Etna, terre de légendes (2ème partie)

Anapia et Anfinomo étaient deux jeunes paysans. La légende raconte que pendant qu’ils travaillaient leur terre près de l’Etna en compagnie de leurs parents âgés, ils furent surpris par une terrible éruption. La seule solution était de s’enfuir, mais les parents étant dans l’incapacité de courir. Ils les chargèrent sur leurs épaules, ce qui ralentit leur fuite désespérée. La lave les atteignit et c’est alors que le miracle se produisit:  la rivière de lave se sépara brusquement en deux parties, épargnant ainsi les frères et leurs parents. Il se dit que c’est la grande piété des jeunes hommes qui a provoqué la mansuétude divine. Les habitants de Catane, ayant appris le miracle, ont surnommé les deux garçons « Fratelli Pii. »

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Acis et Galatée étaient amoureux. Acis était un jeune berger de Sicile, fils du dieu Pan et de la nymphe Symaethis. Galatée était l’une des Néréides, de superbes nymphes marines.

Un jour, le berger et la jeune nymphe ont été vus par Polyphème qui était, lui aussi, amoureux de Galatée, mais disqualifié par ses traits monstrueux. Aveuglé par la jalousie, le cyclope décida de se venger. Dès que Galatée eut plongé dans la mer, Polyphème saisit un énorme bloc de lave et le précipita sur Alcis. Galatée, voyant des filets de sang sourdre sous le rocher, pria les dieux de le changer en un fleuve pour qu’il puisse rejoindre la mer. La petite rivière a été appelée « Akis » par les anciens grecs et, à Capo Molini (non loin de la mer), il y a une petite source appelée « U sangu di Jaci », en raison de sa couleur rougeâtre. La rivière a donné son nom à neuf villes de Sicile : Aci Castello,  Aci Trezza, Acireale, Aci Catena, Aci San Filippo, Aci Platani, Aci Santa Lucia, Aci Monaccorsi et Aci Sant’Antonio.

Une autre version de la légende, où Polyphème séduit finalement Galatée par son talent à jouer de la syrinx, aura moins de succès.

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Une autre légende raconte que la Sicile est soutenue par un géant nommé Typhon. Cette légende est parfois confondue avec celle d’Encelade. Fils de Gaia, Typhon – ou Typhée – était un monstre à trois têtes. Ennemi acharné de Zeus, il essaya de prendre possession de l’Olympe, mais il fut refoulé et projeté sur l’Etna. Il y resta écrasé et n’arrêta pas de cracher du feu et des flammes. Typhon, dans une position très inconfortable, vit en dessous la Sicile. Au-dessus de sa main droite se trouve Peloro, et Pachino au-dessus de la gauche. Lilibeo est située près de ses jambes et au-dessus de la tête se trouve l’Etna. Typhon, toujours furieux contre Zeus, vomit souvent des flammes et du sable. Quand, en vain, il essaie de quitter sa position, il provoque des tremblements de terre.

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Pour la tradition populaire, Sainte-Agathe – Sant’Agata – est la patronne de Catane car elle protège la ville des colères de l’Etna et des tremblements de terre.
Mention est déjà faite de Sainte Agathe en 252, année où une rivière de lave dévala les flancs de l’Etna. Les gens qui vivaient près de la montagne se précipitèrent vers le lieu où se trouvait le corps de la sainte et, après avoir pris le linceul qui enveloppait l’urne, ils le mirent devant la rivière de feu. La coulée de lave s’arrêta le 5 février 252, exactement un an après la mort da la sainte.
En 1169, un tremblement de terre annonça une puissante éruption. La lave détruisit tout sur son passage et menaça les habitations. Mais, comme cela s’était déjà produit au troisième siècle après JC, une procession présenta le voile sacré de Sant’Agata devant la lave qui arrêta sa progression. D’autres miracles eurent lieu en 1239, en 1381, en 1408, en 1444, en 1536, en 1567 et en 1635.

