan. La sismicité est en baisse et la déformation de l’édifice volcanique est stable. Toutefois, il y a toujours un fort risque de lahars en cas de fortes pluies. C’est pour cela qu’il est conseillé aux habitants de rester à au moins 300 mètres du lit des rivières qui descendent du Merapi.
More than five weeks since Mount Merapi began erupting, the government has downgraded the alert level from 4 to 3 for the volcano but is maintaining the 2.5-kilometer exclusion radius. There has been a significant reduction in seismic activity. The deformation of the volcanic cone has also been observed as being stable. However, there is still the danger of lahars after heavy rains. For this reason, residents are advised to stay at least 300 meters away from the rivers flowing down Mount Merapi.