Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, nous connaissons mieux certaines planètes du système solaire que la nôtre, la belle Terre. La preuve vient d’en être donnée une fois de plus par des chercheurs du Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI) en Californie. Grâce à des robots, ils viennent d’explorer des sources hydrothermales dans le Golfe de Californie, l’étroit bras de mer qui sépare la péninsule de Basse-Californie du continent mexicain.
Le Golfe de Californie est une zone géologique assez complexe qui se trouve à l’extrémité septentrionale d’une très longue chaîne de montagnes sous-marine, l’East Pacific Rise, qui traverse toute la partie SE de l’Océan Pacifique pour se terminer pratiquement en Antarctique.

Sous l’effet de la pression de la lave qui fait soulever cette chaîne montagneuse, la croûte terrestre s’écarte et forme des zones d’accrétion, baptisées « spreading centers » par les Américains. Ces zones sont le siège d’une activité volcanique intense, avec des coulées de lave qui recouvrent de vastes étendues du plancher océanique, et des remontées d’eau chaude chauffée à très haute température.
Au cours des millénaires, une fois que la croûte s’éloigne des zones d’accrétion, elle se refroidit et commence à s’enfoncer. Parfois, des parties adjacentes de la croûte s’éloignent de la zone d’accrétion à des vitesses différentes, ce qui entraîne la formation de failles transformantes, fractures dans le plancher océanique, à angle droit avec l’axe principal du centre d’accrétion.
En février 2012, les scientifiques du MBARI ont organisé une expédition de trois mois dans le Golfe de Californie et ont terminé leur mission par l’inspection de l’Alarcón Rise, région volcanique active près de l’embouchure du Golfe.

L’Alarcón Rise est en particulier très riche en sources hydrothermales qui font jaillir de l’eau à près de 300°C. En utilisant un engin télécommandé, les chercheurs ont pu explorer une zone qui avait été cartographiée deux semaines auparavant grâce à un autre submersible. Ils ont été surpris par la taille des cheminées hydrothermales dont l’identification aura des implications tant au niveau géologique que chimique et biologique. Leur fonctionnement est bien connu, mais il reste encore beaucoup à apprendre sur leurs caractéristiques chimiques et surtout sur la vie qui s’est installée autour de ces « fumeurs » qui peuvent grandir d’un mètre en quelques jours par accumulation de particules minérales. Les cheminées peuvent aussi se boucher de la même façon et devenir rapidement inactives, comme dans plusieurs secteurs de l’Alarcón Rise.
Le site Internet du Monterey Bay Aquarium Research Institute (http://www.mbari.org/default.htm) renferme une foule d’articles et de photos fort intéressantes. Il est vrai que la côte californienne est particulièrement riche dans le secteur de Monterey qui se situe à environ 200 km au sud de San Francisco. La péninsule et la baie de Monterey abritent un sanctuaire marin d’une incroyable richesse : loutres et éléphants de mer, phoques, otaries, etc. La visite de l’Aquarium est passionnante ; je ne peux que chaudement la recommander.

Eléphants de mer dans la baie de Monterey (Photo: C. Grandpey)
Le Kilauea connaît depuis le 8 juin une longue phase de dégonflement. Les effets sont toujours les mêmes : baisse du niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u ainsi que dans le Pu’uO’o. Sur la plaine côtière, les coulées ont sérieusement ralenti leur progression. Il leur reste environ 1,5 km pour atteindre l’océan. Il va falloir que l’alimentation à la source devienne beaucoup plus vigoureuse pour que la lave finisse par atteindre le Pacifique, ce qu’elle n’a pas fait depuis la fin du mois de décembre 2011.
Kilauea has been going through a deflation episode since June 8th. The effects are still the same: the lake level within Halema’uma’u crater has dropped and it has lowered in Pu’uO’o too. On the coastal flat, lava flows have slowed down and they are still 1.5 km or so from the ocean. The feeding system will need to be far more vigorous to enable lava to reach the ocean, which it has not done since late December 2011.
L’éruption se poursuit mais a évolué vers une phase effusive. On observe actuellement des coulées de lave dans les ravines Taniluyá, Ash et Las Lajas. Au sommet, l’activité consiste essentiellement en panaches de cendre d’environ 200 mètres de hauteur, entrecoupés de quelques épisodes stromboliens. L’INSIVUMEH n’exclut pas la reprise d’une activité plus intense semblable à celle observée les 19 et 25 mai derniers.
The eruption is going on but has turned into an effusive episode. Lava flows are travelling down the Taniluyá, Ash and Las Lajas drainages. Summit activity mainly consists of ash emissions up to 200 metres high, with a few strombolian episodes. INSIVUMEH indicates that more intense activity, like on May 19th and 25th, should not be excluded.