L’éruption la plus catastrophique se produisit en 1669 quand plusieurs bouches s’ouvrirent le long des flancs du volcan. L’éruption dura soixante-huit jours. La lave détruisit de nombreux centres habités et atteignit Catane, entourant les douves du château d’Ursino. Dans la sacristie de la cathédrale de Catane, une fresque montre les scènes presque apocalyptiques de la destruction. Lorsque le magma se trouva à trois cents mètres de la cathédrale, il esquiva miraculeusement l’endroit où Sant’Agata avait a été emprisonnée, avait souffert le martyr et où elle avait été enterrée, pour aller se déverser dans la mer. Il était évident que la sainte avait voulu sauver les lieux qui appartenaient à son histoire et à son culte.
A cette terrible éruption est également lié un autre événement miraculeux. Une fresque représentant Sant’Agata en prison, et qui était dans un kiosque sur les murs de la ville, fut épargnée par la lave. Aujourd’hui, cette peinture se trouve à Catane, sur l’autel principal de l’église de Sant’Agata alle Sciare.
En 1693, un violent séisme secoua Catane. Il y eut des milliers de morts. Aucun des neuf mille survivants ne voulut retourner dans la ville. Catane serait devenue une ville fantôme si un délégué de l’évêque, au cours d’une procession avec les reliques de Sainte-Agathe, n’avait pas supplié les gens de rester et de reconstruire la ville.
En 1886, une nouvelle bouche éruptive s’ouvrit à Nicolosi, sur les pentes de l’Etna. Le 24 mai, le Cardinal Dusmet, organisa une procession avec le voile de Sant’Agata. Lorsque le cortège s’approcha de la coulée de lave sur la pente, celle-ci cessa immédiatement d’avancer. Un petit autel a été érigé à cet endroit en mémoire de ce miracle extraordinaire.

Fresque montrant l’éruption de 1669 (Photo: C. Grandpey)

Etna, terre de légendes (1ère partie)

A côté de la réalité du terrain éruptif, j’adore me plonger dans le monde des légendes. C’est pourquoi, il y a quelques années, j’ai accepté de collaborer avec l’ami Jacques Drouin à la réalisation d’un ouvrage intitulé Mémoires Volcaniques, encore disponible auprès des auteurs.

En attendant la prochaine éruption de l’Etna, voici quelques courtes légendes associées au volcan sicilien.

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Quand j’étais lycéen, j’étais fasciné par L’Odyssée, l’épopée grecque attribuée à Homère où sont décrites les aventures d’Ulysse et de ses compagnons. L’épisode dans lequel le héros est confronté au courroux de Polyphème me faisait entrer dans le monde de l’imaginaire. Dans ma tête, je voyais le cyclope cannibale avec son œil unique jeter depuis sa grotte des rochers contre Ulysse et ses compagnons.

Les années ont passé….et je suis venu sur l’Etna.  J’ai vite compris que le cyclope avec son œil unique n’était autre que l’Etna et l’allégorie choisie par Homère prend encore plus de force auprès des explosions et des coulées de lave.

J’ai retrouvé les rochers propulsés par Polyphème à Aci Trezza où les Faraglioni dei Ciclopi sont les témoins de cette bataille homérique…Pour les anciens, l’Etna a longtemps été considéré comme faisant partie du vaste complexe de portes qui mèneraient à l’Enfer. Pour le philosophe et poète Santo Calì, les cratères des volcans symbolisaient les portes de l’Enfer, et celui de l’Etna était « le plus large et le plus terrible ». Les légendes qui entourent son cratère sont encore racontées par les paysans et les bergers qui vivent sur les pentes du volcan. Il se dit aussi que l’Etna abrite des personnes importantes. Il serait la demeure éternelle de la reine d’Angleterre Elizabeth I. Après être entrée dans un pacte avec le diable, son âme aurait été enfermée à l’intérieur du volcan. Pour lui tenir compagnie, il y aurait le Roi Arthur et Empédocle, un philosophe grec qui se jeta dans le cratère du volcan pour étudier son activité éruptive.

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La légende d’Encelade est celle que l’on raconte  aux enfants pour leur expliquer les éruptions de l’Etna. Tout a commencé quand Encelade, l’aîné des géants, a décidé de prendre la place de Jupiter et de gouverner le monde. Pour atteindre le ciel, avec l’aide de ses jeunes frères, il construisit une sorte d’échelle en plaçant les unes sur les autres les montagnes du monde. Avec ses mains énormes et sa bouche crachant du feu quand il se mettait en colère, Encelade était l’un des géants les plus redoutés.
Quand Jupiter s’aperçut du danger qui le menaçait, il lança sur les géants un éclair qui les aveuglera et les précipita au sol. Encelade, lui aussi foudroyé, se retrouva enterré sous l’Etna. Sa colère fut terrible et il commença à cracher du feu et des flammes depuis le cratère du volcan. De nos jours, Encelade est toujours en colère contre Jupiter et donne parfois libre cours à son courroux en projetant du feu et des lapilli par la bouche de l’Etna

