Le 19 janvier dernier, on pouvait lire un article intéressant à propos de Yellowstone sur le site web du National Geographic : http://news.nationalgeographic.com/news/2011/01/110119-yellowstone-park-supervolcano-eruption-magma-science/
Le titre est un peu exagéré car il sous-entend que la chambre magmatique est en train de gonfler et de soulever Yellowstone, ce qui n’est pas tout à fait vrai.
L’article proprement dit va moins loin que le titre qui, comme c’est souvent le cas avec la presse, a pour but d’attirer le client !
L’auteur rappelle au lecteur que Yellowstone est un « super volcan » dont la dernière grosse éruption a eu lieu il y a 640 000 ans et qu’une trentaine d’autres ont suivi. La dernière s’est produite il y a 70 000 ans et a façonné le paysage du Parc tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Plus récemment, à partir de 2004, la caldeira de Yellowstone a commencé à se soulever d’environ 7 centimètres par an, phénomène qui s’est ralenti entre 2007 et 2010 où l’inflation s’est limitée à un seul centimètre par an. Les scientifiques ne se sont pas trop inquiétés dans la mesure où la chambre magmatique n’est pas vraiment superficielle puisqu’on estime sa profondeur entre 6 et 10 kilomètres. De plus, une telle variation n’est pas exceptionnelle dans le monde volcanique. Des variations du sol en fonction du comportement de la chambre magmatique ont été observées ailleurs dans le monde. Comme je l’ai fait remarquer dans les commentaires de l’article, les mouvements bradysismiques des Champs Phlégréens en Italie sont régis par un phénomène analogue. Les scientifiques pensent que Yellowstone connaît un cycle de gonflement et de dégonflement depuis quelque 15 000 ans. C’est possible, même si je ne suis personnellement pas trop d’accord avec la notion de cycle dans le domaine volcanique.
A Yellowstone, un autre paramètre doit être prise en compte dans les mouvements du sol : la présence d’un immense système géothermal qui, à lui seul, peut provoquer des variations de pression. Par exemple, les essaims sismiques enregistrés au cours des hivers 2008 – 2009 et 2009 – 2010 ont probablement été davantage causés par des mouvements de fluides hydrothermaux que par des mouvements de magma. Les scientifiques font aussi remarquer qu’il peut y avoir une relation entre les deux phénomènes, l’évacuation de la pression hydrothermale ralentissant le gonflement de la caldeira.
Quoi qu’il en soit, le comportement du « super volcan » de Yellowstone est probablement plus complexe qu’il y paraît. Pour le moment, rien n’indique que son réveil est imminent. Comme je l’ai fait remarquer cet été, les températures des sources chaudes sont stables. Les touristes peuvent visiter sans crainte ce magnifique parc national où, pour le moment, les ours sont plus dangereux que le volcan…

Dans son dernier bulletin, l’Observatoire du Piton de la Fournaise indique que pendant la période du 17 au 23 janvier, on a observé une intensification de la sismicité volcanique ainsi qu’une reprise modérée de la dilatation de l’édifice volcanique.
In its latest report, the Observatory of the Piton de la Fournaise indicates that between January 17th and 23rd, there has been an increase in volcanic activity as well as renewed inflation of the volcanic edifice.
Le Kizimen est actuellement en alerte Orange, tout comme le Karimski et le Shiveluch. Dans son dernier bulletin le KVERT indique que l’on continue à observer une activité sismique intense mais variable. Des séismes et un tremor superficiels sont enregistrés quasiment en permanence. Les nuages cachent souvent le volcan mais, au vu des sismomètres, on peut penser que les panaches de cendre montent jusqu’à 4 ou 6 km d’altitude. Les images satellites continuent à montrer une forte anomalie thermique sur le volcan et révèlent que le panache éruptif s’étire sur plus de 200 km.
The current alert level is Orange, just like for Karimski and Shiveluch. In its latest update, KVERT indicates that seismicity at the volcano remains high but is variable. Many shallow volcanic earthquakes and volcanic tremor continue to be recorded. Clouds are obscuring the volcano but, based on seismicity, ash plumes may rise up to 4 – 6 km a.s.l. According to satellite data, a bright thermal anomaly is registered each day over the volcano and ash plumes are drifting more than 200 km.