Suite à la hausse de l’activité sismique observée depuis 2019 sur la Montagne Pelée, une campagne est aujourd’hui organisée pour voir dans quelle mesure l’édifice volcanique s’est déformé.

Photo: C. Grandpey
Le volcan a connu une période d’activité sismique intense entre septembre et octobre 2025 avec près de 9 000 secousses, une situation qui n’a jamais été observée depuis 2012. Afin d’obtenir une bonne image de la situation dans sa globalité, une campagne de mesure étudie la déformation de la Vieille Dame depuis le 5 janvier 2026. Elle doit durer dix jours pendant lesquels les scientifiques vont vérifier la vingtaine de stations sur et autour de la Montagne Pelée. Les mesures sont effectuées à l’aide du GNSS (Système de positionnement par satellites).
Sur la station « Petit Bonhomme » situé à 1123 mètres d’altitude, sur la façade ouest du volcan, l’équipe de chercheurs va fixer le dispositif à un rocher pendant 4 jours. Toutes les 30 secondes, son positionnement sera enregistré, ce qui permettra de vérifier s’il y a eu un début de déformation liée à l’activité sismique de septembre 2025.

Photo: C. Grandpey
L’activité sismique est l’un des quatre paramètres à prendre en compte dans la prévision éruptive avec la température des fumerolles, l’évolution de la la chimie des gaz et le gonflement de la montagne. Comme l’avait expliqué le regretté Maurice Krafft, un volcan en phase pré-éruptive est comme un malade ou un blessé : il a de la fièvre et des frissons, sa blessure enfle et il a mauvaise haleine. C’est un peu la même chose pour un volcan. ,
C’est la déformation de l’édifice volcanique qui est au cœur de la campagne annuelle menée par l’IPGP qui gère l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique ((OVSM). Les mesures seront par la suite modélisées à l’Observatoire et viendront compléter celles prises de façon permanentes par neuf autres stations positionnées sur la Montagne Pelée.
Les scientifiques expliquent que sur les stations situées au sommet de la Montagne Pelée, les mesures traduisent une légère inflation de la partie sommitale du volcan, de quelques millimètres par an. Il ne s’agit pas d’une remontée de magma des profondeurs. Si c’était le cas, l’ensemble des flancs du volcan gonfleraient. On a davantage affaire à un phénomène superficiel. La campagne de mesures effectuée dans les quinze prochains jours devrait confirmer que l’inflation très légère du sommet est toujours en cours,et que le volcan est toujours dans une phase de reprise d’activité.

Carte des vecteurs de déplacement calculés à partir des mesures du réseau permanent et du réseau de répétition entre Janvier 2021 et Décembre 2023 · ©J.-B. de Chabalier, IPGP, rapport annuel de l’OVSM-IPGP, 2023.
Source : Martinique la 1ère.