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 Le jeune Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) n’a pas eu une vie très heureuse. Héra, jalouse du fait que Zeus ait engendré seul Athéna, et pour lui montrer qu’elle pouvait se passer de lui, engendra seule Héphaïstos. Lorsqu’elle découvrit l’enfant qui venait de naître ; la déesse fut terrifiée par la laideur du nouveau-né et elle décida de le jeter de l’Olympe. L’enfant fut recueilli par deux nymphes, Teti et Eurionome, qui prirent soin de lui et l’élevèrent dans une grotte sur le flanc de l’Etna. C’est là qu’Héphaïstos grandit et devint très habile à forger des métaux. Les bijoux qu’il créa étaient magnifiques, au point d’être remarqués dans tout l’Olympe. Héra, ayant eu vent des talents de son fils, se rendit dans la grotte et lui demanda de construire un trône. La déesse, pensant ne pas avoir été reconnue, retourna sur l’Olympe. Héphaïstos, cependant, se rendit compte qu’il s’était trouvé devant la femme qui l’avait fait naître et le répudiait.
Héphaistos se mit au travail et façonna un trône en or aux bras articulés, qui emprisonne quiconque s’y assoit. Il envoya son œuvre sur l’Olympe en guise de présent. Héra s’y installa imprudemment et se trouva immobilisée, sans que nul ne sache comment la délivrer. Les dieux demandèrent  d’abord à Arès (Mars chez les Romains) d’aller chercher Héphaïstos, en vain. Enivré par Dionysos (Bacchus chez les Romains), Héphaïstos se laissa fléchir et revint dans l’Olympe délivrer sa mère. Zeus, soulagé, proposa au dieu forgeron d’exaucer l’un de ses vœux. Sur le conseil de Poséidon (Neptune chez les Romains), Héphaïstos demanda la main d’Aphrodite (Vénus chez les Romains), une requête à laquelle il ne fut pas donné suite. Ulcéré par la trahison constante d’Aphrodite et les moqueries à cause de sa laideur, Héphaïstos quitta définitivement l’Olympe pour se réfugier dans les entrailles de l’Etna.

Photos: C. Grandpey

Rencontres du Livre à Verneuil sur Vienne (Haute Vienne)

Je ne fréquente plus les salons ou foires du livre. Je préfère l’univers des conférences-projections où la communication avec le public est plus riche et intense.

Faisant entorse à ce principe, j’ai accepté de participer aux Rencontres du Livre qui auront lieu le dimanche 27 mai 2018 à Verneuil-sur-Vienne, la commune où je réside. L’événement aura lieu à la Salle Pennevayre entre 9 heures et 18 heures. L’entrée est gratuite.

En compagnie d’une vingtaine d’autres auteurs, je proposerai et je dédicacerai les ouvrages Terres de Feu, Mémoires Volcaniques et Dans les Pas de l’Ours.

Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés sous la forme papier mais ils sont désormais disponibles en CD.

D’autres CD présentent des images de volcans et de glaciers.

Au plaisir de vous rencontrer…

Des livres pour les Etrennes !

A l’occasion des fêtes de fin d’année, je propose jusqu’au 31 décembre 2017 :

– un lot de deux livres comprenant « Mémoires Volcaniques » et « Dans les Pas de l’Ours » au prix de 30 euros, frais d’envoi offerts.

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« Mémoires Volcaniques » – Des contes et légendes vous feront voyager à travers le monde des volcans.   Prix normal: 17 euros + 5 euros de frais d’envoi.

« Dans les Pas de l’Ours »L’ouvrage vous fera voyager des Pyrénées à l’Alaska en vous entraînant dans le monde passionnant de l’Ours. Tantôt vénéré, tantôt haï, le nounours de notre enfance ne saurait laisser indifférent.  Prix normal: 20 euros + 4 euros de frais d’envoi.

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Si cette offre vous intéresse, merci de me contacter par courrier électronique : grandpeyc@club-internet.fr

Bonnes fêtes à tous !